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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Les universités européennes de la honte, ou comment obtenir une maîtrise d'antisémitisme, Giulio Meotti
13/05/2012

 

Texte repris du site Europe Israël, du 12 mai 2012

 

 

Les conférences des spécialistes pro-israéliens sont annulées, et ceux qui arrivent sont évacués par les portes-arrière. Un journaliste italien tire la sonnette d'alarme : les universités occidentales se transforment de façon inquiétante en bastions de la haine.


Vues de l'extérieur, les universités d'Occident ressemblent à des oasis raffinées où abondent la sagesse et la connaissance. En fait, ces institutions des hautes études se transforment de plus en plus clairement, et de façon brutale, en temples de la haine antisémite. Les facultés célèbres qui forment le berceau de la culture européenne sacrifient la liberté et Israël, en faveur de la barbarie et du refus du progrès.

Même aux Etats Unis, on commence à baisser les bras. L'institut de recherche juif de San Francisco a publié dernièrement un rapport intitulé « Seul dans le système : comprendre l'isolement des étudiants juifs sur les campus », une des études les plus complètes du genre. D'après ce rapport, plus de 40% des étudiants confirment qu'il y a de l'antisémitisme sur leurs campus. Environ 41% d'entre eux ont dû faire face à des remarques anti-israéliennes de la part de leurs professeurs de classe.

Les chiffres montrent une situation grave, même en Europe. Les universités européennes sont fières d'avoir une population étudiante musulmane importante, par contre, on compte peu d'étudiants juifs ou pro-Israéliens. Alors, que 15 à 20% des inscrits dans les universités américaines sont juifs, les facultés européennes ne comptent peut-être qu'un dixième de ces chiffres.


Non aux Israéliens, oui au Hezbollah

Nous sommes actuellement témoins de la plus puissante vague anti-israélienne qu'on ait connue depuis le 6 avril 2002, quand 123 universitaires avaient signé une lettre ouverte publiée par le journal britannique « The Guardian » appelant à suspendre tout contact avec la culture israélienne.

L'université de Provence, en France, a annulé la prestation d'une écrivaine israélienne survivante de la shoah, mais des responsables du Hezbollah ont été autorisés à prononcer un discours à la Sorbonne. En Hollande, l'université Erasmus a organisé dernièrement des manifestations au cours desquelles Israël était comparé à l'ex-régime d'apartheid d'Afrique du sud. Mais le cas de Peter van der Horst, professeur d'histoire catholique et juive ancienne à l'université hollandaise d'Utrecht, montre toute la peur et la haine qui dominent l'université hollandaise.

Ce chercheur de premier plan avait l'intention d'affirmer, dans son discours d'adieu, que « l'islamisation de l'antisémitisme européen est un des développements les plus effrayants de ces dernières décennies ». Le président de l'université l'en a empêché et a censuré sa conférence.

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« Ce devait être ma dernière conférence », a déclaré Peter van der Horst. « Dans le Proche-Orient actuel, le niveau de diabolisation des juifs a atteint un niveau incroyable. Les juifs sont accusés de tout ce qui est mal. Cela a commencé par du cannibalisme, lors des attentats contre les Twin Towers, le tsunami, la grippe aviaire, le SIDA, etc. Le comité de direction de l'université a décidé que mon discours dans sa totalité était dangereux, et qu'il risquait d'entraîner une réaction violente de la part des "organisations étudiantes musulmanes bien organisées". J'ai décidé de présenter un discours plus court parce que je ne voulais pas m'exposer à un danger potentiel ».

« Je me suis contraint à l'autocensure », a ajouté Peter van der Horst. « Au pays d'Anne Franck, nous acceptons le fait qu'aujourd'hui les juifs ne peuvent pas se promener avec des signes religieux. Nous acceptons le fait que la sécurité des synagogues de Hollande soit assurée par la police. Comment cela va t-il finir ? ».


La haine est de plus en plus forte en Angleterre.

Des dizaines d'universitaires ont signé dernièrement une pétition condamnant l'université de Liverpool qui a invité l'adjoint de l'ambassadeur d'Israël en Angleterre à prononcer un discours. A l'université d'Edimbourg, en Ecosse, les étudiants ont voté en faveur du boycott des produits israéliens. A l'université Queens de Belfast, des militants palestiniens violents ont attaqué le diplomate israélien Solon Solomon.

Le professeur Benny Morris, de l'université Ben Gourion, a été attaqué l'année dernière par un groupe de musulmans avant une conférence au « London school of Economics ». Après avoir, malgré tout, fait sa conférence sur la Guerre d'Indépendance de l'Etat d'Israël, Morris a dû être évacué par la porte arrière de la faculté, celle qui sert à sortir les ordures, par crainte pour sa sécurité s'il sortait par la voie normale. « Je me suis senti comme un juif à Berlin dans les années 20 », a raconté Morris, encore sous le choc. « Israël est un sujet totalement tabou en Europe. A Cambridge mon cours a été annulé sous la pression de groupes islamistes. Je crains que la situation ne fasse qu'empirer ».

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En Grande-Bretagne encore, le spécialiste allemand de sciences politiques, Matthias Küntzel, a été invité par l'université de Leads pour un séminaire de trois jours. Sa conférence avait pour thème : « l'héritage d'Hitler : l'antisémitisme islamique au Proche-Orient », et était censée réunir un large public, mais lorsqu'il est arrivé à la faculté on lui a annoncé que son intervention avait été annulée pour des « raisons de sécurité ».


La paix avec Israël est un crime

Au printemps dernier, le professeur israélien Ronen Cohen, dont le péché est de travailler au centre universitaire d'Ariel, a été évincé d'une conférence universitaire à Berlin (mais réintégré après de très vives protestations). En Espagne, le ministre de la construction l'a empêché de participer à une compétition internationale sur l'énergie solaire parce que l'université d'Ariel se situe en Samarie.

Selon un sondage commandé par le ministère des Affaires étrangères espagnol, 62% des étudiants des universités ne veulent pas de juifs dans leurs classes. Ces chiffres inquiètent plus qu'ils ne surprennent : les Espagnols les plus antisémites, en Espagne, sont aussi les plus cultivés.

En Italie, les sites Internet populaires appellent à créer une « liste noire » des professeurs juifs. Un étudiant israélien de l'université de Turin, Amir Per, a raconté au journal italien Corriere della Sera que « les juifs qui sont ici cachent leur identité, de peur de devenir des cibles ». Le diplomate Shai Cohen a été empêché de prononcer un discours à l'université de Pise, suite à une attaque violente d'étudiants qui l'ont traité de « boucher ». L'ambassadeur israélien en Italie, Ehud Gol, a dû fuir de l'université de Florence suite à un événement du même genre.

Même en Scandinavie la situation est similaire. Une chaussure a été jetée en direction de l'ambassadeur d'Israël, Benny Dagan, pendant sa conférence à l'université de Stockholm. Dans ce même établissement, un professeur a publié une lettre appelant les juifs à prendre leurs distances avec Israël s'ils ne veulent pas devenir des cibles de l'antisémitisme. A l'université d'Oslo, une étudiante juive, Ania Savsonik, a dû arrêter ses études d'hébreu, suite aux attaques antisémites de la part de ses « amis » de l'université. Les universités de Norvège ont interdit de séjour Alan Dershowitz, le célèbre professeur de Harvard, à cause de ses positions pro-israéliennes.

En 1936, au début d'une nouvelle vague d'émeutes anti-juives, le dirigeant sioniste Berl Katznelson avait écrit : « nous devons nous protéger non pas seulement des émeutes physiques mais aussi des émeutes spirituelles ». Mais aujourd'hui, les émeutes spirituelles siègent dans les facultés occidentales. Il est question d'une « solution finale » universitaire que l'on peut résumer sur la base des affiches placardées sur les murs de l'université de Londres : « La paix avec Israël est un crime ».

 

© Giulio Meotti.

 

הפתרון הסופי האקדמי. ג'וליו מיאוטי צילום: giulio meotti

Giulio Meotti est un journaliste italien, auteur du livre : « La nouvelle shoah : l'histoire non racontée des victimes israéliennes du terrorisme ».

 Traduit de l'hébreu par David Goldstein pour Haabir-haisraeli