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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Boulets et balles à blanc; [ennemis juifs de l'Etat d'Israël et indécision de ses dirigeants], Sh. Blum
03/12/2012

 

[Texte communiqué, le 04 décembre 2012, par l'auteur.]


La situation internationale d'Israël et sa marge de manœuvre politique ont subi de sérieux revers ces dernières années. Preuve en est l'agitation internationale disproportionnée dès qu'il est question d'une attaque israélienne contre l'Iran, d'une offensive terrestre dans la Bande de Gaza, ou, aujourd'hui, de l'annonce de la construction future et hypothétique de quelques milliers de logements.

Un regard sur les coutumes de la diplomatie mondiale permet de se rendre compte très rapidement qu'Israël est le seul pays au monde – démocratique de surcroît - à être à ce point épié, jaugé et surtout muselé dans l'application de sa politique étrangère, sécuritaire et même concernant la simple planification de constructions de logements, phénomène absolument unique au monde. Les censeurs de l'Etat d'Israël qui habitent à des milliers de kilomètres connaissent mieux les noms de Gilo, Har Homa, Pisgat Zeev et Maale Adoumim que ceux des faubourgs de Damas et d'autres villes syriennes où, à défaut de construire, Assad fait massacrer quotidiennement des dizaines de civils.

Mis à part les ressorts antisémites conscients ou inconscients, il faut aussi chercher les origines de ce phénomène dans l'attitude d'acteurs politiques israéliens qui, par leur comportement, attirent de telles réactions de la part de la communauté internationale. Je les classe en deux catégories : les « boulets » et les « balles à blanc ».

Les premiers sont cette cohorte de personnalités israéliennes, du monde politique et sécuritaire, qui passent leur temps à critiquer et salir l'Etat d'Israël - de préférence dans des forums et médias étrangers -, affaiblissant ainsi considérablement la marge de manœuvre du gouvernement légitime face aux pressions étrangères. Alors que la propagande palestinienne ne tolère aucune voix discordante, Israël parle à deux voix dès lors qu'il est dirigé par un gouvernement de droite. La démocratie israélienne est handicapée par son aspect jusqu'au-boutiste. Elle porte comme un boulet à ses pieds ces individus arrogants, mus par de vils intérêts, qui délégitiment les dirigeants élus et n'hésitent pas à affaiblir leur pays à l'étranger, appelant les pressions extérieures et apportant de l'eau au moulin de ceux qui ne rêvent que de détruire l'Etat juif. On peut inclure dans cette catégorie la majeure partie des grands médias israéliens, qui sont systématiquement critiques du gouvernement pour autant qu'il soit national. Pour qui suit avec assiduité les médias israéliens, on est saturé des commentaires de journalistes qui annoncent, à chaque décision gouvernementale ou parlementaire qui leur déplaît, « qu'elle va indubitablement entraîner des réactions négatives à l'étranger », les appelant en fait de leurs vœux.

Mais il ne faudrait pas pour autant exonérer nos dirigeants de toute responsabilité dans ce phénomène. Et là, il s'agit du syndrome de la « balle à blanc » : la direction actuelle de l'Etat, tout en ayant été élue par une majorité patriote, a souvent la formule plus facile que le geste. Les nombreux effets d'annonce ou menaces n'ont souvent été que des pétards mouillés. Israël a menacé d'attaquer les installations nucléaires iraniennes, de réagir durement dès la première roquette tirée depuis Gaza, d'entrer dans ce territoire par voie terrestre, de démanteler l'Autorité Palestinienne, de suspendre le transfert de millions de shekels au profit des terroristes et de renforcer  la construction à Jérusalem et en Judée-Samarie. Combien de ces menaces ont été mises à exécution ? Aucune.

Même pour ce qui est des constructions subséquentes au dernier vote de l'ONU, il ne s'agit, de l'avis général, que d'une annonce qui ne sera pas forcément suivie de faits. Cela a encore été confirmé dimanche matin par le ministre de la Construction, Ariel Attias, qui a avoué que la décision du Forum des Neuf n'était que de pure forme et qu'il y avait, de toutes façons, un long processus administratif avant que la planification ne se traduise sur le terrain. Ceci est particulièrement vrai pour la zone E-1 entre Jérusalem et Maaleh Adoumim, où Américains et Européens pèseront, au final, de tout leur poids pour empêcher les travaux d'avancer, et cela se voit déjà. Autre élément allant dans ce sens : dimanche, lors de la réunion hebdomadaire du conseil du gouvernement, les ministres ont eu droit à un exposé complet, par le Premier ministre, sur l'incitation à la haine émanant des médias contrôlés par l'AP d'Abou Mazen : éléments empruntés à l'antisémitisme nazi, falsification de l'Histoire, glorification des « shahidim », revendication de toute la Palestine de la Méditerranée au Jourdain etc. Ce qui a fait dire au Premier ministre : « Ceci montre qu'il ne s'agit pas du tout d'un conflit territorial mais d'une négation pure et simple du droit d'Israël à exister, quelles que soient ses frontières ». C'est vrai et on le sait depuis toujours, mais alors pourquoi diable ne pas se servir de cet arsenal sur le plan international au lieu d'invoquer sans cesse des impératifs sécuritaires ?

A force d'annoncer, d'avertir, de menacer, et de ne pas appliquer, en invoquant à chaque fois diverses excuses concernant le timing ou des circonstances de toutes sortes, le gouvernement perd toute crédibilité face aux terroristes mais aussi aux yeux de la communauté internationale qui sait qu'Israël est sensible aux pressions exercées sur son gouvernement.

Nous attendons toujours la réponse sioniste cinglante à la décision scélérate de l'ONU, quitte à déplaire à Paris et à Londres qui n'ont pas hésité à trahir une nouvelle fois l'Etat juif, il y a quelques jours.

 

© Shraga Blum