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Europe et Israël

L'Europe qui flirte avec les idées du tueur, Fiamma Nirenstein
30/03/2012


 

Sur le Blog de Danilette, 23 mars 2012

Original italien : L'Europa che flirta con le idee del killer

Il Giornale, 22 mars 2012

www.fiammanirenstein.com
www.ilgiornale.it


Lady Ashton n'est pas la seule à comparer les morts de Toulouse avec ceux de Gaza, comme l'a fait le terroriste, beaucoup raisonnent de la même façon. L'assassin d'Al Qaïda qui a tué trois enfants juifs et leur père à Toulouse, a expliqué ses motivations selon sa logique : les enfants tués sont le prix à payer par les Juifs pour les enfants tués à Gaza. Pour une personne normale, cette logique est démente, non seulement parce qu'un échange d'enfants tués est intolérable, mais aussi parce qu'il n'y a pas une once de vérité dans le raisonnement du criminel : l'armée israélienne n'a jamais tué délibérément un seul enfant, au contraire, elle a suspendu à de nombreuses reprises des opérations quand des innocents risquaient d'être exposés. Cela n'a pas empêché que les enfants de la bande de Gaza soient utilisés comme boucliers humains, avec le reste de la population civile, ni que certains enfants soient tués par erreur dans des opérations qu'Israël a déplorées et qui ont souvent conduit à des procédures juridiques. Mais l'Europe n'est pas normale. Elle est devenue insensée, sidérée dans sa fragilité.

C'est pour cela que le terroriste trouve malheureusement parfois des soutiens. En fait, la baronne Ashton lui a donné raison dans une déclaration qu'elle a reniée maladroitement ensuite et qui révèle son âme véritable tout en révélant un danger plus grand encore, l'âme véritable de l'Europe qui l'a élue comme Ministre des affaires étrangères : Ashton a en fait comparé les enfants juifs tués aux enfants de la bande de Gaza, endroit qu'elle avait comparé précédemment à une immense prison. Une remarque idiote qui révèle son aversion incoercible pour Israël. C'est insupportable quand on parle d'enfants juifs tués par un terroriste, et, d'une manière plus générale, quand l'Europe parle de terrorisme, un ennemi mortel qui a tué [en Europe] 549 personnes en 2011. La position d'Ashton sur Israël est dangereuse pour tout le monde car elle dénote d'une certaine bienveillance envers le terrorisme, comme le démontre l'accueil fait à cette déclaration par le Hamas.

La haine contre les Juifs, et par conséquent contre Israël, conduit à nombre d'aberrations. L'Europe est remplie de personnes extrêmement dangereuses comme Ashton, qui comparent un pays démocratique à une organisation terroriste, et un massacre prémédité au droit à la légitime défense. Cela conduit à des condamnations perpétuelles, des commissions d'enquête, des aberrations institutionnalisées par l'Union Européenne et par l'ONU, comme quand, il y a peu, Ashton a protesté contre la détention d'un Palestinien, alors qu'une situation analogue en Arabie Saoudite ne lui fait même pas froncer le sourcil.

Les partisans européens d'Ashton, c'est-à-dire ceux qui disent des mensonges sur Israël, appartiennent à des courants soit islamistes, soit d'extrême gauche, soit de l'ultra-droite. Condamner Israël en toute occasion illustre clairement la décadence européenne. Quelques exemples : en 2009, le député travailliste britannique, Gerald Kaufman, a soutenu que les Juifs se servaient du sentiment de culpabilité des non-Juifs pour « justifier l'assassinat des Palestiniens ». En dépit de tout raisonnement rationnel, l'Europe pense en termes d'apartheid, de cruauté, de violation du droit international, et compare les enfants tués par un terroriste à Toulouse aux enfants palestiniens victimes d'un affrontement armé qui ensanglante la région depuis des années.

L'idéologie sous-jacente est bien l'antisémitisme classique, et elle a conduit un intellectuel norvégien de premier plan, Jostein Gaarder, le célèbre auteur du livre traduit en 53 langues, « Le Monde de Sophie », à comparer les Israéliens aux Talibans et Israël à l'Afrique du Sud de l'apartheid. Lui aussi, comme Ashton, a pu critiquer des groupes terroristes et immédiatement après accuser Israël de vouloir « une solution finale pour les Palestiniens ».

C'est cela, l'Europe civilisée, on pourrait écrire des pages et des pages sur le sujet, en particulier parce que l'ONU suit la même voie, une voie qui conduit à la perte de soi-même, à la perte de toute raison et à un notable penchant pour l'un des pires maux de notre époque : le terrorisme. Jenny Tonge, membre de la Chambre des Lords, a déclaré clairement en 2004 (en pleine Intifada) : « si je vivais dans ce contexte, je pourrais envisager le fait de devenir moi-même un terroriste-suicide ». En 2003, l'artiste grec, Alexandros Psycolghoulis, a exposé le portrait d'une femme palestinienne qui s'était fait exploser dans un marché israélien. La parlementaire belge Véronique de Keyser, pour qui les check-points israéliens sont une mesure antiterroriste injustifiable, a déclaré : « si l'ambassadeur israélien me parle encore de sécurité, je sens que j'aurai envie de l'étrangler ».

Telle est l'Europe d'Ashton : dangereuse pour tout le monde.


© Fiamma Nirenstein

Adapté de l'italien par Danilette