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Israël (Société - mentalités)
Israël (délégitimation d')

Pour le journaliste B. Barthe, des colons israéliens tentent de «s'approprier et d'annexer Hébron»
23/10/2011

 

Extrait des propos de Benjamin Barthe, ancien correspondant du journal Le Monde à Ramallah (2002-2011), et auteur de Ramallah Dream, voyage au coeur du mirage palestinien, interviewé par Virginie Herz, au cours d'un entretien de France 24, le 21 octobre 2011 :

 

« Les Palestiniens ont demandé, il y a déjà plusieurs mois, l'inscription de leurs sites historiques, antiques, touristiques, à la liste du patrimoine mondial de l'humanité, qui est gérée par l'UNESCO. Parmi ces sites il y a notamment la Basilique de la Nativité à Bethléem [1]. Il y a également la Vieille Ville de Hébron.

Hébron, c'est cette grande ville [2] traditionnelle du sud de la Cisjordanie, où des colons israéliens sont implantés depuis des années, et notamment la Vieille Ville de Hébron est soumise en permanence aux tentatives d'appropriation, d'annexion de ces colons israéliens [3].

Donc obtenir l'inscription de ces sites sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité, ce serait une garantie de protection pour les Palestiniens contre les menées des colons [4]. Ce serait quelque chose de très important pour eux. »

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Commentaires de Menahem Macina pour debriefing.org

 

[1] Il est à peine besoin de rappeler qu'une basilique est un lieu saint chrétien et non musulman, encore moins palestinien.

[2] « Grande ville » est une qualification très optimiste pour une cité qui comptait, selon un recensement de 1997, environ 150.000 habitants. Voir l'article « Hébron » de Wikipedia.

[3] Faut-il rappeler que ces « colons israéliens » sont également juifs. Il ne s'agit pas d'éléments incontrôlés ni de fanatiques, mais de familles pieuses qui, sous la protection de l'armée israélienne, maintiennent une présence juive au voisinage du tombeau des Patriarches, sis à Hébron (cf. Gn 23), ville d'où David régna sur la tribu de Juda durant sept ans, avant de s'établir à Jérusalem où il régna 33 ans (cf. 1 R 2, 11). Parler d'« annexion » de ce territoire qui constitua durant des siècles, le cœur de l'ancien Israël, participe d'un processus systématique de désappropriation géographique, historique et culturelle de la terre d'Israël, dorénavant appelée Palestine, qu'opèrent les Arabes, en général, et les Palestiniens, en particulier, dans le dessein bien arrêté de délégitimer totalement toute présence juive en Israël.

[4] La popularité universelle de ce terme est un chef-d'œuvre de subversion de sens qu'envierait un Goebbels, s'il vivait aujourd'hui. Il convient d'examiner ce que dit le dictionnaire sur ce qu'est un colon.

  • 1er sens, terme de droit : "Cultivateur d'une terre dont le loyer est payé en nature" ; équivalents : "Fermier, Métayer"
  • 2ème sens, courant : "Personne qui est allée peupler, exploiter une colonie"; équivalent : "Pionnier". (Petit Robert).

Gageons que l'Israélien s'accommodera volontiers de la première définition, malgré son utilisation aujourd'hui obsolète. L'équivalent "Pionnier" de la deuxième la lui fera admettre également. Mais étant donné son caractère circulaire ("peupler une colonie"), il ne pourra faire l'économie de la consultation de la rubrique correspondante du dictionnaire. Et là, les choses se gâtent, non seulement pour lui, mais également pour son État :

  • (vieilli) : "Réunion d'hommes partis d'un pays pour aller en habiter, en exploiter un autre."
  • "Établissement fondé par une nation appartenant à un groupe dominant dans un pays étranger à ce groupe (moins développé), et qui est placé sous la dépendance (la souveraineté) du pays occupant dans l'intérêt de ce dernier." (Petit Robert).

Voir aussi, à ce propos : Menahem Macina, « Quand les "Bons" font du mal aux "Mauvais", ou l'euphémisme du "Colon" ».

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Décidément, force est d'en convenir: les Juifs ne doutent de rien! Comment osent-ils revendiquer Hébron? Une ville à l'évidence bâtie par les descendants d'Ishmaël! A moins que ce ne soit par les Philistins, où les Cananéens, dont descendent les Arabes, comme chacun sait... Même le fait que le patriarche Abraham y soit enterré ne donne aucun droit aux Juifs sur Hébron, car Abraham est aussi le père de Ishmaël, l'ancêtre des Arabes. Bref, quel que soit l'ancêtre ou le fait historique invoqués par les Juifs, c'est peine perdue, les Arabes, voire les Palestiniens, auront toujours une génération, un siècle, un millénaire, voire plus, d'antériorité par rapport aux Juifs. Et pour finir sur une note d'humour bien méritée, voici une bonne blague (que je dois à P. Golt) :

 

Le conflit israélo-palestinien a motivé, une fois de plus, une réunion d'urgence à l'ONU. La parole est à l'ambassadeur israélien :


« Mesdames et Messieurs, Avant de commencer mon discours, je voudrais vous narrer une vieille histoire... Lorsque Moïse conduisait les Hébreux hors d'Égypte, il dut traverser des déserts, et des prairies, et encore des déserts... Son peuple était éreinté et avait besoin d'eau. Alors Moïse frappa la roche d'une montagne de sa canne, et au bord de cette montagne apparut un bassin rempli d'une eau fraîche, claire comme le cristal. Le peuple s'en réjouit et tous burent pour leur plus grande satisfaction. Moïse souhaita alors se nettoyer le corps ; pour ce faire, il alla à l'autre bout du bassin, enleva tous ses vêtements et plongea dans les eaux de la mare. Quand il sortit de l'eau, il se rendit compte que ses vêtements avaient... été volés ! »

L'ambassadeur Israélien marque alors une pause, puis il reprend :

 

- Eh bien, j'ai toutes les raisons de croire que ce sont les Palestiniens qui avaient volé ses vêtements !


L'ambassadeur Palestinien manque de s'étouffer en entendant cette accusation. Il saute alors de son siège et crie :

 

- C'est un mensonge. Tout le monde sait qu'il n'y avait pas de Palestiniens à cette époque !

 

Alors l'ambassadeur d'Israël poursuit :

 

- Puisque nous sommes d'accord sur ce point fondamental, je vais commencer mon discours... »