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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme

L'apologie du crime, Yéochoua Sultan
01/11/2011

Repris du site Israël flash, 27 octobre 2011

l'apologie du crime

L'apologie du crime est illustrée implacablement par le soutien aux thèses antisionistes. Quand 1027 assassins ont été libérés, les machines de propagande se sont appesanties sur la joie de leurs familles qui allaient être à nouveau réunies.

Pourtant, cette longue liste comporte, entre autres, les séquestreurs de Nahshon Wacksman, le tueur des huit jeunes filles qui faisaient leur service militaire et attendaient à un carrefour d'être ramenées à leur base, ainsi que la véritable bête à apparence humaine qui a exhibé fièrement ses mains rougies par les entrailles du malheureux réserviste qu'il était en train de dépecer.

Même d'éminents analystes se sont laissé emporter par cette banalisation du crime, en faisant comme si la transaction n'avait été qu'un échange de prisonniers de guerre jetés sur le front malgré eux, comme lors du conflit entre la France et l'Allemagne dans le contexte de la guerre de 1914.

Le plus inquiétant n'est pas cet oubli artificiel de l'ajournement aberrant de multiples peines de prison à perpétuité, décidées pourtant par des tribunaux censés exister pour une justice a priori inaltérable, mais bien le lien de cause à effet qui s'établit entre le crime et la sympathie ressentie pour les criminels.

Car c'est bien le crime qui donne une reconnaissance quasi universelle aux assassins dont le but direct est de tuer un maximum de Juifs, et dont le but indirect inventé serait d'accéder à une indépendance nationale.

Cette déformation de la réalité, qui relègue au second plan, hors caméra, l'antisémitisme viscéral des nouveaux temps modernes, au profit d'un nationalisme hypothétique imposé comme réel, est le cheval de bataille des médias israéliens, pour commencer.

Cette manipulation sournoise inverse les rôles entre victimes et bourreaux. Si les bourreaux étaient tout simplement identifiés de nos jours comme de vulgaires antisémites – ou antijuifs, pour ceux qui jouent sur les mots – la lutte contre le péril qu'ils représentent les aurait identifiés pour ce qu'ils sont.

Mais étant donné qu'ils n'agiraient que par nationalisme, il en ressort que la société qui étouffe ce nationalisme serait responsable de la culpabilité des assassins les plus ignobles que la terre ait jamais portés. Leur droit à une vie nationale indépendante est donc bafoué, et la responsabilité des assassinats incombe par conséquent aux victimes rendues coupables, par la même occasion, car leur pays n'est pas assez humain pour admettre les droits d'un tiers.

Ils tuent donc par désespoir, et tout est alors permis. Ils peuvent kidnapper, séquestrer, maltraiter, affamer, interdire de visites, déchiqueter, découper et amputer des corps défenestrés puis montrés sur la place publique en milieu hostile. Ils ont le droit d'égorger des familles paisiblement réunies dans leur foyer, ou attablées dans un restaurant de centre-ville.

Comme la propagande a très bien travaillé sur leur aspect de victimes, tout devient sinon permis, du moins compréhensible, et la faute incombe exclusivement aux sionistes qui l'ont bien cherché. D'où la compassion et les sourires attendris, avec, en prime, une larme essuyée du revers de la manche, pour des tueurs à répétition relâchés par milliers.

Si le Juif a toujours été désigné comme le coupable jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, c'est au tour de son descendant, le Sioniste, de prendre la relève aujourd'hui.

A l'instar de l'attitude observée en Israël, même par une caste minoritaire dont la mainmise sur l'appareil médiatique et juridique est rarement montrée du doigt, lorsque des crimes contre des Juifs sont qualifiés de nationalistes et non d'antisémites, les pays occidentaux ont eux aussi compris le «truc».

Ils ont trop protégé les Juifs, quand ils se sont repentis de les avoir livrés au massacre ou directement massacrés, pour revenir en arrière. Ils ont longtemps regretté leur péché, s'accusant et se frappant la poitrine de la main. Mais tout a une fin. Et les Juifs se font encombrants.

Le vent a tourné, et une enseignante a été déjà la première à en subir les conséquences, quand elle a été relevée de ses fonctions pour avoir trop insisté sur le thème de la Shoah. D'ailleurs, ce terme a été récemment vivement critiqué. De quel droit un tel concept, et en hébreu encore, s'impose-t-il frontalement dans la langue française?

Non, on peut à la rigueur parler d'anéantissement, mais d'une certaine manière seulement, puisque non seulement les Juifs existent encore, mais, de plus, ils ont un Etat. En Angleterre, c'est encore plus flagrant, et la Shoah a été retirée des programmes scolaires [1] pour ne pas heurter la sensibilité de certaines catégories de la population prêtes à s'enflammer et à tout casser.

Or, démentir tout le système mis en place depuis des décennies est un désaveu pénible. Mais la parade a été trouvée. Si, par exemple, un individu se fait insulter dans la rue, et qu'on le traite de «sale Juif», il pourra porter plainte et obtenir largement gain de cause.

Mais si on le traite de «sale Sioniste», le commissariat fera un geste d'impuissance: «Mais est-ce qu'il vous a traité de sale juif?» dira-t-il, dépité. On considérera, même si ce sont systématiquement des Juifs qui sont exposés à ce genre d'agression, qu'on ne peut interdire la liberté d'expression qui autorise tout individu à afficher ses idées sans avoir à en subir des retombées, ce qui ne siérait pas à un pays libre.

La victime d'agressions verbales, voire physiques, peut soudain être déconsidérée pour de prétendues tendances totalitaristes et un recours systématique au chantage et à l'intimidation pour juguler l'acquis le plus cher aux sociétés occidentales, à savoir la liberté de parole. La propagande poursuivra son travail et son œuvre criminelle de renouveau du vocabulaire, afin de pouvoir reprendre les persécutions des Juifs dans le monde, en général, et en Israël, en particulier, en évitant que les antisémites tombent sous le coup de la loi.

Il peut paraître extraordinaire que des organisations aussi exécrables que le Hamas et le Fatah aient tellement le vent en poupe, alors qu'Israël est déprécié aux yeux des pouvoirs occidentaux. Ceux-ci sont, certes, à la merci de leurs fournisseurs d'énergie, mais ce facteur n'est pas le seul à entrer en ligne de compte.

Quelque part dans sa conscience, l'homme reste attaché au héros, avec toute la violence que cela implique. L'homme de paix qui cherche à convaincre, en tendant l'autre joue par exemple, ou en se montrant extrêmement conciliant envers ceux qui lui veulent du mal, pour leur montrer que leur animosité n'a pas de raison d'être, fatigue à la longue.

Le preux chevalier pourfend ses ennemis et décime ceux qui sont infidèles à la cause qu'il défend - qu'elle soit juste ou non, peu importe, pourvu qu'il défende quelque chose ; le vainqueur des tournois qui désarçonne ses adversaires sans coup férir s'attirera la sympathie des foules. D'ailleurs, le grand public raffole de films où un héros tue à bout portant ses adversaires, et il aime moins l'antihéros qui s'en sort par des moyens pacifiques.

Le Fatah et son alter ego, le Hamas, poignardent, bombardent et pulvérisent à la bombe quantité de Juifs - pardon, de Sionistes - sans s'encombrer des complexes européens d'après-guerre. Ça, ce sont des hommes! Si les Juifs se défendent, en se contentant de frapper uniquement les cerveaux des hydres qui les menacent, on leur reprochera les éliminations ciblées, et s'ils mettent en prison ceux qui les tuent, on se réjouira dès qu'ils seront relâchés. La force concrète sait se faire comprendre, pas la force contenue.

Un président français comprend ce qu'un pays arabe ou musulman veut dire, quand les Coptes d'Egypte sont persécutés et quittent leur pays par milliers, ou quand la spoliation des biens de plus d'un million de Juifs qui vivaient dans ces pays devenus indépendants mais aussi dangereux, il ne fera pas pour autant réagir le système qu'il représente et dirige.

Ce langage de la force, illustré aussi en Libye par des insurgés surarmés et totalement étrangers aux notions de droits de l'homme et de crimes de guerre, sonne bien doux aux oreilles d'un ministre français des Affaires étrangères, qui dira en voyant un horrible lynchage qu'une ère nouvelle et démocratique est en train de s'ouvrir. Ce crime, on en fait tous les jours l'apologie.

Mais on n'aime pas la retenue dont fait preuve tous les jours Israël, alors que l'unique question concernant le conflit qui l'occupe devrait porter fondamentalement sur le temps qu'il lui faudrait, en minutes ou en heures, pour se débarrasser, en les éloignant le plus loin possible, de tous ceux qui lui crachent leur haine à la figure tout en profitant largement et dans l'ingratitude de la manne économique qui les fait vivre dans l'opulence, tandis qu'ils vomissent ouvertement leur refus de reconnaître à Israël le caractère légitime d'Etat-nation du peuple juif.

L'Occident adopte aussi cet état d'esprit, et il préfère approuver la notion d'un Etat-nation musulman aux limites extensibles et aux innombrables provinces – tout le contraire de la fameuse peau de chagrin –, lequel s'étend aux régions inexplorées du nord de la mer Méditerranée qui, comme son nom semble l'indiquer [2], est placée au centre de cet Etat-nation aux frontières toujours plus vastes.

Pauvre Kadhafi, pauvre dictateur sanguinaire déchu. Si seulement il avait pu être éliminé par un commando israélien! Alors, le monde entier aurait pleuré sa fin, en exigeant que la justice internationale châtie, sans faire de quartier, cet insolent Etat. Non, décidément, la non-violence et la tolérance ne paient pas.

A cause du côté trop humain d'Israël, beaucoup ne peuvent pas comprendre pourquoi le peuple juif pourrait être autre chose qu'apatride. Le président d'un pays qui a toujours été le porte-drapeau des droits de l'homme vient de faire part de sa perplexité. Il ne comprend pas ce qu'un Etat juif veut dire. Pourquoi? Parce qu'il laisse vivre au milieu de lui un million et demi d'Arabes.

Par syllogisme, il faudrait qu'Israël se montre intransigeant et refuse cette présence sur son territoire pour accéder à la reconnaissance de son identité légitime par les pays les plus éclairés.

Et alors, quand un prisonnier vaudra un prisonnier, et qu'Israël ne sera pas qualifié de prétentieux en faisant valoir mille fois moins ses ennemis que ses citoyens, et quand le nombre d'Arabes en Israël sera équilibré en devenant l'équivalent du nombre de Juifs dans les pays arabes, quand Israël cessera de se contenter d'un territoire qui n'est pas plus grand que deux départements français, alors seulement il sera respecté par la communauté internationale, qui n'osera plus se permettre de condamner cent fois Israël et ne pas même hausser les sourcils devant les véritables exactions perpétrées dans les zones dictatoriales.

© Israël Flash - Reproduction autorisée sous réserve de mention de la source. 

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 Notes de Menahem Macina

[1] L'auteur semble ignorer que la nouvelle était fausse, à en croire les démentis officiels. En son temps, je m'en suis fait l'écho de cette méprise sur debriefing : « La Shoah supprimée de l'enseignement britannique? Un gros canular... » ; « Contrairement à des allégations irresponsables, le Royaume-Uni enseigne la Shoah, Sir A. Collins »

[2] De fait, à en croire l'historien ecclésiastique Isidore de Séville au VIIe siècle, la Méditerranée "doit son nom au fait qu'elle est littéralement une « mer au milieu des terres », en latin mare medi terra (Wikipedia).