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Deux cent mille ouvrages partis en fumée au Caire, Giulio Meotti
02/01/2012

Repris du Blog de Danilette, 2 janvier 2012


  

 

http://www.informazionecorretta.com

Dans le journal FOGLIO du 31/12/2011 l'article publié en page 2, sous le titre "Deux cent mille ouvrages partis en fumée au Caire, l'Egypte est aux mains des militaires", Giulio Meotti relate une information délaissée par les journalistes. Un régime qui brûle les livres ne rappelle manifestement rien à nos chroniqueurs italiens et ne leur fait pas penser à l'Allemagne des années 30, quand les bûchers de livres juifs furent suivis par les bûchers d'êtres humains. En Egypte, selon les règles de la Charia, il n'y a qu'un seul livre qui soit sacré: le Coran, le reste doit être éliminé. Meotti a le mérite d'avoir saisi cet aspect terrifiant de la théocratie islamique.


Rome. Les manuscrits perdus dans l'incendie de l'Institut d'Egypte au Caire sont au nombre de 192 000. Un patrimoine mondial brûlé à la suite des affrontements, il y a dix jours, entre l'armée et les manifestants. Il s'agit de textes et de manuscrits très anciens, laissés par l'expédition napoléonienne de 1798 au pays des Pyramides. On a pu récupérer environ quarante mille textes mais la plus grande partie est perdue à jamais. Rien n'a été sauvé du grand ouvrage "Description de l'Egypte", édité par deux cents chercheurs dirigés par le créateur du musée du Louvre, Vivant Denon, et que l'empereur français Napoléon a emmené avec lui pour développer la connaissance de l'histoire de ce pays.

C'est ainsi que Le Caire perd l'encyclopédie - publiée en 1802 - qui a été célébrée comme étant plus importante que celle de Diderot et D'Alembert. Parmi les textes détruits par le feu lors des affrontements avec l'armée, se trouvaient aussi les dessins archéologiques des temples, des sculptures et des hiéroglyphes immortalisés par Jean-Baptiste Lepère, sans oublier les notes des mathématiciens, historiens, chimistes, architectes, astronomes, musiciens et aussi des linotypes et des lithographies. Il ne reste aucune trace de cette "armée de génies" qui a mené l'enquête scientifique la plus extraordinaire jamais réalisée.

C'est grâce à cette "description" maintenant perdue que Jean-François Champollion en 1822 a dévoilé le mystère des hiéroglyphes. Le rêve de Napoléon était de conquérir le pays des pharaons et des "savants" et il s'est entouré d'hommes de science dans ce but. Il voulait transmettre à la postérité la connaissance de l'Egypte et de sa civilisation. La publication de  "Description de l'Egypte" a été le résultat le plus extraordinaire de cette mission scientifique.

Bonaparte s'est adressé à deux amis scientifiques célèbres, le physicien Gaspard Monge et le chimiste Claude Berthollet (l'inventeur de l'eau de Javel), pour recruter ces savants en les sélectionnant dans les plus prestigieuses universités de Paris. Parmi les trésors brûlés, se trouvaient "des manuscrits de mémoires, de comptes-rendus du voyage, de textes médicaux, de correspondances". Il y avait les études du zoologiste Geoffroy Saint-Hilaire, qui a analysé les poissons de la mer Rouge ; les notes de l'ornithologue Savigny, qui a décrit pour la première fois le nénuphar bleu ; les descriptions des géologues Dolomieu et Cordier, qui ont étudié le delta du Nil ; les études du botaniste Raffeneau-Dalila, décrivant les plantes ; le journal de l'ethnologue Villoteau, qui recensait les instruments arabes de musique. L'Institut d'Egypte était devenu le quartier-général de leur expédition scientifique et ce bâtiment était considéré comme "la maîtresse préférée du général" selon les commentaires moqueurs des soldats français.

La "Description" en vingt volumes, brûlée dans l'incendie, a été leur testament historique. L'Institut symbolisait le lien de l'Egypte à l'Occident et à la modernité et se trouvait à l'épicentre des combats de rue, à côté de la place Tahrir. Un porte-parole de l'Association pour la Conservation des Biens Culturels, Hagag Ibrahim, a déclaré au journal Al Arabiya que l'Institut avait subi une deuxième "invasion tatare", comparant ces vandales aux Mongols qui ont brûlé la bibliothèque de Bagdad en 1258. L'ancien ambassadeur égyptien aux Etats-Unis, Raouf El Reedy, parle de catastrophe. Le journal israélien Yedioth Ahronoth a comparé l'incendie du Caire à la destruction par les Talibans des deux grands bouddhas de Bamiyan, d'autres, à l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie.

Il ne reste plus trace de la plus grande réalisation culturelle de l'histoire, dévorée par les flammes des inquisiteurs islamiques.

Adapté de l'italien par Danilette


 description de l'egypte

Pour avoir plus d'images et d'informations, visiter l'extraordinaire site de la Bibliothèque d'Alexandrie qui a numérisé la totalité de la "Description" et la propose en ligne :  http://descegy.bibalex.org/fr/index.html