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Shoah

Rapport de Monsieur le Grand Rabbin Jacob Kaplan sur la Conférence de Seelisberg
13/01/2012

Sens, mai 1995, p. 192-200, qui reprend ce texte des Archives du Consistoire Israélite de Paris, en précisant : « Ce rapport a été rendu public par le Bulletin de l'Association des Archivistes de l'Eglise de France, avec l'accord de M. Philippe Efraïm Landau, conservateur du Consistoire Israélite central. Nous remercions Mgr Charles Molette, Président de l'Association des Archivistes de l'Eglise de France, de nous avoir autorisés à reproduire cet important document. (Bulletin de l'Association des Archivistes de l'Eglise de France, n° 40. Automne 1993). »


Au cours des vacances de l'année dernière, du 30 juillet au 5 août 1947, eut lieu à Seelisberg en Suisse, une conférence internationale contre l'antisémitisme. Elle avait été organisée par un Comité anglo-américain et faisait suite à une conférence du même genre qui s'était déroulée l'année précédente, en 1946, à Oxford.

De nombreuses personnalités, surtout religieuses, appartenant à 12 pays, ont participé à la conférence de Seelisberg, parmi lesquelles :

Du côté catholique :

- le Père Calliste Lopinot, Capucin, venu de Rome ;

- le Père Demann [sic], des Pères de Sion, de Belgique ;

- l'Abbé Journet, directeur du Grand Séminaire catholique de Fribourg.

Du côté protestant :

- Dr Everett Clinchy, président de l'Organisation interconfessionnelle des Etats-Unis ;

- le Rév. Simpson, secrétaire général de l'Organisation anglaise ;

- le Rév. Macanne, d'Ecosse ;

- le Rév. Dr Allen, de l'université de Durham (Angleterre) ;

- Dr Miroslav Novak, Evêque de l'Eglise tchécoslovaque.

Du côté juif :

- M. Safran, Grand Rabbin de Roumanie, actuellement à Genève ;

- M. Herskovitz, Grand Rabbin de Hongrie ;

- M. Rosenblum, du Conseil national américain de l'U.N.E.S.C.O. Rabbin ;

- M. Vadnay, Rabbin, Secrétaire Général de l'Union mondiale des Etudiants juifs, actuellement Rabbin de Lausanne ;

- et l'auteur de ce rapport.

Beaucoup de laïques également de tous les cultes :

Du côté israélite, citons :

- le professeur Jules Isaac, de Paris ;

- M. S. Brodesky, Président du Board of Deputies d'Angleterre ;

- M. Neville Laski, ancien Président de cette même organisation ;

- M. Isaac Moché Isakov, Secrétaire du Consistoire de Bulgarie ;

- le professeur Jacques Nathan, de l'université de Sofia.

En tout, une soixantaine de délégués des trois cultes.

Le but de la conférence était de prendre des mesures en vue de lutter contre l'antisémitisme dans tous les domaines. A cet effet, cinq commissions ont été instituées qui ont proposé des résolutions que l'assemblée plénière a adoptées. Ces résolutions ont porté sur la coopération à établir entre Chrétiens et Juifs dans la lutte contre l'antisémitisme, sur les modifications à introduire dans les ouvrages destinés aux écoles et aux lycées, sur les directives à donner aux éducateurs religieux, sur le travail à accomplir dans l'ordre civique et social, et enfin, sur le pan législatif, la conférence a demandé que soit incorporé dans la constitution de tous les pays, le principe fondamental de l'égalité de tous les êtres humains sans distinction de race ni de croyance ; que soit interdit et puni tout acte ou écrit ayant pour but de pousser à la persécution et à la haine pour des raisons de race ou de croyance.

Si intéressantes que furent toutes ces résolutions, les plus importantes furent sans contredit celles relatives à l'enseignement du catéchisme chrétien. C'est la première, en effet, dans l'histoire, que la nécessité d'éliminer de l'enseignement religieux chrétien ce qui peut être cause d'antisémitisme a été officiellement reconnue par des prêtres et des pasteurs. On a pu parler à ce propos de la Charte de Seelisberg.

Ce résultat a été surtout l'œuvre de la délégation française. Un important travail préparatoire avait, en effet, été effectué à Paris sous les auspices du Centre de Documentation juive. Au cours d'entretiens avec des [p.194] représentants des religions chrétiennes et MM. Edmond Fleg, Samy Lattes, Monsieur Jules Isaac, celui-ci avait mis au point diverses propositions, développées depuis dans son livre magistral qui vient de paraître et dont nous conseillons vivement la lecture à nos coreligionnaires : "Jésus et Israël", propositions dans lesquelles M. Jules Isaac avait démontré, preuves en mains, que l'enseignement de l'Eglise sur la responsabilité des Juifs dans la mort de Jésus n'était pas conforme à la vérité historique et que l'accusation calomnieuse de déicide, portée par les Chrétiens contre les Juifs, entretenait, de génération en génération, un sentiment de haine contre les Juifs qui avait rendu possibles les crimes inouïs perpétrés à Auschwitz.

Dans la Commission dite Commission des Eglises, composée de 15 membres dont 11 n'étaient pas juifs et parmi lesquels se trouvaient trois prêtres et cinq pasteurs, les membres juifs, au nombre de quatre, dont deux rabbins, proposèrent comme base de discussion le rapport de M. Isaac et demandèrent à la Commission de faire connaître dans quelle mesure elle était disposée à en tenir compte. A la position prise ainsi par les membres juifs s'associa entièrement une déléguée française non juive, Mlle Davy, Directrice d'études à l'Ecole des Hautes Etudes.

 

On le voit donc, il ne s'agissait pas pour nous de solliciter une faveur, mais de mettre les Eglises chrétiennes en face de leurs responsabilités et de leur demander de ne pas favoriser l'antisémitisme par la manière anti-juive dont elles donnent leur enseignement.

Les discussions, il faut bien le dire, toujours très franches, furent souvent rès vives, mais en raison du sincère esprit de compréhension réciproque qui animait les membres de la Commission, on finit par aboutir. Voici les deux textes présentés à l'assemblée plénière de la conférence de Seelisberg par la Commission des Eglises et qui ont été adoptées :

 

1. L'œuvre des Eglises

Emue par les souffrances du peuple juif, la troisième Commission, au cours d'une collaboration franche et cordiale entre membres juifs et chrétiens, tant catholiques que protestants, s'est mise en face du fait infiniment douloureux que certaines conceptions théologiquement inexactes et certaines présentations maladroites de l'Evangile de l'Amour contribuent à faire naître l'antisémitisme, pourtant intrinsèquement contraire à l'esprit chrétien.

 [p. 195] A la suite de cette constatation, les membres chrétiens ont suggéré quelques propositions relatives au contenu et à la forme de l'enseignement chrétien, qui seraient de nature non seulement à combattre l'antisémitisme, mais aussi à promouvoir la bonne entente entre Juifs et Chrétiens.

Il s'agit là entre autres d'insister sur les liens étroits qui existent entre Judaïsme et Christianisme, de présenter le récit de la Passion de telle manière qu'il ne provoque pas la haine contre les Juifs, d'éliminer de l'enseignement et de la prédication chrétienne l'idée qu'une malédiction pèserait sur le peuple juif.

De leur côté, les membres juifs de la Commission déclarent qu'ils veilleront à éviter dans l'enseignement juif tout ce qui pourrait porter atteinte à la bonne entente entre Chrétiens et Juifs. Tous, Juifs et Chrétiens, s'engagent à promouvoir le respect mutuel de leurs valeurs sacrées.

Ces recommandations seront, par la suite, le plus tôt possible, transmises aux différentes autorités religieuses.

 

2. Propositions des membres chrétiens

Nous venons d'assister à une explosion d'antisémitisme qui a conduit à la persécution et à l'extermination de millions de Juifs vivant au milieu des Chrétiens.

Malgré la catastrophe qui s'est abattue sur les persécutés et sur les persécuteurs, catastrophe qui nous fait mesurer l'angoissante gravité et l'urgence du problème juif, l'antisémitisme n'a non seulement rien perdu de sa force, mais menace d'atteindre des parties de plus en plus étendues de l'humanité, d'empoisonner l'âme des Chrétiens, et de les entraîner dans une faute grave aux conséquences désastreuses.

Sans doute, les Eglises chrétiennes ont-elles souvent affirmé le caractère antichrétien de l'antisémitisme, mais nous constatons avec consternation que deux mille ans de la prédication de l'Evangile de l'Amour ne suffisent pas à empêcher l'éclosion parmi les Chrétiens, sous des formes diverses, de la haine et du mépris à l'égard du peuple de Jésus.

Cela serait impossible si tous les Chrétiens étaient fidèles au message de Jésus-Christ sur la miséricorde de Dieu et l'Amour du prochain. Mais cette fidélité doit comporter la volonté clairvoyante d'éviter toute présentation ou toute conception du message chrétien qui favoriserait l'antisémitisme [p. 196] sous quelque forme que ce soit. Nous devons reconnaître que, malheureusement, cette volonté en éveil a souvent manqué.

Nous nous adressons donc aux Eglises pour attirer leur attention sur cette situation alarmante. Nous avons le ferme espoir qu'elles auront à cœur d'indiquer à leurs fidèles comment exclure toute animosité à l'égard des Juifs, que pourraient faire naître des présentations et des conceptions fausses, inexactes ou équivoques dans l'enseignement et la prédication de la doctrine chrétienne, et comment, tout au contraire, promouvoir l'amour fraternel envers le peuple de l'Ancienne Alliance, si durement éprouvé. Rien, semble-t-il, ne saurait être plus propre à conduire à cet heureux résultat que d'insister davantage sur les points suivants :

1. rappeler que c'est le même Dieu vivant qui nous parle à tous dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament ;

2. rappeler que Jésus est né d'une vierge juive de la race de David et du peuple d'Israël et que son amour éternel et son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier ;

3. rappeler que les premiers disciples, les Apôtres et les premiers martyrs étaient juifs ;

4. rappeler que le précepte fondamental du Christianisme, celui de l'Amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l'Ancien Testament et confirmé par Jésus, oblige Chrétiens et Juifs dans toutes les relations humaines sans aucune exception ;

5. éviter de rabaisser le Judaïsme biblique ou post-biblique dans le but d'exalter le Christianisme ;

6. éviter d'user du mot "juif" au sens exclusif de "ennemis de Jésus", ou de la locution "ennemis de Jésus" pour désigner le peuple juif tout entier ;

7. éviter de présenter la Passion de telle manière que l'odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur les Juifs seuls, car la Croix qui nous sauve tous révèle que c'est à cause de nos péchés à tous que le Christ est mort.

Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu'ils encourent du fait de présenter l'Evangile et surtout le récit de la Passion d'une manière simpliste. En effet, ils risquent par là d'inspirer, qu'ils le veuillent ou non, de l'aversion dans la conscience ou le subconscient [p. 197] de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, l'horreur qu'ils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus tournera facilement en une haine généralisée des Juifs de tous les temps, y compris ceux d'aujourd'hui ;

8. éviter de rapporter les malédictions scripturaires et le cri d'une foule excitée : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants", sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : "Père, pardonnez-leur parce qu'ils ne savent ce qu'ils font. " ;

9. éviter d'accréditer l'opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances ;

10. éviter de parler des Juifs comme s'ils n'avaient les premiers à être de l'Eglise.

En pratique, nous nous permettons de suggérer :

d'introduire ou de développer dans l'enseignement scolaire et extrascolaire à tous les degrés une étude plus objective et plus approfondie de l'histoire biblique et post-biblique du peuple juif ainsi que du problème juif ; de promouvoir en particulier la diffusion de ces connaissances par des publications adaptées aux différents milieux chrétiens ;

de veiller à rectifier dans les publications chrétiennes, surtout dans les manuels d'enseignement, tout ce qui s'opposerait aux principes énoncés plus haut.

Nous plaçons notre effort commun sous le signe de la parole de saint Paul (Rom XI, 28-29) : "Ils sont bien aimés[sic] à cause de leurs pères, car les dons et l'appel de Dieu sont sans repentance."

Ce dernier document écrit par des Chrétiens pour des Chrétiens, ne signifiait évidemment pas l'acceptation par les délégués juifs des thèses religieuses du Christianisme. Afin d'éviter tout malentendu, les délégués juifs ont tenu à déclarer officiellement "qu'ils ne prenaient aucune position quant au point de vue théologique et historique du texte".

Le texte intitulé : "Propositions des Membres chrétiens" devait rester pendant quelque temps confidentiel. On voulait avec raison qu'il fût soumis à l'approbation du Vatican et des plus hautes autorités du Protestantisme avant d'être communiqué à la presse. Il avait été prévu cependant qu'il serait communiqué plus tard, quel que fût l'accueil qu'il aurait trouvé auprès des autorités ecclésiastiques. Nous ignorons quel accueil lui a été réservé, mais le Comité directeur de la Conférence de Seelisberg en a autorisé la publication et celle-ci en a déjà été fait dans les Cahiers sioniens publiés par les prêtres de "Notre-Dame de Sion" (catholique) ; dans la Revue Le Christianisme social (protestant) ; dans la Terre retrouvée ‘israélite). Mais c'est surtout à nous, Juifs, qu'il convient de faire tous les efforts pour assurer à ces documents la plus grande diffusion     possible.

Au cours de la conférence, on a donné lecture d'une lettre de M. Jacques Maritain, ambassadeur de France auprès du Vatican, dans laquelle le célèbre philosophe désavouait l'antisémitisme au nom de la foi chrétienne.

Les organisateurs de la conférence ont fait, depuis, plusieurs voyages à Paris, en de créer dans notre pays un Comité interconfessionnel analogue à eux qui existent aux Etats-Unis et en Angleterre, et ils ont pris à différentes reprises contact à cet effet avec le Consistoire central. Un Comité vient d'être créé : "l'Amitié Judéo-Chrétienne". Son bureau provisoire est composé de la manière suivante : Président, M. Marrou, professeur d'histoire à la Sorbonne (catholique) ; Vice-Président, M. Jacques Martin, directeur de la Revue Le christianisme social (protestant) ; Secrétaire, M. Samy Lattes, membre de la Commission administrative de Buffault ; Trésorier, M. Bédarida, professeur d'italien à la Sorbonne (catholique). M. Jacques Maritain a accepté d'apporter son concours à "l'Amitié Judéo-Chrétienne". Parmi les membres juifs du Comité, nous citerons M. Edmond Fleg et M. Maurice Vanikof.

Dans le projet des statuts de cette association, nous lisons aux articles 2 et 4 :

Art. 2 : L'Amitié Judéo-Chrétienne groupe tous ceux et toutes celles qui, appartenant ou non à une confession déterminée, veulent travailler à l'établissement de la fraternité et de la paix spirituelles. Elle considère comme sa tâche essentielle de faire connaître qu'aux malentendus séculaires, aux traditions d'hostilité entre Juifs et Chrétiens, se substituent le respect, l'amitié et la compréhension mutuels. Elle veut, en particulier, par cette coopération active et cordiale, travailler à réparer les iniquités dont Israël, depuis tant de siècles, a été victime, et à en éviter le retour.

Ainsi définie, une telle Association exclut de son activité toute préoccupation missionnaire, toute tendance au prosélytisme, quelle qu'elle soit.

Elle ne vise aucunement à une fusion des religions et des Eglises ; elle ne réclame d'aucune confession aucune abdication, aucun renoncement à ses croyances ; mais elle attend de chacune d'elles - sur le plan de fraternité où elle se tient - une entière bonne volonté, le plus loyal esprit de conciliation, en même temps qu'un rigoureux effort de purification.

Art. 4 : L'Amitié Judéo-Chrétienne utilisera tous les moyens d'action appropriés à son but, et notamment des publications périodiques ou non, des conférences, des débats, des expositions, des concours, des voyages, des émissions radiophoniques, des représentations, etc. Elle organisera toutes manifestations qui paraîtront opportunes. Elle pourra apporter son appui matériel et moral à toute Association poursuivant des buts analogues aux siens.

Une des premières réalisations de l'Amitié Judéo-Chrétienne a été la suivante : le mardi 8 juin, de 20 h30 à 21 h à la radio, à la Tribune de Paris, on a pu entendre un débat public extrêmement intéressant sur le livre de M. Jules Isaac. Y ont participé un Prêtre et un Professeur catholique, un Pasteur, un Catholique orthodoxe, M. Jules Isaac et M. Samy Lattes. Les représentants des religions non juives ont reconnu publiquement la nécessité de modifier leur enseignement afin d'en éliminer toute attaque contre les Juifs.

Si nous devons nous réjouir de voir des prêtres et des pasteurs prendre conscience des responsabilités chrétiennes dans la persistance de l'antisémitisme, nous ne devons cependant pas nous faire trop d'illusions. Les textes de Seelisberg n'engagent que ceux qui les ont signés. Les principales autorités ecclésiastiques n'ont toujours pas fait connaître leur sentiment. Or, dans ce domaine, le concours généreux de prêtres, de pasteurs et d'hommes de bonne volonté, à qui nous tenons à rendre ici un reconnaissant hommage, ne suffit pas. Pour obtenir les modifications indispensables dans l'enseignement du catéchisme, il faut des voix beaucoup plus autorisées. Tant que celles-ci garderont le silence, rien d'efficace ne pourra être fait. Pour un prêtre ou un pasteur qui voudront bien prendre sur eux de présenter l'Evangile d'une manière qui en élimine le caractère antijuif, combien refuseront d'agir sans instructions supérieures et, en attendant, perpétueront par leur enseignement, sans le vouloir peut-être mais sans l'ignorer toutefois, la haine et le mépris du peuple de Dieu.

Quoi qu'il en soit, un débat public vient de s'instituer. La question des responsabilités chrétiennes de l'antisémitisme ne peut plus être éludée. Déjà elle trouble de nombreuses consciences religieuses non juives ; des prêtres et des pasteurs dans des sermons et dans des articles font leur mea culpa. A Seelisberg, ces responsabilités chrétiennes ont été reconnues. Un document a été établi après de longues discussions après de mûres réflexions. Ce document ne pourra pas être traité à la légère et, pour cette seule raison, il est permis de penser que la conférence de Seelisberg n'aura pas été inutile et qu'elle ne sera peut-être pas sans lendemain.

 

Jacob Kaplan

 

(Texte écrit en 1948)