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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Quand l'objectivité devient perversion, Shraga Blum
11/02/2013

 
Caricature


L'intense actualité extérieure et intérieure de ces derniers jours a fait passer sous les radars médiatiques une information d'une importance capitale et qui risque d'avoir de sérieuses conséquences : Israël s'est vu dérober une carte maîtresse dans sa lutte contre la propagande et l'antisémitisme palestiniens. A l'origine de ce revers, une initiative de l'Administration américaine avec la collaboration active d'universitaires israéliens.

Pour la première fois, une étude internationale a été effectuée sur le contenu des livres scolaires utilisés dans les écoles de l'Autorité Palestinienne ainsi qu'en Israël. Le but déclaré et à priori louable de cette initiative était de voir comment, à l'instar de leur narratifs historiques respectifs, les deux systèmes scolaires décrivent « l'Autre » ou l'ennemi, et s'ils enseignent – ou non – à la coexistence et la paix. Cela fait longtemps qu'Israël tente vainement d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le contenu belliciste, révisionniste et antisémite des ouvrages à destination de la jeunesse arabe palestinienne. Il suffit de consulter les sites www.palwatch.org ou www.memri.org pour se rendre compte que la propagande palestinienne n'a rien à envier à celle des nazis. L'occasion était alors idéale pour mettre une fois pour toutes ce sujet au centre d'une étude approfondie et donner l'imprimatur académique et international à un document qui ferait référence.

Pour cela, des chercheurs américains, israéliens et arabes palestiniens se sont penchés durant 3 ans sur 429 ouvrages scolaires israéliens et 148 ouvrages palestiniens (Fatah et Hamas confondus) dans divers domaines : géographie, histoire, littérature, instruction civique, religion, société, etc.

Mais malheureusement, les conclusions publiées par l'équipe de chercheurs ont infligé un camouflet aux évidences et à la vérité, entraînant une très vive irritation au ministère israélien de l'Education. Sous l'influence notamment du responsable de la partie israélienne de cette étude, le professeur Daniel Bar-Tal, de l'Université de Tel-Aviv, le Rapport renvoie presque dos-à-dos les systèmes scolaires israélien et palestinien, affirmant que dans de nombreux ouvrages publiés par les deux parties, « l'Autre » est décrit de manière négative, voire hostile !

Le rôle du professeur Bar-Tal dans cette constellation est fondamental, car sous prétexte de « regard objectif », et de « considération pour le narratif de l'Autre », il a donné son aval à des affirmations des plus fantaisistes, contenues dans des ouvrages palestiniens, telles celles-ci : « le Roi Hérode était Palestinien », ou « le peuple palestinien a assisté à l'entrée des juifs en Palestine sous la conduite de Josué, qui a fait la guerre aux Cananéens ainsi… qu'aux Palestiniens ».

L'état d'esprit général dans lequel l'universitaire israélien a mené son étude est résumé dans cette affirmation surréaliste qu'il consigne dans le Rapport final : la désignation des Palestiniens dans les livres scolaires israéliens est parfois empreinte d'esprit négatif, par exemple lorsqu'ils [les Israéliens rappellent l'origine palestinienne des terroristes qui ont assassiné les 11 athlètes israéliens lors des JO de Munich en 1972 ! Voilà de quelle manière un universitaire israélien entend mettre en parallèle l'enseignement prodigué en Israël avec l'incitation permanente présente dans le système scolaire palestinien. Ce qui a d'ailleurs fait bondir la professeure Orna Katz, responsable des études d'Histoire au ministère de l'Education, qui se demande « si on nous reprochera aussi un jour de ne pas montrer les nazis sous un jour suffisamment positif » !

On ne peut qu'avoir des doutes sur les intentions du Département d'Etat américain en initiant un tel projet et surtout sur le choix des exécutants. Comme c'est souvent le cas, la partie arabe palestinienne était représentée par des chercheurs palestiniens… et la partie israélienne par des chercheurs… sensibles à la cause palestinienne ! La réaction de la porte-parole du Département d'Etat, Victoria Neuland, donne peut-être une idée de ce que cherche l'Administration américaine :

« Il s'agit d'une analyse indépendante réalisée en partenariat par deux ONG militant pour le dialogue et la paix, justifiant son financement par le fait qu'elle encourage la paix et la tolérance religieuse dans les programmes scolaires » (sic). Voudrait-on protéger Abou Mazen et couper l'herbe sous les pieds d'un gouvernement israélien qui tente vainement de disqualifier ce révisionniste antisémite, que l'on n'aurait pas agi autrement. Israël disposant d'une carte maîtresse contre les terroristes en complet-cravate, il fallait à tout prix la lui confisquer afin de déblayer le terrain pour une énième « reprise-des-pourparlers-de-paix » !

L'Autorité Palestinienne (AP) ne s'y est d'ailleurs pas trompée, qui s'est empressée de féliciter les rédacteurs du Rapport. Le chef de cabinet de l'AP, Salam Fayyad, s'est attribué le beau rôle en

« voyant l'étude confirmer que les manuels palestiniens ne contiennent aucune forme d'incitation flagrante à la haine » !

Et avec un cynisme sans nom, il ajoutait que

« l'AP allait étudier attentivement le Rapport et en utiliser les conclusions pour harmoniser les programmes scolaires avec les principes, profondément ancrés dans le peuple palestinien, de coexistence, de tolérance, de justice et de dignité humaine »…

Paradoxalement, c'est Israël qui se trouvait soudain réduit à la défensive sur une question si souvent soulevée par ses dirigeants, et le ministère de l'Education n'a eu d'autre choix que de se désolidariser des conclusions de ce Rapport en s'indignant à juste titre « contre ce procédé qui met sur le même pied deux systèmes éducatifs si fondamentalement différents ». D'accusateur, Israël est devenu soudainement accusé et doit jouer le mauvais rôle de celui qui réfute un document officiel dans un domaine où il était certain d'avoir un avantage déterminant.

Dans cette histoire, c'est le rôle des chercheurs israéliens, et du professeur Bar-Tal en tête, qui est à condamner. Normalement, sur un terrain aussi indiscutable, les intervenants israéliens n'auraient dû avoir aucun mal à démontrer une fois pour toutes la différence abyssale entre les deux systèmes éducatifs, qui révèle un fossé culturel et moral infranchissable entre les deux sociétés. Alors que s'est-il passé? Militant du « rapprochement judéo-arabe », le prof. Bar-Tal est tombé dans le même travers que celui qui affecte nombre de ses pairs de «l'intelligentsia » israélienne: une quête obsessive d'objectivité factice et amorale, qui cherche à démontrer à tout prix que nous serions aussi mauvais et condamnables que nos ennemis et que, par conséquent, nos griefs à leur encontre doivent être relativisés.

Dans son magistral ouvrage « La Racine et la Source », la regrettée psychanalyste Eliane Amado Lévy-Valensi traitait entre autres de la confrontation entre le juif et l'antisémite et écrivait ces lignes toujours actuelles:

« …alors que l'antisémite, sur le mode de la conscience paranoïaque, est subjectivité déchaînée, le juif, lui, risque de succomber à une autre tentation qui serait, dans le renoncement à sa nature originale, la tentation de l'objectivité ».

L'une des conséquences de ce processus psychique, explique Lévy-Valensi, est que le juif aura souvent tendance à croire qu'il a réellement les défauts que l'antisémite lui prête, mais qui sont en réalité ceux que l'antisémite projette sur le juif.

Le travail partial du prof. Bar-Tal en est un exemple flagrant, et comme il défend, bec et ongles, les conclusions de ce Rapport malgré les critiques et les évidences, il apparaît qu'il aura donc sciemment collaboré à la fabrication d'un nouveau faux, que les terroristes et leurs alliés ne manqueront pas de brandir à chaque fois que des responsables israéliens voudront aborder la question de la propagande palestinienne et de l'incitation à la haine dans les ouvrages scolaires. En voulant être « neutre et objectif » sur cette question aussi délicate, Bar-Tal a en réalité effectué un travail de sape de la cause juive, en évitant tout jugement moral qui aurait dû révéler au grand jour comment les responsables arabes palestiniens endoctrinent leur jeunesse dans la haine des juifs.

Dans plusieurs de ses interventions durant la campagne électorale, Naftali Benett a bien justement déclaré à ses contradicteurs que «nous ne pouvons pas nous permettre d'être objectifs » et que, dans ce conflit, « nous ne sommes pas l'ONU », car nous sommes dans un combat de survie.

L'exigence d'objectivité est une qualité lorsqu'elle est partagée, elle devient piège et perversion lorsqu'elle est unilatérale face à des forces qui ne renoncent à aucun moyen pour semer la calomnie et la haine.

Shraga Blum

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