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Le «non» des Tchèques au statut d'Etat non-membre de la «Palestine», à l'ONU, Michaël Bar-Zvi
06/12/2012



 

Chronique de Michaël Bar-Zvi, sur Radio J, 6 décembre 2012

 

Texte repris du site Desinfos.com, jeudi 6 décembre 2012

 

Boker tov, amis auditeurs de Radio J, un des problèmes majeurs de notre époque postmoderne est qu'au-delà de son irrémédiable tendance à tout relativiser, elle sépare la politique de l'histoire, en encourageant les dirigeants des Etats non seulement à oublier, mais aussi tout simplement à ignorer le passé.

Le temps où les grands de ce monde avaient à leurs côtés des historiens ou des hommes de lettres est bien révolu, et ceux-ci ont été depuis longtemps remplacés par des conseillers en communication dont la qualité essentielle est de manipuler les émotions et les clichés en faisant oublier les événements anciens, les valeurs ou les traditions.

C'est pourquoi lorsqu'un pays renoue avec l'histoire et en tire les enseignements politiques, cela mérite d'être signalé.

En effet, le vote de la République Tchèque à l'ONU, la semaine dernière, n'est pas anodin mais a une grande valeur morale. Ne l'oublions pas, le peuple tchèque a, lui aussi, été abandonné par les Etats européens en 1938, au moment des accords de Munich.

Tout le monde le sait, le vote à l'ONU était une pure formalité, mais le soutien du gouvernement de Prague à la position israélienne a une signification bien plus importante que les voix des dictatures obscurantistes, des républiques bananières et des démocraties lâches qui votent sans vergogne, depuis des lustres pour l'OLP ou l'Autorité palestinienne.

La courageuse nation tchèque comprend, parce qu'elle l'a vécu à ses dépens, que la paix ce n'est pas un vote, une motion, un diktat, ou un discours du haut d'une tribune internationale, mais une négociation sur la base d'une reconnaissance réciproque.

Le lien entre le peuple juif et le peuple tchèque est fondé sur une longue relation d'amitié et de respect. Du Maharal de Prague à Kafka, les Juifs ont toujours trouvé dans cette région un accueil et une hospitalité rares, hormis dans la zone où résidaient les Sudètes pro-allemands.

La résistance tchèque élimina l'instigateur de la solution finale, Heydrich, et de nombreux Juifs participèrent à la lutte contre les nazis aux côtés des Tchèques. La résistance tchèque proposa même au Président du conseil des Sages du camp de Theresienstadt, Yaakov Edelstein, de le faire échapper et de le cacher en lieu sûr dans les forêts de Bohème. Il refusa et mourut à Auschwitz.

De Masaryk au Président actuel Klaus, en passant, bien sûr, par Vaclav Havel –premier Président de la démocratie tchèque après la période communiste –, les dirigeants tchèques ont toujours soutenu l'Etat d'Israël, et rappelons aussi que c'est grâce aux armes livrées par ce pays aux mouvements de résistance juifs, puis à la jeune armée israélienne, de 1947 à 1949, que la Guerre d'Indépendance tourna à l'avantage de Tsahal.

En relisant Le brave soldat Chveïk [*] pour cette chronique, j'ai trouvé ce conseil, qui n'a jamais été aussi actuel :

« Ne pas croire au hasard et se donner une gifle matin et soir, en se rappelant qu'on n'est jamais trop prudent et qu'abondance de biens peut nuire. »

Merci à nos amis Tchèques !

 

© Michaël Bar-Zvi

 

Note de Menahem Macina

 

[*] Voir le résumé de ce livre dans Wikipedia.

 

[Texte aimablement signalé par J. R. Mansencal.]