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Contentieux palestino-israélien

L'Unesco est prête à reconnaître la Palestine
06/10/2011


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L'exécutif de l'organisation y est favorable, ce qui est une victoire pour les Palestiniens. Les Etats-Unis et Israël s'en inquiètent

Article repris de La Tribune de Genève, 5 octobre 2011

  Les Palestiniens ont engrangé hier une première victoire diplomatique dans leur quête d'une reconnaissance internationale d'un Etat. EPA

 

C.M. avec AFP | 05.10.2011 | 16:58

 

C'est un premier succès diplomatique pour la Palestine. Le conseil exécutif de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, les sciences et la culture a approuvé, par 40 voix sur 58, une recommandation visant à accorder à la Palestine un statut de membre à part entière. Quatre pays ont voté contre et quatorze se sont abstenus. Mais rien n'est joué: pour que la Palestine, aujourd'hui membre observateur, obtienne sa réelle présence à l'Unesco, une majorité des deux tiers des 193 membres de l'organisation devra approuver la recommandation. Tout se jouera lors d'une session à Paris, entre le 25 octobre et le 10 novembre.

Cette recommandation a bien sûr une forte portée symbolique à l'heure où la demande d'adhésion de la Palestine à l'ONU comme Etat membre à part entière est en examen auprès du Conseil de sécurité. Face à cette démarche, les Etats-Unis opposeront leur veto, tandis que la France propose une voie médiane aux Palestiniens, soit de leur accorder le statut d'observateur.

Les débats au sein de l'Exécutif de l'Unesco reflètent parfaitement ces tendances: les Etats-Unis ont voté contre, tandis que la France, pays qui abrite le siège de l'Unesco, s'est abstenue parce que «ce n'est pas le moment». Mais il y a une différence de taille dans les modalités pour décrocher son ticket d'entrée à l'Assemblée générale de l'ONU ou pour entrer à l'Unesco. Dans ce dernier cas, les Etats-Unis n'ont pas de droit de veto. C'est donc bien le seul vote des 193 membres qui déterminera si la Palestine y aura sa place. A Ramallah, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, avait dénoncé peu avant le vote à l'Unesco «d'énormes pressions» contre la demande d'adhésion de la Palestine, en les attribuant aux Etats-Unis et à Israël.

L'enjeu de la présence palestinienne à l'Unesco ne se résume toutefois pas à sa seule dimension symbolique. Un changement de statut à l'Unesco permettrait à la Palestine de déposer des demandes de reconnaissance au Patrimoine mondial de l'humanité pour des sites dans les territoires palestiniens occupés par Israël. Les Palestiniens comptent notamment présenter au Patrimoine mondial les candidatures de Bethléem, lieu de naissance du Christ, Hébron, pour le caveau des Patriarches – la mosquée d'Ibrahim (nom musulman d'Abraham) pour l'islam – un site révéré à la fois par les juifs et les musulmans, et Jéricho, une des villes les plus anciennes de l'humanité. C'est dire si le sujet est chargé politiquement.

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait annoncé en 2010 que le caveau des Patriarches, à Hébron, et la tombe de Rachel, à Bethléem, tous deux en Cisjordanie occupée, lieux saints à la fois pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, seraient ajoutés à la liste des monuments historiques israéliens. Cette décision avait irrité l'Autorité palestinienne qui avait évoqué un risque de «guerre religieuse». Elle avait été condamnée par la communauté internationale et avait déclenché des heurts à Hébron.




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