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Israël (Société - mentalités)
Israël (politique intérieure)

Amos Gilboa remet les Cassandre à leur place
17/01/2013

 

Texte original hébreu : « L'horizon de la terreur » (אופק הטרור), en ligne sur le site de Maariv (NRG), 14 janvier 2013


Traduction française: Shraga Blum

 

Amos Gilboa est un fin connaisseur de la situation au Proche-Orient. Diplômé de l'Université hébraïque de Jérusalem et lieutenant-général de réserve, il a occupé des postes à hautes responsabilités au sein des renseignements et fut attaché militaire aux Etats-Unis, conseiller du Premier ministre Shamir pour les Affaires arabes ainsi que Conseiller du ministre de la Défense, Moshe Ahrens, avant d'embrasser la carrière journalistique. Il est aujourd'hui commentateur militaire pour « Maariv ». Dans un article édifiant paru il y a quelques jours, Gilboa remet en place les Pérès, Livni, et autres Olmert, qui avertissent du matin au soir durant cette campagne « qu'une absence d'avancée envers les Palestiniens – sous-entendu des concessions israéliennes - entraînera un regain de violences ».

Son article est traduit ci-dessous de manière quasi-intégrale, il est sans appel et met en relief l'absence totale de vision, mais aussi de pudeur, de toutes ces personnalités politiques qui parcourent le monde et les plateaux de télévision pour critiquer la prudence et le scepticisme du Premier ministre face à l'Autorité Palestinienne. Lorsque vous aurez lu ces lignes, vous prendrez soin de remarquer que les Etats-Unis d'Obama, l'Union Européenne, ainsi que la gauche israélienne vont s'acharner de plus belle dans les prochains mois à vouloir pousser une nouvelle fois Israël dans cette ornière meurtrière qui consiste à discuter avec des terroristes assassins qui ne cachent même plus leur intentions. D'où la nécessité de renforcer la coalition de droite lors du scrutin de mardi.

 

« La vague de mauvais temps qui s'est abattue sur le pays a occulté les déclarations virulentes du président de l'Etat. Dans une interview au New York Times, Pérès a dit entre autres qu'« en l'absence de processus politique, les Palestiniens recourront une nouvelle fois au terrorisme ». Sans vouloir entrer dans le débat sur le droit d'un président de critiquer le gouvernement à quelques jours des élections et de conseiller aux électeurs de ne pas voter pour la coalition en place, je veux traiter de la question de fond du lien entre le terrorisme et le processus politique.

L'affirmation selon laquelle « l'absence de processus de paix risque de provoquer une nouvelle Intifada », est devenue chez nous comme un mantra, un axiome récité à la manière d'une incantation religieuse. Selon cette thèse, la conclusion à laquelle devrait arriver toute personne sensée est que, « en cas de processus de paix réel et sincère, le terrorisme n'aurait pas lieu d'être ». Or il n'en est rien, bien au contraire. La meilleure preuve est notre expérience du passé.

Depuis la signature des premiers Accords d'Oslo, en 1993, jusqu'à la signature des seconds (1995), où Israël avait, entre autres mesures, évacué toutes les grandes villes palestiniennes de Judée-Samarie, 164 Israéliens ont été assassinés et des centaines d'autres blessés. Autrement dit, dans la période où les négociations avec l'AP étaient au zénith, le terrorisme palestinien était aussi à son apogée. Plus tard, en novembre 1995, lorsque Pérès devint Premier ministre après l'assassinat d'Itshak Rabin, et alors qu'il n'y a pas plus grand pèlerin de la paix que Pérès, 59 Israéliens trouvèrent la mort dans des attentats durant les 7 mois que dura son mandat. Après le sanglant attentat du bus 18 à Jérusalem, Pérès trouva même le moyen de déclarer que « beaucoup d'Israéliens savent que la paix implique un prix en vies humaines » !

Autre donnée : durant les trois ans du premier mandat de Binyamin Netanyahou, 44 Israéliens furent tués, dont 16 soldats lors de la seule « Intifada des Tunnels ». Durant cette période, où le processus de paix fut ralenti, le nombre d'attentats baissa pourtant de manière spectaculaire, au point qu'il n'y a eu à déplorer aucune victime dans la dernière année de son mandat.

Ensuite, lors du mandat d'Ehoud Barak, dès 1999, le processus politique reprit de plus belle, et parallèlement, le terrorisme palestinien atteignit de nouveaux sommets avec la Seconde Intifada qui fit des centaines de morts israéliens.

Je ne veux pas conclure par là qu'une absence de processus de paix est la garantie d'une baisse du terrorisme, mais ce qu'il faut retenir, c'est que le processus de paix entraîne, paradoxalement, un regain de violence. […] Un processus de négociations, qu'il soit réel ou de façade, est toujours une bonne chose, mais il n'est pas l'assurance pour une disparition de la violence terroriste ».

 

Amos Gilboa

 

© Maariv

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