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Christianisme

Le pacte du Vatican avec l'Islam, Giulio Meotti
04/10/2011

 

En exclusivité pour YnetNews : Un journaliste italien [non-juif] analyse la soumission du Vatican à l'islam politique.

Texte original anglais sur le site Israel News, 02 octobre 2011.


Traduction française : Menahem Macina

 

Cinq années ont passé depuis sa « leçon » controversée sur l'Islam à l'Université allemande de Regensbourg. Le 12 septembre 2006, Joseph Ratzinger [Benoît XVI], avait affirmé que le dieu des musulmans était à la fois transcendant et déraisonnable et il avait sévèrement condamné le djihad et l'usage de la violence au nom du Coran. C'est le seul événement public au cours duquel un Pape a dit la vérité sur quelques aspects de la religion islamique.

Benoît XVI s'est posé en acteur central de l'ère post 11-Septembre. Son discours contre le lien entre religion et violence, caractéristique de l'islam d'aujourd'hui, n'était ni une erreur, ni un faux pas, malgré ce qu'ont alors affirmé quelques observateurs. C'était, au contraire, une vigoureuse attaque contre certains aspects du fanatisme islamique.

La réaction au discours du pape fut un spectacle familier : menaces, émeutes et violence. Depuis les dirigeants religieux de la majorité des pays musulmans jusqu'au New York Times, tous exigèrent du pape qu'il s'excuse. Dans les régions [à minorités] palestiniennes, des églises furent attaquées et des chrétiens pris pour cibles. Dans la capitale somalienne, Mogadiscio, une religieuse italienne fut exécutée. En Iraq, Amer Iskander, un prêtre orthodoxe, fut décapité et amputé des bras.

Dans les milieux islamiques, Ratzinger fut dépeint comme Dracula. Il fut l'objet de plusieurs menaces de mort : « Abattez-le ! », « porc serviteur de la croix », « odieux malfaisant », « qu'Allah le maudisse ! », « vampire suceur de sang », et ainsi de suite. Le plus haut représentant islamique de Turquie, Ali Bardakoglu, déclara que le discours de Ratzinger était rempli d'hostilité et de haine ». L'organisation des Frères Musulmans en Egypte promit des « réactions pires que celles qu'avaient déclenchées les caricatures danoises ».

Le Pape Benoît XVI (Photo: AP)

L'Ayatollah suprême de l'Iran, Ali Khameini, accusa le Pape de faire partie de la « conspiration des Croisés ». Mis sous pression et dans le but de faire cesser toute future violence, le pape présenta ses excuses.

Récemment, Benoît XVI a fait une nouvelle visite dans son Allemagne natale, mais, cette fois, avec un ordre du jour différent. Cinq ans après [la tempête de Regensburg], le Vatican a adopté une ligne pro-Islam et a capitulé devant les fondamentalistes. Dans un livre récent écrit par le journaliste allemand Peter Sewald, le Pape Ratzinger a exprimé des « regrets » pour sa lecture de Regensburg. Le Secrétaire d'Etat du Vatican, Tarciso Bertone, a enterré la leçon papale comme une « relique archéologique ».

« Les positions par défaut à l'égard de l'islam militant, rappellent aujourd'hui fâcheusement celles de la diplomatie vaticane à l'égard du communisme durant les 25 ans de la Guerre froide »,

écrit Georges Weigel, un auteur américain majeur qui écrit sur le Vatican. Le nouvel ordre du jour du Vatican vise à

« parvenir à des accommodements politiques avec les Etats islamiques et renonce à une condamnation publique énergique de l'idéologie djihadiste islamique. »


Une ligne conciliatrice


Après Regensburg, le Vatican a adopté une ligne conciliatrice. Le cardinal Jean-Louis Tauran, connu pour sa position favorable à l'islam, a été mis par le Pape à la tête du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux.

En réalité, le dialogue avec les mollahs d'Iran est primordial dans cette nouvelle ligne vaticane. Récemment, une délégation de clercs de l'Assemblée Consultative Islamique de l'Iran est venue en visite au Vatican pour rencontrer de hauts responsables catholiques.

En juin [2011], le Vatican a envoyé à Téhéran l'archevêque Edmond Farhat, représentant officiel de la politique vaticane, pour qu'il participe à une conférence « internationale [consacrée à] une campagne mondiale contre le terrorisme ». A l'automne dernier, des représentants du Vatican ont rencontré des dirigeants musulmans du monde entier à Téhéran pour « un dialogue interreligieux de trois jours ». A Téhéran, le cardinal Tauran a loué l'« esprit de cordialité » de l'Iran et l'« amical Ahmadinejad ».

Le mois dernier, le Vatican a rendu publique une lettre écrite par Tauran à l'adresse de ses « Chers amis musulmans ». Dans cette lettre, Tauran demandait une aide islamique pour former une alliance contre l'athéisme.

En 2008, le Vatican promouvait le premier forum de trois jours, intitulé « Amour de Dieu, Amour du Prochain », avec des dirigeants islamiques. Le Pape accepta de rencontrer l'un des plus dangereux islamistes du monde occidental, petit-fils de Hassan al-Banna, fondateur de l'organisation des Frères Musulmans, Tariq Ramadan – le spécialiste suisse qui dénie à Israël le droit à la vie et qui a été interdit d'entrée sur le territoire des Etats-Unis en raison de ses accointances présumées avec des extrémistes.


[Serrage de mains au sommet] lors de la rencontre du Pape avec le roi saoudien Abdullah (Photo: AP)


En mai dernier, l'évêque Mariano Crociato, secrétaire général de la Conférence Episcopale Italienne, annonçait que le Vatican était favorable à la construction de nouvelles mosquées en Europe. Un mois plus tard, les évêques européens rencontraient des musulmans européens à Turin (le Cardinal Tauran était aussi présent) pour proclamer la nécessité d'une « inculturation progressive de l'Islam en Europe ».

A Rimini, station balnéaire de la Côte adriatique, Communion et Libération, l'un des plus puissants mouvements de l'Eglise catholique, tient sa massive « rencontre » annuelle, qui attire habituellement quelque 700 000 personnes. Le mois dernier, ce mouvement catholique a invité le président de Al Ahzar, la plus importante université islamique, au Caire, et un haut dirigeant des Frères Musulmans, malgré le fait que, pour la première fois, la Commission Américaine pour la Liberté Religieuse a recommandé que l'Egypte soit incluse dans la liste des « pires parmi les pires » pays pour ce qui est de la persécution des chrétiens.

 

Israël pris pour cible


L'Etat d'Israël est sacrifié sans problème à la nouvelle politique favorable à l'Islam. En janvier 2009, des milliers de musulmans ont défilé devant le Dôme de Milan pour protester contre l'opération Plomb durci à Gaza. Ils ont brûlé des drapeaux israéliens et chanté des slogans antijuifs. Joachim Navarro-Vals, qui fut le porte-parole de Jean-Paul II durant 22 ans, défendit la « liberté d'expression » des musulmans qui avaient brûlé l'Etoile de David.

Des mois plus tard, le Pape Benoît visita Bethléem, dont la population chrétienne est passée d'un pourcentage majoritaire à moins de 20 %. Benoît XVI adressa un message de solidarité aux un million quatre cent mille Palestiniens isolés dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. Il ne dit rien de la souffrance qu'endurent 3 000 chrétiens depuis que le Hamas s'est emparé de ce territoire en 2007.

Benoït XVI aurait pu dénoncer les attentats à l'explosif, les tirs et autres attaques islamistes contre des établissements chrétiens, le meurtre brutal du propriétaire du seul magasin de vente de bibles de Gaza, ou l'intimidation et la persécution permanentes des chrétiens dans cette région. Au lieu de cela, le Pape prit fait et cause pour Mahmoud Abbas en tant que dirigeant palestinien ; il a aussi pointé mensongèrement du doigt un mur de séparation en ciment à Bethléem, et a fait porter à cette barrière et à l'« occupation » israélienne la responsabilité du sort des Palestiniens.

Quelques semaines plus tard, les Nations Unies organisèrent « Durban II » ; le premier jour de la conférence, Mahmoud Ahmadinejad, seul chef d'Etat à y assister, prononça un discours condamnant Israël comme étant « totalement raciste », et il parla de l'Holocauste comme d'une « question ambiguë et douteuse ». Quand Ahmadinejad commença à dire du mal des juifs, toutes les délégations européennes quittèrent la salle de conférence. La délégation du Vatican ne dit pas un mot.

Pour comprendre la nouvelle approche du Vatican envers l'Islam, il faut aussi lire ce qui se produisit lors du Synode historique sur le Moyen-Orient, réuni par le Pape, à l'automne dernier. Rien ne fut dit de la persécution islamiste des chrétiens ; mais on fit tous les efforts pour montrer la sympathie de l'Eglise Catholique envers les griefs musulmans, spécialement contre le « Sionisme » - un mot évoqué comme le symbole du mal.

En dehors de l'Iraq, le seul pays du Moyen-Orient auquel on s'en prit particulièrement pour le critiquer fut Israël. Le Patriarche de l'Eglise copte égyptienne, Antonios Naguib, qui était le « rapporteur », ou le secrétaire du Synode, exprima une « solidarité avec le peuple palestinien, dont la situation actuelle favorise particulièrement la montée du fondamentalisme ». La leçon était simple : l'islamisme est la conséquence de la politique israélienne. Le synode avait été soigneusement préparé pendant un an, et il donna lieu à une éruption de déclarations antijuives, tant dans les questions ayant trait à la politique que dans celles ayant trait à la théologie.

 

Le nettoyage ethnique passé sous silence


Le souci légitime du Vatican pour ses coreligionnaires fut également passé sous silence. Intimidation, brutalité et violence ont réussi à évincer la critique non seulement de l'Islam, mais de la violence infligée aux chrétiens au nom de l'Islam.

Au cours des quelques dernières années, les chrétiens ont été victimes d'explosions, de meurtres, d'assassinats, de tortures, d'emprisonnements et d'expulsions. Les racines mêmes de l'héritage chrétien au Moyen-Orient ont été détruites. Quand, l'hiver dernier, des chrétiens ont été tués en Egypte, le Cardinal Tauran et le service des affaires étrangères du Vatican ont demandé d'« éviter la colère », et ils ont minimisé la part prise par les islamistes dans ce massacre.

A l'été 2010, l'évêque Luigi Padovese, vicaire apostolique pour l'Anatolie et président de la Conférence Episcopale de Turquie, a été assassiné par des islamistes fanatiques à Iskenderun, la veille de la visite du Pape à Chypre. La diplomatie vaticane fit en sorte de convaincre le Pape d'exclure immédiatement et préventivement l'idée qu'il s'agissait d'un meurtre « politique ou religieux ».

Par ailleurs, le nombre de chrétiens en Turquie est passé de deux millions à 85 000 ; en Syrie, leur proportion dans la population est passée de 50 % à 4 % ; en Jordanie, de 18 % à 2 % ; près des deux-tiers des 500  000 chrétiens de Baghdad ont fui ou ont été tués ; au Liban, les chrétiens ont été réduits aux dimensions d'une secte minuscule et sont menacés par des populations shiites et sunnites houleuses ; en Arabie Saoudite, des chrétiens ont été battus ou torturés par la police religieuse.

C'est un nettoyage ethnique de proportions monumentales qui éclaire les raisons de la soumission du Vatican à l'Islam politique ainsi que sa position anti-israélienne, et dont on se souviendra comme d'une des plus grandes faillites [morales] du 21ème siècle.

 

Giulio Meotti


© Israel News

 

[Original anglais aimablement signalé par R. Roth (Desintox-be).]