Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Médias
Désinformation

Hitler et l'Église, jadis, Breivik et Bat Ye'or, aujourd'hui : même chienlit, Par Menahem Macina
25/04/2012

 

 

« L'été dernier, j'ai été horrifié par un pseudo-documentaire de la chaîne de télévision allemande ZDF. En effet, ce pseudo-documentaire s'est ingéré de façon abjecte dans la vie privée de l'historienne suisse Bat Ye'or et de son époux, l'historien britannique David Littman. La chaîne de télévision allemande ZDF a débarqué, avec ses caméras, au domicile privé de ce couple d'historiens, en prenant bien soin de montrer dans quel endroit très exactement, et, à quelle adresse, résident Bat Ye'or et David Littman. La journaleuse ZDF de service en a profité pour faire croire que Bat Ye'or serait une richissime propagandiste, ce qui est ridicule et faux, et que les thèses de Bat Ye'or auraient, soi-disant, inspiré le tueur norvégien Breivik, ce qui est grotesque et mensonger ; car si Breivik, dans son délire messianique spatiotemporel, s'était réclamé de Jupiter ou d'Obélix, l'on n'aurait pas allégué qu'ils étaient, eux deux, les mentors de Breivik. » (Michel Garroté).

 

Je ne peux qu'être d'accord avec ce propos du journaliste Michel Garroté. Et pour renchérir, je rappelle le fait suivant.

Dans sa contribution à mon livre récent (1), le prêtre catholique Martin Rhonheimer, Professeur de philosophie à l'Université Pontificale de la Sainte Croix à Rome, relate qu'à l'époque où Hitler, dans le dessein de parvenir à un concordat, s'efforçait de persuader les évêques de ses « vues amicales concernant l'Église », il avait reçu en audience, le 26 avril 1933, l'évêque d'Osnabrück, Wilhelm Berning, en sa qualité de délégué de la Conférence des évêques allemands, et lui avait tenu ces propos, consignés dans les notes du protocole (2) :

On m'a attaqué à propos du traitement de la question juive. L'Église catholique a, durant 1 500 ans, considéré les juifs comme des parasites, elle les a mis dans des ghettos, etc. ; c'est donc qu'on a reconnu ce que sont les juifs. Au temps du libéralisme, on a perdu de vue ce danger. Je reviens à ce que l'on a fait durant cette période de 1 500 ans. Je ne mets pas la race au-dessus de la religion, mais, pour le bien de l'État et de l'Église, je m'intéresse aux parasites que sont les représentants de cette race, et peut-être que je rends ainsi un immense service à la chrétienté ; c'est la raison de leur expulsion du monde des études et du statut de fonctionnaire […]


À la lumière de ce précédent sulfureux, que les admirateurs de Bat Ye'or ne s'étonnent pas de la manipulation médiatique dont elle est victime. Ce n'est, hélas, ni la première ni la dernière fois que les écrits et les actes d'une personnalité – et/ou d'une institution – sont instrumentalisés de manière dégradante, à seule fin de salir leur réputation, à défaut de pouvoir démontrer leur prétendue culpabilité.

La chienlit (3), quoi…

Ces attaques ont au moins un avantage : leur bassesse et leur ignominie mêmes révèlent, par contraste, la noblesse et la vérité de celles et ceux qui en sont victimes.

Alors, courage ! Comme le dit si bien le dicton populaire : « Les chiens aboient, mais la caravane passe… »

 

© Menahem Macina

 

---------------------

 

(1) Martin Rhonheimer, « L'antiracisme catholique, l'autodéfense de l'Église et le sort des Juifs dans l'Allemagne nazie », dans Menahem Macina, L'apologie qui nuit à l'Église. Révisions hagiographiques de l'attitude de Pie XII envers les Juifs, Cerf, Paris, 2012, p. 229-272.

(2) Texte cité par Rhonheimer, Ibid., p. 255-256.

(3) Selon Wikipedia, « le chienlit, d'abord orthographié chie-en-lit est initialement un personnage typique du Carnaval de Paris. Il est à l'origine d'un substantif féminin : la chienlit, entré dans l'Histoire en 1968 ». Il a été popularisé par le Général de Gaulle, qui l'a utilisé dans l'une ou l'autre de ses célèbres conférences de presse.