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Christianisme

La rupture est cette fois bel et bien consommée entre Rome et les lefebvristes, Christian Laporte
14/10/2012

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Article repris du site de La Libre Belgique, 13 octobre 2012

 

Assez étonnamment, la nouvelle est passée tout à fait à l'arrière-plan alors qu'elle aurait dû émerger avec les commémorations du concile Vatican II : il y a quelques jours, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l'archevêque Gerhard Müller, a laissé clairement entendre que les schismatiques lefebvristes ne rentreront pas au bercail romain.

A moins d'un vrai miracle qui rapprocherait de nouveau les « frères ennemis », il n'y aura plus de discussions entre Rome et les dissidents lefebvristes de la Fraternité Saint-Pie X. Dans une interview diffusée le 6 octobre par la Norddeutscher Rundfunk, une radio régionale, l'archevêque allemand qui a succédé en juillet dernier au cardinal William Levada comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a annoncé l'échec et la fin des discussions avec les intégristes schismatiques en des termes nullement ambigus : 

« Nous ne pouvons pas abandonner la foi catholique dans ces négociations, il n'y aura pas de compromis là-dessus Je ne pense pas qu'il y aura de nouvelles discussions. »

En fait, les lefebvristes campent encore et toujours sur leurs positions initiales et refusent toujours de reconnaître l'entière validité du magistère de Vatican II.

C'est vraiment le nœud du problème : si le Vatican a mis de l'eau dans son vin pour ce qui est de la célébration de la messe à l'ancienne, il ne peut évidemment être question pour sa haute direction, en ce inclus le Pape - qui n'est en rien le nostalgique que certains voudraient faire de lui -, de toucher à ce qui est bien plus fondamental à ses yeux. Ce que confirme Mgr Müller : 

« Il ne peut y avoir d'amputation à la foi catholique, surtout s'il s'agit d'énoncés qui ont été validés par le Concile Vatican II. » 

Pour le (re)dire comme Benoît XVI : 

« On ne peut geler l'autorité magistérielle de l'Eglise à 1962. »

Or, depuis la multiplication de gestes de bonne volonté de Rome sur la messe « selon le rite ancien » et la levée de l'excommunication des évêques traditionalistes dans la foulée des contacts avec Mgr Bernard Fellay, noués très vite après l'installation de Benoît XVI, les responsables de la Fraternité Saint-Pie X n'ont cessé de répéter leurs désaccords avec tous les acquis de Vatican II : l'œcuménisme, le dialogue interreligieux, la liberté religieuse et la conception de la vérité qui peut être plurielle.

Rome a eu beaucoup de patience mais n'a pas voulu transiger sur l'essentiel

 

Christian Laporte

© La Libre Belgique