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Sic transit gloria mundi, par Mordecai Kedar
12/11/2012


Article repris du Blog de Danilette, 20 septembre 2012

 

  source AP

Original hébreu:  כך חולפת תהילת עולם  

Sources : Mar'ah Magazine ; New1.co.il ; Israel Against Terror, 20 septembre 2012.

Traduction française : Danilette et Hanna


Le lien avec cette expression est le fait que, dans le passé, les États-Unis avaient une renommée mondiale, surtout après qu'ils se fussent portés au secours de l'Europe dans la Seconde Guerre mondiale, après leur victoire sur l'Allemagne et le Japon dans les années 1945, et leur succès dans l'établissement d'un État démocratique en Corée du Sud (1953), suite à la guerre contre les communistes, qui s'étaient alliés avec la Chine et l'URSS. Cependant, la gloire des États-Unis s'est estompée au cours de la dernière génération. Les historiens soulignent que le Vietnam est le début du processus de déclin, la guerre a duré 16 ans (1959-1975), a coûté la vie à près de 60.000 soldats américains et s'est achevée sur une défaite américaine désastreuse, avec la chute de Saigon, capitale du Sud-Vietnam, tombée sous le contrôle de l'armée nord-vietnamienne.


L'histoire des échecs américains


La guerre du Vietnam a laissé des pans entiers de la société américaine dénués de la volonté de se battre pour les valeurs de la liberté et de la démocratie, particulièrement s'agissant de conflit dans lesquels étaient impliqués des pays non américains. L'armée américaine a pris part à plusieurs guerres depuis 1975, mais au Moyen-Orient ses performances n'ont pas été toujours satisfaisantes. En conséquence, la puissance militaire des États-Unis ne fait plus grande impression sur le monde arabe et islamique. C'est ainsi que, dès septembre 1970, les terroristes du FPLP (Front Populaire pour la Libération de la Palestine) n'ont pas hésité à détourner des avions américains et britanniques vers la Jordanie et à les faire exploser aux yeux du monde entier.

En 1973, l'ambassadeur américain, son adjoint et le vice-ambassadeur de Belgique ont été enlevés à Khartoum, capitale du Soudan, par l'organisation palestinienne «Septembre noir», et ont été exécutés sur les ordres personnels, donnés téléphoniquement par Yasser Arafat. Malgré le fait que les Américains aient enregistré la discussion et connaissaient tous les détails en temps réel, ils se sont tus pour cacher l'humiliation infligée par le terroriste Arafat, avec pour conséquence que ce dernier est devenu par la suite (avec l'aide de quelques Israéliens à l'esprit brumeux qui ont été pris au piège de son charisme et de ses mensonges) le « chouchou du camp de la paix ». Il s'est moqué des Américains, les a bernés sans sourciller, et ils ont continué à le croire.

En 1979, quelques centaines de manifestants iraniens n'ont pas hésité à prendre le contrôle de l'ambassade américaine à Téhéran, même si c'était une violation de la souveraineté américaine. Ils ont retenu prisonniers quelques dizaines de diplomates américains pendant 444 jours, en violation du droit international. Pour les libérer, le président américain Jimmy Carter a tenté une opération militaire qui a échoué, et ce n'est que lorsque Ronald Reagan est arrivé au pouvoir que les Iraniens, qui le craignaient, ont libéré les diplomates américains.

L'audace iranienne envers les États-Unis ne connaît pas de limites. En octobre 2011, l'Iran a tenté d'assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington, à savoir, rien moins que la capitale des États-Unis. Les Iraniens n'hésitent pas à appeler ouvertement les États-Unis «le Grand Satan», une expression qui n'a qu'une seule et unique signification : le djihad au nom d'Allah jusqu'à la destruction des États-Unis, et la conversion de ses citoyens à l'Islam chi'ite.

En avril 1983, le Hezbollah – le bras de l'Iran au Liban – a fait sauter l'ambassade des États-Unis – une de plus –, en violation de sa souveraineté, tuant 63 personnes ; en octobre de la même année il a fait sauter le siège des Marines à Beyrouth, tuant 241 américains, des soldats et des civils. La réaction américaine a été de fuir le Liban, qui très encouragé par le Hezbollah et ses protecteurs iraniens et syriens, a désigné les États-Unis comme un pays sans fermeté. Un mois auparavant, en mars 1983, le Hezbollah a attaqué l'ambassade américaine au Koweït, et en juin 1985, le Hezbollah a organisé le détournement d'un avion de ligne américain de la TWA. En juin 1996, le Hezbollah a mené une attaque contre une base militaire américaine en Arabie Saoudite ; et toutes ces actions menées par des Chi'ites du Hezbollah d'inspiration iranienne sont restées sans réponse de la part des Américains.

La Libye de Kadhafi a contribué, elle aussi, aux attaques contre les États-Unis, avec l'attentat de la discothèque de Berlin, où, en 1986, furent tués des soldats américains qui y passaient la soirée. La réponse à cet attentat a été une frappe aérienne sur le palais de Kadhafi, mais le fait que sa fille adoptive y ait été tuée, ne l'a pas calmé : En 1988, il a assouvi sa vengeance en faisant exploser un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie, en Écosse, tuant près de 300 personnes. Il n'a subi aucune punition jusqu'en 2011, quand les États-Unis ont été entraînés dans l'offensive contre la Libye, presque malgré eux.

Du côté sunnite de l'équation islamique, voyant la faiblesse américaine envers l'Iran et le Hezbollah, les musulmans sunnites ont également décidé d'augmenter la pression sur les États-Unis. En août 1990, passant outre aux mises en garde des États-Unis, Saddam Hussein a envahi le Koweït, l'un des principaux fournisseurs de pétrole de l'Occident, en faisant valoir que le Koweït faisait partie de l'Irak. Cela a provoqué l'indignation de l'Occident et, avec les États-Unis à leur tête, les Alliés sont entrés en guerre en janvier 1991, et ont réussi à libérer le Koweit, mais pas l'Irak avec Saddam Hussein à sa tête. Cette guerre a amené les opposants aux États-Unis à tirer deux conclusions principales, la première est que l'Occident ne déclenche pas une guerre par idéalisme, mais plutôt par intérêt, c'est-à-dire, dans le cas du Koweit, pour le pétrole. La deuxième conclusion est que l'Occident redoute les changements de régime, même s'ils sont mauvais, de peur que le pouvoir qui les remplace soit pire.

Dans cette guerre, il y a eu un autre échec américain. Des Américains, peut-être des agents de la CIA, ont laissé entendre aux Chiites du sud de l'Irak que s'ils se rebellaient contre Saddam Hussein, les États-Unis les aideraient à le renverser. En mars 1991, a débuté la rébellion chiite contre Saddam (qui avait été vaincu au Koweït), mais Saddam l'a réprimée avec une grande cruauté qui a coûté la vie à des dizaines de milliers de Chiites sans que les États-Unis lèvent le petit doigt. Cette trahison américaine des Chiites d'Irak affecte, jusqu'à aujourd'hui, l'attitude des Chiites d'Irak envers les États-Unis.

En octobre 1993, un commando américain héliporté a tenté de capturer deux terroristes à Mogadiscio, la capitale somalienne. Les Somaliens ont tué 18 soldats américains et ont profané leurs corps devant les caméras sans craindre la colère américaine.

Après que ses moudjahidins aient réussi à chasser les Soviétiques d'Afghanistan et à accélérer l'effondrement de l'Union soviétique, Ben Laden, a décidé de tourner ses armes américaines contre les États-Unis, « le leader mondial de l'hérésie, de la permissivité et de la culture matérialiste ». En décembre 1992, près du port d'Aden, les djihadistes ont attaqué les hôtels où les soldats américains étaient logés. En février 1993, s'est produite la première tentative de détruire les tours jumelles de New York. En août 1998, les ambassades des États-Unis à Nairobi, capitale du Kenya, et à Dar as-Salam, capitale de la Tanzanie, ont explosé, tuant 224 personnes et faisant des milliers de blessés. En 2000, al-Qaïda a attaqué la frégate USS Cole au large des côtes du Yémen, tuant 17 soldats. Le 11 septembre 2001, Al-Qaïda a organisé une série d'attentats contre les symboles commerciaux et gouvernementaux des États-Unis, causant quelques 3000 morts.

Dans l'atmosphère qui régnait au cours des années 2000 durant lesquelles les États-Unis ont été perçus pour la première fois comme vulnérables, en dépit de leur grande force, les terroristes islamistes n'ont pas hésité à égorger des citoyens et des soldats américains devant les caméras, comme Daniel Pearl en 2002, Nick Berg, Eugene Armstrong et Jack Hensley en 2004.

Suite aux attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis sont entrés en guerre totale contre al-Qaïda et le régime taliban d'Afghanistan, qui parrainait l'organisation. Une guerre-éclair a provoqué la chute du régime et le démantèlement de centaines de bases d'Al-Qaïda en Afghanistan. La coalition menée par les États-Unis a atteint un contrôle total sur l'ensemble de l'Afghanistan en quelques mois ; mais aujourd'hui – après plus de onze années d'un combat de Sisyphe, et au prix de beaucoup de sang et d'argent – les soldats américains et leurs alliés ne contrôlent qu'environ cinq pour cent du pays. Il semble que l'Afghanistan soit sur le point de devenir un deuxième Vietnam.

Par la suite, une coalition internationale menée par les États-Unis a conquis l'Irak en 2003, mais, depuis lors, les organisations qui ont adopté l'idéologie d'al-Qaïda, ont défié la stabilité que les États-Unis avaient essayé de créer en Irak, par des centaines d'attaques qui ont tué des milliers de soldats américains et des dizaines de milliers de citoyens irakiens. L'Iran, son voisin de l'est, est entré aussi dans la mêlée irakienne, en entraînant, armant et finançant des organisations chiites qui se souviennent bien de la trahison américaine de mars 1991 et ont tué de nombreux Américains entre 2003 et 2008. Les services de renseignements américains possédaient des preuves incontestables de l'implication iranienne dans le meurtre de soldats américains, mais les États-Unis n'ont jamais demandé de comptes à l'Iran pour cela, par crainte de devoir ouvrir un nouveau front, en plus de ceux d'Afghanistan et d'Irak.

Effectivement, le plus grand échec américain est à ce jour l'Irak : Le Président des États-Unis, George W. Bush, a annoncé le 1er mai 2003, cinq semaines après que la guerre en Irak ait éclaté : « La mission est accomplie ». Le nombre de morts américains était alors d'environ 170 personnes. Cinq ans plus tard, 4 500 Américains étaient tombés alors que la guerre était effectivement plus ou moins finie et que le système politique irakien créé par les Américains était instable et fragile. Au total, les contribuables américains ont versé pour l'Irak plus d'un trillion (mille milliards) de dollars. Le Président Obama, comme il l'a promis, a fait revenir les soldats américains d'Irak en décembre 2011, et suite au départ américain, l'Irak est aujourd'hui contrôlé de fait par l'Iran. En dépit du boycott de l'interdiction internationale faite à l'Iran d'exporter des armes et à la Syrie d'en importer, l'Iran fournit le régime meurtrier de Syrie en armes, munitions et combattants, qui sont acheminés par pont aérien survolant l'Irak. Les Américains le savent et ne font rien pour l'empêcher.

Un autre échec américain, non moins important que celui d'Irak, est l'impossibilité d'arrêter le programme nucléaire militaire iranien. Il suffit de se souvenir de la crise des missiles soviétiques à Cuba (1962) pour faire la différence entre alors et aujourd'hui : Alors, la détermination affichée du Président des États-Unis, John F. Kennedy, a fait plier les soviétiques en deux semaines, tandis qu'aujourd'hui, la clémence du monde – États-Unis en tête – envers l'Iran, permet à l' État des ayatollahs de faire progresser son programme nucléaire militaire depuis plus de 15 ans.


Les Musulmans sont susceptibles d'être encore offensés


L'Iran s'est déjà entraîné à tirer des missiles depuis des sous-marins et à équiper ses missiles de têtes nucléaires ; de ce fait, elle pourra, depuis les profondeurs des océans, dicter au monde les conditions de sa reddition. Le monde condamne, dénonce, émet des avertissements et des menaces qui restent lettre morte tant qu'ils ne sont pas accompagnés de menaces tangibles. Les sanctions économiques sont inefficaces quand on traite de questions existentielles avec des dictatures qui détournent les sanctions sur les citoyens sans que les élites dirigeantes soient touchées. De plus, les États-Unis d'Obama ont peur de lancer un ultimatum au régime des ayatollahs qui continue le développement de sa bombe, laquelle aura la capacité d'atteindre New York et pas seulement Tel-Aviv.

Ainsi, de manière ininterrompue, les États-Unis sont devenus un tigre de papier pour ce qui touche le monde arabe et islamique. Les bandits islamiques tirent leur force de la faiblesse américaine ; c'est précisément la tentative, faite par Obama, de se rapprocher des islamistes, inaugurée par le discours du Caire (juin 2009), qui a fait monter les exigences islamistes. Obama a ainsi révélé ouvertement sa stupidité politique : le jour même où il était l'invité d'honneur du président Moubarak, il rencontrait au Caire les rivaux les plus durs du président égyptien, les dirigeants des Frères Musulmans, ce qui était rien moins qu'un coup de poignard dans le dos de Moubarak, son hôte. Insulté et offensé, Moubarak n'a pas assisté au discours d'Obama, prétextant le décès récent de son petit-fils.

Dans ce contexte de faiblesse américaine, il existe d'autres faits que les populations du Moyen-Orient comprennent bien : la Corée du Nord agit à sa guise avec ses programmes nucléaires et ses missiles, malgré les objections occidentales et japonaises. Dans le passé, les États-Unis ont laissé l'Inde et le Pakistan se nucléariser et ont même pardonné au chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qader Khan, qui avait établi un marché noir de fournitures et savoir-faire nucléaires en les vendant au plus offrant. Après l'effondrement de l'Union soviétique, ses scientifiques nucléaires ont cherché des moyens de subsistance dans d'autres pays, et le pacte de non-prolifération nucléaire est devenu un morceau de papier sans valeur, surtout parce que les États-Unis de Bill Clinton ont relâché leur vigilance des années 90.

L'assassinat de l'ambassadeur américain en Libye ce mois-ci n'a été rien d'autre qu'un maillon de la chaîne dans l'incapacité des Américains à comprendre le Moyen-Orient. Comble d'ironique, c'est l'ambassadeur américain assurant le lien entre son gouvernement et les rebelles anti-Kadhafi, qui a été la cible des islamistes libyens, lesquels ont traîné son cadavre dans les rues de Benghazi.

Puis est venu le film ridicule produit aux États-Unis, qu'aucune personne ayant un minimum de bon goût n'arrive à regarder plus longtemps que la première minute. Aux États-Unis, la liberté de création, la liberté de parole et la liberté d'expression sont protégées par la loi et sont considérées comme des valeurs suprêmes par la plupart des Américains. Cette liberté permet aux cinéastes de dire tout ce qu'ils veulent (jusqu'au limite de la calomnie) y compris de se livrer à la critique de personnages historiques et de convictions religieuses. En dépit de cela, les autorités américaines ont rapidement arrêté l'auteur du film uniquement à cause de la crise actuelle et des turbulences dans le monde musulman. Les États-Unis ont prouvé une nouvelle fois leur vulnérabilité au chantage et leur capitulation face à la violence, si celle-ci vient de l'islam.

Les fanatiques musulmans perçoivent la faiblesse américaine et accroissent leur pression. Les Américains ont adopté la culture du « politiquement correct », qui les pousse à « être gentils » même si celui à qui ils ont affaire n'est pas du tout gentil. Ils permettent à des organisations islamiques d'opérer librement aux États-Unis, de bâtir sans restriction des mosquées dans lesquelles elles prêchent la violence contre les « infidèles », en vertu du droit à la liberté d'expression, évidemment. Des gens affiliés à l'islam radical vont et viennent à la Maison-Blanche et servent de conseillers au président et à la secrétaire d'État. Le département d' État américain a mené, au cours de la dernière génération, une politique américaine de conciliation et de défaitisme, qui a conduit la superpuissance du passé à n'être plus qu'un tigre de papier aux yeux du monde arabe et musulman.

Depuis l'année dernière, toutes les autorités américaines d'investigation – la CIA, le FBI et autres – suivent des instructions prises en haut lieu leur interdisant de poser aux personnes sur lesquelles ils enquêtent des questions sur leur religion ; tous les programmes de formation pour les enquêteurs ont également subi la censure d'un obscur comité, dont les membres ne sont pas connus. L'islam, qui est la plate-forme idéologique de la plupart des activités terroristes qui ont été menées contre des Américains aux États-Unis, a cessé d'être une question à propos de laquelle il est possible d'enquêter ou de poser des questions ou d'établir l'existence de quelque lien ou ramification que ce soit. Ainsi par exemple, l'attentat terroriste à la base militaire de Fort Hood (novembre 2009) au cours duquel Nidal Hasan (un musulman palestinien) a assassiné 13 de ses compagnons d'armes et en a blessé 31 est devenu « une violence dans un lieu de travail » ; quant à la tentative d'un Pakistanais de faire exploser une voiture piégée à Times Square, à New York (mai 2010), elle est devenue « un accident de la circulation ». Il y a des Américains qui pensent que les attentats du 11 septembre 2001 sont, dans le meilleur des ca, des accidents d'avion inexpliqués et, dans le pire des cas, un complot de la CIA. Accuser un musulman de terrorisme ? A Dieu ne plaise ! C'est une accusation collective, ce n'est pas « politiquement correct », et les musulmans pourraient se sentir insultés et même se mettre en colère.

L'ignorance de cette administration au sujet du Moyen-Orient a été prouvée au cours des trois dernières années quand, plus d'une fois, des fonctionnaires du gouvernement ont fait des déclarations telles que :

·        « la Confrérie des Frères Musulmans est dans l'ensemble un mouvement laïque » ;

·        « il est possible de convaincre l'Iran par des moyens diplomatiques de stopper son enrichissement d'uranium » ;

·        « il n'existe pas de preuve de l'existence d'un programme nucléaire militaire en Iran » ;

·        et « l'islam est une religion de paix ».

Lorsque les dirigeants américains parlent ainsi, les Frères Musulmans pour l'islam sunnite et les Iraniens pour l'islam chiite savent qu'ils n'ont rien à craindre. Le « Grand Satan » ne montre plus ses crocs et a perdu la volonté d'utiliser ses cornes. Oussama ben Laden a disparu mais son idéologie est bien vivante dans le cœur de nombreuses personnes, trop nombreuses, dans le monde, en général, et aux États-Unis, en particulier.

Les processus d'altération en cours dans la société américaine sont évidents : le jour où l'ambassadeur des États-Unis a été assassiné en Libye, ce sont surtout les programmes d'informations qui en ont parlé, mais cours normal des choses a continué comme si de rien n'était : programmes de téléréalité, de cuisine, entretiens sur des questions triviales et, bien sûr, émissions sur le commerce et la bourse. Le fait que la souveraineté des États-Unis ait été violée dans le cambriolage de l'ambassade et le terrible assassinat de l'ambassadeur des États-Unis n'ont pas suffi pour détourner le pays de son train-train de « boire et de manger ».

Les États-Unis sont en train de perdre rapidement leur volonté de défendre leurs valeurs, et les pays du Moyen-Orient en ont pris acte : le parlement koweïtien a tenu, il y a un an, une réunion sur le thème : « Le Koweït doit-il intégrer l'Iran ou non » ? Le débat était basé sur deux hypothèses :

1) Un jour viendra où l'Iran pourrait tenter de s'emparer du Koweït, soit militairement soit par la « persuasion » ;

2) Dans la situation d'inertie idéologique qui caractérise les États-Unis, et vu la crise économique qui pèse sur celle-ci et sur l'Europe, il n'existe aucune chance pour que les armées occidentales viennent à nouveau sauver le Koweït d'une conquête comme en janvier 1991. Par conséquent, le Koweït envisage aujourd'hui de se joindre à l'Iran afin de se préserver des horreurs de la guerre et des souffrances de l'occupation et obtenir ainsi de meilleures conditions en intégrant volontairement l'Iran.

Que se passera-t-il alors avec le pétrole koweïtien ? Les États-Unis respecteront-ils le « libre choix » du Koweït ? Et quelles seront les conséquences sur les autres émirats ?

La conclusion qu'Israël doit tirer de ce qui précède est claire : sa sécurité ne doit pas dépendre de la détermination américaine, de plus en plus érodée, ni de la tendance de certains responsables politiques américains à « jeter leurs amis sous les roues du bus », comme on l'a vu avec Mubarak. Il n'est pas rare de trouver des politiciens américains sceptiques sur l'intérêt du soutien à Israël, en particulier parce que cela irrite les musulmans.

Israël doit donc être capable de dissuader ses voisins par des menaces véritables, concrètes et crédibles, puisqu'au Moyen-Orient la paix n'est donnée qu'à celui qui ne peut être vaincu, et la liberté qu'à celui qui est prêt à se battre pour elle. Le Moyen-Orient n'est pas un lieu pour les esprits fatigués, surtout ceux dont la renommée mondiale est passée et n'existe plus. Le monde arabe et musulman n'apprécie et ne respecte que celui qui se respecte lui-même, qui sait tracer une ligne rouge claire, et qui est prêt à affronter celui qui veut lui nuire, à se battre pour conserver sa liberté régionale et sa renommée mondiale.

La maladie des États-Unis n'est pas en phase terminale : à l'époque de Ronald Reagan, de Georges Bush-père et de Georges W. Bush-fils, les États-Unis présentaient une image différente au monde arabe et musulman. En effet, l'Amérique avait au moins la volonté d'affronter les fauteurs de problèmes et non pas celle de les apaiser et de se soumettre à leurs exigences. C'était un autre temps et d'autres gens. En reste-t-il ? Où sont-ils ?

 

Mordecai Kedar

 
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Note de l'auteur :

 

Dans l'expression latine « Sic transit gloria mundi », le terme « mundum », au génitif, désigne la planète sur laquelle nous vivons ; d'où la signification « gloire », « renommée mondiale ».