Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Islam
Islam intégriste

Existe-t-il un islamisme modéré ? Par Antoine Chatrier
04/12/2011

 

Article repris du site JSS-News, 4 décembre 2011

[A mes yeux, l'"islamisme modéré" est une chimère, ou un mensonge à la Goebbels, autant parler d'un "terrorisme modéré" ! (Menahem Macina).]


Le triomphe des mouvements islamistes en Egypte a causé de la confusion dans la communauté internationale. Les dirigeants des pays occidentaux ne se sont pas hâtés de faire une déclaration sur la question, et les commentaires occasionnels viennent des services de presse des agences des affaires étrangères.

En Israël, on ne cache pas l'inquiétude sur l'issue du vote. Jérusalem note que les résultats des élections n'étaient pas inattendus : cela fait plusieurs années que les Islamistes font un travail de fond pour s'attirer la sympathie du peuple. Mais Israël croit possible la continuité diplomatique : « J'espère que le nouveau gouvernement égyptien, quel qu'il soit, respectera les accord internationaux », a expliqué ce matin Ehud Barak.

De son côté, le groupe terroriste Hamas s'est empressé de féliciter ses collaborateurs égyptiens de leur victoire. « C'est très bon pour la cause palestinienne. Nous espérons que le nouveau gouvernement égyptien va renforcer ses liens avec le Hamas et mettre fin au blocus de Gaza », a déclaré le chef adjoint du bureau politique, Moussa Abou Marzouk… Rappelant que le seul blocus qui règne sur Gaza est celui de l'Egypte.

Les Etats-Unis ont aussi félicité l'Égypte pour « le succès de ce processus démocratique ». Rappelant que les Etats-Unis soutiennent le dialogue avec un large éventail de mouvements politiques, y compris avec les « Frères Musulmans », le porte-parole de la Maison Blanche a dit que Washington est intéressé à parler de tous les sujets avec le nouveau gouvernement : politique, géopolitique, droits de l'homme, etc.

 

En France, Jeannette Bougrab, ministre de la Jeunesse, est la seule à avoir eu le courage de se dire « très préoccupée par les résultats des élections en Egypte, en Tunisie et au Maroc ». Selon la ministre d'origine algérienne, « il n'y a aucune modération chez les Frères Musulmans ». Et Mme Bougrab d'ajouter :

« Ces "modérés" disent que la charia peut n'être qu'une source d'inspiration… Il n'y a pas de charia light. Je suis juriste et on peut faire toutes les interprétations théologiques, littérales ou fondamentalistes que l'on veut, mais le droit fondé sur la charia est nécessairement une restriction des droits et libertés, notamment de la liberté de conscience, car l'apostasie est interdite. Il n'est pas possible de se convertir. Les mariages mixtes ne sont pas reconnus. Une femme musulmane ne peut pas se marier avec un non-musulman. Aux yeux de certains, ce n'est peut-être pas grave si des femmes doivent désormais être voilées, ou si, demain, elles n'ont plus les mêmes droits. Pas pour moi. Je ne transige pas sur cette question de l'égalité juridique. Et il faut être attentif au double langage. »

« Je ne soutiendrai jamais un parti islamiste. Jamais. Au nom des femmes qui sont mortes (…) parce qu'elles ne portaient pas le voile… »

Pour Jeannette Bougrab, « parfois, la dictature est venue des urnes. »

Interrogée sur le discours de la diplomatie française qui devrait être plus ferme face aux Islamistes portés au pouvoir par les urnes, elle répond:

« Je ne suis pas ministre des Affaires étrangères. Je réagis en tant que citoyenne, en tant que femme française d'origine arabe ».

Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, prône un dialogue avec les « partis islamistes modérés », comme Ennahda, en Tunisie, ou le Parti Justice et Développement (PJD), au Maroc, à condition qu'ils ne franchissent pas certaines « lignes rouges », que sont le respect [du résultat] des élections, l'Etat de droit, les droits de l'homme et de la femme.

Mme Bougrab vient donc de rappeler à Juppé une vérité essentielle: l'Islamisme modéré n'existe pas, en conséquence de quoi, il ne devrait pas y avoir de diplomatie avec les pays islamistes.

CQFD.

Les listes des partis islamistes, dont les Frères Musulmans, ont remporté plus de 65% des voix au premier tour des législatives en Egypte, selon des chiffres fournis par le secrétaire général de la Haute commission électorale. Les listes de l'influente confrérie, du parti salafiste Al-Nour et du parti Wassat (islamistes modérés) ont remporté 65,25% des voix, selon ces données officielles.


Antoine Chatrier


© JSS-News