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Beaucoup d'arabité et très peu d'islam: le discours d'Assad du 10 janvier 2012
11/01/2012

 

[On lira, ci-dessous, de larges extraits du discours prononcé hier par Bachar al-Assad, et mis en ligne, dans un français très approximatif (que je n'ai pas corrigé), sur le site de l'Agence officielle de Presse syrienne. La raison principale de la reprise que je fais sur mon site de ce texte prolixe et filandreux, est la présence massive de la thématique de l'arabité, telle qu'elle se révèle par le choix des mots (arabe, 33 fois ; arabité, 16 fois), aux dépens de l'islam (qui n'est mentionné que 2 fois). Significative, à cet égard, est la reprise par Assad du titre pompeux décerné à la Syrie : « forteresse de l'arabité », en 2007, par le secrétaire général des conférences des Partis arabes,  lors de l'ouverture du 3ème Camp de la jeunesse des Partis arabes à Quneitra. La référence au panarabisme de Nasser (explicitement nommé par Assad), est criante et mériterait un approfondissement. (Menahem Macina).]

Par le salut de l'Arabité et de la Patrie, le président Bachar al-Assad a commencé son discours ce matin à l'amphithéâtre de l'université de Damas.

Repris du site de l'agence syrienne de Presse, SANA

10 Janvier 2012


Damas / Par le salut de l'Arabité et de la Patrie, le président Bachar al-Assad a commencé son discours ce matin à l'amphithéâtre de l'université de Damas.


« Je vous salue du salut
arabe qui restera notre refuge et le titre de notre appartenance et dont nous resterons le cœur battant d'amour et d'orgueil, du salut de la patrie qui est notre fierté et notre honneur », a commencé le président al-Assad son discours, poursuivant: « Je vous parle aujourd'hui et dix mois ont passé depuis le déclenchement des événements qui avaient frappé la patrie imposant de nouveaux faits sur la scène syrienne ».

« Ces événements qui nous a coûté jusqu'à présent un lourd prix se présentent comme une sérieuse épreuve de patriotisme qui nous incite, pour en sortir, à une action consciencieuse et à la bonne foi, et imposent aux fils de Syrie, de quelle orientation ou appartenance qu'elles soient, de suivre la voie de la sagesse et de s'inspirer de leur patriotisme pour faire triompher la patrie », a dit le président al-Assad, faisant noter que les plans cuisinés dans les chambres noires sont désormais dévoilés et qu'ils ne duperaient plus que celui qui ne voulait ni voire ni entendre. « Les larmes versées par les commerçants de liberté et de démocratie ne sont plus capables de masquer le rôle qu'ils avaient joués dans l'effusion du sang pour s'en servir », a-t-il affirmé.

« Au début de la crise il n'était point aisé d'expliquer ce qui se passait. Les émotions et l'absence du dialogue rationnel étaient alors dominantes; aujourd'hui, les brumes s'étaient dissipées et il n'est plus possible pour les parties régionales et internationales qui avaient voulu déstabiliser la Syrie de falsifier les faits et les réalités. Les masques sont tombés et désormais nous sommes devenus plus capables de démanteler l'environnement virtuel qu'ils avaient créé pour pousser les Syriens tout d'abord vers l'illusion puis vers l'effondrement », a assuré le président al-Assad, estimant qu'on avait voulu de cette offensive médiatique sans précédent de créer un état de peur qui paralyse la volonté et qui mène à la défaite.

« Aujourd'hui, plus de 60 chaînes de télévision dans le monde sont mobilisées contre la Syrie, certaines travaillaient contre l'intérieur syrien et autres sur la déformation de l'image de la Syrie à l'extérieur, auxquels s'ajoutent des dizaines de sites d'internet, de journaux et d'autres mass médias. Nous parlons donc de centaines de mass médias qui travaillaient pour nous pousser à l'autodestruction pour éviter de s'engager, eux-mêmes, dans des batailles. Ils avaient échoué dans ceci mais ils ne s'étaient pas désespérés », a-t-il expliqué, soulignant que ce travail médiatique a été appliqué dans l'interview qu'il avait accordé à la chaîne de télévision américaine.

« Heureusement nous en avons une édition originale, sinon il m'aurait été fort difficile de vous convaincre que je n'ai pas dit ce qu'ils avaient présenté », a-t-il souligné.

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« Et les tentatives se poursuivent pour faire croire que la tête de la pyramide abandonne ses responsabilités ; et je leur dit ce n'est pas moi qui abandonne mes responsabilités. En l'an 2000, j'ai dit que je ne cherchais pas un poste mais aussi je n'échappe pas à une responsabilité. Aujourd'hui nous parlons de responsabilité dont l'importance est d'être soutenue du peuple. Que je sois dans ce poste c'est par l'appui du peuple et que je le quitte c'est par la volonté du peuple aussi, question tranchée », a-t-il martelé.

Le président al-Assad a affirmé que durant la première période de la crise, le premier mois ou plus encore, les médias étrangers étaient libres de se déplacer en Syrie, et c'étaient alors les nouvelles montées de toutes pièces contre la Syrie et les falsifications des faits. « Falsifier les vérités de l'intérieur lui donne de crédibilité qui lui manque en les falsifiant depuis l'extérieur, c'est alors qu'on avait pris la décision non pas de fermer les portes mais de procéder à une sélectivité qui nous permettra de contrôler la falsification qui sort », a expliqué le président al-Assad, ajoutant: « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'histoire moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux ».

« Votre conscience qui s'était appuyé sur les réalités, et non sur l'exagération ou sur la simplification a joué le rôle le plus important dans le dévoilement du plan et resserré l'étau sur lui en prélude à le réduire en échec », a dit le président al-Assad, ajoutant que pour démanteler l'environnement virtuel créé on avait entrepris de parler avec transparence d'une défaillance ici et d'un retard là vu l'importance de la situation intérieure dans l'affrontement de n'importe quelle intervention étrangère, sans pour autant minimiser l'importance des plans étrangers qui avait fait passer les actes terroristes et subversifs à un autre niveau de criminalité qui avait visé les cerveaux, les compétences et les institutions, plans qu'aucun ne pourrait désormais nier et qui avaient pour but de semer une ambiance de terreur et de briser le moral ».

« Ils ont cherché au début la révolution demandée, mais votre révolution était contre eux, contre leurs saboteurs et leurs agents. Le peuple s'est lancé dès les premiers jours contre eux, et lorsque votre unité les a pétrifié, ils ont essayé de la diviser par l'arme odieuse du confessionnalisme enrobé de la religion; et lorsqu'ils ont été désespérés, ils ont passé aux actes de sabotage et de meurtre sous différents prétextes tels que l'exploitation de certaines manifestations pacifiques et l'exploitation de quelques mauvaises pratiques faites par certains responsables. »

« Ils ont commencé à commettre des assassinats, tenté d'isoler les villes, et volé, pillé et détruit les établissements publics et privés, et après avoir expérimenté tous les biais connus, avec un appui médiatique et politique, régional et international, démesuré, ils ont trouvé que leur révolution ne peut avoir lieu ici », a dit le président al-Assad.

« Leurs tentatives tombées, c'était le tour de l'extérieur à intervenir. Parlant extérieur on pense à l'extérieur étranger mais, dommage, cet extérieur est devenu un mixte de l'étranger et de l'arabe, et le plus regrettable encore c'est que parfois l'Arabe paraît plus hostile que l'étranger », a déploré le président al-Assad qui dit ne vouloir pas généraliser; « l'image n'est point aussi sombre, les pays arabes ne suivent pas une même politique à l'égard de la Syrie, il y en a ceux qui cherchent à jouer un rôle objectif quant à ce qui se passe en Syrie, d'autres qui ne se soucient pas de ce qui s'y passe et autres qui exécutent ce qu'on leur demande », a-t-il précisé, ajoutant que l'étonnant c'est que certains responsables arabes avaient le cœur avec nous et en politique contre nous « et en leur demandant la raison, ils parlent de pressions extérieures, ce qui vaut une annonce officielle de la perte de la souveraineté. Nous ne nous étonnerons point qu'un jour vienne où ces Etats lient leurs politiques à celles des pays étrangers comme ils lient leurs monnaies aux monnaies étrangers. Alors la concession de la souveraineté deviendrait une question de souveraineté », a stigmatisé le président al-Assad.

« C'est le summum de la décadence arabe, mais de la décadence jaillit la renaissance. Comme nous avions passé de la première indépendance, celle de la libération de l'occupation, à la 2ème indépendance, celle de la libération de la volonté; de cette 2ème indépendance nous allons passer à celle qui mettra l'initiative dans les mains des peuples arabes, or ce que nous voyons des politiques officielles ne reflète aucunement ce qui en est sur les scènes populaires arabes », a indiqué le président al-Assad.

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« Ce rôle arabe qui s'est manifesté spontanément, nous ne le voyons pas quand il y avait une crise dans un pays arabe alors que nous le voyons dans son meilleur état quant il y avait une crise dans un pays étranger, ou dans une grande puissance », a constaté le président al-Assad, ajoutant que souvent, sauver tel pays d'une impasse serait aux dépens de la destruction d'un pays arabe comme c'était le cas en Irak et en Libye, et en ce moment dans le rôle arabe envers la Syrie ».

« Après l'échec de ces pays au Conseil de Sécurité de convaincre le monde de leurs mensonges, il était indispensable de recourir à une couverture arabe qui est devenue une base pour eux », a souligné le président al-Assad.

« C'est moi qui avait proposé l'initiative et les observateurs arabes au cours de mes deux rencontres, il y a quelques mois, avec une délégation de la Ligue arabe. J'ai toujours dit que des organisations internationales étaient venues en Syrie et y avaient pris connaissance des faits, pourquoi pas les Arabes », a-t-il fait savoir.

Le président al-Assad a indiqué que la Syrie avait poursuivi les dialogues avec les différentes parties et que le ministre des affaires étrangères avait parlé au cours de ses conférences de presse de tous les détails tout en insistant sur une seule chose, « la souveraineté de la Syrie ».

Le président al-Assad s'est interrogé : « Pourquoi ont-ils lancé l'initiative arabe?... Les pays qui prétendaient être soucieux du peuple syrien nous avaient conseillé de mener des réformes. Ces pays n'ont aucune connaissance de la démocratie et n'ont pas de patrimoine dans ce sens mais ils avaient cru que la Syrie n'ira pas dans le sens de la réforme alors ils auront un sujet à employer sur le plan international pour dire qu'un conflit se déroule en Syrie entre un Etat qui ne veut pas la réforme et un peuple qui veut la réforme et la liberté ». « les réformes entamées, ils étaient embarrassés, c'est pourquoi ils s'étaient orientés vers la Ligue arabe et l'initiative arabe », a poursuivi le président al-Assad, qui a souligné que la colère populaire arabe et syrienne était la réplique à la Ligue arabe.

« Moi je ne l'étais pas, or pourquoi être en colère contre quelqu'un qui ne détient pas sa propre décision. Notre véritable conflit est avec ceux qui sont derrière celui-ci. Quant au peuple, il était en colère, mécontent et étonné: Pourquoi les Arabes ne s'étaient pas tenus aux côté de la Syrie au lieu d'être contre elle? Moi je demande quand est-ce qu'ils s'étaient tenus à ses côtés? commençons par la guerre contre l'Irak quand les menaces de bombardement et d'invasion avaient déferlé sur la Syrie, en 2005 quand on avait exploiter l'assassinat de Rafic al-Hariri qui s'était parmi eux tenu avec la Syrie?, et lors de l'agression israélienne contre le Liban en 2006 et contre Gaza en 2008, qui s'était tenu avec la Syrie, et quand c'était le dossier nucléaire présumé en 2008 où personne n'a pas soutenu la Syrie »...

Passant à la question des droits de l'Homme, le président al-Assad a indiqué que nombre de pays arabes avaient voté contre la Syrie au moment où des pays étrangers l'avaient soutenu à ce sujet.

Le président al-Assad a ajouté que la Ligue arabe reflète la conjoncture arabe et elle est le miroir de l'état arabe dégradé, soulignant qu'il ne faut pas être étonné de l'échec aujourd'hui que cette Ligue qui avait au cours de plus de six décennies échoué d'adopter une position au profit des Arabes au moment où la conjoncture arabe va du mal au pire et où ce qui se faisait dans le passé en catimini se fait aujourd'hui en public « sous slogan de l'intérêt de la nation ».

Le président al-Assad a posé nombre de questions à savoir: « Est-ce que la Ligue arabe avait exécuté un jour ses décisions?... Est-ce qu'elle avait réalisé une partie des ambitions des peuples ou au contraire elle avait contribué d'une manière directe à provoquer la sédition et le discorde?... Est-ce qu'elle avait respecté sa charte et défendu les pays membres dont les territoires ont été violés?... Est-ce qu'elle avait récupéré un olivier arraché par Israël et interdit l'effondrement d'une maison arabe en Palestine arabe occupée?...Est-ce qu'elle avait empêché la division du Soudan ou le meurtre de plus d'un million irakiens? »

Le président al-Assad a indiqué qu'il n'entendait pas prendre à partie la Ligue Arabe, dont la Syrie fait partie, et qu'il ne parlait pas de tout cela à cause de l'adoption par les Arabes d'une décision de suspendre la Syrie, assurant que ceci n'est pas la question, la question est « qui est le perdant, est-ce la Syrie ou la Ligue? »

« La sortie de la Syrie de la Ligue arabe pose la question suivante : Est-ce que le corps peut vivre sans cœur? », a poursuivi le président al-Assad, rappelant que celui qui avait dit que la Syrie est le cœur de l'arabité n'était pas Syrien, c'était feu président Jamal Abdel Nasser.

« Beaucoup d'Arabes reconnaissent que l'Arabité pour la Syrie n'est pas un slogan mais une pratique, que la Syrie avait beaucoup présenté aux questions nationales et à la cause palestinienne, que c'est elle qui instruit l'Arabité dans ses programmes scolaires et universitaires, a fait savoir le président al-Assad, ajoutant: « Pour nous, la question n'est pas un slogan, et si certains pays arabes avaient œuvré pour suspendre notre arabité à la Ligue, nous disons qu'ils suspendraient plutôt l'arabité de la Ligue, or, sans la Syrie, c'est l'arabité de la Ligue qui est suspendue ».

« Si certains croyaient pouvoir faire sortir la Syrie de la Ligue, ils ne peuvent pas faire sortir la Syrie de l'arabité, car l'arabité n'est pas une décision politique mais un patrimoine et une histoire », a-t-il poursuivi, faisant noter que des pays bien connus ne connaissaient point l'arabité car ils ne possèdent pas un patrimoine et ne lisent pas l'histoire.

Le président al-Assad s'est adressé à ces pays en disant : « Si vous croyez acheter la géographie et importer une partie de l'histoire, vous vous trompez car l'argent ne fait pas les nations et n'invente pas des civilisations ».

Le président al-Assad s'est demandé comment expliquer la complaisance à l'égard de tout ce que faisait l'ennemi sioniste, contre une telle rigidité à l'égard de la Syrie.

« Depuis des années, nous ne cessions de demander l'activation du bureau du boycottage d'Israël et toujours nous recevions la réponse que ceci n'est plus de vigueur, mais en quelques semaines, ils mettent en vigueur le boycottage de la Syrie! Est-ce qu'ils entendaient substituer la Syrie à Israël? », s'est scandalisé le président al-Assad.

« Tout ceci nous le connaissions, mais en dépit de tout et tenant à la récupération du concept principal de la Ligue arabe, nous n'avons pas fermé la porte devant tout règlement et proposition arabe tant qu'ils respectent la souveraineté de notre pays et l'indépendance de notre décision", a-t-il dit, refusant de renier l'arabité en raison de ce qu'avaient fait certains pays arabes. Il ne faut pas généraliser et faire retomber les erreurs de nombre de parties prétendant être arabes sur l'arabité ».

De même, le président al-Assad a parlé d'une religion qui est l'Islam et d'un terroriste qui se couvre de cette religion; nous luttons contre qui? Contre l'Islam ou contre le terrorisme? Bien sûr contre le terrorisme. Même chose pour l'arabité, il ne faut pas lier l'arabité à ce que certains arabes exercent en son nom ».

Le président al-Assad a mis dans ce sens l'accent sur les liens « étroits et nécessaires pour l'avenir et les intérêts arabes » entre arabité et patriotisme, ajoutant qu'être Syriens ne doit pas nous empêcher d'être arabes vu que l'arabité est une identité plus qu'histoire, et que ce ne sont pas des organisations, qui nous l'a donnée.

Il a par ailleurs jugé nécessaire de faire face au problème et non pas de les fuir.

Passant à la situation intérieure, le président al-Assad a souligné que tout d'abord, il est impossible de procéder à la réforme intérieure sans traiter avec les faits sur le terrain tels quels sont, ajoutant que nous n'allons pas donner des solutions qui peuvent mener le pays à l'abîme ou dans un tunnel qu'on n'y peut pas sortir.

« La réforme doit se porter sur deux questions: Réforme politique et lutte contre le terrorisme qui est récemment propagé, sur une vaste échelle, dans le pays. Pour nous la réforme n'avait qu'un rapport limité avec la crise, car la réforme était déjà décidée et la plupart du peuple syrien veut cette réforme, alors que pour nous cette réforme est le contexte normal et c'est pour cela qu'elle avait été annoncée en 2000 », a précisé le président al-Assad, ajoutant que la réforme est un besoin naturel et nécessaire pour tout développement dans le pays, mais qu'on ne doit pas fonder la réforme sur la crise car cela donne le motif aux forces étrangères pour qu'elles s'ingèrent dans notre crise sous le titre de la réforme.

Le président al-Assad a parlé, à cet effet, des lois et des mesures prises dans le cadre de la réforme, mentionnant notamment la levée de l'état d'urgence tout en maintenant les lois et les mesures qui permettent de contrôler la sécurité. Il a rappelé à cet effet qu'aucune couverture n'est donné au tueur et qu'un nombre limité de personnes de l'Etat ont été arrêté pour avoir commis des crimes.

Le président al-Assad a affirmé aussi qu'aucun ordre n'a été donné, à tous les niveaux, d'ouvrir le feu sur n'importe quel citoyen et qu'aucune personne n'a le droit de le faire, sauf en cas d'autodéfense ou pour défendre les citoyens.

Le président al-Assad a aussi évoqué la loi des Partis, indiquant qu'une autorisation a été livrée il y a quelques semaines à un nouveau Parti et que d'autres Partis attendent leurs autorisations, et que le seul obstacle à ce sujet est le temps.

Quant à l'administration locale, le président al-Assad a souligné qu'une loi a été promulguée à cet effet et que des élections s'étaient récemment déroulés dans des circonstances très difficiles ce qui a affecté les résultats des élections.

Pour la loi de l'information, le président al-Assad a indiqué que le gouvernement a achevé la semaine dernière la mise au point des instructions exécutives et qu'elle est sur la voie d'être mise en vigueur.

A propos de la loi des élections, il a souligné que son objectif est d'encadrer toutes les idées sur la scène politique, et que chacun ayant une idée doit aller aux runes, seules juges de ce fait.

Le président al-Assad a affirmé que la loi la plus importante est celle de la lutte contre la corruption, la seule à être en retard car il contient de nombreux côtés à étudier et parce qu'il est demandé au gouvernement de l'étudier minutieusement.

« La loi de la lutte contre la corruption est une bonne loi et comprend de très importants points mais nous ne pouvons pas lutter contre la corruption seule car cela est une imperfection, alors la loi serait adoptée après le règlement de certains points par le gouvernement », a-t-il expliqué.

Il a mis l'accent à cet effet sur l'importance de la contribution du citoyen et de l'information dans la lutte contre la corruption, appelant à la ranimation des institutions pour parvenir à cet objectif.

« Je veux voir la lutte contre la corruption se réaliser via les canaux juridiques normaux pour parvenir à une solution touchant des millions de syriens », a dit le président al-Assad.

Le président al-Assad a passé à l'autre axe de la réforme, à savoir, la constitution, soulignant que le comité chargé de cette question est dans les dernières phases du travail et que la prochaine constitution se centrera sur le multipartisme et le pluralisme politique et sur la base disant que le peuple est la source des autorités, ce qui se réalise à travers les élections et la consécration du rôle des institutions et des libertés du citoyen.

Le président al-Assad a affirmé que quant la constitution serait publiée nous accèderons à une nouvelle phase qui n'est pas certainement transitoire.

Le président al-Assad a affirmé que la nouvelle constitution serait soumise au référendum populaire car elle ne serait pas celle de l'Etat mais du citoyen syrien, ajoutant que les élections de l'Assemblée du peuple seraient aussi lié à la promulgation de la nouvelle constitution qui serait publiée deux ou trois mois après le référendum pour permettre aux pouvoirs politiques de se préparer aux élections.

Le président a passé ensuite aux initiatives proposées, dont l'idée d'un gouvernement d'unité nationale, soulignant que cette question concerne des pays souffrant d'une division nationale, ajoutant qu'en Syrie ce n'est pas le cas. « Les gouvernements en Syrie étaient toujours variés entre indépendants et partis différents » a-t-il indiqué.

« Nous avons aujourd'hui une nouvelles cartes politique. De nouvelles forces politiques ont apparu que nous devons prendre en considération, certains proposent de les impliquer dans le gouvernement alors qu'autres insistent à centrer sur l'opposition. Moi je dis que le gouvernement est celui de toute la patrie et non d'un Parti ou d'un Etat, et tout élargissement de la participation au gouvernement est mieux pour le sens national. L'élargissement du gouvernement est une bonne idée et nous accueillons favorablement la participation de toutes les forces politiques. En fait nous avons déjà commencé un dialogue sur cette participation avec certaines forces politiques et la réponse était positive », a fait noter le président al-Assad.

Quant au sujet de l'opposition, le président al-Assad a souligné que l'opposition signifie une base populaire ; nous avons des personnalités opposantes et des courants opposants, mais l'opposition normale est un cas institutionnel qui paraît à travers les élections, et maintenant nous n'avons pas des élections alors comment peut-on l'identifier?

Il a affirmé que nous ne voulons pas une opposition qui s'assoit dans les ambassades ou qui prend des indices de l'étranger, ni une opposition qui s'assoit avec nous et nous chantent sous le titre de la crise pour réaliser des profits personnels ni une opposition qui dialogue clandestinement avec nous pour ne pas irriter certaines parties.

Le président al-Assad a ajouté que conformément aux critères nationales et aux personnalités nationales, l'opposition existe et nous pouvons œuvrer directement pour un gouvernement élargi, mais la question restera est ce que le gouvernement doit être politique ou technocrate? Et de souligner que la meilleure forme est un gouvernement élargi mixe entre politiciens et technocrates représentant les différentes forces politiques.

Abordant la question du dialogue élargi, le président al-Assad a souligné que la première phase du dialogue s'est tenue avec la participation d'une partie seulement de l'opposition, et que nous avons passé au dialogue élargi qui était très utile, précisant: « pour nous, gouvernement et Parti, nous sommes prêts à entamer le dialogue dès demain mais une partie de l'opposition n'y est pas prête car certains veulent nous dialoguer clandestinement et autre veulent voir comment les choses iraient, mais pour nous nous allons dialoguer les autres forces qui sont prêts à le faire ouvertement ».

« Nous n'avons pas de problème avec le dialogue même avec les forces hostiles si elles viennent en Syrie et nous leur donneront toutes les garanties sans restriction », a affirmé le président al-Assad.

Abordant la question des changements en Syrie le président al-Assad a affirmé que bien sûr il y a des changements quant on parle d'un nouveau gouvernement et d'un Congrès régional prochainement, mais la chose importante est de se centrer dans l'avenir sur les jeunes qui se considèrent marginalisés dans la plupart des cas.

« Je ne dis pas qu'il y aura un nouveau Syrie mais une Syrie renouvelés », a indiqué le président al-Assad, estimant que le renouvellement est une opération continue et que chaque étape doit être contenue par des lois et des mesures garantissant le succès du processus de développement.

Le président al-Assad a affirmé, à cet effet, que la Syrie a besoin de tous ses fils sincères quels que soient leurs appartenances politiques. « Les dix derniers mois étaient très utiles, en dépit de toutes les malheurs car le peuple syrien a prouvé qu'il est conscient et qu'il peut donner l'exemple d'un Etat moderne ».

D'autre part, le président al-Assad a affirmé qu'il est impossible de renoncer à la dignité nationale « la plus chère pour le peuple syrien ».

Le président al-Assad a fait savoir que le complot prendrait fin quand le trafic illégal d'armes venues de l'extérieur cesse, ajoutant que le complot s'effondra quant on triomphera des agitations et retournera à la raison et à l'affection.

Le président al-Assad a indiqué que le chaos et les événements en Syrie avaient affaibli son immunité ce qui avait permis au terrorisme de frapper, soulignant que tous ceux qui contribuaient au chaos sont des associés du terrorisme et de l'effusion du sang syrien.

Le président al-Assad a fait noter qu'il est essentiel de s'unifier, affirmant que chaque pays qui se sent menacé doit s'unifier et mettre les discordes du côté. « Il n'y a aucune option, nous devrons nous unifier et nous sommes tous responsables », a-t-il affirmé.

Il a indiqué quant on met du côté les discordes, il fallait faire différence entre les erreurs des personnes et celles des institutions, soulignant que les institutions ne commettent pas des erreurs mais adoptent de fausses politiques, alors que les erreurs sont ceux des individus. « Alors, il faut aller dans deux sens : la poursuite de la réforme et la lutte contre le terrorisme », a-t-il indiqué, appelant à cet effet à soutenir les institutions de l'Etat et à les aider, ainsi que l'armée et la sécurité.

« Si on appuie les services compétents et de sécurité, je crois que les résultats seraient décisifs et rapides, car le terrorisme serait alors frappé », a précisé le président al-Assad.

Le président al-Assad a indiqué que ce qui se passe en Syrie fait partie d'un plan planifié depuis des dizaines d'années, car la rêve de démembrement persistait chez les descendants de Sykes-Picot. « Leur objectif est de faire de la Syrie un pays occupé par des questions marginales et isolées à l'intérieur de ses frontières et de démembrer l'identité et la personnalité culturelle du peuple syrien », a-t-il souligné.

Le président al-Assad était formel: « Il ne fallait pas être tolérant avec chacun ayant recouru à l'arme pour provoquer le chaos et la division dans le pays. La guerre contre le terrorisme ne sera pas seulement celle de l'Etat et de ses institutions, mais c'est notre guerre tous, elle est une guerre nationale », a-t-il affirmé.

Le président al-Assad a ajouté que l'Etat fort est celui qui connaît bien quant et où il devrait faire preuve de tolérance, et comment remettre ses fils sur le bon chemin.

« Autant nous frapperons le terrorisme, autant nous ferons redresser ceux qui sont tombés dans l'erreur », a-t-il indiqué.

Il a souligné que l'Etat est comme la mère qui ouvre la porte à tous ses fils pour qu'ils deviennent meilleurs afin de préserver la stabilité et mettre fin à l'effusion du sang.

Le président al-Assad a fait savoir que la fermeté est nécessaire, mais jointe à la tolérance sur des bases claires et des mécanismes pacifiques.

Il a fait savoir que la majorité de ceux qui étaient amnistiés a complément changé quant elle avait constaté que les questions vont vers l'arme et le meurtre, soulignant qu'elle avait collaboré avec l'Etat.

Il a indiqué que certains de ces personnes croyaient qu'ils sont révolutionnaires, tout en s'interrogeant à cet effet: « Est-ce que le révolutionnaire peut être voleur?... Est-ce qu'il peut être lâche ou perfide? ».

Le président al-Assad a posé les questions suivantes de savoir : « Est-ce qu'il est possible qu'il y aurait une révolution contre la science et une autre contre l'unité nationale?... Est-ce qu'il est possible qu'il y aurait des révolutionnaires contre le citoyen qu'on le prive du gaz, du mazout et du carburant? Comment le révolutionnaire œuvre au profit de l'ennemi? ».

Et de poursuivre: « Si la Syrie contient de vrais révolutionnaires, moi et tous les Syriens vont marcher avec eux ».

Le président al-Assad a fait noter que le complot pourrait finir dès que le peuple syrien accepte de capituler, d'être un peuple résigné et de renoncer à tous son patrimoine, à ses positions nationales, au Golan occupé et à son appui à la résistance au Liban et à Gaza, et d'être un faux témoin de ce qui se déroule contre la mosquée d'al-Aqsa qui affronte une opération de sabotage méthodique.

Il a fait noter la course engagée entre les terroristes et la réforme, « car le terrorisme ne veut pas la réforme et veut que la Syrie arrive à une phase où l'on dirait que le temps n'est plus opportun pour la réforme ».

Evoquant l'inquiétude des gens et leur mécontentement de cette situation, le président al-Assad a affirmé que le traitement avec le terrorisme ne se ferait que via les plus forts moyens juridiques, rappelant que le peuple syrien affronte des actes de meurtre, et qu'il n'y a aucun lien entre les personnes tuées et leur appartenance politique « or parmi eux des opposants à l'Etat ».

Il a affirmé que les terroristes tuent le peuple Syrien pour le punir de son refus de renoncer à sa moralité et de se transformer en mercenaire. Le président al-Assad a fait noter qu'il fallait amorcer un dialogue direct entre toutes les parties.

Le président al-Assad a parlé aussi de la réconciliation nationale qui signifie la tolérance entre tous, « c'est-à-dire: tous avaient commis des erreurs avec tous et que tous doivent pardonner tous », affirmant que la vengeance n'aboutira à aucun résultat positif, ne construira pas le pays et ne restituera pas le sang versé.

Au sujet de la réconciliation nationale, le président al-Assad a dit: « Nous parvenons à la réconciliation nationale via la maturité nationale, et non via une décision adoptée par le président, par une loi promulguée ou par une amnistie générale ».

Il a par ailleurs affirmé que l'embargo ne fait pas peur au peuple syrien et que le Syrien ne vend pas son honnêteté contre l'argent, rappelant que la Syrie avait connu dans le passé des circonstances plus difficiles que celles d'aujourd'hui.

Le président al-Assad a fait noter que le plus important est de ne pas avoir en Syrie une couche qui exploite les crises pour construire des richesses aux prix de la nourriture et du sang du peuple.

Le président al-Assad a fait noter qu'il fallait se centrer sur les industries moyennes et petites et sur l'artisanat pour assurer des opportunités de travail et encore plus de justice sociale.

Le président al-Assad a indiqué que l'agriculture en Syrie avait réalisé de grand parcours en dépit de toutes les difficultés.

Le président al-Assad a affirmé que la grande partie de la guerre psychologique contre la Syrie est passé à la question économique, et ce, après leur échec en matière confessionnelle et nationale.

Il a indiqué que la production en Syrie était faible d'une façon générale vu qu'après l'ouverture, au cours des dernières années, on est passé à la consommation, la chose qui avait affecté l'économie nationale.

« Il faut se centrer sur le niveau de la production en Syrie. Nous sommes capables, jusqu'à la fin de la crise, d'augmenter la production », a-t-il affirmé, soulignant que la Syrie possède des points forts, notamment l'endettement réduit et les relations non rompues avec différents pays.

Le président al-Assad a abordé aussi la production d'olive, la Syrie 5ème producteur d'oliver au niveau mondial, et la production du blé, ainsi que son positionnement stratégique, soulignant que l'encerclement de la Syrie va encercler la région toute entière.

« L'Occident est important pour nous, nous ne pouvons pas nier cette vérité, mais l'Occident aujourd'hui n'est pas celui qui était une décennie avant », a-t-il fait noter, indiquant que la Syrie doit s'orienter vers l'Orient, et ceci elle l'avait fait depuis des années.

« Les relations de la majorité des pays du monde avec la Syrie sont bonnes en dépit des circonstances actuelles et des pressions occidentales », a-t-il fait savoir, soulignant que l'embargo imposé à la Syrie et les circonstances politiques et sécuritaires auraient des répercussions, mais « nous pourrions réaliser des accomplissements diminuant les pertes », a-t-il précisé.

« Notre vie est liée actuellement au contrôle de l'état sécuritaire », a indiqué le président al-Assad, tout en disant sa grande confiance en l'avenir en dépit de toutes les circonstances compliquées.

« Quant nous ne répondons pas au défi, nous ne méritons pas le nom de la Syrie, et quant nous ne la défendons pas et ne vaincrons pas les ennemis nous ne méritons pas d'y vivre », a proclamé le président al-Assad, ajoutant que « le peuple syrien a prouvé son authenticité, car les médias sanguinaires n'avaient pas réussi à frapper son unité », a-t-il indiqué.

« De vous et de notre armée qui avaient reflété la conscience du peuple et consenti des sacrifices pour rétablir la sécurité armée je puise ma confiance, et le sang des martyrs est la base de la fermeté de la patrie et la phare qui éclaire la voie des nouvelles générations pour construire la Syrie future », a affirmé le président al-Assad.

Le président al-Assad a terminé en disant : « Je salue tout le peuple syrien de différentes appartenances intellectuelles et politiques. Gloire pour ce peuple honnête qui refuse de se plier dans cette ère d'écroulement ».


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