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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Amira Hass… weshalom ! Shraga Blum
13/12/2012



Article reçu de l'auteur lui-même (13/12/2012)

 

Dans l'épreuve du « tir à la plume », le journaliste Hagaï Segal met dans le mille. Dans un article publié par « Makor Rishon », Segal dresse le constat de décès idéologique de la gauche israélienne dans sa vision du conflit israélo-arabe. Se basant sur les positionnements politiques de la présente campagne électorale, il note qu'à part l'extrême gauche, de plus en plus isolée et minoritaire, tous les partis qui sont à la gauche du Likoud évitent aujourd'hui de revendiquer pleinement le label de « gauche », et lui préfèrent ceux de « centre gauche », ou de « centre », même si leur plateforme contient les recettes traditionnelles et éculées de la bonne vieille gauche d'antan. De plus, note Segal, même dans le « bloc de centre gauche », que Livni, Mofaz, ou Yehimovitz appellent de leurs vœux – tout comme les médias et la communauté internationale - certains hommes politiques voteraient contre des concessions irréalistes faites aux Arabes palestiniens.

Par contre, insiste le journaliste, il y a une manie dont la gauche juive ne s'est pas départie : sa propension à la délation et à la trahison. Segal rappelle que l'histoire de la gauche israélienne est marquée par une tentation permanente de se ranger aux côtés du lynchage et du lâchage international d'Israël, lorsque la droite est au pouvoir. Derniers épisodes en date : l'éventualité d'une attaque contre l'Iran, le vote de l'ONU sur la « Palestine », et les réactions internationales à la construction juive en Judée-Samarie. Dans chacun de ces cas, les opposants au gouvernement de droite, mus par des intérêts politiciens, se rangent sans vergogne ni pudeur aux côtés des détracteurs d'Israël, quand ce n'est pas aux côtés de leurs ennemis.

Ce type d'attitude tire notamment son origine de l'idéologie traditionnelle de la gauche socialiste et marxiste, pour laquelle toutes les alliances et tous les moyens sont bons pourvu qu'ils servent ses intérêts politiques. C'est sur ce même schéma que les mouvements altermondialistes et gauchistes, pourtant ultra-laïques, sont aujourd'hui les compagnons de route de l'Islam dans sa tentative de détruire l'ordre mondial.

La haine politique que la gauche israélienne voue à la droite n'est pas récente. Tout le monde se souvient de l'époque de la « Season » [1], dans le Yishouv des années 1944-1945, quand les dirigeants socialistes de la Hagana n'hésitaient pas à dénoncer les activistes de l'Irgoun et à les vendre aux autorités britanniques. Mieux vaut ne pas parler de l'épisode tragique de l'« Altalena » [2], en juin 1948.

http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/images/altelena.jpg

Cette attitude politique dévoyée a parfois atteint des sommets d'abjection morale. Au milieu des années 1990, lorsque le terrorisme palestinien ébranlait les « certitudes » d'Oslo dans le « camp de la paix », des dirigeants de gauche, telle, entre autres, Shoulamit Aloni, imploraient Yasser Arafat de mettre fin aux attentats, non pas parce que c'était immoral, non pas parce que du sang juif coulait, non pas parce que cela démontrait la duplicité d'Arafat ou la cruelle vacuité des Accords d'Oslo, mais uniquement « parce que cela faisait le jeu de la droite israélienne » ! Ce phénomène s'est souvent vérifié et il a réapparu, ces derniers jours encore, lorsque des responsables de gauche ont demandé à l'Union Européenne « de mettre une sourdine à ses déclarations anti-israéliennes », non parce qu'il s'agit de réactions injustifiées, unilatérales et disproportionnées, mais « parce qu'en cette période d'élections, cela renforce l'adhésion populaire au gouvernement Netanyahou » !

Une autre version de la haine de la gauche israélienne envers la droite au pouvoir est représentée notamment par la journaliste de « Haaretz » Amira Hass [3], la bien nommée, « hass » signifiant « haine » en allemand ! Cette dernière, qui a choisi d'habiter à Ramallah, après des années vécues à Gaza, est coutumière d'articles particulièrement virulents contre Israël, tout comme ses collègues Gidon Lévy, Itshal Leor, Barak Ravid, Yoël Marcus, ou Akiva Eldar. Dans un éditorial intitulé « Ultime appel à l'Europe », paru mardi, Hass se livre carrément à un exercice de masochisme national. Attribuant à Israël l'entière responsabilité de la situation qui prévaut depuis de longues années, elle lance un appel pathétique à l'Union Européenne :

Il s'agit du dernier appel avant qu'il ne soit trop tard. Vous devez tripler les taxes sur les produits en provenance de Judée-Samarie, construire massivement des infrastructures au profit des Palestiniens dans les zones ‘C', diminuer le niveau de vos relations diplomatiques avec Israël, à chaque destruction de maison palestinienne, imposer des visas d'entrée aux responsables israéliens qui veulent se rendre en Europe, et refuser de rencontrer des dirigeants officiels israéliens tant que ce pays violera le Droit international.

Dans d'autres pays démocratiques, une telle collaboration avec l'ennemi aurait des suites judiciaires, dans d'autres, les conséquences seraient plus radicales encore. Mais en Israël, cela entre dans le cadre sacro-saint de la liberté d'expression et du « droit légitime de critiquer son gouvernement ». L'alignement sur les thèses de l'ennemi et le refus de la moindre solidarité nationale face au front anti-israélien sont devenus le sport préféré d'une gauche qui sent que son temps est en train de passer, et qui pousse son « chant du cygne » de manière particulièrement répugnante.

 

© Shraga Blum

 

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Notes de Menahem Macina

 

[1] Abréviation de “Hunting Season”, traduction anglaise de « saison de la chasse». L'expression désignait la répression, par la Hagana, de la révolte de l'Irgoun contre le gouvernement du Mandat britannique en Palestine.

[2] Sur la tragédie de ce bateau transportant des armes pour l'Irgoun, qui fut coulé par la Hagana, voir l'article de Wikipedia.

[3] D'où le jeu de mots du titre de cet article sur le nom de la journaliste israélienne pro-palestinienne, Amira Hass. En hébreu l'expression « has weshalom » signifie à peu près « jamais de la vie ! » ou « D. nous en préserve ! ».