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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

La presse de la haine, par Bat Ye'or
08/05/2012

 

Bat Ye'or

Article repris du site Dreuz.info, 8 mai 2012


Le procès du tueur norvégien, Anders Behring Breivik, ouvre à nouveau les vannes du journalisme haineux et de l'amalgame criminalisant. Une aubaine pour le gouvernement norvégien négateur de la légitimité d'Israël et ami du Hamas génocidaire. Exploitant la folie criminelle de Breivik, il peut enfin régler ses comptes avec les mouvements et les intellectuels qui se battent pour préserver les libertés individuelles et démocratiques et qui dénoncent l'antisémitisme raciste néo-nazi dans la guerre euro-palestinienne actuelle contre Israël.

Si Breivik est un psychopathe, comme l'affirment certains de ses psychiatres, un Etat civilisé devrait, compte tenu d'une responsabilité limitée, le faire soigner et non l'exhiber comme un animal de foire pour interdire la liberté d'opinions et imposer la dictature de la pensée unique. De là une chasse médiatique aux sorcières, visant à supprimer toute critique sous prétexte qu'elle incite au massacre. Ce cynisme crée une sorte de collusion entre la folie du criminel et le gouvernement, qui en profite pour museler non seulement l'opposition norvégienne, mais extrapole sur [?]les libertés fondamentales dans l'ensemble de l'hémisphère occidental.

Aussi ce procès devient-il le déversoir d'une presse de gauche transnationale pseudo-vertueuse. Jetant en pâture des intellectuels dont le seul crime est de réfléchir librement et de critiquer des politiques opaques, elle impose ses valeurs façonnées par les critères de l'ignorance, de la collusion djihadiste anti-européenne et de l'antisémitisme.

Ses invectives anachroniques, empruntées aux réalités politiques des XIXe et XXe siècles, vilipendent des combats actuels menés avec beaucoup de courage pour préserver la démocratie et la dignité humaine.

Que ce soit dans Le Courrier, Libération, Le Monde, ou ailleurs, les mêmes poncifs reprennent en boucles les termes extrême droite, fascistes, néo-nazis, racistes. Incarnant eux-mêmes ces idéologies sous leur masque antiraciste, leurs auteurs se font les inquisiteurs de ceux qui précisément les combattent. Ces derniers sont tous regroupés, quelles que soient leurs différences, dans la même famille « islamophobe » — terme inventé par l'Organisation de la Coopération Islamique pour imposer la censure de la charia et l'immigration de substitution en Occident, politiques dont ces journaux de la « bienpensance » européenne se font les serviteurs. Intellectuels, politiciens, professeurs dispersés aux quatre coins du monde, croyants ou athées, vivant dans des univers de pensée et d'activités différents, sont tous globalement responsables du massacre perpétré par Breivik en Norvège. L'origine de cette criminalisation collective ? ils adhèrent aux droits de l'homme et aux valeurs fondamentales de leur civilisation judéo-chrétienne.

Basés sur la même logique haineuse, ces pseudo-analyses pourfendent les épouvantails imaginaires qu'ils dénoncent au public : les islamophobes conspirationnistes !

Islamophobes vous êtes si vous vous opposez au djihad en Europe, et même au djihad tout court, ou si vous osez le critiquer comme le fait la mouvance « counterjihad ».

Que dis-je… le critiquer ? Il suffit même d'étudier son fondement idéologique, son déroulement historique, d'oser citer ses textes fondateurs, ou les discours des imams illustres de l'Azhar pour être mis au ban de la « bienpensance », cette Autorité Suprême de l'obéissance aveugle et des plates courbettes. Islamophobes sont ceux qui refusent de manger halal, s'opposent à l'introduction des principes discriminatoires de la charia dans le droit européen, à l'islamisation de la culture par la suppression de l'histoire, à l'immigration de peuplement, et refusent la justification du terrorisme par la diabolisation permanente d'Israël. Si vous êtes islamophobe selon ces paramètres, et que vous avez eu l'audace de faire connaître vos réticences, vous portez la responsabilité du crime de Breivik où que vous viviez.

Si vous croyez, conformément à la pensée rationaliste européenne, que l'enchaînement des effets remonte à des causes, que dans les affaires humaines celles-ci s'inscrivent dans des principes et des choix de décision — c'est-à-dire si vous croyez qu'il existe une corrélation entre la situation actuelle des sociétés européennes et les décisions politiques prises en amont par leurs dirigeants, et que vous produisiez des documents officiels attestant ces décisions, vous êtes une conspiratrice. Il vous faut croire que tout est fortuit, qu'il n'y a rien à voir ni à discuter, que le bétail humain n'a qu'à brouter, esclave du hasard aveugle, en renonçant à sa spécificité suprême : la Raison.

Curieusement, ces inquisiteurs qui vous enferment dans des catégories judiciaires, se gardent d'admettre clairement qu'ils vénèrent le djihad et la charia et que rien ne les rendrait plus heureux que la disparition d'Israël par la main de leurs amis djihadistes, ainsi que le modelage de l'Occident sur l'Afghanistan, le Pakistan, l'Arabie Saoudite, l'Irak, le Nigéria, le Soudan, l'Egypte, etc.

Ils ne vous diront pas non plus qu'à plusieurs reprises, Breivik a exprimé son immense admiration pour leurs amis, les terroristes djihadistes qu'il s'est efforcé d'imiter. Qu'il a avoué à ses juges son mépris pour les intellectuels du mouvement anti-djihad dont il réprouvait la mièvrerie et le refus de la violence. D'ailleurs, l'honneur qu'il leur avait concédé, en les citant dans son manifeste-fleuve, visait uniquement à déverser contre eux la furie médiatique qu'il avait anticipée et dont il se réjouissait. Que d'affinités entre Breivik et les inquisiteurs de l'islamophobie ! Même son salut, bras tendu et poing fermé est celui de la gauche, comme l'a bien démontré le site Riposte Laïque, photos à l'appui. Breivik, l'homme providentiel d'une répression internationale qui écrase tout blasphème contre le djihad, la charia et la dictature du prêt-à-penser ?

Et, cerise sur le gâteau, Libération nous sert les inepties du journaliste Oyvind Strommen, ponctuées par les observations sentencieuses du philosophe-terroriste Lars Gule, qui attribue la responsabilité du massacre commis par Breivik, inspiré par ses amis jihadistes, aux écrivains, historiens et intellectuels protecteurs des valeurs humanistes essentielles de la civilisation occidentale.

Oui, oui… vous savez… ces méchants islamophobes, racistes, nazis, les Geert Wilders, les Lars Hedegaard, les Robert Spencer, les Bruce Bawer, les Frank Gaffney, les Pierre Cassen, les Pascal Hilout (né Mohammed), le site Riposte Laïque et tant d'autres, bref tous ceux que la pensée unique « antiraciste » voue constamment à la vindicte populaire, à la haine et au mépris et que l'on veut museler par des procès ruineux. Eh oui… Bat Ye'or aussi !

Vraiment !... Dites-moi, M. Gule, je n'ai jamais été, moi, m'entraîner dans un camp de terroristes, comme vous l'avez fait en 1977 chez vos amis terroristes du Front Démocratique de Libération de la Palestine.

Je n'ai jamais touché d'explosifs comme ceux que vous avez cachés dans vos livres à la frontière libano-israélienne, pour faire plaisir à vos amis qui avaient pris en otage, à Maalot, cent écoliers israéliens, et avaient commencé à en massacrer 22.

Je n'ai jamais rêvé de carnages comme vous aviez l'intention d'en faire dans un hôtel ou un marché israélien avant d'être arrêté.

Comme Breivik, votre disciple, vous n'avez éprouvé aucun remords ni regret devant vos juges.

La Norvège, jugeant sans doute que six mois de prison au Liban, c'était trop cher payé pour une tentative terroriste avortée – contre Israël de surcroît, ne fit pas emprisonner Gule. Bien au contraire. Auréolé de son exploit, il fit une belle carrière, et devint un grand philosophe et un spécialiste averti du terrorisme. Mais son vieux rêve non réalisé : tuer un maximum de Juifs, continue de le hanter. Devenu une star du parti travailliste norvégien, il promeut, dans les camps de la jeunesse travailliste comme à Utoya, la haine djihadiste contre les Israéliens — celle qui l'a enflammé parmi ses amis palestiniens qui s'entraînent au terrorisme. Djihadiste convaincu, il lance ses doctes anathèmes contre les « islamophobes » du monde entier, qui défendent les droits de l'homme et le droit d'Israël à exister.

En vérité, ce sont les terroristes antisémites et racistes qui sont devenus nos censeurs.

Ce sont les criminels qui, armés des lois nazies, jugent et accusent les innocents et les démocrates.

Pour comprendre le pays des Quisling [1] modernes, leur collaboration avec les djihadistes, leur haine nazie d'Israël qu'ils partagent avec leurs alliés, lisez l'excellent livre de Bruce Bawer, The New Quislings: How the International Left Used the Oslo Massacre to Silence Debate About Islam *, Harper Collins, 2011. Vous en apprendrez de belles !


© Bat Ye'or
pour www.Dreuz.info

 

* En achetant le livre avec ce lien, vous bénéficiez d'une remise de 5%, et vous soutenez Dreuz qui reçoit une commission de 5%.

 

Reproduction autorisée et vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessus

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Note de Menahem Macina

 

[1] Sobriquet donné aux collaborateurs, en mémoire de Vidkun Abraham Lauritz Jonnsøn Quisling (1887-1945), militaire et homme politique norvégien. Major dans l'armée royale norvégienne de 1911 à 1921, Quisling fut ministre de la Défense, de 1931 à 1933 ; il fut le principal artisan de la collaboration de son pays avec l'occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, et dirigea, de 1942 à 1945, le gouvernement collaborateur norvégien. (D'après l'encyclopédie participative Wikipedia).