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Un plaidoyer pro domo d'aussi piètre qualité que le reportage de France 2, défendu bec et ongles par une journaliste du «Nouvel Obs»
14/10/2011


[Sous le titre «Palestine : le magazine de France 2 qui dérange», Sarah Diffalah défend bec et ongles, au nom de la sacro-sainte « liberté d'expression », le reportage anti-israélien de France 2. Il est significatif qu'elle le fasse en déshonorant la langue française dans des proportions analogues à celles du saccage de l'objectivité, perpétré par les journalistes responsables de l'émission. Qu'on en juge par ce qui suit. (Menahem Macina).]  



Sur le site du Nouvel-Observateur, 13-10-11

La colère du Crif et de l'ambassade israélienne contre une émission sur la question palestinienne provoque l'émoi dans le monde de la presse.

 

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou lors du gala annuel de l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee) le 22 mars 2010.  (AFP /Nicholas KAMM) 

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou lors du gala annuel de l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee) le 22 mars 2010. (AFP /Nicholas KAMM)


Le président de France Télévisions va-t-il céder ? Ulcéré par la diffusion sur France 2 d'une émission sur la question palestinienne qu'il a jugé [lire : jugée]  « caricaturale et unilatérale », le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a demandé à voir le président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, pour que ce dernier s'explique. L'ambassadeur d'Israël a emboîté le pas à Richard Prasquier et a demandé, lui aussi, à voir le patron du groupe.

Mais, depuis samedi dernier, de nombreuses voix de journalistes s'élèvent pour défendre leur liberté d'expression. A « l'intense émotion et stupéfaction écœurée » qu'aurait ressenti [lire : ressenties] la communauté juive, selon Richard Prasquier, les journalistes opposent le sérieux de leur enquête. Le rédacteur en chef de l'émission « Un œil sur la planète », Patrick Boitet, s'interroge :

« Accepter une telle démarche [une rencontre entre les autorités de France Télévisions et israéliennes (sic)] est pour le moins délicat, dans la mesure où cela va créer un précédent. Imaginer [lire : Imaginez] que, demain, après n'importe quel reportage consacré à un conflit sur la planète, que [sic] les parties incriminées puisse [lire : puissent] demander une telle rencontre aux organes de presse. Je crains que l'on ouvre la boîte de Pandore. »


Souci d'apaisement

Bien qu'ayant exprimé son soutien, lors d'une assemblée générale de la société des journalistes, la présidence du groupe a cependant décidé de répondre positivement à la demande et devrait rencontrer le président du Crif et l'ambassadeur d'Israël entre le 20 et le 23 octobre.

« Je peux comprendre que la direction de France Télévisions, dans un souci d'apaisement, reçoive les personnes qui s'estiment choquées », juge Patrick Boitet, « maintenant est-ce que cela doit être rendu public, [ajouter: ?] je [lire : Je] pose la question. J'ai peur qu'on mette le doigt dans l'engrenage. »

Pour tirer la sonnette d'alarme, une pétition de solidarité du SNJ a été lancée, l'association du Prix Albert Londres, la Fédération européenne des journalistes et de [?] l'association juive "Une autre voix juive" ont tenu à témoigner leur soutien.


Sérieux

S'assurant du soutien du directeur de l'information, Thierry Thuilliez [lire : Thuillier], le rédacteur en chef s'appuie sur le sérieux de ses journalistes.

« Est-ce que les éléments présentés dans "Un œil sur la planète" sont faux ? J'attends toujours qu'on nous le démontre », demande Patrick Boitet.

En effet, le documentaire est certes sévère envers la politique israélienne en Cisjordanie, mais il ne comporte pas d'erreurs factuelles. Charles Enderlin, correspondant de France Télévisions au Proche-Orient et spécialiste de la région, fait sur son blog une analyse du documentaire auquel il n'a pas pris part :

« Le problème des colonies montré dans le reportage [intitulé] "Les frontières de la discorde" est exact. Les agriculteurs palestiniens ont le plus grand mal à aller cultiver leurs terres de l'autre côté de la barrière de séparation. Effectivement, dans la vallée du Jourdain les Palestiniens et les bédouins n'ont pas le même accès à l'eau qui va en priorité aux colonies », écrit-il.

Le sujet qui a suscité le plus grand courroux des [lire : chez les] représentants juifs concerne les lobby [lire : lobbies] pro-israéliens aux Etats-Unis. Le reportage montre comment des groupes de pression, l'Aipac notamment, mais aussi les groupes de chrétiens évangéliques, tentent d'influencer la diplomatie étrangère américaine. Les témoignages d'un ancien de l'Aipac sont accablants. Il explique par exemple comment les journalistes jugés trop "pro-palestiens" [lire: palestiniens] sont black-listés [lire : mis sur une liste noire].

« L'angle [lire : le but] de l'émission était de savoir pourquoi la démarche de Mahmoud Abbas pour la demande de reconnaissance de la Palestine à l'Onu bloquait », explique Patrick Boitet, « le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël est très important. Et le lobby pro-israélien est extrêmement actif au Congrès, c'est ce qu'on a voulu montrer. »

Le lobby en question ne s'en cache d'ailleurs pas. Ayant pignon sur rue, le site internet de l'Aipac regorge de vidéos de lobbyistes exigeant le veto de Barack Obama au Conseil de sécurité.

« Nous aurions pu être beaucoup plus durs », confie Patrick Boitet, « on a [lire : on n'a, ou mieux : nous n'avons] rien dit sur les incendies de mosquées, les cimetières saccagés. Mais on n'a pas voulu mettre de l'huile sur le feu. »

Menace

L'équipe de l'émission s'inquiète également des menaces, physiques [Lire: contre l'intégrité physique de ses membres] pour certaines, qu'elle a reçu [lire : reçues]. Les mails d'insultes sur le site de France 2 et sur la page Facebook du présentateur Etienne Leenhardt rappelle [lire : rappellent] la violente campagne qu'a connu [lire : connue, ou mieux : dont a été l'objet] Charles Enderlin lors de l'affaire du petit Al Dura.

« Il y a des officines avec des blogueurs professionnels qui inondent Internet avec des [lire : de] propos outranciers et orduriers. Ils désinforment sur le [lire : à propos du] contenu même de notre émission. On nous reproche des choses qui n'existent pas dans les reportages. C'est malhonnête », regrette Patrick Boitet.

« Une ambassade ou une voix communautaire ne devrait [lire : devraient] pas avoir droit au chapitre dans un organe de presse", affirme Patrick Boitet. « Que le Crif fasse sa promotion c'est une chose, qu'il dise la vérité c'est une autre chose [lire : c'en est une autre]. Il a peut-être sa vérité sur le conflit au Proche Orient. Nous, journalistes, avons le droit de mener nos investigations et nos enquêtes. »

 

Sarah Diffalah

 

© Le Nouvel Observateur