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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

La seconde mort de Yeshayahou Leibovitz, par Shraga Blum
11/02/2013

 

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Voilà le Leibowitz que j'ai connu en Israël quand il pérorait contre son peuple. Ce n'est pas sa laideur qui m'affligeait, mais la haine de ses propos. Un faux prophète, assurément. (Menahem Macina).

 

Le problème avec les faux-prophètes, c'est qu'ils ne sont plus là pour constater que leurs présages se sont avérés mensongers et fallacieux. Dans le cas du rabbin-philosophe Yeshayahou Leibovitz, cela lui aura également évité de devoir rendre des comptes à tous ceux qu'il a voués aux gémonies durant sa foisonnante carrière intellectuelle, notamment Tsahal et les juifs sionistes-religieux.

A l'occasion de la sortie d'une série télévisée qui lui est consacrée pour les 20 ans de sa disparition, il convient de se pencher sur certains des oracles de malheur qu'avait prononcés celui qui était devenu une véritable divinité dans des cercles extrêmement restreints de la population, mais dont l'aura fut artificiellement amplifiée par les médias israéliens et étrangers. Et pour cause. Dans le répertoire de celui qui se fit passer pour le « garde-fou de la morale israélienne » on trouve de sinistres perles, comme notamment la qualification des unités spéciales anti-terroristes de Tsahal (« Mistaravim ») de… « Hamas israélien » ou l'accusation de Tsahal de se comporter en armée « judéo-nazie » au Liban lors de la guerre de 1982 ! Les réactions indignées qu'il suscita alors le forcèrent à renoncer au « Prix d'Israël » qui lui avait été attribué.

Dans cette série télévisée apparaît notamment Dror Morah, réalisateur du film documentaire « Gatekeepers », nominé aux Oscars d'Hollywood, et qui crie à qui veut l'entendre son aversion pour la politique israélienne envers les Arabes palestiniens depuis 1967. Morah cite notamment l'une des « prophéties » de Leibovitz, qui date de 1968 :

« Un Etat qui domine une population d'un million d'étrangers qui le détestent deviendra inévitablement un Etat policier avec toutes les conséquences que cela entraîne sur l'éducation, la liberté d'expression et d'opinion, sur le régime démocratique et la corruption inhérente à tout régime colonialiste… ».

L'ancien directeur du Shin Bet, Youval Diskin, dit avoir « acquiescé à chaque mot de cette déclamation ».

Mais comme le demande Hagaï Segal dans « Makor Rishon »,

« 45 ans après ces propos, Israël de 2013 ressemble-t-il vraiment au tableau noirci que nous peignait le philosophe ? ».

Absolument pas. L'Etat d'Israël n'est pas devenu un Etat policier, la liberté d'expression y est extrême, au point que les Arabes viennent jusque dans la Knesset pour qualifier impunément Israël « d'Etat fasciste », et s'il y a corruption, comme c'est le cas dans beaucoup d'autres pays, elle n'a rien à voir avec la présence juive en Judée-Samarie ! Les Olmert, Dehry, Benizri et autres Hirschsohn n'ont pas fait ce qu'ils ont fait parce qu'il y a des villages juifs en Judée-Samarie ! Et comme ironise Segal,

« le baiser de trop de Haïm Ramon n'avait rien à voir avec Elon Moreh » !

Les faits ont démentie ces prophéties de malheur comme tant d'autres émises par Leibovitz, notamment celle qui fait frémir et qui annonçait qu'

« Israël arriverait à une situation où il deviendrait un Etat nazi et ouvrirait des camps de concentration dans lesquels seraient amenés et parqués comme des chiens battus les militants de gauche, comme le furent les sociaux-démocrates allemands au lendemain de la Première Guerre mondiale » !

Par contre, ce que n'avait pas prophétisé Leibovitz, c'est ce que deviendrait sa descendance. Sur six de ses enfants, trois ont abandonné le judaïsme. Sa fille Yiska et son petit-fils Shammaï sont devenus des juristes de renom, proches de la cause palestinienne, et l'une de ses petites-filles n'est autre que Hagit Ofran, cadre de « Shalom Akhshav », dont l'activité principale au sein de ce mouvement est la délation, consistant réaliser des photos dans les localités juives pour les fournir ensuite aux diplomates américains et européens.

Pour quelqu'un qui se prévalait de la primauté de la pratique stricte de la halakhah et de l'éthique, cela fait pas mal de taches. Heureusement qu'il y eut sa sœur Nehama pour sauver l'honneur !

 

© Shraga Blum