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Antisionisme chrétien

Catholiques et diffamateurs d'un peuple dont ils ignorent tout, M. Macina
05/04/2012

 

Un peu moins de deux semaines se sont écoulées depuis la parution de l'article partisan publié par l'hebdomadaire catholique belge "Dimanche Express", n° 16 (1), qu'avait critiqué l'abbé Michel Remaud (2). Cette semaine, dans son numéro 18 du 4 mai, cet hebdomadaire récidive plus gravement encore, comme on le verra à la lecture du résumé ci-dessous. Cette fois, une réaction s'impose. Nous ne pouvons pas laisser un média catholique, largement distribué et lu, inciter à la détestation de l'Etat d'Israël un public peu au courant de la complexité du conflit palestino-israélien. Puisque les responsables se permettent de médire impunément de l'Etat d'Israël, je propose à nos internautes d'écrire directement, chacun pour soi, à la revue en question, pour lui exprimer leur réprobation et les inviter, poliment mais fermement, à faire preuve de plus d'objectivité dans la présentation de la réalité. J'espère pouvoir compter sur tous, car, si nous nous taisons, qui défendra notre cause ? (Menahem Macina).


02/05/08


J'ai devant moi le numéro 18, du 4 mai, de l'hebdomadaire catholique Dimanche Express. En première page un titre "Israël a 60 ans", qui m'a d'abord fait penser qu'en cette occasion festive, ce média éviterait de salir cet Etat, comme il l'avait fait dans son numéro 16, du 20 avril, dont référence en note 1. Espoir vite assombri par le sous-titre : "Un anniversaire en demi-teinte".


Mon inquiétude se confirma bien vite à la lecture de l'encadré suivant, précédant l'éditorial (nous sommes en première page, je le précise) :

« Les 8 et 9 mai prochains, l'Etat d'Israël commémorera le soixantième anniversaire de sa création. Mais si le cœur des habitants de ce pays est à la fête, ce n'est pas le cas des Palestiniens, qui attendent depuis soixante ans la fin de leur exil, ou des Arabes israéliens, qui ont toujours le sentiment, aujourd'hui, d'être des citoyens de seconde zone. »

Sévère entrée en matière donc, mais ce n'est rien à côté de ce qui suit.

Extraits.

« … on peut s'interroger sur le sens qu'il peut y avoir à célébrer un tel événement, alors que les Palestiniens ne disposent toujours pas, aujourd'hui, d'un Etat digne de ce nom […] Même les Israéliens commencent à en avoir assez de toute cette violence. Non seulement ils se rendent compte qu'il leur sera impossible d'y mettre fin par la répression militaire, mais ils ont conscience également du coût économique important que cette forme d'apartheid représente pour eux. »

Ceci pour la première page. Je n'ai pas besoin d'insister, je pense, sur l'ignominie qui consiste à défigurer la démocratie israélienne en accusant son Etat de pratiquer l'apartheid - en français : la ségrégation (raciale).

C'est vrai, j'oubliais que chacun peut voir, dans les villes israéliennes, de Jérusalem à Beersheva, des autobus israéliens sur lesquels s'étale l'avertissement infamant : « Interdit aux Palestiniens ». Même chose pour les commerces et certains édifices publics, comme les cinémas, les théâtres, les douches, les lavoirs, les toilettes publiques, etc. (Israelis only – Réservé aux seuls Israéliens).

J'entends d'ici les exclamations :

- Vous êtes fou ! Ces choses n'existent pas !

- Ah bon ! Pourtant, la ségrégation, c'était cela, sauf qu'à la place des mots "Israéliens" et "Palestiniens", il y avait "Blancs" et "Noirs".

- Vous pouvez ironiser, mais l'apartheid existe bel et bien, même s'il affecte une autre forme.

- Ah oui ? Laquelle ?

- Eh bien, tous les avantages sont pour les Israéliens et les inconvénients pour les Palestiniens. Les Israéliens s'emparent de leurs terres, ou les grignotent : bref, il y a mille manières de pratiquer l'apartheid.

- Donc, si je vous comprends bien, peu importent l'injustice ou l'exaction, leur qualification est toujours la même : apartheid. A ce compte, une firme qui l'emporte sur ses concurrents pratique l'apartheid à leur égard…

Dialogue fictif, peut-être – encore que… -, surréaliste sans aucun doute, mais qui rend bien la situation, à la manière dont une caricature accentue les défauts d'un visage pour mieux tourner son propriétaire en dérision. Car dérision est bien l'attitude que méritent ces billevesées.

Vous me direz que des hommes d'Etat, des politiciens et des intellectuels de renom considèrent Israël comme un Etat ségrégationniste. C'est, hélas, le cas, mais sont-ils crédibles pour autant? L'injustice ou l'aberration des jugements sommaires, quels que soient ceux qui les profèrent, ne sont pas chose nouvelle.

·        Durant des siècles les autorités chrétiennes ont nié que c'est la terre qui tourne autour du soleil et non l'inverse, parce que la Bible écrit que le soleil se lève et se couche…

·        Durant des siècles et jusqu'au début du XXe, des millions de gens – dont une majorité de chrétiens – ont cru que les Juifs étaient une engeance maléfique.

·        On les a accusés de saigner des enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans la fabrication de leur pain azyme à Pâques.

·        On les a accusés d'empoisonner les puits, de répandre la peste, de pratiquer l'usure, de séduire les innocentes femmes chrétiennes, de fomenter des complots internationaux, d'être des capitalistes monstrueux, des révolutionnaires, puis des communistes assassins, etc., etc.

 

C'est du passé, me direz-vous. Certes. Mais je trouve que le présent, en ce qui concerne la réputation des Juifs, a un goût de déjà vu.

·        Le peuple maléfique de jadis, c'est "l'entité sioniste" d'aujourd'hui.

·        L'usure juive traditionnelle, c'est le capitalisme juif d'aujourd'hui.

·        Les Protocoles des Sages de Sion d'hier, ce sont les "lobbies juifs" d'aujourd'hui.

·        A la formule, "le judaïsme, voilà l'ennemi", a succédé "le sionisme, voilà l'ennemi".

 

C'est un peu comme si le futur Antéchrist disait à chacun d'entre nous, comme je l'ai entendu confusément dans un cauchemar récent :

« Sache bien, petit juif, que quel que soit le nom que tu te donnes, l'habit que tu endosses, les actes que tu poses, les livres que tu écris, les progrès de l'humanité auxquels tu as contribués, les vies que les tiens ont perdues pour défendre les patries dans lesquelles ton peuple de nomades a vécu : tout cela ne te sauvera pas de la haine que tu mérites… Quant au pays que tu as volé aux pauvres Arabes, en prétendant que tu y as vécu il y a quelques années-lumière, tu peux bien l'avoir cultivé, mis en valeur, modernisé, cela ne te servira à rien, car tout te sera ôté pour être donné à ceux que ton peuple n'a cessé de mépriser… »

Je me suis réveillé, trempé de sueur, avec, sur les lèvres, le cri inarticulé que j'avais émis avant de reprendre pied dans la réalité : « Pourquoi ? »…

Oui, ennemis chrétiens qui clouez l'Etat juif au pilori, sur 3 pages, dans votre hebdomadaire, pourquoi n'avez-vous interviewé qu'un seul Israélien, respectable certes, puisqu'il a même été ambassadeur d'Israël en France, mais dont sont bien connues les sympathies pour les "nouveaux historiens", le "post-sionisme", et une vision politique pro-palestinienne du futur des relations entre Israël et les Arabes, en général, et les Palestiniens en particulier ? Pourquoi lui donnez-vous deux fois la parole (en pages 2 et 3), à l'exclusion de tout autre point de vue israélien ?

Est-ce là faire preuve d'objectivité et de pluralisme ?

Quelles compétences avez-vous pour vous ériger en juges d'un peuple confronté à la haine irrédentiste de populations qui en veulent à son existence même, et confronté à l'un des casse-tête géopolitiques les plus insolubles qui soient ? Votre sympathie compassionnelle pour les Palestiniens, et l'idéologie qui va avec, vous tiennent lieu de culture historique et politique. Témoin ce jugement sur l'existence d'Israël au Moyen-Orient (p. 3):

« Une existence … controversée, tant a été grand le retentissement dans l'opinion publique mondiale de la volonté expansionniste de ce pays, de la politique du fait accompli, et de la souffrance qu'il a infligée au peuple palestinien… »

Quant au niveau de connaissances historiques de l'un des contributeurs de ce numéro, un certain Guy Mathoux, l'énormité suivante qu'il profère, disqualifie définitivement votre hebdomadaire, au moins pour ce qui est de porter un jugement sain sur un peuple innocent de ce dont vous l'accusez :

« La Palestine… alors sous mandat britannique, fit l'objet d'un partage par l'assemblée de l'ONU, le 29 novembre 1947, entre les Juifs nouvellement arrivés et les Arabes palestiniens qui occupaient cette terre depuis près de deux mille ans… »


DEUX MILLE ANS !... Flavius, Flavius (3) réveille-toi, ils sont devenus fous !

 

© Menahem Macina

 

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(1) Voir : "Incitation à la haine d'Israël dans un hebdomadaire catholique belge".

(2) Voir : « Bethléem : la vérité, c'est secondaire ? ».

(3) Flavius Josèphe, historien écrivain juif, qui relata les péripéties de la révolte juive contre Rome et rédigea une histoire du peuple juif depuis ses origines jusqu'au début du IIe siècle de notre ère. On peut douter de ses qualités d'historien, puisqu'il ne mentionne pas ces fameux Palestiniens dont parle Monsieur Mathoux. Ce qui est sûr c'est que cette ethnie vénérable fut assez sage et avisée pour ne pas se révolter contre la grande puissance invincible de l'époque, ce qui lui a permis de subsister jusqu'à ce jour, pour le plus grand bonheur des écrivains révisionnistes et palestinolâtres comme M. Mathoux.

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Mis en ligne le 02 mai 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

Remis en course sur debriefing, le 5 avril 2012