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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Jérusalem, ta gauche t'oublie… Par Shraga Blum
19/12/2012

 

 

Ceux qui, il y a des années déjà, prévenaient que quiconque remettait en question le droit et la présence des juifs sur quelques collines isolées de Judée-Samarie finiraient par céder sur Jérusalem avaient raison. Ces « prophètes de malheur » étaient évidemment assaillis de critiques, mais comme pour tant d'autres d'avertissements, leur clairvoyance a été totale. Une fois de plus. L'une des nombreuses conséquences de l'engrenage catastrophique d'Oslo s'exprime aujourd'hui par la fissure au sein du consensus israélien sur Jérusalem, cœur du judaïsme, du peuple juif et d'Eretz Israel.

Face aux réactions internationales hystériques qui ont fait suite au massacre perpétré dans un camp palestinien à Damas… non… excusez-moi, qui ont suivi l'annonce de nouvelles constructions à Ramat Shlomo, la gauche israélienne - et j'y inclus les partis de Tsipi Livni et Yaïr Lapid – ainsi que les grands médias se sont résolument rangés du côté de ceux qui contestent à Israël la souveraineté sur sa capitale éternelle. Depuis quelques jours, chaque membre du gouvernement ou de la majorité qui est invité sur les plateaux ou dans les studios est quasiment agressé par des journalistes qui lui font comprendre « que Netanyahou ne cesse de provoquer la communauté internationale » et qu'il « entraîne un isolement de plus en plus grand d'Israël dans le monde ». Il vaut mieux être isolé avec Jérusalem, qu'aimé et félicité sans Jérusalem !

Intervenant lors du Forum annuel de Sderot, Avishaï Braverman (Avoda) et Amir Peretz (Tenoua) ont tiré à boulets rouges sur la décision du gouvernement, le premier d'entre eux n'hésitant pas à clamer avec force « que les quartiers à majorité arabe de Jérusalem seront partie intégrante de la capitale de la Palestine » ! Belle manière d'accepter des concessions énormes avant même d'avoir abordé la moindre négociation! Peretz, de son côté, reprenait le leitmotiv creux de « la gifle infligée aux Etats-Unis » et du « ce n'est pas le bon moment », comme si Israël n'avait pas reçu une gifle après l'autre, et comme s'il y avait un moment que la communauté internationale considérait comme propice pour construire à Jérusalem ! Miri Regev, qui représentait le Likoud sur le plateau était sidérée de voir que le consensus national sur Jérusalem était à ce point battu en brèche par la gauche israélienne et rappelait « que c'était l'attitude de la gauche et des médias qui appelaient en réalité les réactions internationales ».

Il y a quelque temps, l'on pouvait encore dire que la seule chose qui réunissait tous les partis sionistes était la question de Jérusalem, qui ne serait jamais remise en cause. Mais c'était sans compter avec le travail de sape de l'Autorité Palestinienne, avec la malveillance de l'Occident et son refus viscéral de voir les juifs posséder Jérusalem, mais aussi avec le glissement de la gauche israélienne qui, sur ce point également, a renoncé à la prunelle des yeux du peuple juif en décidant de mettre Jérusalem sur la table des négociations. Il faut dire qu'il y a déjà eu de dangereux précédents, avec Ehoud Barak, Ehoud Olmert et Tsipi Livni qui ont ouvert la voie en faisant des propositions des plus généreuses aux imposteurs palestiniens, allant jusqu'à proposer une souveraineté arabo-musulmane sur l'Esplanade du Temple. Très difficile de faire marche arrière après cela. Se voir contester le droit de construire à Jérusalem par la communauté internationale est déjà inacceptable, même s'il ya dans cette attitude un aspect messianique du fait de l'alliance soudaine entre Occident chrétien et Orient musulman sur cette question. Mais voir dans nos propres rangs des gens qui justifient cette opposition et qui s'élèvent contre ce droit naturel est particulièrement ignoble.

Ainsi, lorsque le terroriste Abou Mazen annonce qu'il va saisir la communauté internationale pour empêcher Israël de construire, il sait qu'il peut aujourd'hui compter sur la division créée au sein de la société par la gauche israélienne, qui fragilise dangereusement la position du gouvernement. Une population unie qui se lèverait comme un seul homme pour défendre Jérusalem et déclarer qu'elle est non-négociable aurait un autre impact sur la politique étrangère des Etats-Unis et de l'Union européenne, ainsi que sur le monde arabe, que le lamentable spectacle qui se déroule sous nos yeux à propos de la ville vers laquelle nous prions et levons nos yeux depuis près de vingt siècles.

Un grand espoir pointe toutefois à l'horizon avec le résultat d'un sondage, réalisé par l'Institut « Mina Tsemah », qui indique que si les élections avaient lieu chez les moins de 30 ans, Naftali Benett, président de « Habayit Hayehoudi » serait Premier ministre ! Le parti de Benett est également arrivé en tête lors d'une élection fictive réalisée dans le campus de l'Institut universitaire « Sapir », de Sderot, à laquelle ont participé des centaines d'étudiants, pour la plupart non-religieux. Ces données indiquent que le renouveau sioniste est de plus en plus perceptible dans la jeunesse israélienne, dont la lucidité face à la réalité de la région va surpasser les illusions de la génération actuelle au pouvoir. Ceci indique que les futurs dirigeants du pays seront plus empreints de valeurs authentiquement juives et seront, de ce fait, plus fermes quant aux droits inaliénables du peuple juif sur Eretz Israel et en premier lieu sur Jérusalem.

Les injonctions répétées des Prophètes et du Psalmiste concernant Jérusalem n'étaient pas de trop. Ils savaient tous que Jérusalem, ville de David, serait la ville la plus convoitée du monde, mais aussi qu'il faudrait livrer bataille à tous les niveaux pour empêcher les prédateurs de s'en emparer.

 

© Shraga Blum