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Contentieux palestino-israélien

Triste mystification d'automne : acclamé par ses pairs à l'ONU, Abbas a franchi le Rubicon, Albert Soued
03/10/2011


 

Sur le site de l'auteur, Nuit d'Orient, 26 septembre 2011.

(Voir aussi les 50 derniers articles et toutes les informations de politique générale au Moyen Orient)

 


Le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, vient de franchir le Rubicon, acclamé par ses pairs, des "non-Etats", des dictatures ou des oligarchies, dans lesquelles le mot démocratie est tellement galvaudé qu'il a perdu son sens originel.

Cet homme s'est produit dans le cirque médiatique de New York, appelé "Nations Unies", jouant au personnage adulé, appelé "victime". Ce rôle lui allant comme un gant devant un public acquis et inculte, il a dépassé la mesure dans les imprécations, la calomnie et la fabrication historique.

Suggérée et appuyée par le quai d'Orsay, la démarche d'Abou Mazen, outre ses avantages sur le plan des "relations publiques", avait pour but d'accuser un Etat-membre, Israël, de le vilipender et d'essayer de revenir sur la légalité de sa présence dans l'enceinte internationale. "Ôte-toi de là que je m'y mette", dit-on en langage populaire (1). Ce n'était pas nouveau de la part des pays arabes, qui ont tout fait sur les plans militaire, terroriste, médiatique, diplomatique pour affaiblir et éliminer cet Etat du Moyen Orient, directement ou par le biais de l'entité dite "Autorité palestinienne" (AP), sans succès.

Dans ces épreuves de force qui durent depuis au moins 1948, date officielle de la nouvelle naissance de l'Etat d'Israël, cet Etat s'est renforcé au lieu de s'affaiblir, tant sur le plan local que sur le plan international. Alors comment expliquer cet acharnement arabe à démolir un Etat qui se veut "juif" ? Comment expliquer cet acharnement à porter devant les Nations Unies la demande de création d'une nouvelle entité divisée, morcelée, dite "palestinienne", qui ne reconnaît pas l'Etat juif, lequel siège légalement dans cette enceinte comme membre à part entière ? (2).

Mis à part le côté "irrationnel" ou "démagogique" de la démarche, il y a aussi l'absence d'une puissance respectée pouvant assurer l'ordre dans une région mouvementée, ce qui ouvre la voie à toutes sortes d'initiatives sans lendemain, mais qui remplissent les colonnes de médias qui s'en donnent à cœur joie. Peut-être aussi le président américain, Barack Hussein Obama – qui l'a reçu comme premier visiteur étranger dès son entrée à la Maison Blanche – lui a-t-il donné beaucoup d'espoir. Et pendant les 13 mois qui lui restent, Obama ne peut pas aider Abou Mazen à sortir de l'ornière où il s'est engouffré avec les Nations Unies. Il perdrait ses chances d'être réélu président des Etats-Unis en novembre 2012, du fait de l'opinion américaine sur ce sujet sensible.

La requête "palestinienne" va ainsi traîner dans les tiroirs de fonctionnaires qui espèrent trouver un peu probable compromis (3).

Mais la porte est aussi ouverte à toutes les erreurs de jugement et à toutes les initiatives inconsidérées. Mais qui en doutait lorsqu'il s'agit du Moyen Orient arabe ?


Albert Soued

 

Notes

 

(1) Voir Accords de San Remo & Déclaration Balfour

(2) Le territoire de l'Autorité Palestinienne est morcelé sur le plan géographique entre la bande de Gaza qui est gouvernée par le Hamas, organisation reconnue comme islamiste et terroriste, et des zones autonomes en Cisjordanie, gouvernées par le Fatah, deux gouvernements qui ne s'entendent que sur leur haine d'Israël. Voir la rubrique Territoires et Populations. De plus, chaque zone est formée de tribus et familles d'origines géographiques et ethniques très diverses, notamment des Bédouins, des Egyptiens, des Syriens, des Caucasiens et des Africains, qui ont des intérêts très divergents. De plus, le gouvernement actuel de l'Autorité Palestinienne (AP) à Ramallah n'est pas élu, le mandat de Mahmoud Abbas étant échu depuis 2 ans. Celui-ci agit donc en toute illégalité. D'une manière générale, depuis son installation par les accords d'Oslo de 1995, l'AP s'est surtout distinguée par les points suivants.

·        L'élévation de la mort et du "martyre" au rang de valeurs suprêmes.

·        Les attentats terroristes qui ont coûté la vie à près de 1 500 israéliens et qui continuent d'une manière quotidienne et variée.

·        La corruption et les détournements de dons étrangers.

·        L'autocratie des dirigeants, notamment à Gaza.

·        Une économie fondée à 60% sur des dons étrangers et des taux de chômage de 50% à Gaza et de 25% en Cisjordanie.

·        Une volonté tenace et délibérée d'éliminer Israël par tous les moyens sans le moindre signe d'une volonté de négocier ou de faire des concessions.

·        L'ostracisme vis-à-vis des réfugiés palestiniens (maintenus dans la condition de réfugiés, en leur refusant la nationalité du pays en cas d'indépendance et en les "utilisant" comme un bombe à retardement), et le racisme vis-à-vis des Chrétiens et des Africains, par l'apartheid vis-à-vis des Juifs, puisqu'ils seront expulsés de Cisjordanie en cas d'indépendance, etc.

(3) Israël est au bout de ses concessions, alors que l'AP fait de la surenchère en guise de "concessions". Echaudé par les retraits unilatéraux du Liban-Sud et de Gaza qui ont entraîné des guerres coûteuses et sanglantes, Israël ne croit plus dans la théorie des "Territoires contre paix", mais dans la dissuasion pour éviter le pire.

 

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