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Christianisme

Mourir plutôt que renier sa foi, Pascal André
06/10/2011

 

[Dites-moi si je me trompe : on n'a guère entendu les protestations des autorités religieuses occidentales. N'est-ce pas une honte ? Il s'agit d'un pasteur évangélique, diront les catholiques, notre Eglise n'y peut rien ! Mais, pour autant que je comprenne la religion du Christ, un chrétien est un chrétien, quelle que soit son appartenance religieuse… Et d'ailleurs, on n'entend pas davantage la voix du Vatican, quand des évêques des prêtres et des fidèles sont exécutés par les autorités religieuses, ou massacrés par des foules fanatisées, dans le monde arabe et en Iran (Voir l'article de Giulio Meotti, « Le  pacte du Vatican avec l'Islam » [*]). Menahem Macina.]


Dimanche Express
(hebdomadaire catholique belge) I, n° 35, 9 octobre 2011

 

[Le pasteur iranien Yousef Nadarkhani, 33 ans, marié et père de deux garçons de 6 et 8 ans, a été arrêté en octobre 2009 alors qu'il était en train d'enregistrer légalement sa congrégation dans la ville de Rasht (capitale de la province du Gilan au nord-ouest du pays)

. Photo ajoutée par debriefing.]


Les autorités judiciaires iraniennes veulent contraindre le pasteur Youcef Nadarhkani à renier sa foi pour échapper à la peine de mort. Mais ce dernier reste ferme dans sa foi et a annoncé qu'il n'avait pas l'intention d'abjurer. Washington, Londres, Berlin, Paris et plusieurs capitales occidentales appellent à sa libération.

 

Pasteur évangélique dans la région de Gilan, à 250 kilomètres de Téhéran, Youcef Nadarhkani exerçait plus ou moins librement son ministère depuis une dizaine d'années, lorsqu'en 2009, le gouvernement iranien décida que tous les élèves solarisés devaient suivre l'enseignement coranique, y compris les enfants des familles chrétiennes. Pour le pasteur cette décision est inacceptable. Se basant sur la Constitution iranienne qui reconnaît la liberté de culte à toutes les religions du Livre, il décide donc de retirer ses deux garçons de l'école où ils sont scolarisés. Mal lui en a pris, car le soir même il est arrêté par la police secrète.

 

Mauvaise foi

Placé en cellule d'isolement pendant de longs mois, Nadarhkani est sommé de revenir à la religion du Prophète sous peine de mort, car en Iran, l'apostasie est un crime puni de la peine capitale. Mais le pasteur a beau expliquer qu'il n'a rien renié, puisqu'il n'a jamais été musulman de sa vie, on cherche par tous les moyens à le faire plier. Y compris en lui administrant de puissants sédatifs afin de casser sa volonté. Heureusement, son avocat parvient à démonter, en appel, le principal argument de l'accusation, consistant à dire que jusqu'à l'âge de 15 ans, le pasteur était musulman, alors qu'il n'a, en réalité, jamais été un fidèle de l'Islam.

Mais les autorités religieuses ne baissent pas les bras aussi facilement et décident de faire appel du jugement devant la Cour suprême de Qum. Le verdict rendu le 25 septembre dernier par cette instance est un modèle de casuistique et de mauvaise foi : certes, énonce-t-il, on ne peut reprocher au pasteur d'avoir été musulman avant d'avoir été chrétien, mais ses parents étant musulmans, il était tenu de revenir à la religion de ses parents. La sentence est donc maintenue, sauf s'il accepte de renier sa foi chrétienne. Plusieurs Etats occidentaux ont aussitôt réagi à cette annonce, réclamant la libération de Youcef Nadarhkani. "L'exécution de la peine capitale serait une nouvelle preuve du mépris total des autorités iraniennes pour la liberté de culte", a notamment déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

 

Un mensonge de plus

Face à cette levée de boucliers et au refus du pasteur d'abjurer sa foi, le régime iranien a opté pour une nouvelle stratégie. Cette fois, l'homme n'est plus accusé d'être un apostat, mais un "sioniste" et un "traître", ayant commis "des crimes sécuritaires". "Dans notre pays, personne n'est exécuté pour avoir changé de religion", a affirmé le vice-gouverneur du Ghilan. Un mensonge de plus à verser à ce triste dossier.

 

Pascal André

 

© Dimanche Express


[*] Extrait de l'article de Meotti :


Au cours des quelques dernières années, les chrétiens ont été victimes d'explosions, de meurtres, d'assassinats, de tortures, d'emprisonnements et d'expulsions. Les racines mêmes de l'héritage chrétien au Moyen-Orient ont été détruites. Quand, l'hiver dernier, des chrétiens ont été tués en Egypte, le Cardinal Tauran et le service des affaires étrangères du Vatican ont demandé d'« éviter la colère », et ils ont minimisé la part prise par les islamistes dans ce massacre.
A l'été 2010, l'évêque Luigi Padovese, vicaire apostolique pour l'Anatolie et président de la Conférence Episcopale de Turquie, a été assassiné par des islamistes fanatiques à Iskenderun, la veille de la visite du Pape à Chypre. La diplomatie vaticane fit en sorte de convaincre le Pape d'exclure immédiatement et préventivement l'idée qu'il s'agissait d'un meurtre « politique ou religieux ».