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Israël (Société - mentalités)
Jérusalem

Jérusalem, 45 ans après la Guerre des Six-Jours, par Dore Gold
13/06/2012


Texte repris du site du CAPE, 12 juin 2012


Il y a juste 45 ans, Tsahal a libéré la Vieille Ville de Jérusalem et a réunifié à nouveau sa capitale. Les combats ne sont qu'un souvenir lointain mais il est difficile aujourd'hui d'imaginer la situation à la veille de la guerre, lorsque l'armée jordanienne était déployée le long de la ligne verte et assiégeait Jérusalem sur trois flancs. Durant ces jours décisifs, un corps expéditionnaire irakien était sur le point de traverser le Jourdain pour participer aux combats, tandis que l'artillerie jordanienne bombardait sans répit les quartiers juifs de l'ouest de la ville, faisant un millier de blessés. Finalement, au moment où Tsahal décida de traverser les lignes d'armistice de 1949 pour saisir les zones menaçantes, il était clair comme de l'eau de roche qu'il s'agissait d'un acte de légitime défense.

Ces précisions sont importantes aujourd'hui encore. Pendant les longues années écoulées depuis la Guerre des Six-Jours, la communauté internationale s'est interrogée à maintes reprises concernant notre droit sur Jérusalem. En effet, les droits historiques du peuple juif ont été inclus dans le mandat britannique, mais cette précision ne faisait plus partie des débats internationaux.

Durant 19 ans et jusqu'au mois de juin 1967, on considérait l'emprise jordanienne sur Jérusalem comme une « agression armée » telle que l'avait définie le secrétaire général de l'ONU en 1948 de la part du royaume hachémite bédouin de Transjordanie, détachée du reste de la Palestine mandataire par les britanniques en 1922. Mais la conquête des parties-est de la Ville sainte le 6 juin 1967 n'était que le résultat d'une guerre de légitime défense. Cette distinction est devenue parfaitement claire à l'époque où l'Union soviétique avait échoué dans ses tentatives de définir Israël comme agresseur devant le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale de l'ONU.

Le célèbre juriste américain, Stephen Schwebel, devenu plus tard Président de la Cour de Justice Internationale de la Haye, était bien conscient de cette distinction. Il écrivait en 1970 :

« lorsque un premier pays propriétaire détient un terrain illégalement, il incombe à l'Etat qui le conquiert légalement par un acte de légitime défense, d'avoir plus de droit que son prédécesseur. »

Il concluait que le droit d'Israël sur « tout Jérusalem » est préférable à celui de la Jordanie. [Verbatim: « Israel has better title in the territory of what was Palestine, including the whole of Jerusalem, than do Jordan and Egypt » (ajout de M. Macina).]

Cette analyse est semblable à celle de nombreux autres juristes.

Certes, il est de coutume que juste après la fin des hostilités, les efforts diplomatiques se focalisent sur le rétablissement du statu quo ante – à savoir un retour pacifique à la situation précédant la guerre. Dans le cas de Jérusalem, l'application automatique de ce principe posait une grave difficulté puisque la souveraineté jordanienne sur la Cisjordanie annexée en 1951 n'a jamais été entérinée par la communauté internationale (sauf par le Royaume-Uni et le Pakistan). Ainsi, la clause de l'internationalisation de Jérusalem figurant en annexe du fameux plan de partage (résolution 181) a cessé d'être une option viable, même si elle a encore été débattue à l'ONU dans les années 1950. Dès 1949, le Premier ministre David Ben Gourion avait déclaré à la Knesset que cette annexe du plan de partage qui se réfère à Jérusalem était nulle et non avenue.

Rappelons que les lignes d'avant la guerre de 1967 n'ont jamais été reconnues comme frontière internationale, mais seulement comme lignes d'armistice, à savoir l'endroit même de l'arrêt des hostilités lors de la Guerre d'Indépendance. En conséquence de quoi, le Conseil de Sécurité avait adopté la résolution 242, rejetant la requête de l'URSS, s'était abstenu d'exiger d'Israël qu'il se retire de « tous les territoires » occupés pendant la guerre, et avait insisté sur la détermination de nouvelles frontières qui soient « sûres et reconnues ».

Soulignons que la résolution 242 n'a en aucun cas mentionné Jérusalem.

Depuis 1988, les Palestiniens sont entrés dans l'arène diplomatique à la place des Jordaniens et ont tenté d'obtenir une reconnaissance de leur statut sur Jérusalem. Ils ont tenté d'intégrer dans leur discours à l'ONU des concepts comme « territoires palestiniens occupés », y compris Jérusalem-est », dans le but d'éroder les droits de l'Etat juif sur la Ville sainte. En 1994, l'administration Clinton a mis fin à ces tentatives en faisant usage de son droit de veto au Conseil de Sécurité. Madeleine Albright avait expliqué la position américaine en précisant:

« nous votons aujourd'hui contre cette résolution précisément parce qu'elle implique que Jérusalem est un territoire palestinien occupé. »

 

Enfin, au moment où la dé-légitimation de l'Etat juif est à l'ordre du jour de ses détracteurs, la diplomatie israélienne devrait souligner, plus que jamais, les vérités historiques et les causes de la Guerre des Six-Jours. Nous devons rappeler ce qui s'est réellement passé il y a 45 ans, et nous opposer à la publication de faux récits historiques et à une vague de désinformation dans l'arène internationale.

 

© Dore Gold