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[Elections en Israël:] Quelque chose de nouveau a réellement commencé… Par Shraga Blum
29/01/2013

 

La campagne électorale qui vient de s'achever a donné lieu à une quantité innombrable de commentaires, analyses et conclusions. Une fois « la poussière retombée sur le sol », il convient de jeter un regard synthétique et réfléchi sur toute cette période, et sans se référer au résultat de chacun des partis en lice ni tomber dans le parti-pris partisan, je voudrais partager une constatation qu'aucun des médias n'a évoquée, voire remarquée, jusqu'à présent : le fameux slogan de Naftali Benett, « Mashehou h'adash hith'il », « Quelque chose de nouveau a commencé », s'est effectivement concrétisé.

En effet, une nouvelle et authentique manière de pratiquer la politique est apparue avec le style de campagne exemplaire menée par « Habayit haYehoudi ». Il n'est pas exagéré de dire que la formation politique qui a été la plus attaquée, calomniée, discréditée et salie durant ces derniers mois est aussi celle qui aura paradoxalement pratiqué la campagne la plus propre et positive dans sa forme. Aucun des partis politiques, de Meretz à Otzma Le'israel en passant par Shass, le Likoud ou Ha-Tenoua ne peut se targuer d'avoir mené une campagne exempte de propos d'exclusion, de mensonges ou d'attaques méprisantes. A l'inverse, aucun des candidats de la liste « Habayit haYehoudi », ne s'est livré à des agressions personnelles et offensantes contre quiconque. Du premier au dernier, ils ont toujours mené le combat sur le plan des idées et redonné ainsi ses lettres de noblesse à la politique. La simplicité et le sourire d'une Orit Struk ou d'un Rav Ben-Dahan n'ont décidément rien à voir avec le visage et le regard haineux d'une Zehava Gal-On.

La politique est l'un des domaines où s'expriment les passions, mais aussi les pulsions les plus viles et primaires, et il est difficile d'imaginer qu'un parti politique n'use pas, une fois ou l'autre, de termes désobligeants, calomnieux ou de procédés douteux à l'égard des formations concurrentes afin de grappiller quelques voix supplémentaires. « C'est de bonne guerre, et après on tourne la page », se plait-on à dire dans le sérail politique.

En partant de ce principe, il faudrait maintenant revoir et réécouter tous les clips de campagne, les messages, les discours et les déclarations de tous les hommes politiques ou de certains guides spirituels durant cette campagne pour se rendre compte de ce que personne n'a eu, jusqu'à aujourd'hui, l'honnêteté de relever et reconnaître : les partis se sont tous entredéchirés par des procédés qui n'étaient pas toujours les plus honorables et, tous ensemble, ils se sont jetés sur « Habayit haYehoudi », chacun pour des motifs qui lui étaient « propres ». Mais Naftali Benett et ses colistiers ont tenté – et réussi – à montrer qu'il était possible de faire de la politique sans haine, sans prononcer des semi-vérités pires que des mensonges, sans se livrer à des attaques personnelles ni frapper d'anathème quiconque n'avait pas exactement la même opinion sur les moyens à suivre. Les rares fois où j'ai cru percevoir une once d'agacement chez Benett, c'est lorsqu'il adjurait le Likoud de cesser ses attaques incompréhensibles et contre-productives contre son parti. La réaction officielle du parti sioniste religieux, empreinte de respect et de retenue après les déclarations du Rav Ovadia Yossef à son égard, témoigne de la hauteur qui a été celle de ce parti, pourtant offensé jusqu'à l'âme.

Les médias d'information et les programmes satiriques se plaisent à décrire les sionistes religieux, en général, et les juifs de Judée-Samarie, en particulier, comme des êtres dangereux, immoraux, profiteurs, racistes voire violents. Ils se sont bien gaussés de l'expression utilisée par Benett au début de chacune de ses interventions « Mes frères, mes sœurs ». Mais je parie qu'aucun de ces faiseurs d'opinion des grands médias n'aura la rectitude et l'honnêteté de reconnaître un jour que Benett, Shaked, Ariel, Orbach, Yogev, Ben-Dahan, Struck, Shetbon, et tous les autres, auront donné une belle leçon sur ce que devrait être la manière authentiquement juive de faire de la politique.

C'est sur cette lancée qu'ils vont désormais pouvoir agir dans les domaines qui leur seront confiés. Quelque chose de nouveau a véritablement commencé, et pour notre bien à tous.

 

© Shraga Blum