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Une histoire de clé, Adam haRishon
04/12/2012

 

[Sous le pseudonyme de Adam haRishon (le premier homme), le responsable du site du même nom nous gratifie d'une nouvelle chronique de qualité, riche en réflexion et de tonalité juste. (Menahem Macina).]


4 décembre 2012


“…they are the grandparents who pass the Return keys to their grandchildren in the dire refugee camps before slipping into the darkness of death”.

« Il y a les grands parents qui transmettent La Clé à leurs petits enfants dans les camps de réfugiés avant de glisser vers l'obscurité de la mort. »

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Cette phrase, à la grandiloquence moyen-orientale, m'a été dite par un Palestinien, sur un forum qui évoquait la transmission symbolique de cette clé d'une maison abandonnée lors de la Guerre d'Indépendance [d'Israël] en 1948.

Combien d'histoires ont été forgées en 70 ans pour donner à l'exil palestinien cette tournure romantique ? Ces drames personnels ont évidemment eu lieu. Mais ne faut-il pas s'interroger sur la pertinence et les conséquences de cette transmission ? Qu'apporte-t-elle à la résolution du conflit israélo-arabe ? La construction d'un récit palestinien destiné à justifier des revendications basées sur une souffrance authentifiée par des symboles n'est ni innocente, ni anodine. Concernant une population que rien ne distinguait de ses voisins arabes, jordaniens, syriens, libanais, égyptiens, il fallait, face à un adversaire juif à la forte originalité et à l'Histoire unique, créer de façon urgente une mythologie palestinienne qui n'aurait pas été partagée avec ses voisins.

Impossible de puiser dans un folklore culinaire, musical, ni dans des légendes ancestrales ou dans des noms de lieux (souvent issus de l'hébreu ou du latin), rien de suffisamment original dans la population de la Palestine mandataire pour faire lien entre les réfugiés. Tant sur le plan des ethnies que sur ceux du langage et des coutumes, les distinctions entre les Palestiniens arabes et leurs voisins sont insignifiantes, à peine, au plus, celles entre deux provinces. Géographiquement, un cours d'eau sépare Jordanie et Cisjordanie, on passe de la Galilée au Liban sans changement de décor, Gaza est en parfaite continuité avec l'Egypte. Historiquement, la population arabe locale n'a jamais constitué un Etat indépendant, ni jamais revendiqué la moindre spécificité politique qui se serait arrêtée aux frontières dont se réclament les Palestiniens. Tout cela ne contribue guère à fabriquer un peuple !

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En face, le peuple juif est riche d'une histoire millénaire sur cette terre, de symboles associés au Temple, aux personnages, aux noms de lieux, aux batailles, à la géographie. Pas besoin d'invoquer des poètes contemporains pour chanter l'amour de cette Terre [la Bible suffit]: « Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite se dessèche… ». Pas besoin de support matériel pour se souvenir d'une « Terre où coule le lait et le miel ». Nous portons cela dans nos cœurs depuis plus de 2 000 ans.

Comme si inventer une légende palestinienne ne leur suffisait pas, les Arabes ont cru bon de nier l'Histoire juive. A coups de bulldozers, de déclarations fracassantes, de thèses négationnistes, de révisions historiques, les liens multi-millénaires des juifs avec cette terre ont été niés, dénigrés, bafoués, détournés, ignorés, détruits. Les monuments juifs ont été rasés, rebaptisés, interdits, dans l'espoir nihiliste que ces gesticulations futiles changent quelque chose à la vérité historique.

Comme si cela ne suffisait toujours pas, des arguments racistes ont émergé. La couleur des yeux, des cheveux, les caractéristiques ethniques de tels ou tels juifs arrivant en Israël ont été utilisées afin de réfuter leur appartenance au peuple juif. Peu importe si, avec une telle analyse, on avalisait par ailleurs les droits des juifs venus du monde arabe. Peu importe si de tels arguments, ridicules aux yeux de l'Histoire, étaient inutiles, personne ne soutenant que les juifs d'aujourd'hui n'avaient pas connu, pendant 2 000 ans de pérégrination, divers métissages, apports de convertis, et évolutions diverses. Qui pourrait penser qu'un peuple si longtemps dispersé conserverait une identité génétique intacte ? Et qui veut croire que ce qui fait l'essence du peuple juif c'est son patrimoine génétique et non son attachement à une foi et un destin communs ?

Sur base de révisionnisme historique, de négationnisme, d'arguments fallacieux et de destruction d'un patrimoine culturel incontestable, le monde arabe a essayé de nier le lien qui existe entre peuple juif et sa terre d'Eretz Israel. Les foules arabes – au mieux, incultes, volontiers négationnistes et adeptes des théories de la conspiration, au pire, abreuvées d'un Coran qui dénigre les juifs – ont, sans la moindre difficulté, accepté ces « preuves » d'un colonialisme juif infondé et injuste.

Mais, visiblement, cela ne suffisait pas encore. Il fallait, avec, en toile de fond, le modèle plus ou moins conscient de la forgerie du Verus Israel [véritable Israël] des chrétiens, substituer à l'Histoire juive celle des Palestiniens. Et là, on assiste à l'utilisation des fondements du sionisme, recuisinés à la sauce arabe, sous la forme d'un exil et de sa contrepartie : une loi du retour ; on rebaptise des lieux comme le Mont du Temple en Esplanade des Mosquées ; on appelle Jésus de Galilée « le Palestinien ». Ni ridicule, ni anachronisme n'arrêtent cette reconstruction. Les comparaisons les plus saugrenues sont autorisées, jusqu'à la plus abjecte : celle de l'armée d'Israël identifiée aux forces nazies.

Et comme tout cela ne suffit pas encore, on va nier les divers mouvements des populations arabes de la région en faisant semblant de croire à un ancrage millénaire des Arabes autochtones de Palestine. Comme si on ne savait pas que les flux migratoires, au gré des famines et des guerres, ont été constants, entraînant des brassages de populations attirées de tout l'empire ottoman, dès que les juifs eurent remis en valeur ces terres.

Mais il en fallait davantage. Une preuve matérielle du récit palestinien. Pour moi, issu d'une famille d'Algérie, je certifie que je n'ai jamais eu besoin qu'un parent me montre la clé de sa maison pour que je sache qu'à peine parti de sa terre natale, ses voisins arabes s'en sont emparés. J'affirme que je n'ai jamais vu une seule de ces clés. Pourtant, le récit du départ des juifs d'Afrique du Nord ne fait pas l'ombre d'une remise en question.

Afin de nous souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem, nous laissons dans nos maisons un carré de mur sans peinture. L'absence, le vide sont plus évocateurs que cette clé palestinienne, ils ont maintenu en nous cet amour de Sion pendant 2 000 ans. Quel symbole ! Un vide nous remplit la tête de souvenirs historiques ; alors qu'un objet remplit la tête des Palestiniens du vide de leur Histoire !

Pourquoi ce symbole palestinien est-il nécessaire ? Le récit de leur exil risquerait-il de s'oublier sans ce support matériel ? De la fabrication de symboles à la négation de l'Histoire juive, il y a une constante : l'inconsistance du récit arabe. Or, cela ne peut être sans conséquence sur les solutions au problème palestinien. Que ce peuple soit une construction forgée pour rassembler le monde arabe contre Israël, n'a plus d'importance maintenant. L'existence d'une population avec une identité de 60 ans lui confère des droits. Mais ces droits n'ont aucune chance de se voir pleinement reconnus tant que cette identité aura besoin de trouver sa légitimité dans la négation de celle du peuple juif.


© Adam haRishon