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Antisionisme chrétien

Un prêtre anglican déshonore le christianisme authentique, Dexter Van Zile
21/01/2013

 
Sur ce prêtre anglican et sa théologie anti-israélienne, voir, entre autres, les liens ci-après [*]. Pour les connaisseurs, il suffira de mentionner le fait que sa théologie est une régurgitation moderne de bas étage du marcionisme antique [**]. (Menahem Macina).

[*] N. Ateek, "Message de Pâques de Sabeel". Voir aussi le chapitre consacré à Ateek, dans l'article séminal de M. Perko, "Chrétiens, Bible, et époque actuelle, la politique israélo-palestinienne", [5] «Tenants palestiniens de la Théologie de la Libération». [**] Voir, dans Wikipedia, l'article "Marcion", et ainsi que l'article intitulé "Tristan Storme : Carl Schmitt et le marcionisme, L'impossibilité théologico-politique d'un œcuménisme judéo-chrétien ?"


28/07/09

Jewish World Review


Texte original anglais : "Anglican priest disgraces authentic Christianity", 27 juillet 2009.


Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

 

 

Le prêtre anglican, Naim Ateek, fait une tournée de promotion de son dernier livre, A Palestinian Christian Cry for Reconciliation [un appel palestinien chrétien à la réconciliation] (Orbis, 2008), dans lequel il accuse faussement Israël de perpétrer un "lent génocide rampant" des Palestiniens — dont [soit dit en passant] la croissance démographique est l'une des plus rapides du monde.

Apparemment, le fait de lancer de fausses accusations contre le peuple juif et sa patrie ne suffit pas pour être persona non grata dans la bonne société américaine du XXIe siècle.

Ceci pour l'histoire qui progresse en une spirale ascendante.

En février, Ateek, fondateur du centre oecuménique Sabeel de la Théologie de la Libération, a été invité à prendre la parole dans des églises de Boston, Detroit, Chicago, Atlanta et Washington, D.C.

Du 18 au 20 juillet, Ateek s'est exprimé dans un certain nombre de manifestations [organisées pour la présentation de son livre] dans la région de Puget Sound de l'Etat de Washington. Outre ses prises de parole dans des églises, Ateek s'est exprimé, pour la première fois, au cours d'une rencontre de Juifs américains, au Centre Kadima de Seattle.

L'événement majeur de la prestation d'Ateek à Puget Sound a été sa causerie du 20 juin 2009, à Weekday, une émission de radio présentée par Steve Scher et diffusée sur KUOW, une chaîne de l'Office national de Radiodiffusion de Seattle. Au cours de sa prestation radiophonique, Ateek est revenu sur un thème omniprésent dans ses écrits : la conception selon laquelle le dieu décrit dans certaines Ecritures juives est un dieu primitif, violent et tribal, qui ne se préoccupe que des Juifs.

Durant l'interview, au cours de laquelle Scher a lancé quelques questions aimables, Ateek a présenté la Théologie palestinienne de la Libération comme un moyen pour aider les gens à comprendre

« comment la bible a été exploitée par des extrémistes religieux juifs et des chrétiens sionistes [qui] utilisent la Bible contre les Palestiniens ».

Selon Ateek,

« des gens citent la Genèse [pour prouver] que Dieu a donné la terre au peuple juif. Conséquence: du fait que la terre leur a été donnée par Dieu, ils ont un droit d'origine divine sur cette terre, tandis que les Palestiniens n'en ont aucun et doivent s'en aller. C'est la mauvaise manière d'interpréter l'Ecriture. La Théologie palestinienne de la Libération vient vraiment aider les gens à comprendre que le message de la Bible est sans rapport avec un dieu qui serait un personnage s'occupant d'un lopin de terre ici ou là, [alors qu'il est] un dieu de justice, un dieu de paix, un dieu de compassion. »

Au cours de l'interview, Ateek a affirmé que certains livres du canon juif, surtout ceux de Daniel et de Jonas, contiennent une critique de « ce dieu exclusif, intolérant, qui dit : je serai à vos côtés dans la guerre, je vais tuer vos ennemis », et ils offrent une alternative [à un tel dieu].

Scher - qui ne s'est pas montré inquiet de l'utilisation, que fait Ateek, de la polémique antijuive du Nouveau Testament, [comme d'une arme] contre l'Etat moderne d'Israël - a également omis de traiter d'une question centrale, qu'il faut poser : Quel type de dieu propose le prétendu ministère de "pacification" d'Ateek.

C'est une question qui va de soi, étant donné la critique que fait Ateek de l'exclusivisme et de la brutalité d'un dieu, dont il affirme que les Juifs et les chrétiens sionistes se servent pour justifier la politique israélienne.

Ateek, qui condamne la croyance en un dieu qui réserverait sa bénédiction exclusivement au peuple juif, propage [au contraire] l'ordre du jour d'un dieu qui réserve son jugement et sa colère à Israël, et spécialement à ses habitants juifs. Ateek ne confesse pas ouvertement son allégeance à une telle divinité — en fait, il la nie. Néanmoins, son commentaire du conflit israélo-arabe donne un lieu de repos, une arche [1], précisément à un tel dieu.

Par exemple, durant sa prestation à Weekday, Ateek a affirmé :

« Aujourd'hui, le peuple juif ne souffre pas. Il est l'oppresseur... Il peut se débarrasser de sa souffrance s'il pratique la justice. Je pense qu'une part de la souffrance du peuple juif, ou plutôt israélien – je ne veux pas parler des Juifs parce qu'il y a encore plus de juifs en dehors d'Israël qu'il y en a ici — [...] [2], peut avoir une plus grande sécurité. Israël ne veut pas la paix. Cela fait partie du problème, Israël veut se débarrasser des Palestiniens, et c'est, malheureusement, ce qui s'est produit. Aussi, Israël peut se débarrasser de tant souffrance s'il agit avec justice dans cette direction. »

De ce point de vue, Ateek accorde à Israël le pouvoir de mettre unilatéralement un terme au conflit israélo-arabe par des concessions et des offres de paix. Dans la logique d'Ateek, le fait que les Palestiniens aient eu recours à des actes de violence persistants contre Israël est la preuve de l'intransigeance d'Israël, et non du rejet arabe. En effet, qui veut se débarrasser de qui au Moyen-Orient ?

Pour Ateek, l'offre d'Israël, à Camp David, durant l'été 2000, son acceptation des paramètres de Clinton, l'hiver suivant, son retrait de la bande de Gaza, en 2005, et l'offre d'Olmert, en 2008, de se retirer de 93 pour cent de la Cisjordanie, sont sans valeur. En dépit de ces concessions, de ces retraits, et d'autres [actes semblables], Ateek considère que la violence à l'encontre d'Israël est de la faute d'Israël.

En somme, rien de ce que fait Israël n'est assez bon pour le dieu qui est l'inspirateur de la prédication d'Ateek, et très peu de ce que les Palestiniens ont fait de mal mérite le jugement divin, ou même une remontrance bénigne.

Par exemple, le 5 octobre 2000, peu après le début de la deuxième Intifada, quand un véritable pacificateur aurait dû appeler au calme et à la fin de la violence, Ateek a fait une déclaration décrivant la visite d'Ariel Sharon sur le Mont du Temple, le 28 septembre, comme une « violation » et une « profanation », et affirmant :

« C'était le droit de nos frères et soeurs musulmans palestiniens de prendre la défense de leur lieu le plus sacré, al-Haram al-Sharif, alors qu'il était menacé et profané. »

Apparemment, « prendre la défense de leur lieu le plus sacré » apparaît comme l'affirmation tout à fait bénigne d'un acte non violent, à moins, bien sûr, que l'on tienne compte du fait que cinq Israéliens ont été tués par la violence palestinienne, dans les deux semaines précédant cette déclaration d'Ateek.

Alors qu'Ateek procède à un examen pointilleux de la théologie des chrétiens sionistes et des extrémistes juifs, il traite à la légère la théologie qui inspire la violence musulmane envers des Juifs et le refus islamique d'accepter l'idée d'un Etat juif souverain. Son exégèse méticuleuse des Ecritures juives et ses appels répétés à l'universalisme du christianisme — qui visent invariablement les croyances et les politiques juives — témoignent d'un dieu hanté et offensé par le refus juif d'accepter le christianisme, et tacitement indifférent à une intolérance musulmane à l'égard des juifs.

La théologie musulmane de la terre et du peuple juifs joue un rôle important, voire dominant, dans l'instigation à la violence contre Israël au Moyen-Orient, mais ni Ateek ni Sabeel, le groupe qu'il dirige, ne traitent de ces sujets de manière éclairée.

Voici une question que Scher aurait pu poser à Ateek : Pourquoi consacre-t-il un temps aussi disproportionné à condamner les chrétiens sionistes, qui n'ont jamais fait sauter un autobus, et à un petit nombre de colons juifs, dont la violence envers les Palestiniens, bien que condamnable, n'arrive pas à la cheville des méfaits perpétrés contre les Israéliens par des groupes comme le Hamas et la Brigade des Martyrs d'Al Aqsa?

Le récit du conflit israélo-arabe, que fait Naim Ateek, et qui se coule dans le langage d'un pacifisme chrétien, témoigne de l'existence d'un dieu sourd, muet et aveugle, qui se sert de la violence musulmane et arabe contre Israël comme d'un châtiment contre le peuple juif.

Un tel dieu ne mérite pas qu'on lui rende un culte.


Dexter Van Zile *

 

© Jewish World Review

 

* Dexter Van Zile analyse les médias chrétiens pour le Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America [Comité pour l'exactitude de la couverture de presse concernant le Moyen-Orient, en Amérique.]  

 

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Notes du traducteur

 

[1] Allusion probable au Psaume 132.


[2] La suite de la phrase manque.

 

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Mis en ligne le 28 juillet 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org