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Iran

L'iran, péril majeur - Que faire, Giulio Meotti
06/02/2012

 

Original italien : « Iran, il pericolo più grande. Che fare ? », sur le site Informazione Corretta, 4 février 2012.

 

Au quartier général de l'armée de l'Air israélienne à Tel-Aviv, un poster accueille les visiteurs avec cette inscription : « Les aigles d'Israël au-dessus d'Auschwitz ». Il y a 10 ans, l'État juif avait obtenu de faire voler ses avions militaires au-dessus de la tombe invisible de millions de Juifs, ce qui avait suscité de nombreuses protestations internationales. Le poster montre deux avions de chasse F 15, pilotés par des enfants et petits-enfants de survivants de la Shoah qui survolent les vestiges des chambres à gaz du camp d'extermination nazi. « Nous sommes arrivés trop tard pour ceux qui sont morts ici » a déclaré Ehud Barak, l'actuel ministre de la Défense d'Israël. C'est Amir Eshel qui dirigeait ce vol et il est maintenant le principal candidat pour commander l'armée de l'air israélienne et donc pour ordonner une éventuelle frappe militaire sur les installations nucléaires de l'Iran. « L'Iran est le nouvel Amalek qui apparaît dans l'histoire pour essayer à nouveau de détruire les Juifs », a déclaré Benjamin Netanyahou, le Premier ministre d'Israël devant les restes des chambres à gaz à Birkenau. « Nous nous souviendrons toujours de ce qu'a fait l'Amalek nazi. Nous ne devons pas oublier qu'il nous faut être prêts à affronter les nouveaux Amalek. La situation est comparable à celle de 1938, et c'est l'Iran qui est la nouvelle Allemagne et prépare un nouvel holocauste de l'État juif ».

Dans un récent article paru dans le New York Times, Ronen Bergman, un des plus célèbres journalistes israéliens d'investigation, écrit : « Après avoir parlé avec de nombreux responsables et militaires israéliens, je suis arrivé à la conclusion qu'Israël attaquera l'Iran en 2012 ». Il reste six mois, au maximum un an, avant l'heure H, c'est-à-dire avant que Téhéran atteigne le niveau technique nécessaire à l'assemblage d'un engin nucléaire. À moins qu'il accepte d'arrêter son programme ou soit détruit par une attaque militaire, c'est le compte à rebours de l'arme atomique aux mains des ayatollahs qui a commencé. Le chef d'État-major d'Israël, Benny Gantz, vient juste de qualifier l'année 2012 comme « l'année de l'Iran ». Jeudi dernier, le chef du renseignement militaire israélien, Aviv Kochavi, a déclaré que l'Iran « a déjà suffisamment de matière fissile pour construire quatre bombes atomiques ». Le même jour, Moshe Yaalon, le vice-Premier ministre et ancien chef d'État-major, a annoncé qu'« Israël peut détruire toutes les structures nucléaires iraniennes ». La tension monte un peu plus chaque jour. Selon une prévision du secrétaire américain à la Défense, Léon Panetta, recueillie par David Ignatius, le célèbre journaliste du Washington Post, les États-Unis craignent qu'Israël attaque les sites nucléaires iraniens « en avril, mai, ou juin ». L'aviation de Jérusalem pourrait prévoir de frapper les cibles iraniennes pendant « quatre ou cinq jours ».

« Le compteur technologique donne un délai maximum d'un an avant que l'Iran ne développe la bombe nucléaire » a expliqué au journal Il Foglio, le plus célèbre journaliste de l'armée israélienne, Ron Ben Yishai, un correspondant du Yediot Ahronot, immortalisé dans le film « Valse avec Bachir» , qui montre le premier journaliste au monde à entrer dans le camp de Sabra et Chatila. « L'horloge des sanctions ne débutera pas, par contre, avant le 1er juillet, et pour Israël cette date est considérée comme trop tardive pour arrêter les plans iraniens. Israël craint qu'il ne reste pas assez de temps pour arrêter la bombe atomique iranienne et il ne peut permettre à Téhéran d'avoir une sorte d'immunité en matière nucléaire, en enterrant encore plus profondément ses installation, car il serait alors impossible de l'arrêter. La ligne rouge à ne pas dépasser pour l'Amérique, c'est que l'Iran dépasse le seuil de 30 % pour l'uranium enrichi ; mais selon Israël, cette ligne rouge est inacceptable car il ne faudrait alors que trois mois à Téhéran pour réaliser la bombe. Donc Israël pourrait décider d'attaquer avec ou sans les Américains, car il a, sans l'ombre d'un doute, la capacité de paralyser ou de détruire le programme nucléaire iranien.

Ronen Bergman écrit que Benjamin Netanyahu « est l'homme qui a fait de l'Iran le problème numéro un en Israël ». Il y a vingt ans, quand il n'était pas encore question de Qom, Bushehr, Fordow et Ispahan, c'est-à-dire le réseau de centrales nucléaires que le régime iranien a construit dans des souterrains de la Perse antique, Netanyahu avait publié un livre intitulé « Lutter contre le terrorisme » dans lequel il écrivait : « Nous n'avons plus le temps, le monde est est au bord d'un précipice, une fois que l'Iran aura acquis l'arme atomique, il risque de tomber dans l'irrationalité ».

À l'époque, Netanyahu n'était que « le docteur "non" » de la droite, et les barons du Likoud l'appelaient « l'Américain » à cause de son anglais impeccable et de ses études au Massachusetts Institute of Technology, et aussi parce que durant la guerre du Golfe il était la coqueluche de CNN. Dans les studios de CNN à Jérusalem, Netanyahu passait à la télévision avec un masque à gaz et témoignait de l'angoisse des Israéliens, tandis que Saddam Hussein lançait ses missiles scuds sur Tel-Aviv.

« C'est à Netanyahu que revient la décision d'attaquer l'Iran ; l'histoire d'Israël repose sur les épaules des Premiers ministres et ce sont eux qui décident de ce qui est bien pour le peuple juif », explique au Foglio, Yoel Guzansky, un des meilleurs experts de l'Iran et directeur de la section iranienne de l'Institut d'Etudes pour la sécurité nationale à Tel-Aviv, le plus grand groupe de réflexion [think tank] en matière de sécurité nationale en Israël.

« Pour Israël aujourd'hui, ce qui compte c'est la survie du peuple juif, non pas la relation avec les États-Unis ». Vingt ans après la publication de ce livre, Netanyahu a lancé la plus grande distribution de masques à gaz depuis la guerre du Golfe. Ces derniers jours, le chef d'État-major Eshel a dit que la moitié de la population n'a pas encore reçu les nouveaux masques à gaz. Israël essaye de remédier à cela, craignant les « armes biologiques sales » en possession de l'Iran, de la Syrie et du Hezbollah. La distribution des nouveaux masques, qui portent le surnom de « Candy », s'inscrit dans le cadre d'un plan d'auto-défense du « Front intérieur » en cas d'attaque contre l'Iran. En Israël, on conserve encore dans chaque maison les vieux masques à l'intérieur de vilaines boîtes couleur kaki pour exorciser le danger. Tout le monde a en mémoire le souvenir de parents qui, enfermés dans une pièce hermétique, racontaient une histoire à leurs enfants qui avaient sur la tête une espèce de casque d'astronaute pour les protéger contre les armes chimiques. L'utilisation préventive de la force par Israël serait justifiée. « Chaque personne et chaque État a le droit se défendre quand son existence est menacée, on ne doit pas accepter d'attendre le moment où l'ennemi peut vous attaquer pour vous détruire », déclare au Foglio, Avi Sagi, philosophe de la morale et auteur de « l'Esprit de l'IDF [Armée de Défense d'Israël », le plus récent code de conduite éthique de l'armée juive. « Si Israël a la certitude qu'il va subir une attaque nucléaire, alors il a le droit de frapper préventivement. Il y a une petite ligne rouge invisible dans laquelle se mêle la question de la technologie atomique et aussi celle de la volonté des responsables de Téhéran. Qu'y a-t-il dans l'esprit des Iraniens ? Sont-ils suffisamment rationnels pour posséder la bombe sans en faire usage, comme cela s'est produit au cours de la crise des missiles à Cuba ? La frappe préventive a été utilisée au cours de la deuxième Intifada, quand Israël a éliminé certains chefs terroristes dans des exécutions extrajudiciaires. Cela fait parti de l'ethos juif. Depuis toujours, Israël est prisonnier d'une guerre asymétrique, dans laquelle des soldats combattent des terroristes en habits civil. Israël a suspendu des opérations militaires par crainte de faire des victimes civiles parmi les Palestiniens, et les Iraniens doivent savoir qu'en cas d'attaque, Israël fera tout son possible pour éviter les victimes civiles et que les objectifs sont les infrastructures nucléaires. Mais l'armée d'Israël a été créée pour protéger les Juifs ».

Le compte à rebours commence dans l'esprit du Premier ministre. « Pour Menachem Begin (qui était Premier ministre à l'époque de l'attaque sur la centrale nucléaire d'Osirak), c'était une question entre lui et Dieu », dit Ariel Levite, ancien conseiller pour la sécurité nationale. « Netanyahu pense aussi qu'il a une mission historique ». La position de Netanyahu à propos de Téhéran, disent des sources proches du Premier ministre, est liée à « Amalek et à l'Holocauste ». C'est le thème de la fête de Pourim, quand les Juifs célèbrent la défaite d'Aman, qui, au temps du roi Assuérus de Perse, voulait anéantir tous les Juifs. Après Amalek, le terrible guerrier du désert, sont arrivés les Romains qui ont détruit la Jérusalem, et l'empereur Titus qui est entré dans le canon juif comme le successeur d'Aman ; puis est venu Hitler, l'OLP de Yasser Arafat, et enfin, l'Iran nucléarisé, qui, selon Netanyahu personnifie le mieux le persécuteur métaphysique parmi les ennemis absolus des Juifs, Ahmadinejad est comme Aman, le protagoniste de la Meguila d'Esther.

Les journalistes les plus avertis disent, non sans raison, que cette idéologie provient du père de Netanyahu, un intellectuel de renommée mondiale. « L'Holocauste n'a jamais pris fin ; l'Iran promet que le mouvement sioniste est arrivé à sa fin et qu'il n'y aura plus de sionistes dans le monde », a dit récemment le vénérable Ben Zion Netanyahu, devant un auditoire de parents et amis réunis pour célébrer ses cent ans. « Le peuple juif doit avoir foi en sa puissance militaire. La nation d'Israël montre au monde comment un État doit agir face à une menace mortelle : il doit regarder le péril droit dans les yeux, prendre une décision, et agir quand il est encore possible de le faire ». Ce vieil homme, spécialiste d'histoire médiévale, est né à Varsovie, et il est considéré par beaucoup comme le plus grand spécialiste mondial de l'Inquisition espagnole. Il continue à écrire des livres sur les persécutions, depuis le quartier de Katamon à Jérusalem, où la famille Netanyahu réside depuis plus d'un demi-siècle.

Selon Amir Oren du journal Haaretz, M. Netanyahu se considère comme le dernier champion de la saga révisionniste. « Le Premier ministre est convaincu d'être né pour anticiper les événements. Zeev Jabotinsky, dont Ben Zion Netanyahu fut le secrétaire pendant toute sa vie, prévoyait l'Holocauste. Netanyahu voit l'holocauste iranien et est dans la ligne de cette dynastie prophétique ». Il y a un an, Netanyahu a rendu publique une lettre de son père, écrite pendant la pâque 1941, lorsque les Juifs étaient envoyés à la mort dans les chambres à gaz. A l'époque, le professeur Netanyahu dirigeait l'Organisation sioniste d'Amérique et plaidait la cause des Juifs d'Europe : « Seule une nation de notre calibre a pu survivre à des époques de souffrance indicible à travers des océans de sang, notre sang, à travers des océans de larmes, nos larmes, mais nous sommes encore vivants et luttons pour la liberté ». Un ancien conseiller du Premier ministre rapporte que le père a inculqué à son fils « cette identification viscérale avec le miracle de la survie du peuple juif ». L'une des signatures les plus célèbres du journal Haaretz, Ari Shavit, a déclaré que « Benjamin Netanyahu croit être sorti du ventre de sa mère pour sauver le peuple juif et la civilisation occidentale du danger qui découle de Natanz (la centrale nucléaire iranienne). Il veut être celui qui vaincra les nazis du XXIe siècle ».

Nous en parlons avec Yossi Klein Halevi, écrivain et intellectuel du monde juif américain. « Il y a des similitudes et des différences entre Menahem Begin, qui a attaqué le réacteur nucléaire en Irak, et Benjamin Netanyahu, l'homme aux prises avec l'Iran. Begin était le seul dirigeant israélien à avoir été emprisonné par les communistes en Europe de l'Est et dont la famille a été exterminée par les nazis. La Shoah était une partie essentielle de la vie de Begin. Netanyahu est né en Israël, a servi avec Ehud Barak dans des unités d'élite de l'armée, il est un symbole de la puissance juive et de la capacité qu'a le peuple juif de se défendre. Mais concernant l'Iran, Netanyahu est revenu à Begin et aux sources de la droite. Quand il parle des années trente, Netanyahou sous-entend la mentalité occidentale de compromis avec l'Iran ». Selon Halevi, l'Holocauste est essentiel pour comprendre ce qu'Israël fera si l'Amérique ne veut pas entrer en guerre contre les Iraniens. « Même le socialiste Barak, qui est pour une attaque, a été influencé par la doctrine Osirak de Begin et pense qu'Israël doit lancer une attaque préventive avant que se produise un nouvel Holocauste. Netanyahu sait qu'Ahmadinejad est un ennemi beaucoup plus mortel pour Israël que ne l'était Saddam Hussein. La doctrine Begin est précisément fondée sur la capacité des Juifs à faire cavalier seul, même sans l'Amérique. Quand Israël a attaqué le réacteur d'Osirak, l'administration de Ronald Reagan n'a pas été avertie par Israël. Et je vous mets au défi de comparer Barak Obama à Reagan en matière de défense d'Israël pour comprendre comment Netanyahu pourrait agir. Aujourd'hui, l'Amérique est plus préoccupée par le détroit d'Ormuz que par l'atome iranien ». Halévi dit aussi qu'il y a un moment précis qui a changé pour toujours le dossier iranien en Israël, spécialement au sein de la classe dirigeante proche de Netanyahu : « Ce fut quand, en 2005, Ahmadinejad a organisé officiellement la conférence sur le négationnisme de la Shoah. L'Iran est l'unique État au monde qui se consacre à nier l'Holocauste. Depuis ce moment, Israël n'a plus jamais regardé l'Iran de la même manière. Même en écartant un scénario apocalyptique, personne ne peut être sûr que l'Iran ne lancera pas d'ogives nucléaires sur Tel-Aviv. Alors, l'histoire juive prendrait fin.

Netanyahou sait aussi que l'Iran donnera le feu vert à une défense nucléaire régionale pour le Hezbollah et le Hamas. Ce serait la fin de la dissuasion d'Israël. En outre, les révolutionnaires de Téhéran pourraient transférer aux terroristes une « bombe sale » et l'utiliser contre l'Etat juif. Enfin, il y aurait une course à la bombe atomique dans la région. Si Israël sait que le point de non-retour est proche, il lancera une attaque contre l'Iran, avec ou sans les Américains. L'enjeu est la survie du peuple juif. « L'arbre généalogique de Netanyahu comprend aussi un frère héroïque, tombé à Entebbe, lors du célèbre sauvetage des otages. Et le souvenir de ce frère héroïque joue un rôle décisif dans l'esprit du Premier ministre.

Chaque année, quand tout le pays se concentre sur le souvenir de ceux qui sont tombés, durant le Jour du Souvenir, Yom ha-Ziqaron, un voile de douleur recouvre Israël et le Premier ministre va se recueillir sur la tombe de son frère tué. Le 4 juillet, il y a 34 ans, un commando israélien a organisé un raid spectaculaire à des milliers de kilomètres du pays. Les Israéliens ont volé jusqu'en Ouganda pour libérer une centaine de passagers juifs d'un avion d'Air-France détourné par des terroristes palestiniens. L'opération était dirigée par Yoni, le frère du Premier ministre et unique victime de ce raid, [en fait, il y a eu une autre victime]. « Yoni s'est battu et est mort pour le peuple juif, mais son combat avait des horizons plus vastes, il voyait cette guerre comme une bataille entre la civilisation et la barbarie », peut-on lire dans le livre écrit par le Premier ministre en 1997. « Il s'agit de la bataille qui, depuis le début de l'histoire, a opposé les forces des ténèbres à celles de la lumière ». La même dichotomie est appliquée aux fours nucléaires iraniens.

Dans son chef-d'œuvre, « Les Origines de l'Inquisition », publié aux États-Unis par la maison d'édition Random House, le père de Netanyahu soutient que l'Inquisition a été le prototype de la persécution antijuive du XXe siècle, car l'Inquisition a été créée non pas pour éradiquer le judaïsme en tant que religion, mais pour éradiquer les Juifs en tant que peuple. La morale du professeur Netanyahu est que « la persécution est éternelle, cosmique ». C'est le grand message qu'il a transmis à ses fils : l'un est mort en combattant les terroristes, l'autre veut défendre Israël des centrales atomiques iraniennes. [Il y en a eu un troisième].

Selon le spécialiste de l'Iran, Yoel Guzansky, la formation idéologique de Netanyahou pourrait l'amener à agir sans le consentement des Américains. « Netanyahou sait que les possibilités d'un conflit sur la question nucléaire entre l'Amérique et l'Iran sont très faibles en ce moment, parce que Washington est plus préoccupé par le détroit d'Ormuz que par l'énergie nucléaire. Netanyahu peut décider de lancer une campagne militaire sans le consentement des États-Unis. Tout dépendra des données qu'Israël aura en mains, et non pas du mécontentement causé aux États-Unis. Si Israël pense qu'il est seul pour cette opération, il agira seul. Netanyahu attaquera si les Renseignements israéliens lui fournissent la certitude de pouvoir provoquer des dommages irréversibles au programme iranien. Nous avons une option militaire contre l'Iran et nous pouvons encore détruire les centrales iraniennes ».

Pour comprendre cette mentalité israélienne, il faut feuilleter un autre livre de Netanyahu, écrit en 1993, « A Place Among the Nations: Israel and the World » [Une place parmi les Nations : Israël et le monde], dans lequel le futur Premier ministre, pensant à l'Iran, parle de « la trahison du sionisme par l'Occident ». Dans un chapitre au titre emblématique, « Betrayal » – trahison –, Netanyahu écrit que la Grande-Bretagne, « les arabisants du Foreign Office », « ont abandonné les Juifs quand ils étaient au bord de l'anéantissement ». Un autre chapitre est consacré à Ze'ev Jabotinsky, le parrain de la droite israélienne, qui a vu la faiblesse du libéralisme de Weimar et son irénisme cosmopolite. Le passage préféré du premier ministre est celui dans lequel Jabotinsky cite Thomas Hobbes : « Sage est le philosophe qui a dit "homo homini lupus" (l'homme est un loup pour l'homme). Avoir un bâton à la main est l'unique moyen pour survivre dans cette guerre de loups ».

Dans cette guerre possible avec l'Iran, les bâtons d'Israël sont les missiles Jéricho, les avions de chasse F-16, le bouclier antimissiles « Fronde de David », le radar « Pin vert », les sous-marins Dauphin, Léviathan et Tekuma. Il y a dans ce dernier mot, qui signifie « renaissance » en hébreu, l'écho d'une guerre qui, si elle a lieu, aura les yeux de Benjamin Netanyahu et Mahmoud Ahmadinejad.

 

Giulio Meotti

 

Adapté de l'italien par Danilette

 

[Merci à Olivier Peel de m'avoir signalé ce texte (Menahem Macina).]