Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Hamas

Seule une dissuasion disproportionnée peut contrebalancer le terrorisme du Hamas, Isi Leibler
19/11/2012

 

Version anglaise, Only disproportionate deterrence will offset Hamas terror”, 19 novembre 2012


Traduction française par Menahem Macina

 

 

L'Etat juif a été créé pour surmonter l'impuissance des juifs et leur donner un asile, et non pour qu'ils s'aplatissent peureusement dans des abris. Précédemment, le gouvernement a essuyé une critique considérable pour n'avoir pas répondu de manière adéquate au coût incessant [matériel et humain] infligé à des millions de citoyens israéliens obligés de supporter les milliers de missiles tirés sur contre eux par le caprice d'un détestable Etat terroriste voisin. Nous sommes fatigués d'entendre des dirigeants israéliens successifs proférer, à plusieurs reprises, des menaces vides, et ressasser le mantra : « C'est intolérable et inacceptable et cela doit cesser ».

Le Hamas n'est plus une faction terroriste. C'est en tous points un Etat indépendant, dont la majorité des citoyens soutiennent avec enthousiasme les initiatives terroristes et les tirs de missiles perpétrés par ses dirigeants malfaisants déterminés à nous anéantir.

La situation s'est détériorée avec l'arrivée au pouvoir en Egypte de la Confrérie des Frères musulmans, qui a créé le Hamas. Depuis lors, les autorités égyptiennes se sont restées sans réaction, tandis que le Hamas accumulait d'énormes quantités de missiles sophistiqués et d'autres armes létales incluant des lance-missiles individuels [type bazooka], et des missiles antiaériens portables, en provenance d'Iran, de Libye, du Soudan et d'autres Etats.

Ceci explique pourquoi, tout en étant conscientes que l'opération Amud Annan – « pilier de défense » peut dégénérer en une guerre de grande envergure, toutes les couches de la société israélienne soutiennent ardemment l'opération de Tsahal. Et il est également réconfortant que les juifs du monde entier expriment activement leur solidarité avec Israël.

Le Hamas s'était enhardi à tester notre détermination, croyant qu'Israël craindrait d'affronter le nouveau régime égyptien, et également encouragé par l'appui actif du gouvernement turc et la visite récente à Gaza de l'émir du Qatar, qui a versé 400 millions de dollars dans ses caisses.

Certes, Israël était sensible aux problèmes, tel celui de l'effet d'un conflit militaire qui détournerait l'attention [du programme nucléaire] de l'Iran – surtout qu'il procède actuellement à son enrichissement en uranium. Autre problème : la préoccupation concernant la guerre civile en Syrie et l'accroissement spectaculaire de l'extrémisme islamique dans toute la région. Et, pour couronner le tout, les inhibitions en raison des élections présidentielles aux Etats-Unis.

Néanmoins, le Hamas a fait un mauvais calcul. En intensifiant le bombardement du sud d'Israël, il a obligé l'Etat hébreu à répondre durement ou à renoncer à tout moyen de dissuasion.

Les résultats initiaux ont été bons. Tsahal a clairement tiré les leçons des guerres précédentes ; le renseignement a été impeccable ; l'action a été systématique et rationnelle, avec, jusqu'ici, des pertes civiles minimes.

Il faut souligner que les assassinats ciblés des chefs terroristes ne sont ni des actes de vengeance ni des démonstrations spectaculaires de puissance. Ce sont des actions militaires logiques qui peuvent être rationnellement justifiées sur le plan moral. L'assassinat de Al Jaabari, considéré comme l'équivalent palestinien de Ben Laden, est un exemple de premier ordre. À la différence des attaques de drones américains contre Al Qaeda et les Talibans, Tsahal a réussi à éviter les dommages collatéraux.

La réponse générale de la plupart des pays occidentaux – qui ont suivi l'exemple du Président Obama condamnant les attaques de missiles et approuvant le droit d'Israël à l'autodéfense – a été jusqu'ici satisfaisante, en dépit des appels habituels à la retenue et de la demande  qu'Israël agisse de manière « proportionnée ».

Mais nous ne sommes que dans les premiers jours de l'offensive. Pour l'instant, il est peu probable que nous soyons confrontés à des problèmes au Conseil de sécurité de l'ONU. Toutefois, l'Assemblée générale et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, contrôlés par des coalitions islamiques et d'autres groupes anti-israéliens, ont régulièrement considéré Israël comme étant l'agresseur et jamais la victime. Pas une fois l'une ou l'autre de ces organisations n'a condamné les attaques de missiles du Hamas, et il ne fait guère de doute qu'elles, ainsi que des ONG telle Amnesty International, feront porter sur Israël la responsabilité exclusive d'avoir ranimé le feu d'un conflit armé.

En outre, bien que Tsahal prenne des précautions extraordinaires pour réduire au minimum les pertes civiles, il y aura inévitablement des accidents, comme dans tout conflit militaire, particulièrement à Gaza, où le Hamas recourt sans merci aux boucliers humains en plaçant des armes dans des zones d'habitation civile, et en tirant des missiles à partir de ces quartiers. En outre, nos ennemis ont déjà diffusé des photos contrefaites de pertes civiles palestiniennes, mettant en relief des enfants en bas âge prétendument tués par Israël. Comme par le passé, ces images horribles seront exploitées pour faire pression sur Israël et l'obliger à reconnaître ses torts.

Et quoique le bouclier anti-missiles Dôme de fer ait prouvé sa grande efficacité dans la protection des plus grandes villes israéliennes, il y a déjà eu des pertes tragiques et il est malheureusement probable qu'elles seront plus graves encore si les hostilités continuent à s'intensifier et à avoir un impact sur le front intérieur.

Il est clair que Tsahal préférerait limiter le conflit à des frappes aériennes locales précises. Toutefois, si le Hamas continue a faire pleuvoir des missiles sur les civils israéliens, Israël sera contraint à une offensive terrestre dans laquelle de plus grandes pertes sont inévitables.

Le principal défi pour le gouvernement est de concevoir une stratégie finale pour créer une dissuasion à long terme ainsi qu'une stratégie applicable immédiatement au cas où le Hamas s'enhardisse à nouveau au point de recommencer à tirer des missiles.

Israël n'a nulle envie de revenir à l'époque de la guerre d'usure, où l'on rend coup pour coup, et dans laquelle on répond aux tirs de missiles en bombardant des sites de lancement de missiles et des bâtiments vides.

Bien que certains de nos alliés nous invitent déjà à ne pas répondre « de manière disproportionnée », une telle conception n'a absolument aucune pertinence eu égard à la menace à laquelle Israël est confronté. Tout en cherchant toujours à réduire au minimum les pertes civiles, nous devons créer une véritable dissuasion afin d'éviter de futurs conflits d'une envergure toujours plus grande. En fait, une réponse disproportionnée à l'agression est entièrement conforme au droit international selon lequel l'obligation majeure de l'Etat est de protéger ses civils. Ceux qui cherchent à nous dénier ce droit fondamental sont d'une hypocrisie malveillante.

Une autre anomalie bizarre est le fait qu'Israël continue à fournir des services au territoire de Gaza sous contrôle du Hamas. C'est une chose que d'être réceptif aux besoins humanitaires des civils non-combattants, mais continuer à fournir de l'électricité et à assurer d'autres services publics à un Etat voisin qui nous inonde de missiles est complètement pervers. Si le courant était coupé automatiquement chaque fois qu'un missile est tiré, les habitants des zones qui subiraient ces inconvénients pourraient même amener leurs dirigeants à hésiter avant de tirer des missiles.

Une campagne gouvernementale intensive doit être mise en œuvre pour contrer l'impact qu'ont eu des années successives durant lesquelles le monde a été habitué à considérer comme normal qu'Israël vive sous attaques de missiles. Nous devons insister sur le fait que de telles attaques contre des civils sont sans équivoque des crimes de guerre. Les Etats-Unis répondraient-ils de manière « proportionnée » si 50 millions d'Américains étaient soumis à des attaques de missiles à partir du Mexique ou du Canada pendant une décennie ? Ou si la France faisait face à un bombardement identique en provenance de la Belgique ou du Luxembourg ? Aucun autre Etat au monde ne tolérerait cela et nous devons démontrer qu'une politique de « retenue », loin d'exprimer la force, apparaît comme une faiblesse et enhardit nos mauvais voisins à intensifier leurs attaques.

Nous devons reconnaître que, dans des futurs conflits, les terroristes continueront d'accumuler des armes plus efficaces et plus mortelles pour les utiliser contre nous. Nous devons donc faire tout notre possible pour résister aux appels à un cessez-le-feu, tant que le Hamas, ainsi que les Egyptiens, ne s'engageront pas à cesser leur agression. Il faut faire comprendre clairement que toute infraction aura pour conséquence des réponses israéliennes dures et « disproportionnées », incluant l'assassinat ciblé de ceux qui sont responsables de l'initiative des attaques. Sans un tel d'accord, un cessez-le-feu imposé sera perçu comme une victoire importante pour le Hamas, et nos citoyens reviendront simplement à l'existence de terreur qu'ils ont endurée depuis que les premiers Kassams ont été tirés, il y a une décennie.

 

© Isi Leibler

ileibler@leibler.com