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Millière Guy

Pour Millière… Par Fabien Ghez
04/02/2013

 

Article repris du site JSS.News, 4 février 2013


Je ne peux rester sans réagir à la publication sur le site Temps et Contretemps d'un article intitulé « Les Juifs d'Obama ». On y lit la dénonciation d'un homme, Guy Millière, qui a pris le risque de se consacrer depuis de nombreuses années à défendre Israël face à la critique et à l'opprobre général. Son nom n'est pas cité dans le texte, mais il transparaît sans peine. J'aurais d'ailleurs préféré qu'il le fût, cela aurait eu le mérite de la clarté pour les quelques personnes, et c'est dommage, qui ne le connaissent pas encore.

guy-milliere

Combien d'exemplaires monsieur Hessel ?

Dire que cet « universitaire, français non juif » avait, dans ses charges contre Barack Obama,

« tant de haine pour le président américain et tant de dévotion pour un État juif, qui lui était étranger, [qu'elles] sonnaient mal dans l'esprit de ceux qui cherchaient la finalité de cette démarche étonnante, sauf à y voir un but mercantile »,

est une assertion qui non seulement dévalorise la cause d'Israël, en sous-entendant que les seuls non juifs qui la défendent le font pour des raisons « mercantiles », mais dépasse aussi tout sens de la mesure.

On pourrait ajouter que ce n'est certainement pas en écrivant des livres pour soutenir l'Etat juif qu'on risque d'en tirer profit. N'est-ce pas monsieur Hessel ? « Indignez-vous ! » Combien d'exemplaires vendus ? 4 millions… Ah bon…

Il est facile de fustiger de sa plume quelqu'un dont on ne partage pas les idées, sans probablement d'ailleurs les connaître et sans avoir lu les arguments qu'il a développés au fil de ses livres et articles. Il y a une mentalité qui fait dire à certains « vous avez tort parce que nous avons raison », défendant ainsi toute justification à toute décision politique qui n'entraînerait pas l'adhésion de tous. C'est la pratique actuelle du gouvernement socialiste français à l'encontre de son opposition.


A quoi servent les Juifs d'Obama ou ceux de Hollande

Indiquer qu'il y a des juifs dans l'entourage de M. Obama, ou dans celui de François Hollande, sert à quoi ? A montrer qu'ils ne sont pas racistes ? A montrer qu'ils prennent en considération la minorité juive – par ailleurs très divisée – qui existe aux Etats-Unis ou en France ? Ou encore à penser naïvement que

« François Hollande ne pouvait pas être antisioniste et encore moins antisémite si tant de juifs l'entouraient ».

Justement, tant de Juifs en France et dans le monde ont tenu à faire savoir, à des moments opportuns de leur vie, qu'ils avaient des parents, grands-parents ou arrière-grands-parents juifs, et tant de ces pseudo-juifs ont utilisé leur prétendue origine pour fustiger leurs « coreligionnaires » ou promouvoir la haine d'Israël. Un phénomène qui n'est pas propre à ceux qui vivent en dehors d'Israël, puisque des juifs (ou qui se disent tels) habitant le pays (dans lequel ils sont des inconnus), concourent activement à délégitimer leur propre pays. Erigés, en dépit de leur médiocrité, en parangons de lucidité, de savoir et de vertu, ils sont célébrés et cités par tous les anti-israéliens de la terre, qui puisent là des justifications nouvelles à leur propre haine.

Il en est de célèbres, qui auraient pu faire partie de l'un ou l'autre gouvernement, tels Alfred Grosser, qui explique les similitudes entre la conduite des Nazis et celle d'Israël, Norman Finkelstein, idole de tous les antisionistes pour son livre « L'industrie de l'Holocauste », Schlomo Sand, pour qui le peuple juif n'existe pas, Michel Warschawski, promoteur, en compagnie de Leila Shahid, de la haine d'Israël dans les écoles françaises, Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU, pourfendeur inconditionnel d'Israël, ou encore Noam Chomsky, Georges Soros  ou Stéphane Hessel, etc.

La qualité réelle ou fictive de juif ne constitue en rien une garantie d'objectivité envers les autres juifs ou envers Israël, et il est étonnant qu'on puisse encore en faire état.


Des considérations différentes

Les attaques contre François Hollande visaient beaucoup moins l'homme candidat que son entourage immédiat, dont un grand nombre de ses disciples (ou l'étant devenus, alléchés par les perspectives qui s'offraient à eux), et c'est le moins qu'on puisse dire, avaient toujours manifesté critiques sévères et antipathie notoire à l'égard d'Israël. Les seules attaques féroces contre Hollande, reprises par ses opposants politiques, étaient les déclarations de ses « amis politiques », Martine Aubry, Laurent Fabius, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Mélanchon… Faut-il poursuivre ?

L'oublier témoigne d'une amétropie alarmante [* anomalie de la réfraction oculaire perturbant la netteté de l'image rétinienne (note de debriefing.org)].

Quant à M. Obama, si on peut rappeler qu'il fut très proche de juifs comme Jerry Kellman, Abner Mikva, Ira Silverstein, comme le rappelle un ouvrage récent, il le fut aussi de Saul Alinski, maître à penser de la gauche radicale américaine dont il n'est pas exclu qu'il ait eu une forte influence sur lui comme le pense Guy Millière.

Il convient de mentionner également sa proximité avec les organismes « Center for American Progress » (CAP) et « Media Matters » (MM), groupes de réflexion gauchistes virulemment hostiles à Israël, qui peut conduire à s'interroger sur sa réelle neutralité dans le conflit moyen-oriental. Son attitude hostile envers Netanyahou, comme ses déclarations très favorables à l'islam dans son discours du Caire, ou son attitude plus que déférente (prosterné pour lui baiser la main) à l'égard du roi d'Arabie Saoudite, sont des exemples qui donnent à réfléchir.

De même la récente nomination comme nouveau Secrétaire à la Défense, de Chuck Nagel, opposé aux sanctions économiques contre l'Iran et qui, en 2007, faisait preuve de compréhension à l'égard des « actes de terrorisme » des Palestiniens [commis] par « désespoir » ; ou encore, à la tête de la CIA, celle de John Brennan, qui déclarait

« […] j'ai pu voir l'islam, non de la façon dont il est souvent présenté à tort, mais dans sa réalité : une foi de paix, de tolérance et de grande diversité, pratiquée quotidiennement par plus d'un milliard de musulmans dans le monde. »

Tout cela ne laisse pas d'alarmer, et corrobore les inquiétudes de Guy Millière.

Fabien Ghez pour JSSNews

Fabien Ghez est l'auteur du livre l‘Etat de Trop