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Israël (Société - mentalités)
Appeasement

Comment cachériser un reptile… Par Shraga Blum
14/01/2013

 

 

Un proverbe connu affirme que « lorsque l'on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage ». L'inverse est vrai aussi, et il existe en hébreu l'expression « cachériser un reptile » quand on veut blanchir une personne peu recommandable pour des motifs douteux.  

C'est exactement ce qui est en train de se passer avec le chef de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas. A deux reprises ces dernières semaines, le président Shimon, dérogeant  gravement à ses prérogatives légales, a fait des déclarations remarquées et médiatisées dénonçant la politique du gouvernement Netanyahou envers l'Autorité Palestinienne et encensant par contre le chef terroriste Mahmoud Abbas, qualifié « d'homme de paix »  et fleuri de moult autres superlatifs.

En réponse au panégyrique que lui a gracieusement adressé l'artisan des Accords d'Oslo, Mahmoud Abbas s'est fendu vendredi dernier d'un discours dénué d'ambiguïté, lors du 48e anniversaire de la fondation du Fatah. Parmi les paroles apaisantes et débonnaires prononcées par le chef de l'AP, il y eut notamment celles à la gloire « des martyrs les plus importants de la cause palestinienne », dont le sheikh Ahmad Yassin, fondateur du Hamas, Abdel Aziz Al-Rantissi, co-fondateur de l'organisation terroriste, ou encore Abou Jihad, l'un des terroristes les plus cruels du Fatah. Mais surtout, Abbas a rendu un hommage appuyé au mufti de Jérusalem,  Hadj Amin Al-Husseini, de sinistre mémoire, ami et allié d'Hitler, qui avait proposé au chancelier de « s'occuper des juifs de Palestine, de la même manière que l'Allemagne nazie le faisait en Europe ». Après la guerre, le Mufti fut aussi à l'origine de l'invention du « mouvement national palestinien » et père spirituel de Yasser Arafat, dont il était également un proche familial.

En temps normal et en toute logique, ce genre de propos de la part du dirigeant de l'AP aurait dû provoquer un tollé en Israël, et surtout chez ceux, à l'image des Pérès, Livni, Olmert et consorts, qui ne cessent de lui attribuer le qualificatif de « modéré », et qui se sont vu une nouvelle fois gifler par ce terroriste en complet-cravate. Que nenni.

Pour en avoir le cœur net, David Bedein, journaliste israélien d'investigation, directeur de l'agence « Makor Israeli », qui possède la cassette intégrale du discours de Mahmoud Abbas, a immédiatement contacté les services du président de l'Etat, ainsi que ceux du Premier ministre, afin de leur demander comment ils comptaient réagir à ce scandale qui démasquait une nouvelle fois – pour autant que cela fût nécessaire – le complice tant apprécié de Shimon Pérès. Aucune réponse n'est parvenue au journaliste ni à aucun autre média d'ailleurs. Pour Bedein, les raisons sont limpides : les dirigeants israéliens ont choisi d'ignorer les propos de Mahmoud Abbas, car ils veulent le ménager alors que des pourparlers risquent de reprendre dans les mois qui viennent.

Le Roi Abdallah II de Jordanie a évoqué cette éventualité en indiquant, en début de semaine, « que de nouvelles opportunités seront ouvertes dès le mois prochain pour une reprise des négociations entre Israël et l'AP ». Il est évident qu'après les élections israéliennes, Barack Obama exercera de nouvelles pressions sur le nouveau gouvernement israélien et sur Mahmoud Abbas afin qu'ils reprennent le chemin de la table des négociations. Pour Pérès, Netanyahou, et (presque) tous les autres, cela vaut bien que l'on ferme les yeux sur les propos antisémites et meurtriers du chef de l'AP.

Le même phénomène s'était déjà produit entre mars 2001 et en novembre 2002, en pleine 2e Intifada, lorsque Shimon Pérès, alors ministre des Affaires étrangères, avait ordonné à ses services de ménager Arafat et de mettre systématiquement en sourdine tout ce qui pourrait entraver le processus d'Oslo.

Cette indulgence manifestée aujourd'hui envers Mahmoud Abbas, pour de vils motifs de tactique politique, est criminelle. L'Histoire jugera un jour tous ces dirigeants qui auront sciemment refusé d'utiliser les armes qui leur ont pourtant été fournies sur un plateau par ceux-là mêmes qui oeuvrent à détruire l'Etat d'Israël. Le fait que Shimon Pérès, qui ne cesse d'intervenir de manière grossière dans la campagne électorale, se fasse soudain muet lorsque son ami Abbas fait l'éloge de terroristes et d'un dignitaire islamo-nazi en dit long sur le pouvoir de nuisance qu'exerce cet homme envers l'Etat qu'il prétend aimer et défendre.

 

© Shraha Blum