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France et Pays arabes

Après la trêve, voici la connivence française à l'ONU, par Freddy Eytan
27/11/2012

 

Article repris du site du Cape (Centre des Affaires Publiques et de l'Etat), 26 novembre 2012 

 

Sauf surprise ou coup de théâtre de dernière minute, la France de François Hollande votera en faveur de l'adhésion de la « Palestine » comme membre non-étatique de l'Assemblée générale de l'ONU.

Une fois encore, la France prouve son attachement aveugle à la cause palestinienne, et, comme d'habitude, Paris se détache des Etats-Unis et des capitales européennes et fait cavalier seul. Le dernier vote à l'UNESCO ne fut qu'un prélude dans cette logique cartésienne.

Les Palestiniens ont choisi la date symbolique après avoir « réfléchi » durant plus de …six décennies, et après avoir compris qu'aucun pays arabe n'est capable de détruire l'Etat juif.

Sauf surprise ou coup de théâtre de dernière minute, la France de François Hollande votera en faveur de l'adhésion de la « Palestine » comme membre non-étatique à l'Assemblée générale de l'ONU.

Une fois encore, la France prouve son attachement aveugle à la cause palestinienne, et, comme d'habitude, Paris se détache des Etats-Unis et des capitales européennes et fait cavalier seul. Le dernier vote à l'UNESCO ne fut qu'un prélude dans cette logique cartésienne.

Les Palestiniens ont choisi la date symbolique après avoir « réfléchi » durant plus de… six décennies, et après avoir compris qu'aucun pays arabe n'est capable de détruire l'Etat juif.

En effet, c'est le 29 novembre 1947, deux ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale et de la Shoah, que l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution 181 sur le partage du territoire mandataire de la Palestine. 33 pays ont voté pour, dont la France, les Etats-Unis et l'URSS, et 13 contre, dont les pays arabes et musulmans, et la Grèce. 10 pays se sont abstenus, dont le Royaume Uni et la Chine.

Cependant, la France, depuis Giscard D'Estaing jusqu'à ce jour, favorise les Palestiniens au détriment d'Israël. Le 13 novembre 1974, le chef de l'OLP, Yasser Arafat, est invité à  l'ONU. Rappelons la scène absurde: Arborant des lunettes noires, une barbe de quinze jours, coiffé de son keffieh quadrillé noir et blanc, en veste beige et pantalon marron, un Colt Beretta 9 mm pendu à sa grosse ceinture de cuir, il monte à la tribune, triomphant, devant une salle en délire… Aujourd'hui, la dépouille d'Arafat est exhumée à Ramallah en présence de juges français… Une scène absurde et macabre, digne de la série noire…

Le 10 novembre 1975, c'est la même Assemblée générale des Nations-Unies  qui adopte la résolution 3379 assimilant le sionisme au racisme. Le délégué d'Israël, Haïm Herzog, monte à la tribune et devant les caméras du monde entier déchire en morceaux cette infâme résolution. Elle ne fut abrogée qu'en 1981.
Le 14 novembre 1988, Yasser Arafat proclame à Alger la création d'un Etat palestinien et déclare: « la résolution 181 assure le droit du peuple palestinien à la souveraineté et à l'indépendance ».

Cet Etat demeure toujours virtuel, en dépit du fait que Mahmoud Abbas s'est attribué le titre de « Président de l'Etat palestinien ». On se demande lequel ? Celui qui siège à Ramallah ou celui qui régit Gaza ?…

L'ONU n'a jamais réussi à imposer un accord durable au Proche-Orient, mais témoigne toujours, et en grande pompe, de sa solidarité avec le peuple palestinien. La dernière visite du  Secrétaire général des Nations-Unies dans la région fut éloquente par son désarroi. C'est la logique du fameux “machin” [expression du Général de Gaulle], puisque, au mois de septembre dernier, l'ONU a accordé sa tribune au président de l'Iran… l'homme au rire crapuleux , qui nie la Shoah et appelle à la destruction de l'Etat d'Israël.
Quant à la France, elle déplore à chaque fois qu'il n'ait toujours pas un réel Etat, propre aux Palestiniens. Mais à qui la faute ? Qui est responsable que les Palestiniens ratent à chaque fois les rendez-vous de l'Histoire et s'entre-tuent pour régner ? A qui la faute si Mahmoud Abbas est persona non grata dans « une partie de son propre Etat »…

Israël a accepté le plan de partage en 1947 et accepte aujourd'hui la formule de deux Etats, en dépit des grands risques et d'une trêve fragile dans la bande de Gaza.

La supercherie à l'ONU se poursuit dans l'euphorie belliqueuse et, hélas, avec la connivence et l'encouragement de pays occidentaux, dont la France. L'opinion publique internationale est manipulée par la propagande arabe, soutenue par des révisionnistes et de « nouveaux historiens » négationnistes du sionisme. Certains faits historiques sont cachés ou falsifiés, et des organes de presse suivent pour induire en erreur. L'image de l'Etat juif est bafouée quotidiennement au sein de la principale organisation internationale, et le monde libre laisse faire. Les membres de l'ancienne Société des Nations et en particulier les Etats-Unis, qui  accueillent les délégués, et accordent  un budget annuel important pour le bon fonctionnement de cet organisme international doivent réviser et conditionner  leur adhésion. Le vote massif contre Israël,  devenu automatique, ne doit plus être accepté à n'importe quel prix!

Enfin, si les Palestiniens prennent des décisions unilatérales, contrairement aux accords signés, eh bien, l'Etat juif a, lui aussi, le droit de répliquer par des mesures adéquates et sévères.

La cessation provisoire des combats est impérative pour se réorganiser, tirer des conclusions et réfléchir aux étapes suivantes. Une trêve est toujours fragile, mais elle est préférable à des hostilités. Le Hamas crie victoire mais, en fait, il  lance des appels au secours. Cette organisation terroriste se trouve au pied du mur et en détresse. Le bouclage de la bande de Gaza, les raids et les incursions intensives de Tsahal ont ébranlé le mode de vie du Hamas et ont rendu la situation intenable. Les pressions de Tsahal et les sanctions de la communauté internationale ont prouvé leur efficacité même s'ils n'ont pas mis un terme définitif aux tirs de Qassams.

La trêve n'est certes  pas idéale mais elle est impérative pour les villageois israéliens qui vivent depuis plus de 7 ans sous la menace quotidienne des roquettes. Nous ne devons pas non plus nous bercer d'illusions quant aux intentions du Hamas. Nous connaissons parfaitement sa tactique. Il va sans doute se réorganiser pour reprendre son souffle et il n'est toujours pas prêt à reconnaître l'existence de l'Etat juif. Nous regrettons vivement que le gouvernement n'ait pas conditionné la trêve à la libération immédiate de Gilad Shalit.

Cette accalmie est temporaire et fragile mais elle pourrait jeter des bases solides pour consolider les relations de bon voisinage et de coexistence avec nos voisins palestiniens surtout sur le plan humanitaire et renforcer nos relations avec l'Egypte et l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.

Dans le contexte régional, cette trêve est aussi logique et sage. En dépit des menaces de l'Iran et du fléau du terrorisme, le Proche-Orient commence à bouger dans le bon sens. Au Liban, un accord est intervenu et la stabilité règne avec l'élection d'un nouveau président de la république. La Syrie sort de son isolement en négociant avec Israël par l'intermédiaire de la Turquie. Le mois prochain se tiendra à Paris une conférence sur l'avenir du bassin méditerranéen avec la participation de nombreux dirigeants de la région dont Bashar el Assad et Ehoud Olmert. Les six mois prochains seront cruciaux pour l'avenir du monde avec les élections présidentielles aux Etats-Unis et la présidence européenne de la France. Israel a tout intérêt à montrer son habileté diplomatique et ses bonnes intentions plutôt  que de  prouver ses capacités militaires et adopter dans l'arène internationale une posture belliqueuse. [*]

Sur tous ces plans, la trêve  pourrait être bénéfique à Israel à condition bien sûr, de l'appliquer à la lettre. Une violation de la part du Hamas ou des autres organisations terroristes amènerait Tsahal à réagir fortement et dans ce cas aucune chancellerie ne pourra reprocher à Jérusalem l'illégitimité des raids. Les Palestiniens doivent comprendre que la trêve n'est qu'une épreuve sur le terrain et non un accord en position de faiblesse. Une opération de grande envergure sera écartée définitivement si le Hamas respecte l'accalmie. Cette tentative de compromis est imprévisible et bien fragile mais elle demeure la meilleure des solutions possibles pour éviter le pire.

 

© Freddy Eytan

 

Note de M. Macina

 

[*] Tout le passage que j'ai mis en italiques est, à l'évidence, une interpolation provenant d'un article écrit à la fin de l'opération « Plomb fondu », il y a 3 ans.