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Israël (Société - mentalités)
Israël (politique intérieure)

Shimon et Hanin *, Par Shraga Blum
30/12/2012

 

[* Il s'agit respectivement de Shimon Pérès (socialiste, président de l'Etat d'Israël), et de Hanin Zoabi (députée du Balad, parti nationaliste arabe.)

Voir l'article intitulé « Hanin Zoabi pourra gérer les prochaines élections en Israël à la Knesset », sur le site Aliya Express News, du 30 décembre 2012. Sidérant ! (Menahem Macina).]



Shimon et Hanin sont deux personnes parmi les plus médiatisées du paysage politique israélien. Le premier [S . Pérès] ne cesse de faire des déclarations insensées à propos de « son ami Abou Mazen » et de battre la coulpe d'Israël, bien qu'il lui soit formellement interdit de s'immiscer dans le débat politique, et la deuxième [H. Zoabi] soutient ouvertement les terroristes et prône la fin d'Israël comme Etat juif sans être inquiétée pour autant par la justice israélienne. Ils forment tous deux un « merveilleux » couple, chacun s'attelant à scier de son côté le tronc de ce majestueux arbre qu'est Israël.

En quelques jours, nous avons été les témoins de deux manifestations névrotiques juives d'auto-flagellation et de refus de reconnaître l'ennemi qui est en face. « Sans doute la communauté internationale nous aimera-t-elle davantage après cela», ont dû se dire le président de l'Etat ou les neufs juges de la Cour Suprême.

La décision de cette dernière concernant Hanin Zoabi est révoltante mais pas surprenante. Elle émane de juges qui font partie de la même élite en déclin que les intellectuels et généraux de gauche qui ont signé la pétition en faveur de cette admiratrice du Hamas. Ils sont tous de grands et preux démocrates lorsqu'il s'agit de protéger la liberté d'expression d'une alliée avouée des terroristes, mais ils le sont bien moins dès lors qu'il s'agit de laisser gouverner une majorité de droite pourtant légitimée par les urnes. Le message transmis par ce verdict des magistrats est clair : il est permis à des élus d'insulter Israël et de collaborer avec ses ennemis, tout en jouissant de tous les droits du citoyen et de l'immunité parlementaire. Pas mal pour un pays que Zoabi et ses collègues traitent de « fasciste » à chaque occasion ! Les populations des cinquante et quelque pays musulmans rêveraient de vivre sous un tel « fascisme ». La dernière fois que des députés arabes avaient été invalidés remonte à 1965, où la liste « El-Ard » avait été interdite par la Cour Suprême… pour les mêmes motifs invoqués aujourd'hui par les requérants contre Zoabi : la lutte contre Israël comme Etat juif ! Mais à l'époque, le pays était dirigé par Ben Gourion et la Cour Suprême ne passait pas son temps à mettre des bâtons dans les roues du Vieux Lion.

Le sourire de Hanin Zoabi après l'énoncé de la décision voulait tout dire. Il lui manquait juste une bulle au dessus de la tête, exprimant sa pensée : « Qu'ils sont vraiment stupides ces juifs ! » Sa victoire est en même temps un cinglant camouflet aux vaillants soldats de la « Shayetet 13 » qui ont risqué leur vie sur le « Marmara » face aux terroristes parmi lesquels avait pris place la députée.

De son côté, le président de l'Etat n'a pas fait mieux. En pleine campagne électorale et alors que l'Union Européenne concentre ses flèches sur les problèmes le plus graves du Moyen-Orient, « E1 », Gilo et Ramat Shlomo, Shimon Pérès, spécialiste du lancer au couteau dans le dos, a ouvertement affiché son soutien à l'opposition israélienne, critiqué le gouvernement et s'est confondu en compliments envers le chef terroriste Abou Mazen. « Il faut cesser la politique de force avec les Palestiniens et privilégier celle du dialogue et de la modération, et ainsi ce qui paraissait impossible deviendra possible » a déclaré sans rire celui qui est l'un des principaux responsables de la mort de plus de mille Israéliens suite aux Accords d'Oslo, où comme tout le monde l'avait remarqué, « dialogue et modération » furent au programme. Shimon Pérès, devenu également grand spécialiste du pouls de l'opinion, affirmait « que sans entrer dans le débat politique (sic) il y avait une large majorité dans l'opinion qui adhérait à l'idée des deux Etats pour deux peuples ». Après le mirage du « Nouveau Moyen-Orient » voici celui du « Nouveau Peuple d'Israël »…

Puis vinrent d'indécentes flagorneries envers Abou Mazen : « C'est l'unique dirigeant arabe qui s'est levé et a déclaré qu'il était en faveur de la paix et contre le terrorisme » (sic) ! C'est vrai, les dirigeants du Fatah déclarent occasionnellement « qu'ils sont opposés au terrorisme », mais tout en précisant ensuite dans leurs médias « que libérer sa patrie ne peut-être considéré comme du terrorisme ». Nuance minime que Pérès, pourtant vieux renard de la politique feint de ne pas voir.

Et concernant les propos agressifs d'Abou Mazen à l'ONU et dans d'autres circonstances, Pérès fait montre d'une indulgence extrême : « Je connais Abou Mazen depuis 30 ans, je n'adhère pas à tout ce qu'il dit ou fait mais les propos de nos dirigeants ne lui plaisent pas toujours non plus ! Nous non plus ne l'étreignons pas et ne lui manifestons pas assez d'affection. Je sais la réalité dans laquelle il évolue. Cet homme combat courageusement le terrorisme au point de risquer sa vie. Sa déclaration selon laquelle il renonçait au droit de retour (démentie le lendemain !) est d'une extrême importance et lui a demandé un immense courage…». Etc.

Interrogé sur l'attitude du Président d'Israël à 24 jours du scrutin, la nouvelle recrue du parti travailliste, Nahman Shaï, généralement soucieux du respect de l'Etat de Droit, n'a rien trouvé à dire de mieux « que c'était du rôle du Président de s'exprimer ainsi » ! Le journaliste lui posait alors la question de sa réaction éventuelle si Pérès avait déclaré « qu'il était du devoir d'Israël de construire dans la zone E-1 » ? Nahman Shaï a bien entendu répondu par une pirouette indiquant « que tout le monde était d'accord en Israël pour ne pas construire dans cette zone » !

A l'opposé, le ministre Gilad Erdan a vivement condamné les propos du Président, qui outre la violation de ses prérogatives constitutionnelles, « a désigné le gouvernement israélien comme étant coupable de tout, en dépit des discours violents d'Abou Mazen et de son refus systématique de revenir à la table des négociations ».

Les bons scores réalisés par les députés idéologiques lors des primaires du Likoud, la montée en puissance du parti « Habayit Hayehoudi » et de « Otsma Leisraël » sont les signes d'un même mouvement croissant dans la population qui montre qu'elle en a plus qu'assez de cette mascarade de démocratie et de cette manière de toujours nous attribuer la responsabilité de ce qui nous arrive. Les Israéliens n'ont pas à prouver leur capacité d'introspection et d'autocritique qui n'est à nulle autre pareille dans le monde, et notamment dans tous les pays qui se permettent de nous donner des leçons.

Lorsque Naftali Benett déclare « que quelque chose de nouveau a commencé », il décrit bien une évolution sociologique qui n'est pas de bon augure pour les Zoabi, Pérès et consorts, chacun dans son style.

 

Et c'est tant mieux.

 

© Shraga Blum