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Revue de la Presse israélienne, semaine du 4 au 9 décembre 2011
13/12/2011

 

AMBASSADE DE FRANCE EN ISRAEL

www.ambafrance-il.org

 

Service de Presse et de Communication

REVUE DE LA PRESSE ISRAELIENNE

Semaine du 4 au 9 décembre 2011

 

·        Régional

 

Résultats des élections égyptiennes

 

Les journaux israéliens consacraient en début de semaine une large place aux premiers résultats des élections législatives égyptiennes et à la large victoire des islamistes qui, tous partis confondus, ont obtenu plus de 60 % des suffrages.

Même si les autorités israéliennes n'ont pas réagi officiellement au succès des partis islamistes en Egypte, le Yediot Aharonot cite un haut responsable des services de sécurité qui affirme : « C'est encore pire que ce que nous prévoyions » et des sources égyptiennes selon lesquelles les dirigeants du régime militaire au Caire ont eux aussi été surpris par l'ampleur de la victoire des partis islamistes et par la débâcle des « jeunes de la révolution ». Des officiels israéliens ont eux affirmé que les forces islamistes ont « volé » la révolution aux jeunes laïcs qui l'ont commencée en janvier,  et ont comparé ce qui s'est passé en Egypte aux événements de 1979 en Iran.

Un haut responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, cité lui aussi par le Yediot Aharonot, affirme en revanche que les résultats ne sont pas surprenants et s'inscrivent directement dans la continuité des élections en Tunisie et au Maroc : « Nous savions que les islamistes étaient les mieux organisés sur le terrain et ils ont aussi bénéficié de l'aide d'organisations islamistes internationales ».

Les commentateurs s'accordent à dire que la victoire des islamistes ne devrait pas, pour l'heure, avoir de lourdes conséquences sur les relations israélo-égyptiennes, le parlement égyptien n'ayant pas son mot à dire en matière de politique étrangère. Mais le Maariv cite un responsable politique israélien qui estime que si les Frères musulmans s'allient avec les salafistes, cela représentera malgré tout un véritable danger pour les relations avec Israël. « Israël devra réfléchir à deux fois, bien plus qu'auparavant, avant d'intervenir dans la bande de Gaza et de lancer une opération du type Plomb Durci pour mettre fin aux tirs de roquettes, car cela risque de mener l'Egypte à une rupture des relations entre les deux pays ».

Alex Fishman du Yediot Aharonot estime qu'un affrontement entre l'armée et les islamistes est probablement inévitable et s'en prend vivement à l'attitude de Washington :

 

Le danger s'est transformé en menace / Alex Fishman – Yediot Aharonot

Si l'armée veut demeurer une force politique, affirme un haut responsable militaire égyptien, elle devra obligatoirement affronter le bloc islamiste car, si elle n'agit pas de manière déterminée, elle perdra tout rôle politique. Un tel scénario est considéré en Israël comme catastrophique car il obligera Israël à revoir toute sa politique de défense et aura des conséquences stratégiques profondes. Si le maréchal Tantawi décide d'affronter les Frères musulmans pour réclamer que le statut de l'armée soit garanti dans la constitution, la situation pourrait tourner au bain de sang, mais cela laisse l'espoir que la politique étrangère égyptienne ne change pas radicalement l'équilibre des forces au Proche-Orient.

Dans toute cette affaire, ce sont les Américains qui ont l'attitude la plus invraisemblable. En effet, Washington n'a cessé de demander aux généraux de transférer le pouvoir aux civils, offrant ainsi l'Egypte sur un plateau d'argent aux Frères musulmans et aux salafistes. L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe ont eux aussi eu une attitude inconsciente en finançant très largement les mouvements islamiques. Les Saoudiens ont acheté ainsi la paix sociale chez eux mais ils ont compromis le futur de l'Egypte et de la région tout entière.

Il n'est peut-être pas trop tard. Peut être les mouvements libéraux conjugueront-ils leurs forces pour former un bloc uni face au bloc islamiste. Peut-être les Frères musulmans préféreront-ils un compromis, même provisoire, avec l'armée. Tout cela est cependant peu probable et on peut s'attendre à ce que l'Egypte se dirige vers une constitution islamique et des élections présidentielles qui placeront un représentant du bloc islamique à la tête du pays.

Ofèr Shélah du Maariv appelle lui les analystes à la prudence face à une situation nouvelle et inconnue :

 

Une paix fragile / Ofèr Shélah - Maariv

De la même manière que des gens qui ont consacré toute leur vie professionnelle à comprendre la société égyptienne ont vu, depuis un an, toutes leurs prévisions s'effondrer, nul ne sait aujourd'hui comment les choses vont évoluer.

 

La question est : Comment ces mouvements islamiques sunnites, qui connaissent le succès dans tout le monde arabe d'après les remous, mais n'ont jamais assumé le pouvoir, vont-ils traduire leur force politique en actes ?

Il est évident qu'Israël est face à un nouveau monde, plus complexe qu'il ne l'était. Cette situation devrait suffire à trancher le débat autour du budget de la défense. Ajoutée à la crise économique en Europe, elle devrait finir d'éteindre les dernières braises de la contestation sociale de cet été.

L'accord avec l'Egypte a toujours été un accord de paix froid, entre régimes mais pas entre peuples. Sa principale signification a été que les conflits militaires dans lesquels Israël était impliqué, se déroulaient sur un seul front. Même si cet accord résiste, et avec prudence on peut estimer qu'il résistera, toute opération risque désormais de le remettre en cause. Ce nouveau Proche-Orient complexe nécessite d'agir avec circonspection et, plus que jamais, d'acquérir de la force mais d'en faire usage avec discernement.

 

·       Palestiniens

 

Tirs de roquettes après l'élimination de deux activistes à Gaza

L'armée de l'air a bombardé jeudi en milieu de journée, dans le centre de la ville de Gaza, une voiture à bord de laquelle se trouvaient deux activistes, dont Issam Batach, un haut responsable des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa. Les deux hommes sont morts dans l'attaque. Selon les services de sécurité israéliens, Issam Batach planifiait un attentat à la frontière égyptienne, un projet qui, depuis le début de la semaine, avait placé les forces de sécurité en état d'alerte. Batach était également à l'initiative d'autres attentats dont celui qui avait fait trois victimes à Eilat en janvier 2007.

La riposte n'a pas tardé puisque, dès jeudi soir, cinq roquettes ont été tirées de la bande de Gaza vers Israël, sans faire ni dégât ni victime.

Dan Margalit d'Israël Hayom estime que, dans la situation actuelle, Israël est entre les mains du Hamas et qu'on doit s'attendre à une nouvelle opération israélienne dans la bande de Gaza.

 

Les tirs sur Israël ne sont pas une fatalité / Dan Margalit – Israël Hayom

Aucun pays souverain au monde n'accepterait qu'un gouvernement terroriste prenne un million de ses citoyens en otages. Aucun pays n'accepterait une situation comme c'est le cas aujourd'hui, dans laquelle on considère normal qu'une élimination ciblée soit toujours accompagnée d'une salve de roquettes vers les maisons et les champs.

Cette situation laisse l'initiative au Hamas. Car le cycle de la violence ne commence pas par l'élimination d'un terroriste tel qu'Issam Batach, mais par ses plans en vue du prochain attentat contre Israël. La suite aussi est entre les mains des organisations terroristes. Ce sont elles qui décident combien de roquettes seront tirées vers les localités israéliennes et quand ces tirs cesseront, en fonction de l'ampleur de la réaction israélienne.

Toute analyse honnête de la situation nous ramène aux propos du chef d'état-major, Benny Ganz, selon lesquels une opération militaire radicale contre la base terroriste qui menace Israël au sud sera nécessaire cette année. Cela ne signifie pas que ce sera cette fois-ci, mais qu'en fin de compte, il ne peut y avoir de trêve au cours de laquelle on assiste à des activités terroristes et des attaques sporadiques, tandis qu'on réclame d'Israël qu'il « préserve le calme ».

 

·        Intérieur

 

Netanyahu décide d'avancer les primaires du Likoud

Le Premier ministre Netanyahu a surpris la classe politique et la presse en annonçant lundi que les élections à la présidence du Likoud se tiendraient le 31 janvier 2012, soit plus d'un an avant la date prévue. Lors d'une réunion du groupe parlementaire Likoud, le Premier ministre a expliqué aux députés qu'il avait voulu tenir ces élections le même jour que les élections dans les sections locales du Likoud, par souci d'économie, et rapidement, pour que le parti « n'entre pas dans le tourbillon des élections et que nous soyons préparés aux défis qui nous attendent ».

La conséquence immédiate de ces élections anticipées est que le vice-premier ministre, Sylvan Shalom, un des principaux rivaux de Binyamin Netanyahu au sein du Likoud, ne disposant pas de suffisamment de temps pour financer et organiser sa campagne, devrait renoncer à se présenter. Dans l'entourage de Sylvan Shalom on affirme qu'il a accueilli la manœuvre du Premier ministre avec colère.

Pour l'heure, il semble que Binyamin Netanyahu aura comme unique concurrent Moshé Feiglin, qui dirige Leadership juif, un courant religieux positionné très à droite au sein du Likoud, et qui n'a que très peu de chances face au Premier ministre.

Cette démarche met aussi dans l'embarras le chef de l'opposition, Tzipi Livni, qui une semaine seulement auparavant, était parvenue à faire adopter par une majorité du groupe parlementaire Kadima une décision selon laquelle les élections à la présidence du parti ne seraient pas à l'ordre du jour avant la fin de la session parlementaire d'hiver. Les élections anticipées au Likoud mettent Tzipi Livni dans une situation délicate, car Kadima risque d'être un des derniers partis à élire son président.

La démarche du Premier ministre Netanyahu redonne maintenant des arguments aux opposants de Tzipi Livni et, dès lundi, Shaoul Mofaz a consulté les députés de son parti qui, selon la presse, sont maintenant presque tous d'accord pour dire que Kadima ne peut rester à la traîne et ne pas se préparer à de possibles législatives anticipées.

Au-delà des explications fournies par le Premier ministre et de sa volonté évidente de bloquer la route à Sylvan Shalom et de mettre Tzipi Livni dans l'embarras, la presse s'interroge sur d'autres raisons qui auraient poussé Binyamin Netanyahu à décider d'avancer les élections au Likoud. Il y a, bien sûr, la popularité actuelle du Premier ministre qui, depuis la libération de Guilad Shalit, est au plus haut. Mais certains affirment, notamment dans l'entourage de Sylvan Shalom, que Netanyahu se prépare à des élections législatives anticipées qui pourraient être causées par des désaccords au sein de la coalition, ou par un possible départ d'Avigdor Liberman, dont on saura dans quelques mois s'il est inculpé pour blanchiment de fonds, ce qui l'obligerait à démissionner du gouvernement. D'autres estiment que Netanyahu veut que les élections aient lieu avant la publication de certains rapports du Contrôleur de l'Etat (comme, par exemple, celui sur l'incendie du Carmel) qui le critiqueront. Enfin d'autres encore affirment que le Premier ministre Netanyahu veut mener sa campagne électorale en même temps que les élections américaines afin d'obtenir les faveurs des différents candidats à la présidence qui chercheront à séduire l'électorat juif.