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Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

Déferlement de haine contre Shimon Peres et Israël au Parlement belge
16/03/2013

 

Article repris du site Philosémitisme, 16 mars 2013


[Ces textes font froid dans le dos. Je ne les ai pas commentés, car ils se disqualifient d'eux-mêmes. Je me suis contenté de mettre en rouge les passages qui m'ont le plus choqué. (Menahem Macina).]


Commentaire d'un notable français dont nous respecterons l'anonymat: « Aucun député en France n'aurait pu prononcer des mots pareils sans être durement remis à sa place [...] Je suis stupéfait. »

Bruxelles, manif pro-Hamas

 

On se souviendra que le recteur de l'Université Libre de Bruxelles et l'ancien sénateur socialiste Pierre Galand (pour qui Israël est un pays voyou et Pérès un criminel de guerre) ont tenu des propos sur Israël et le Président Shimon Pérès à l'occasion de sa visite en Belgique. On notera que le discours du député wallon Laurent Louis ne semble pas avoir scandalisé ni mérité une mise au point de la part du Premier Ministre Elio Di Rupo, dont on connaît l'antipathie envers Israël et le désir de traduire Israël devant les tribunaux. La vidéo est déjà accessible en français et sous-titrée en anglais et en espagnol. A l'arrière, on voit le Président de la Chambre, André Flahaut, qui est aussi un Israël-basher (André Flahaut et le "psychodrame antisioniste" de Nivelles). On est admiratif devant l'extraordinaire dynamisme et le sens de l'organisation des Israël-bashers surtout si on les compare avec l'inefficacité des timides actions des Juifs européens. Vous remarquerez qu'aussi bien Elio Di Rupo que Laurent Louis disent combattre l'antisémitisme "de toutes leurs forces" - mais comme nous le savons il n'y a pas d'antisémites mais, paraît-il, il y a de l'antisémitisme. Avec les splendides résultats que l'on connaît. (Voir également un autre incident: Antisémitisme: un événement épouvantable et scandaleux au Parlement régional bruxellois).

Laurent Louis (indép.): Monsieur le président, monsieur le premier ministre, le président israélien, Shimon Pérès, se trouvait en Belgique ces derniers jours. Je regrette que l'on ait déroulé le tapis rouge pour cet homme qui, depuis des dizaines d'années, est derrière toutes les décisions politiques d'Israël: l'annexion de Jérusalem-Est, les arrestations politiques, l'oppression du peuple palestinien, les territoires occupés et les massacres de populations civiles, dont de nombreux enfants dont le seul crime fut d'avoir été Arabes.

Israël est, actuellement, un pays voyou, un pays qui pratique une politique nazie, un pays qui compte dix mille prisonniers politiques palestiniens, un pays qui dispose illégalement de l'arme nucléaire, qui ne respecte pas les droits de l'homme et qui utilise le sionisme pour persister dans l'illégalité. Israël est un pays envahisseur qui profite du drame vécu par la communauté juive durant la Seconde Guerre mondiale pour opprimer les Palestiniens et leur voler leur terre.

En ce qui me concerne, je ne vois aucune différence entre le ghetto de Varsovie et ceux qui existent actuellement à Gaza et en Cisjordanie. Je doute que vous ayez tenu un tel discours de vérité au président israélien. Pour cela, il eût fallu qu'il me rencontre!

Monsieur le premier ministre, puisque vous avez accepté de rencontrer cet infréquentable, permettez-moi de vous poser quelques questions sur le contenu de votre entretien.

Avez-vous répondu favorablement à la demande du président israélien d'inscrire le Hezbollah sur la liste noire du terrorisme ou voyez-vous, comme moi, les membres de ce mouvement comme des résistants comparables à ceux qui commettaient des attentats contre les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale pour lutter contre l'envahisseur ?

Avez-vous condamné l'annexion illégale de Jérusalem-Est par Israël et rappelé, au président Pérès, les conclusions du rapport annuel pour 2012 des chefs de mission de l'Union européenne qui accablent Israël et condamnent sa politique de colonisation et son projet de zone E1 qui – je le rappelle – est destiné à couper en deux la Cisjordanie et à l'isoler définitivement de Jérusalem? La réalisation de ce projet porterait un coup fatal aux négociations de paix.

Trouvez-vous normal que les [flamands, les francophones s'étant bien entendu abstenus] ministres De Crem [il s'est fait remplacer, mais c'est vrai M. De Crem est un ami de la communauté juive et d'Israël] et De Croo aient participé à une réception organisée par le CCOJB, organe sioniste belge par excellence, en l'honneur du président israélien ? N'est-ce pas là donner un mauvais signal ou, en tout cas, un signal ambigu pour un pays comme la Belgique qui prétend jouer un rôle dans le règlement négocié du conflit israélo-palestinien ?

Enfin, que vous inspire la montée de l'antisionisme en Europe et dans le monde ?

Elio Di Rupo, premier ministre:

Monsieur le président, chers collègues, je m'acquitte de ma tâche de chef de gouvernement, contrôlé par cette honorable assemblée, par sens du devoir quand, parfois, les excès verbaux à cette tribune me font penser que tant d'années pour avoir un peu d'humilité, de respect et de compréhension ne semblent pas avoir gagné l'esprit et le cœur de chacun. (Applaudissements).

Monsieur le président, je dois vous confesser que je ne tiens pas l'agenda du président de l'État d'Israël, M. Shimon Peres, et que je ne sais pas s'il était dans ses intentions de rencontrer l'un ou l'autre membre de votre honorable assemblée. Si tel n'est pas le cas, qu'on ne m'accable pas: je n'étais ni son secrétaire particulier ni l'organisateur de sa visite dans notre pays.

Plus sérieusement, chers collègues, toute attitude antisémite est absolument intolérable. J'ai rappelé au président de l'État d'Israël ma détermination sans faille de combattre de telles attitudes; comme je combats d'ailleurs toute forme de discrimination et de racisme. Et, avec moi, l'ensemble du gouvernement et, je le pense, la toute grande majorité de ce parlement.

Pour notre pays, ce combat revêt de multiples formes. Par exemple, le gouvernement veille depuis de nombreuses années à la sécurisation des institutions et bâtiments de la communauté juive de Belgique. Le président Pérès a salué le leadership de la Belgique dans la lutte contre l'antisémitisme. Il a aussi salué le travail de mémoire de la Belgique. Le président a particulièrement relevé la reconnaissance par la Belgique de la responsabilité de l'État belge dans la persécution des juifs de Belgique pendant l'Occupation. Bien entendu, chers collègues, la question du conflit israélo-palestinien a été longuement évoquée avec le président. J'ai rappelé que la Belgique plaide pour une reprise urgente des négociations de paix. Il faut rétablir le dialogue pour parvenir à une solution fondée sur la coexistence de deux États, l'État d'Israël et un État de Palestine indépendant, démocratique, d'un seul tenant et viable. J'ai également, au nom du gouvernement, exprimé ma vive préoccupation concernant la politique de colonisation qui a, par ailleurs, été condamnée par l'Union européenne et une grande partie de la communauté internationale. J'ai rappelé que c'est dans cet esprit que notre pays a voté, le 29 novembre dernier, en faveur de l'octroi à la Palestine du statut d'État observateur aux Nations unies. (Applaudissements).

Laurent Louis (indép.):

Monsieur le Premier ministre, je passe [sur] la mascarade du début de votre intervention et, puisque nous en sommes malheureusement là dans notre pays, je vous remercie d'avoir la gentillesse de respecter la démocratie en répondant à mes questions, même si celles-ci ne vous plaisent pas. Monsieur le Premier ministre, si, comme vous, je pense que l'antisémitisme est à combattre de toutes nos forces, je crois que l'antisionisme est positif et apportera un monde plus juste et plus éthique.

Mais ce que je constate, monsieur Di Rupo, c'est que le 14 mai 2013, nous célébrerons les 65 ans du conflit israélo-palestinien, 65 années de souffrance et d'oppression. Que nous dit Shimon Pérès dans la presse ? Qu'il faut patienter ! Eh bien, nous sommes impatients, paraît-il ! 65 années d'attente, est-ce de l'impatience ? Je me demande ce qu'attend Israël pour se retirer des territoires conquis par la guerre, car à force d'encercler la population palestinienne, à force de tuer cent Palestiniens pour un mort israélien ou un arbre détruit, il n'y aura bientôt plus de Palestiniens ! C'est peut-être l'objectif des sionistes et de ceux qui les soutiennent !

 

© Philosémitisme