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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

La propagande arabe a perdu une bataille, mais pas la guerre, par Shraga Blum
26/11/2012

 

[Cette excellente analyse, que nous adresse l'auteur, est fondée sur une analogie historique tout à fait pertinente avec un angélisme politique qui ressemble à s'y méprendre à la politique d'apaisement des puissances alliées, durant les années 30, face un dictateur nazi brutal et sans scrupule. (Menahem Macina).]


Dans l'un de ses livres, Léon Blum, qui vivait dans l'une des périodes les plus noires de l'Histoire, se disait convaincu qu'au fond de chaque individu existait un « tribunal intérieur » qui lui indiquait, en fin de compte, de quel côté étaient la vérité et la justice. Evidemment, comment penser autrement lorsqu'on est juif et socialiste, deux facettes d'un idéalisme et d'un optimisme à tout crin, qui vont jusqu'à vous rendre aveugle et sourd face aux dangers qui viennent.

Les journaux israéliens rendent compte, avec un certain triomphalisme, des réussites de la « hasbara israélienne » lors de l'Opération « Colonne de Nuée ». C'est vrai. Longtemps décrié pour son amateurisme et son inefficacité, le combat contre la propagande arabe a enregistré un certain succès durant la campagne antiterroriste lancée par Tsahal. Outre les organismes gouvernementaux, qui ont fait de nets progrès, de nombreux acteurs privés, dont beaucoup d'étudiants, simples citoyens et juifs de diaspora se sont portés volontaires pour mener la lutte sur les réseaux sociaux, vecteurs principaux de la formation de l'opinion publique mondiale à l'heure actuelle.

Selon des spécialistes israéliens en Communication, en plus de la qualité du travail d'information effectué en Israël et en diaspora, deux facteurs auraient notamment aidé la cause israélienne : d'une part, le franchissement de toutes les lignes rouges par le Hamas – qui a utilisé, par exemple, des photos d'enfants tués ou blessés en Syrie, ou annoncé des succès militaires des plus fantaisistes –, et d'autre part, la diffusion, à son corps défendant, des images de l'exécution barbare de six collaborateurs présumés, livrés à une foule avide de sang avant d'être mutilés et profanés. Ces deux éléments auraient discrédité le Hamas à la fois dans la rue arabe palestinienne mais aussi à l'étranger.

Ce qui a fait dire à certains « qu'il ne fallait désormais plus guère prêter attention aux mensonges de la propagande du Hamas », et les porte à croire à l'affirmation de Léon Blum, selon laquelle « lorsque la poussière se sera posée sur le sol, le monde se rendra enfin compte par lui-même de quel côté est la vérité ».

Or, rien n'est moins sûr. J'en veux pour preuve qu'en dépit de tous les éléments en faveur de la cause d'Israël, le long conflit qui oppose l'Etat juif au monde arabe s'est écrit au rythme de la propagande et des mensonges les plus grossiers, et non en fonction d'une quelconque vérité basée sur les faits et l'Histoire. Et pour ce qui est des acteurs extérieurs, l'attitude et les positions de la communauté internationale concernant Israël sont bien moins inspirées par l'angélisme de Léon Blum que par la perversité et le cynisme méthodique de Josef Goebbels, dont l'une des pensées favorites était : « Plus un mensonge est gros, plus il passe ». La collusion entre les propagandes nazie et arabe fait l'objet de recherches de plus en plus poussées, malgré les énormes pressions, les menaces et autocensures. Ces études montrent à quel point le monde arabe et son bastion palestinien avancé sont parvenus à créer un narratif qui fait d'Israël un Etat pestiféré, tout comme les nazis l'avaient fait du juif dans la société allemande d'avant-guerre. Et alors que tous les éléments factuels, moraux et historiques, et donc cette fameuse « vérité transcendante » qu'évoquait le chef du front Populaire sont du côté de la cause sioniste, force est de constater que les réflexes politiques des pays dominants de la planète s'alignent aveuglément sur le narratif issu de la propagande déversée depuis des décennies par le monde arabe. Certes, il y a dans l'attitude de la communauté internationale une bonne dose d'hypocrisie et des intérêts économiques et énergétiques prodigieux. Mais il n'empêche que le révisionnisme historique entrepris par la propagande arabo-palestinienne a réussi, en raison de sa sophistication, mais aussi parce que, durant des années, la partie israélienne a « fait du Léon Blum » en se disant que « les gens finiront par faire la part des choses et verront par eux-mêmes où est la vérité ». Au final, cette méthode a complètement échoué et a abouti au fait que clamer aujourd'hui, dans une discussion, qu'aucun peuple palestinien n'a jamais existé dans l'Histoire fait, au minimum, hausser les sourcils, quand cela ne provoque pas des interrogations sur la santé mentale de l'individu.

Tout comme l'a fait l'Eglise catholique durant des siècles avec le Juif-individu ou le juif-religion, la propagande arabe, toutes origines confondues, a fixé des images du Juif-Etat qu'aucune force rationnelle ne peut désormais contrer, et il est indéniable que ce phénomène est bien intégré non seulement dans l'inconscient collectif de ceux qui dirigent le monde aujourd'hui mais dans l'opinion publique générale. Cela se voit dans l'attitude de l'Union Européenne – avec la France en chef d'escadrille –, dans celle du monde musulman – qui ne se remet pas de l'affranchissement du dhimmi n°1 –, dans celle des Etats-Unis – dont l'amitié et l'aide ont pour contrepartie une suzeraineté pesante –, et au travers du retour inquiétant de l'antisémitisme dans le monde entier.

Ces schémas mentaux ont malheureusement pénétré chez nous, essentiellement dans la pensée de la gauche israélienne et même au-delà. Lorsque, après les Accords d'Oslo, Shimon Pérès, ministre des Affaires étrangères, demandait aux fonctionnaires de son ministère de « mettre sous le tapis » tout ce qui pourrait entraver le « processus de paix », il visait notamment l'incitation à la haine diffusée dans les médias et les écoles de l'AP, alors qu'Arafat s'était engagé à faire cesser ces méthodes. Il fallait que tout se déroule selon un narratif qui n'avait plus rien à voir avec le sionisme et le droit du peuple juif sur sa terre, mais qui s'accordait aux dogmes de la nouvelle religion née sur les pelouses de la Maison Blanche. Lorsque le duo Olmert-Livni martelait qu'il fallait « aider le modéré Abou Mazen », il reconnaissait implicitement que cet homme n'était pas dangereux et que sa cause était recevable. Même le discours « historique » de Binyamin Netanyahou, à Bar-Ilan, sur « les deux Etats pour les deux peuples » entre dans ce mouvement d'intégration progressive du narratif palestinien.

Ce ne sont que quelques exemples, parmi des centaines d'autres, de l'abdication progressive du discours sioniste, sur les plan intérieur et international, face aux coups de boutoir d'une propagande arabe effrénée. Avec toutes les conséquences qui en découlent, comme celle du vote à l'ONU, qui aura lieu le 29 novembre, et marquera une nouvelle victoire du mensonge sur tous les « tribunaux intérieurs ».

 

© Shraga Blum

26 novembre 2012