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Menahem Macina

'Saint' Ahmed Jaabari, chef militaire du Hamas, victime d'Israël qu'il protégeait des tirs des factions palestiniennes, M. Macina
15/11/2012

    Ahmed al-Jaabari with Gilad Shalit

Sur cette photographie de Reuters, on voit Ahmad Jabari, le "saint homme" du Hamas, censé protéger Israël des tirs des factions palestiniennes, à en croire M. A. Gresh, du 'Monde Diplomatique'.

 
Quelle n'a pas été ma surprise – pour ne rien dire de mon dégoût – d'entendre, cet après-midi, sur les ondes de France 24, M. Alain Gresh, directeur adjoint du "Monde diplomatique", interviewé par la chaîne d'information, déclarer :

 

« Les Israéliens viennent d'assassiner le seul homme qui empêchait les factions terroristes dissidentes de la zone de Gaza de tirer des roquettes sur Israël.

On connaissait les mantras sur la cruauté d'Israël, son inhumanité, sa barbarie (j'en passe et des meilleures !), nous apprenons maintenant qu'Israël est stupide au point de tuer un « saint homme » du Hamas qui protégeait sa population civile.

 

Monsieur Gresh est un universitaire. A ce titre au moins, il est censé lire ce qui s'écrit. A tout le moins est-il capable de se servir du moteur de recherche de Google. S'il l'avait fait, il n'aurait pu manquer l'article intitulé “Ahmed al-Jabari: the Hamas 'general' who kept out of the limelight”, en ligne sur le site du Guardian, ce 14 novembre 2012.

The Guardian ne s'est jamais distingué pour son admiration ni son soutien d'Israël, mais ici, au moins, il trace, de cet archi-terroriste, un portrait qui a plus de chances de correspondre à la vérité que l'affirmation délirante de M. Gresh.

Le quotidien britannique rappelle en effet que Ahmed Jaabari

·        était un haut responsable au sein de la branche armée du Hamas ;

·        qu'il a joué, en 2007, un rôle déterminant dans la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas au détriment du Fatah.

Nous apprenons aussi que le grade officiel de ce militant de 52 ans était celui de lieutenant des Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas. Mais aussi qu'à Gaza, il était connu comme « le général », ou « le chef d'état-major ». En 2003, il était devenu de fait le responsable en charge  de la branche armée du Hamas, succédant ainsi à Mohammed Deïf, gravement blessé suite à un raid israélien.

Autre information que M. Alain Gresh semble ignorer : Ahmad Jaabari était présenté comme l'un des hommes les plus secrets du Hamas, avant de sortir de l'ombre pour négocier l'échange de Guilad Shalit. C'est lui qui avait remis personnellement le soldat israélien aux médiateurs égyptiens le 18 octobre 2011 (voir la photo ci-dessus).

Plus surprenant : cet homme, si discret jusque-là, s'était laissé filmer en civil, alors qu'il remettait l'otage israélien à des officiers du renseignement égyptien.

Le Guardian nous apprend encore

·        que Jaabari était diplômé en histoire de l'Université islamique de Gaza ;

·        qu'il avait été arrêté par Israël en 1982, en tant que militant du Fatah ;

·        qu'il avait passé 13 ans en prison pour avoir planifié des opérations anti-israéliennes ;

·        puis, qu'il avait rejoint le Hamas, dont il avait rencontré les principaux dirigeants: Abdelaziz Rantissi, Ismaïl Abou Chanab, Nizar Rayyane et Salah Chéhadé.

 

Enfin, toujours selon le Guardian, la collaboration de Jaabari avec Salah Chéhadé et Mohammad Deïf lui valut d'être arrêté en 1998 par la Sécurité préventive palestinienne et détenu durant environ deux ans. On sait encore de lui qu'à l'occasion du déclenchement de la deuxième Intifada en 2000, Ahmad Jaabari  a été l'un des artisans de la professionnalisation des Brigades Ezzedine al-Qassam, et qu'il a joué un rôle important dans la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, aux dépens du Fatah, en juin 2007.

L'article se termine par un rappel des tentatives d'assassinat par les Israéliens, dont Jaabari a été l'objet. Elles l'avaient rendu si prudent qu'il n'avait même pas de téléphone portable!

Raison pour laquelle, sans doute, Monsieur Alain Gresh n'a pu convenir d'un rendez-vous avec lui pour en savoir davantage sur ses activités qui - on l'aura compris - n'avaient rien de caritatif. Cela lui aurait évité de le « canoniser » à la légère.

Le Mossad lui, avait sûrement ses coordonnées, puisqu'il a trouvé le moyen de le neutraliser.

 

© Menahem Macina