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Une manipulation de l'identité humaine, par Shmuel Trigano
14/10/2012

 

Article repris du site JSS News, 13 octobre 2012

On peut se demander quelle urgence a fait que le gouvernement ait, au cœur d'une profonde crise économique, lancé le projet d'une loi qui inscrit le mariage homosexuel dans la normalité de l'état civil. Serait-ce que le besoin de « réformer » et d'agir se rabatte sur les mœurs et la condition humaine plus faciles à bouleverser, à défaut de maîtriser la vie économique ?

Car il s'agit de rien moins que cela. C'est un grave tournant qui risque d'être pris, et qui ne peut qu'ajouter à l'égarement du monde contemporain.

L'enjeu n'a rien à voir avec « l'égalité des droits » comme il est avancé. C'est un leurre démagogique qui cache les véritables conséquences qui ont à voir avec l'identité humaine. Le PACS suffisait déjà comme disposition juridique destinée à apporter une solution pratique aux couples homosexuels. Mais avec cette loi, on passe un cran au dessus. L'inscription dans la loi, dans l'univers des symboles, de la normalité d'une famille reposant sur le couple homosexuel représente, en effet, un enjeu qui engage la façon de comprendre l'humain. C'est une manipulation anthropologique. C'est d'abord sur ce plan fondamental que la question se pose, bien avant les plans moral, philosophique ou religieux.

La doctrine des genres, qui est son fondement idéologique, n'est en rien une science, mais une utopie fumeuse de la toute-puissance qui laisse aux sujets le choix du « genre », masculin ou féminin, avec la sexualité qui va avec, dans le cadre d'une disparition des « hommes » et des « femmes » en tant que tels.

Je publie, le 22 octobre, un essai critique consacré à cette idéologie, La nouvelle idéologie dominante, le postmodernisme (Editions Hermann), qui ambitionne de créer un « homme nouveau ». La distinction homme-femme ne relève pas, comme le disent ses défenseurs, d'un naturalisme biologique réactionnaire et borné. Notre compréhension, héritée du Livre de la Genèse, fonde au contraire l'être humain sur un principe d'altérité qui fait que Haadam est un homme et une femme. La référence est ici symbolique. C'est ce principe qui est au fondement de la diversité, de la différence et de la multiplicité humaines, mais aussi du système des valeurs, c'est-à-dire de la distinction entre le bien et du mal. Il dissocie l'être humain de lui même, de son narcissisme originaire, pour frayer la place de l'autre, « à côté ».

La famille est fondée sur un couple composé des deux sexes, de sorte que l'un est père, l'autre, mère. Tout le psychisme humain, et pas seulement la société, est fondé sur cette double dimension.

Avec cette loi, tous les dérapages deviennent possibles. Il existe déjà aux Etats Unis ce que l'on appelle la multi-parentalité, des couples composés de plusieurs adultes, hommes et femmes, vivant dans la promiscuité sexuelle et élevant ensemble leurs enfants qui ont ainsi plusieurs pères et mères. Et bien d'autres dévoiements sont possibles, et tout à fait prévisibles…

Une telle éventualité ne peut pas, ne doit pas être inscrite dans la loi car ce serait la fin de la loi comme principe supérieur d'obligation, comme « principe de réalité », à savoir la conscience que le monde existe en dehors de soi et du désir. Une société qui renonce à ce principe est en avenir de décomposition. La liberté humaine en société est en jeu.

C'est une violence infinie qui serait faite si les socialistes ne soumettaient pas cette loi à un référendum, comme ils semblent en prendre le chemin. Il faut que la société française se prononce clairement et assume ses responsabilités sur l'avenir. Elle peut choisir la décomposition.

 

Shmuel Trigano à partir d'une chronique sur Radio J et d'un article dans Actu-J - JSSNews