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Contentieux palestino-israélien

L'auberge palestinienne d'Abbas et Sarkozy, sur le point de mettre la clé sous le paillasson?
02/11/2011

Article repris du site Israël Flash, 1er novembre 2011

[Voici un texte époustouflant qui semble s'apparenter à de la politique-fiction. Pourtant, il n'en est rien. Marc Brzustowski suit depuis des années les péripéties du contentieux palestino-israélien. Il pourrait en remontrer aux spécialistes autoproclamés qui sévissent dans les grands médias. Les événements dont il évoque ici la possibilité ressortissent évidemment au domaine aléatoire de la prospective politique, c'est dire qu'il ne s'agit pas de certitudes. Il reste que l'auteur sait de quoi il parle et que ce qu'il décrit provient de sources sûres et bien informées. Un matériau utile, donc, et qui ouvre au lecteur des horizons que souvent il ne soupçonne même pas. (Menahem Macina).]

ANALYSE A LA UNE ISRAEL FLASH

Le vote « symbolique » introduisant les Palestiniens à l'UNESCO, avec la pleine collaboration aveugle de la France, – pays accueillant cette institution dans sa capitale, Paris,- apparaît largement contre-intuitif, si l'on se fie à ce que mijote Mahmoud Abbas pour le « jour d'après ». En effet, loin de poursuivre l'édification d'instances pré-gouvernementales ou de faire les preuves de la viabilité de ce projet d'Etat, l'un des « plans B » du responsable terroriste du massacre d'enfants juifs à Maalot (années 70), est de renoncer à toutes ses prérogatives, pour mettre l'ONU face à une exigence absolue.

Selon des sources officielles palestiniennes, qui s'en sont ouvertes au journal saoudien Asharq al Awsat ICI, Mahmoud Abbas réfléchit sérieusement à l'idée de dissoudre l'Autorité Palestinienne de fait, née des accords d'Oslo, s'il ne lui est pas donné entière satisfaction. Il serait tenté de retourner l'ensemble de prérogatives et responsabilités à Israël, telles que : la santé, l'économie, le tourisme, l'éducation et  la sécurité…

Le dernier coup de poker d'Abbas : dissoudre jusqu'au souvenir du processus d'Oslo

Selon ces sources, le risque est grand qu'après le vote du Conseil de Sécurité de l'ONU, à la fin novembre, Abbas choisisse de renoncer à la gestion des affaires palestiniennes, en mettant son administration en « chômage technique » pour cause de faillite. Cette situation de fait accompli serait l'ultime option, l'arme fatale : elle lui permettrait de créer une situation de chantage international, visant à sanctionner la Communauté Internationale de ne pas lui avoir confié les pleins pouvoirs et le type de « souveraineté » sur les territoires israéliens de 1947 qu'il compte s'octroyer.

En désertant l'administration des territoires qu'Oslo lui a concédée, Abbas restaurerait ainsi la situation qui prévalait avant 1994. De cette façon, il pourrait mieux gémir, en compagnie de son acolyte du Hamas, Khaled Meshaal, contre « l'occupation ». Ainsi, l'OLP pourrait revenir à la doctrine du front commun avec le Hamas et de la lutte armée comme seule voie d'opposition à Israël et à la paix sans partenaire. Consciente de cela, la France de Juppé et Sarkozy a donc validé un projet d'instauration d'une entité terroriste, largement codirigée par le Hamas, contre Israël, les Etats-Unis et l'Occident en général.

Abbas aurait, ainsi, envoyé, récemment, deux messages forts au gouvernement Netanyahou et à l'Administration Obama.

Le premier aurait été véhiculé par Hussein Al Cheikh, membre du Comité Central du Fatah, responsable des Affaires Civiles de l'AP et de la coordination avec l'administration civile israélienne. Saëb Erekat, chef de la délégation des « négociations » et membre du Comité Central de l'OLP, se serait chargé du second message, à l'intention des USA.

Selon l'une de ces deux sources de haut-rang, Abbas pourrait choisir de révéler ses intentions peu de temps après le vote du Conseil de Sécurité, pour la reconnaissance pleine et entière de l'Etat Palestinien comme membre de l'ONU. Ces débats commenceront le 11 novembre et se concluront donc dans les semaines suivantes. Il a encore réitéré ses « menaces », face à des chaînes satellitaires égyptiennes et devant le Conseil Révolutionnaire du Fatah, dont les réunions ont débuté à Ramallah, mercredi dernier.

Jusqu'à présent, et à la connaissance des deux administrations contactées, les termes de « dissolution de l'AP » n'ont pas été clairement exprimés. Les messages insistent plutôt sur l'effondrement, l'échec de la tentative de créer des institutions équivalentes ou préliminaires à un « Etat ». Ils considèrent, en effet, que c'est à la force, qu'il leur est plus facile de désigner comme « occupante », d'assumer tous les problèmes administratifs. Ainsi, l'OLP se blanchirait aux yeux du Hamas et de la population qui lui est acquise, afin de ne plus donner le sentiment de « travailler pour Israël » (sic).

Selon ces indiscrétions : “Hussein al-Cheikh a déclaré aux Israéliens que l'AP voulait renvoyer les « 3000 fusils » autorisés par Israël (pour mettre un terme à la « coordination sécuritaire »). L'AP reconnaîtrait ainsi « ne pas exister » et, laisserait, par conséquent, les autorités israéliennes prendre sur leurs épaules la responsabilité des territoires ».

Pour une seconde source, il s'agit, également, d'abandonner toute autorité à Israël. Comme si Israël avait « fait un cadeau » aux Palestiniens et que ceux-ci ne voulaient plus rien recevoir de la part de « l'Entité Sioniste honnie ». Il s'agit, en fait, de se mettre sur la même longueur d'ondes que les autres groupes terroristes, dont le Hamas, aux ordres des Frères Musulmans égyptiens et de l'Iran, après avoir, un temps, donné l'illusion largement partagée d'avoir « tout essayé » envers un Israël réputé « inflexible ». Dans ce cadre, Nicolas Sarkozy s'est avéré le porte-voix et meilleur propagandiste pro- palestinien, ne manquant jamais une occasion de blâmer Netanyahou pour les blocages que connaissait le processus de paix, du fait d'Abbas…

En même temps que l'AP renoncerait à ses prérogatives et exigerait, finalement, la tutelle d'Israël pour mieux mordre la main de celui qui la lui tend, Abbas souhaiterait que ce comportement -politiquement infantile, profondément immature et trahissant l'impréparation à assumer une  indépendance quelle qu'elle soit-, soit entendu par la Communauté internationale, comme un « avertissement » (euphémisme pour : ultimatum).

Le Ma'ariv, a, dans le même esprit, cité un responsable palestinien expliquant que l'AP « étudie un plan conservé dans les tiroirs, et consistant à dissoudre l'Autorité Palestinienne dans les mois à venir, si Abbas échoue à obtenir la reconnaissance de l'ONU. C'est à la demande du “Président” Abbas que ce plan a été conçu. Il a exposé l'éventualité d'une dissolution au Comité Central du Fatah, qui l'a approuvée, sans qu'aucune décision concrète ni aucun agenda ne soient arrêtés, à ce stade.

Mahmoud Al Alul, membre du Comité Central, a confié à l'agence de presse palestinienne Ma'an que, malgré tout, cette solution de dissoudre l'AP demeurait peu probable, mais qu'elle visait plutôt à « illustrer la situation » d'impasse à laquelle menait la politique de Mahmoud Abbas, après ses multiples refus de négocier avec Israël. Elle consisterait à afficher l'insatisfaction palestinienne, pour marquer les esprits et en obtenir toujours plus. La « communauté internationale » à l'ONU deviendrait ainsi « dépositaire » et responsable, pour l'OLP, de la situation qu'elle-même ne souhaite plus gérer.

Le débat interne opposerait ceux qui, à l'intérieur de ces instances, souhaitent encore assumer les prérogatives d'un quasi-Etat de fait (le clan Fayyad), et ceux qui souhaitent se débarrasser de tous les engagements précédents, passés depuis 1993 (les caciques et apparatchiks de cette auberge espagnole).

Dans ce cadre, les démarches pour obtenir une reconnaissance internationale n'ont pour objectif que d'attirer la lumière sur “la question palestinienne”. En effet, l'attention mondiale serait « détournée » par les soubresauts du « Printemps arabe » et les difficultés nouvelles que connaît cette partie du monde, alors que la crise financière internationale touche les principaux « parrains » européens et américains. Puisque l'environnement évolue vers un grand Shelem islamiste, sous l'égide de la Turquie et de l'Egyptien Al Qaradawi, il devient préférable, pour Abbas, de se mettre dans le sens du vent et de se laisser porter…

Néanmoins, si la moindre orientation doit être prise par Abbas, dans les temps à venir, elle ne le sera qu'à l'issue de ses discussions avec Khaled Meshaal, patron du Hamas, afin de déterminer une stratégie nationale pour l'avenir.

En d'autres termes, après avoir tenté le cavalier seul devant l'ONU, Abbas passera à la phase suivante. Elle consiste à revenir aux fondamentaux de « la lutte armée », en renonçant à se mettre en travers du chemin du Hamas, selon les souhaits des différentes administrations américaines, depuis 1994. En abandonnant son rôle, largement usurpé, de « négociateur » avec Israël et les Américains, Abu Mazen cesserait de gêner le groupe terroriste de Gaza, dans l'application de la seule doctrine qui ait prévalu, à ce jour, au nom de la « Cause Palestinienne » : l'éradication d'Israël et l'avènement d'un Etat arabo-palestinien à sa place, sous l'égide de l'ONU et de parrains, tels que Juppé et Sarkozy, lancés dans les jambes de l'Administration américaine, afin de mettre un terme aux prospectives de négociations.

Le « processus d'Oslo » reprendra alors sa place : celle de « parenthèse » dans l'histoire du Moyen-Orient et de prélude à la guerre, orchestrée par des puissances déclinantes et des hommes politiques sur la tangente, à l'intérieur comme à l'extérieur, dont Sarkozy est le parangon en Europe. Ces visions de courte vue émanant de la politique arabe de la France, cherchent à divertir les opinions publiques, en lâchant quelques mesures symboliques, aiguisant ainsi les appétits, qui relancent les paris, au-dessus de la « fosse aux lions » moyen-orientale.

Marc Brzustowski.