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Contentieux palestino-israélien

Les Palestiniens - D'où viennent-ils? Que veulent-ils? Par l'Abbé Alain René Arbez
27/05/2013

 

 

[Cet article date d'octobre 2000. L'auteur me l'avait envoyé directement. Malheureusement, à l'époque, je n'avais pas encore de site ou de blog dignes de ce nom, si bien que ce texte est resté non publié. L'ayant retrouvé sur mon disque dur, je le mets en ligne, car il n'a pas pris une ride et il pourrait être utile à beaucoup en raison de sa clarté, de ses excellentes références et de son absence totale de visée polémique. Je recommande sa diffusion. Voir aussi sur ce thème : « Le grand bluff du nom "Palestine" : Petit rappel pour les "ignorants de bonne foi" ». (Menahem Macina).]

 

« Nous sommes le peuple palestinien, nous vivons ici depuis toujours, nous sommes chez nous, et nous ferons triompher nos droits… par la force s'il le faut! ».

Les cartes géographiques actuelles de plusieurs pays arabes, (y compris dans les livres scolaires des élèves des Territoires palestiniens) mentionnent le nom de PALESTINE pour toute la région qui va de la Méditerranée au Jourdain: Israël n'y figure pas! …

Cette affirmation de la palestinité résiste-t-elle à une analyse historique ? Est-elle ethnique ou religieuse? S'appuie-t-elle sur une réalité effective ou imaginaire ?

 

La Bible

Lorsque nous ouvrons la Bible, ancien ou nouveau Testament, nous voyons qu'il est question du pays des Juifs, de la Judée, d'Eretz Israel, et des pays voisins plus puissants et constamment envahisseurs. Mais pas de Palestine!

Le terme « Palestinien » est calqué sur celui de « Philistin »; c'est sous ce nom que la Bible évoque des populations situées dans une bande de terre côtière. Le problème, c'est que les Philistins de l'antiquité étaient des navigateurs venus des îles de la mer Egée; c'étaient des Grecs, pas des Arabes. Leur langue était une langue indo-européenne , mais pas une langue sémitique.

Or ceux qui revendiquent, seulement depuis 1967, la palestinité, sont issus de populations arabes et turques.

 

Yehuda

La première mention de « Palestine » ou Philistie, contrée peuplée de Philistins, remonte à Hérodote, quelque cinq siècles avant notre ère, mais cela ne vise en aucun cas l'ensemble du territoire des Juifs: celui-ci reste appelé YEHUDA, Judée, Juda, c'est-à-dire pays des Juifs, dans les édits et sur les pièces de monnaie frappées par les gouverneurs perses au 4ème siècle avant JC.

 

« Judea Capta »

A l'époque de Jésus de Nazareth et de ses disciples, tous Juifs, il y a deux mille ans, personne ne parle de « Palestiniens ». On ne connaît que les Philistins, peuple guerrier ennemi, venu de la mer, pas du désert. D'où l'absurdité anachronique de ces catéchismes qui nous parlent de « Jésus sur les chemins de Palestine »…

(Cela a permis entre autres à Arafat de développer le mythe d'un Jésus arabe palestinien, en parfaite harmonie avec le Coran, pour qui Jésus n'est qu'un prophète musulman.)

En 70 de notre ère, Titus, fils de l'empereur Vespasien, détruit le Temple de Jérusalem et opprime le peuple juif. Après cette époque, on trouve des pièces romaines représentant une femme juive en deuil, sous un palmier, symbole de la Judée: l'inscription est « Judea capta », la Judée conquise; ce n'est pas « Palestina capta »…

 

Palestina

C'est après la deuxième révolte juive contre Rome, en 135, que l'empereur Hadrien débaptise la Judée pour l'appeler PALESTINA, (du nom de la bande côtière philistine), tout comme il change, également, le nom de Jérusalem, qu'il a fait raser, en Aelia Capitolina. Si Rome interdit aux Juifs l'accès à leur capitale millénaire, pendant quelques décennies, en Judée/Palestine la majorité de la population reste néanmoins juive, malgré la présence de quelques colons grecs et romains, et peut continuer à vivre et à pratiquer ses coutumes sur sa terre ancestrale, Eretz Israel.

 

Les Byzantins

Le christianisme, qui a commencé à se développer dans les milieux juifs et chez les sympathisants du judaïsme, s'hellénise; une structuration de la pensée chrétienne s'opère avec les outils intellectuels de la philosophie grecque. Or, à la suite des premiers conciles d'évêques, en majorité orientaux, des exclusions sont prononcées contre les Juifs, sur la base d'élaborations théologiques douteuses, avec cette idée que l'Eglise s'est substituée à Israël, (« verus Israel ») et que toute la religion juive est rendue caduque par le christianisme. Pourtant, la plupart des Chrétiens de la base populaire restent en excellents termes avec les Juifs et participent fréquemment aux célébrations dans les synagogues; et c'est sans doute à cause de ces trop bonnes relations que, par crainte d'une influence concurrente du judaïsme, certains hiérarques et notables orientaux vont mettre une distance fatale en élaborant la notion de peuple « déicide », ce qui induira une longue suite de tragédies dans les siècles suivants.

La « conversion » de l'empereur Constantin à la foi nouvelle en 324 donne force de loi à ces regrettables attitudes de rejet, et un statut des Juifs, y compris en Terre Sainte, est promulgué. Mais cela n'affecte pas outre mesure la population judéenne et samaritaine, qui, majoritaire dans le pays, garde intacte la jouissance de ses terres durant cette période byzantine. Les Chrétiens ne dépossèdent pas les Juifs de leurs biens et ne répriment pas leur expression culturelle: c'est dans ce contexte que le Talmud est écrit. St Jérôme vient de Rome en Terre Sainte pour travailler auprès des rabbins à sa traduction latine de la Bible (Vulgate), avec le souci de respecter ainsi le plus possible l' « hebraica veritas », malgré l'hostilité de St Augustin à ce propos.

De nombreuses synagogues sont construites, particulièrement en Galilée, et l'approfondissement de la Mishna se poursuit, tandis que parallèlement les Pères de l'Eglise rédigent leurs réflexions théologiques et que prend forme ce qui constituera le droit canon ecclésiastique. Mais l'Eglise de Palestine, ayant interdit aux Juifs de vivre à Jérusalem, a aussi laissé transformer le site sacré du mont du Temple en dépôt d'ordures et en décharge publique. Les Juifs ne sont autorisés à entrer à Jérusalem qu'une fois par an pour pleurer sur la destruction du lieu sacré par les Romains.

 

L'avènement de l'Islam

La situation devient beaucoup plus grave lorsque, après cette période marquée par la coexistence avec les Chrétiens byzantins, les adeptes d'une nouvelle religion conquérante, l'islam, sortent de leur territoire, l'Arabie, aux 7ème et 8ème siècles. Et en très peu de temps, tels une invasion de sauterelles, pour reprendre l'expression du chroniqueur musulman Ibn Khaldoun, les Musulmans vont s'installer en Terre Sainte, en Egypte, en Syrie, au sud de l'Italie, en Afrique du Nord, en Espagne, en Arménie, en Anatolie, en Perse, en Inde, au prix de plusieurs génocides (généralement occultés par l'histoire officielle). Leur occupation de l'Espagne et de l'Arménie provoquera d'ailleurs en Occident une réaction qui déclenchera le processus de croisade.

À leur arrivée à Jérusalem, les Arabes s'emparent des espaces sacrés en y faisant construire deux mosquées (devenues tout récemment plus célèbres que jamais) sur l'emplacement même du Temple de Salomon reconstruit par Hérode. Ces œuvres d'un art appelé à tort « islamique » sont conçues et réalisées par des architectes et des artisans chrétiens ou juifs, recrutés par des conquérants ne connaissant encore que les campements bédouins en couverture de chameau…( c'est le début de l'appropriation par les Musulmans du riche héritage byzantin et copte au Proche-Orient.)

 

Juifs et Chrétiens opprimés

Si pendant des siècles, les Juifs subissent sur leur territoire ancestral les contrecoups d'un antijudaïsme chrétien (avec la présence des Byzantins, puis des Latins), en fait, ils souffrent surtout des conséquences de l'islamisation du pays, avec l'arrivée des occupants musulmans, arabes, puis ottomans. Il faut relever l'attitude hostile du patriarche chrétien de Jérusalem, Sophronius, en 638, qui, dans l'esprit de Jean Chrysostome, demande au calife de maintenir l'exclusion des Juifs de Jérusalem. Pourtant, celui-ci accepte qu'un quota de 70 familles s'y établisse.

Avec cette conquête par l'islam au 7ème siècle, la situation se dégrade dangereusement, aussi bien pour les Juifs que pour les Chrétiens, finalement soumis au même régime implacable d'infériorité (dhimmis): toutes leurs terres sont expropriées par le calife qui en devient le seul détenteur, au profit de la population musulmane (système du « fay »). Pendant la période de conquête, les campagnes sont gagnées par l'insécurité en raison des razzias bédouines, des déportations en esclavage des Juifs et des Chrétiens, et de ce fait, la désertification s'accélère. C'est dans cette conjoncture que les Musulmans imposent aux non-musulmans un vêtement discriminatoire rendant visible leur statut inférieur, lointain ancêtre de l'étoile jaune, et des décrets du 4ème concile du Latran (1215), contre les Juifs et les Musulmans en Europe.

En 1009, le sultan égyptien Al Hakim conquiert Jérusalem ; bien qu'issu d'une mère chrétienne, il s'acharne rageusement sur le tombeau du Christ, qu'il réduit en miettes. Mais Al Hakim ordonne aussi que les synagogues et les églises soient détruites, et que les Juifs et les Chrétiens soient persécutés; les Occidentaux doivent payer des rançons considérables pour protéger leurs droits et reconstruire le Saint-Sépulcre. Dans les décennies suivantes, les pèlerins qui venaient depuis des générations se recueillir sur les lieux saints sont agressés, mutilés (nez et oreilles coupés), emmenés en esclavage, islamisés de force.

Devant cet état de fait, des ligues de « légitime défense » se constituent en Occident pour tenter de donner une réponse collective à la situation d'ensemble qui s'aggrave de l'Espagne à l'Arménie. Les croisades sont lancées dans un but non pas expansionniste, comme on l'a souvent affirmé à tort, mais simplement pour reprendre aux Musulmans les terres chrétiennes qu'ils s'étaient appropriées par l'épée. Des troupes armées, constituées de pauvres gens, parfois organisées de bric et de broc mais déterminées par une cause juste, prendront dans le même élan la route de la Terre Sainte. Souvent épuisées par les attaques de brigands tout au long de leur périple, et confrontées à des barrages de cavaliers musulmans bien équipés, les croisades se donneront pour objectif (plus spirituel que militaire) de libérer le Tombeau du Christ, profané par les guerriers de Mohammed.

 

Chute civilisationnelle et oubli total

Pendant de longues périodes, la Judée et Jérusalem vont tomber dans l'oubli ; elles ne seront pas spécialement au cœur de la stratégie islamique, comme c'est, en revanche, le cas à l'époque moderne depuis quelques décennies.

Il faut signaler aussi que durant les douze siècles qui ont suivi l'islamisation du pays, la population globale en Terre Sainte a terriblement chuté: des trois à quatre millions de personnes vivant là du temps du Christ, on tombe, au 19ème siècle, à seulement trois cent mille âmes, soit le 1/10ème environ, surtout en raison des attaques permanentes de pillards, conformément à la tradition bédouine des razzias. C'est cette désertification humaine du territoire de Palestine qui amène le sultan à accueillir à la fin du siècle passé des contingents musulmans provenant de Bosnie et du Caucase, pour servir de population de repeuplement, et de main d'œuvre d'appoint au service des riches propriétaires syriens ou libanais, détenteurs de parcelles de terres ou de cailloux…

Quant aux « Arabes chrétiens » aujourd'hui présents dans ces territoires sous autorité palestinienne, ou en Israël, ils affirment volontiers être là « depuis toujours ». Le nationalisme panarabe est si impérieux qu'il les a instrumentalisés au service des revendications palestiniennes, au point qu'ils sont devenus, y compris dans leur mémoire, comme des supplétifs de la cause arabo-musulmane. L'histoire des rapports entre dominants musulmans et sujets soumis juifs ou chrétiens (dhimmis) nous fournit de multiples exemples de ce cas de figure dramatique car suicidaire pour les Chrétiens (voir récemment au Liban). En fait, ces Arabes chrétiens, dont certains croient sérieusement être les descendants des apôtres et des premiers disciples de Jésus-Christ, (pourtant tout ce qu'il y a de plus juifs !) sont, pour la plupart, originaires du Liban et de Syrie, et leurs familles, établies là au maximum depuis un siècle et demi, s'affirment implantées dans la région depuis l'antiquité la plus reculée.

 

Partition de la Palestine mandataire

L'ère des guerres coloniales va faire prendre un virage décisif à ces colonies ottomanes arabisées. Car les Anglais et les Français se disputent la domination du Proche-Orient. Après avoir infligé une défaite militaire aux Turcs en 1917, les Anglais sont présents en Terre Sainte jusqu'en 1948. En 1921, chargés par la Société des Nations d'un mandat sur la Palestine, ils vont effectuer le découpage de cet ancien territoire ottoman vaincu. C'est ainsi que les trois quarts du territoire de Transjordanie, à l'est du Jourdain (77%, exactement!) vont à Abdallah, fils du chérif de La Mecque, promu émir par les Anglais ; et seul le petit quart restant (23%) entre la Mer morte et la Méditerranée, est prévu comme territoire à partager encore entre les Arabes de Palestine et le futur foyer national juif! Par la suite, les Britanniques, et avec eux les Occidentaux, font tout pour freiner au maximum le retour des Juifs en Eretz Israel! Toutefois, lorsqu'un journal intitulé « Palestine » paraît à cette époque, les Palestiniens dont il est question sont des Juifs qui continuent d'affluer en Terre Sainte…

Sous l'impulsion des militants sionistes, et malgré de violentes oppositions arabes relayées en Occident, l'état d'Israël se fraye péniblement une place en 1948, avec l'aval des Nations unies. Mais les Arabes s'estiment encore dépossédés de leurs terres traditionnelles et refusent catégoriquement la partition territoriale proposée par les Nations Unies en novembre 1947. Les armées arabes voisines attaquent le jeune Etat d'Israël, avec pour objectif non pas de s'installer à ses côtés, mais purement et simplement de l'anéantir pour prendre tout l'espace qu'ils appellent PALESTINE et qui englobe Israël (thématique qu'on retrouve dès les débuts de l'OLP d'Arafat).

Jusqu'en 1967, les Arabes et les Musulmans de ces régions ne s'appellent pas encore « Palestiniens ». Ils tiennent à être reconnus comme une part de la Nation arabe, et de la oumma musulmane, ils se font alors appeler « Arabes de Palestine ». C'est la logique du panarabisme, dans lequel de nombreux chrétiens arabes sont mobilisés au service d'une cause qui va se diversifier en courants islamiques multiples, dont beaucoup seront de plus en plus violents, avec des légitimations coraniques.

 

Palestinisme

C'est seulement après 1967 – qui voit la défaite de la Jordanie et la libération-reconquête de Jérusalem-est ainsi que de la Judée-Samarie historique par les soldats de l'état hébreu – que naît le palestinisme, avec son argumentaire, son idéologie, ses militants, ses réseaux, et surtout, l'appui des progressistes européens. La Judée-Samarie (toujours appelée de ce nom par les Anglais jusqu'en 1948) reçoit soudain une dénomination inédite: « Cisjordanie », et est toujours présentée dans les médias arabes et occidentaux comme « territoire occupé ».

Dans les années 70, la Ligue arabe impose au Liban l'accueil de nouveaux réfugiés palestiniens; le cauchemar commence pour les régions chrétiennes du Liban ravagées par les agressions permanentes de commandos terroristes qui cherchent à déstabiliser le pays. Ces exactions palestiniennes menées par les rescapés de l'organisation terroriste « Septembre noir » (de Jordanie) iront jusqu'au meurtre du président maronite du Liban, Bechir Gemayel, en 1983, entraînant de la part des milices d'autodéfense libanaises des interventions désespérées et des débordements incontrôlés comme le triste épisode de Sabra et Chatila.

Dans le passé, aucun Etat palestinien n'a jamais existé, mais une propagande efficace a su imposer peu à peu ce concept à des opinions publiques habilement sensibilisées et mobilisées. Depuis des décennies, les groupuscules terroristes ne reculent devant rien pour revendiquer un territoire « palestinien », notion politique qui va au fil des années s'imbriquer et s'investir de plus en plus dans une problématique religieuse musulmane, avec l'exigence grandissante, mais tout à fait nouvelle, d'Al-Aqsa, comme incontournable lieu saint de l'islam… Jamais dans les siècles précédents, les mosquées de Jérusalem (Al Qods) n'avaient eu pareille importance symbolique!

A ce propos, rappelons que l'emplacement de l'ancien Temple est le seul et unique lieu saint du judaïsme, tandis que ce même espace, coiffé de deux mosquées et revendiqué par les Musulmans n'est que le troisième lieu saint de l'islam… Sous prétexte de s'en prendre au « sionisme », de faire cesser « l'occupation », de « rendre » à l'islam ses territoires, ses « lieux saints », son honneur, etc., les objectifs masqués ou avoués des diverses mouvances islamiques se rejoignent: c'est la destruction de l'Etat d'Israël qu'ils visent pour s'approprier ce qui est considéré comme terre d'islam.

 

Clés de compréhension

Pour comprendre ce qui se passe en Israël/Territoires sous autorité palestinienne, il faut donc des clés de compréhension non seulement historiques, mais également géopolitiques et géoculturelles: il est nécessaire de relier la politique locale du Moyen-Orient à ce qui se produit dans le reste du monde, où l'offensive islamique fait rage et gagne chaque jour du terrain. En Indonésie, pour ne prendre qu'un exemple parmi tant d'autres, plus de 10 000 chrétiens ont été massacrés depuis début 1999, dans leur propre pays, au nom du djihad; 400 000 ont dû fuir leurs îles, pour échapper aux tueurs d'Allah, de nombreux autres ont été convertis de force. Dans telle ou telle zone où se déploie une stratégie de l'islam, des attentats terroristes sont revendiqués au nom d'un groupe islamiste un jour, d'un autre le lendemain. Des instances officielles peuvent bien démentir tout lien de leur part avec ces actions, mais on voit clairement qu'il s'agit, derrière les exécutants, d'une opération d'envergure, orchestrée par-delà les mouvances et les appartenances locales au sunnisme ou au chiisme. (On a aussi pu constater, dans les Balkans, que des filières islamiques politico-mafieuses se sont implantées et poursuivent inexorablement leur phagocytage de l'Occident.)

 

Coexistence Israël/Palestine: respect mutuel.

Quoi qu'il en soit, les conséquences de l'histoire sur plusieurs siècles font que des populations arabo-musulmanes nombreuses sont maintenant présentes sur cette terre de Palestine. Déjà très favorisées par la partition initiale de l'ancienne Palestine mandataire, en 1921 – la moitié de la population de la Jordanie est « palestinienne » -, elles devront au minimum entrer avec réalisme dans le processus d'acceptation démocratique et pacifique d'une coexistence avec l'Etat d'Israël, dont la légitimité s'enracine très profondément dans cette région depuis les temps bibliques fondateurs, soit près de quatre mille ans auparavant.

Tant que ces populations seront traversées par des courants religieux niant par principe cette légitimité, et voulant s'approprier par l'intifada ou les attentats la totalité des terres, de la Méditerranée au Jourdain, (position du Hamas) l'avenir de la région restera hypothéqué par des rapports de force dont tout le monde se passerait bien. Peut-être s'en prendront-elles ensuite à la Jordanie, également « Palestine » il y a huit décennies! Israël a le droit de réexister, et l'Etat palestinien a le droit d'exister. L'avenir permettra-t-il un jour (?) l'émergence d'une confédération israélo-jordano-palestinienne réciproquement voulue ?

Mais d'autre part, on ne peut pas perdre de vue la relation entre les revendications expansionnistes de certains courants musulmans et l'avancée démographique fulgurante des populations islamiques. C'est vrai également pour les territoires européens de l'ouest, où au moins 20 millions d'immigrés musulmans (avec une intégration problématique) se rattachent à la même vision du monde; vision hégémonique dans laquelle, malheureusement, on rencontre la plupart du temps un mépris envers les Juifs et les Chrétiens dont la tradition coranique elle-même n'est pas indemne.

 

Synagogues, églises et mosquées

Il est clair qu'Eretz Israel a une place centrale dans la Bible commune aux Juifs et aux Chrétiens, et Jérusalem y est citée six cents fois. « Que ma langue reste attachée à mon palais si je t'oublie, Jérusalem! », dit le psalmiste. Les Chrétiens sont eux aussi directement concernés par le sort réservé à leurs frères aînés juifs, ainsi que par l'avenir de cette région unique au monde, terra sancta. Le mont du Temple est un lieu saint vital pour les Juifs; il est aussi par ses vestiges le témoin de la foi de Jésus, lui-même fervent pratiquant du Temple de Jérusalem. Un Jésus déjudaïsé ne serait plus qu'un pantin du panthéon, un gourou du New Age, ou un militant écolo-mondialiste.

 Les mosquées sont des lieux de culte respectables, (pour autant qu'on n'y prêche pas la haine des autres et la guerre sainte - le djihad) mais, comme les temples de l'hindouisme ou du bouddhisme, elles font partie d'un autre registre théologique, sans lien spirituel direct avec le judéo-christianisme. (Merci au Cardinal Ratzinger d'avoir rappelé récemment à certains théologiens hallucinés et naïfs que le Coran n'est pas la conclusion de la Révélation judéo-chrétienne ! Cf le document « Dominus Jesus »).

Quant à la destinée d'Israël dans les mois et les années à venir, tout est à craindre; car la mouvance ascendante dans les milieux islamiques, (au Proche-Orient comme dans certaines organisations d'immigrés musulmans d'Europe, bien relayées), c'est la ligne dure telle que la diffuse le Hamas, qui prône l'élimination d'Israël dans une charte insoutenable que les instances internationales auraient déjà dû condamner sévèrement.

Face aux critères modernes des droits de l'homme inspirés du Décalogue, toute religion est respectable, à condition qu'elle respecte elle-même les autres…

Dans le cas de l'islam, la plus grande lucidité et la plus grande détermination s'imposent donc, aussi bien de la part des Juifs que de la part des Chrétiens. Piégés par les idéologies molles de la tolérance à sens unique, nous risquons d'oublier que nous sommes en effet solidairement diabolisés par le Coran; non seulement la religion de Mohammed nous dépossède de nos propres traditions religieuses, mais, méprisant toute réciprocité, elle nous rejette en tant qu'infidèles par sa prétention intolérante (et intolérable) à soumettre l'univers entier aux lois d'Allah! (Lequel, n'en déplaise aux islamophiles en cour, n'a vraiment rien à voir avec notre Dieu de l'Alliance). Et il est clair que la charia elle-même n'est pas compatible, sur des points essentiels, avec la Déclaration universelle des Droits de l'Homme.

                           

© Alain René Arbez, prêtre.      

25.10.2000