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Christianisme

Pas de conversion des Juifs ...jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens
06/08/2013

 

Je remets en course aujourd'hui ces textes que j'avais mis en ligne ailleurs. Ils anticipaient ce que le cardinal Koch a déclaré, en mai 2013 au sujet de la conversion des juifs (voir « Le cardinal Koch évoque « la position délicate des catholiques quant à l'évangélisation des juifs »).

 

Octobre 2012

 

Jésus, dans les discours eschatologiques, a expliqué que la fin du monde sera précédée par l'évangélisation de tous les païens (Mc 13, 10).

Pendant ce « temps des païens » (pendant la durée de la mission chez les païens), une partie d'Israël est sauvée (n'oublions pas que l'Eglise primitive était essentiellement formée de Juifs devenus chrétiens), mais Jésus annonce qu'une partie d'Israël restera endurcie jusqu'au jour de la venue de Jésus, la Parousie, et leur maison (leur temple) sera vide (Lc 13, 35). Et en effet, l'Eglise primitive constata très rapidement un certain échec de sa mission auprès des Juifs (Cf. Actes des Apôtres).

C'est dans le cadre de cette vaste fresque biblique que Benoît XVI évoque la question du prosélytisme actuel.

Benoît XVI cite saint Bernard de Clairvaux qui au XII° siècle reprochait au pape Eugène III de ne pas suffisamment évangéliser les païens, précisant « pour ce qui concerne les juifs, tu as une excuse liée au temps » [1].

Benoît XVI cite aussi Hildegarde Brem, abbesse du monastère cistercien de Mariastern-Gwiggen en Autriche, qui, à la fin du XX° siècle s'inscrit dans la ligne de saint Bernard, et, commentant saint Paul « une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens » (Rm 11, 25) affirme que « l'Eglise ne doit pas se préoccuper de la conversion des juifs, parce qu'il faut attendre le moment préétabli par Dieu "jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens" » [2].

 

[1] Saint Bernard de Clairvaux, De consideratione ad Eugenium Papam (III, 1, 3), cité dans Sämtliche Werke, ed. Winkler, volume I (1990), p. 611-827.

[2] Hildegarde Brem Ep 363, cité dans Sämtliche Werke, ed. Winkler, volume I (1990), p. 834.

 

Résumé par F. Breynaert de : Joseph Ratzinger, Benoît XVI,

Jésus de Nazareth. De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection.

Parole et Silence, Paris 2011, p. 61-62

 

 

"Mission auprès des juifs"

 

Hildegarde Brem (mère abbesse du monastère cistercien de Mariastern-Gwiggen en Autriche, ndlr) commente ainsi ce passage:

« Dans la ligne de Rm 11,25, l'Eglise ne doit pas se préoccuper de la conversion des juifs, parce qu'il faut attendre le moment préétabli par Dieu "jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens". Bien plus, les juifs eux-mêmes sont une prédication vivante à laquelle l'Eglise doit renvoyer, parce qu'ils réalisent la Passion du Christ». (Ratzinger p.61)

 

Voir aussi : http://catholiquehebraique.wordpress.com/2011/03/21/dernier-livre-de-benoit-xvi-le-vrai-scoop-concernant-les-juifs-leglise-na-pas-a-les-convertir-au-christianisme/

 

Les juifs n'ont pas tué Jésus et ne peuvent être convertis

(résumé du livre de Benoît XVI)

http://www.lavie.fr/culture/livres/que-contient-le-2e-tome-du-jesus-de-benoit-xvi-09-03-2011-14779_30.php#4

Avant même la parution du livre, suite à des fuites, de nombreuses personnalités juives, en Israël ou en France, ont salué le fait que Benoît XVI disculpe les Juifs de la mort du Christ dans son ouvrage. En fait, il ne fait que reprendre le catéchisme de l'Eglise catholique qui impute aux chrétiens la responsabilité la plus grave dans le supplice de Jésus (§ 598). Le pape explique que le mot "Juifs" ne peut avoir un « caractère raciste » et rappelle que Jésus était juif. Seule fut en cause l'aristocratie du Temple. Benoît XVI indique comme coupable « le groupe des partisans de Barabbas, mais pas le peuple juif comme tel ».

Par ailleurs, selon le pape, l'exclamation que Matthieu impute aux habitants de Jérusalem – « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants » (Mt 27, 25) ne peut jamais être interprétée négativement: « ce n'est pas une malédiction, mais une rédemption, un salut. » Car pour le pape, le sang de Jésus « n'exige ni vengeance ni punition, mais est réconciliation ». Il laisse donc entendre que le sang de Jésus a racheté son peuple (p. 216).

Par ailleurs, le pape estime qu'il n'est pas possible de « convertir » les juifs au christianisme, et que ceci est renvoyé à l'horizon eschatologique de l'Histoire, lorsque tous les païens se seront éventuellement ouverts au Christ. Benoît XVI évoque longuement la question de la mission spécifique du peuple d'Israël et du rapport que les chrétiens doivent entretenir avec cette mission. Il part du verset énigmatique de l'Épître aux Romains (Rm 11, 25): 

«"Une partie d'Israël s'est endurcie jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens, et ainsi tout Israël sera sauvé". (…) En arrière-plan, nous avons toujours, à cet égard, la question concernant la mission d'Israël. Nous sommes aujourd'hui déconcertés devant les nombreux malentendus, lourds de conséquences, qui à ce propos ont pesé sur les siècles passés. Par une nouvelle réflexion, nous pouvons cependant reconnaître qu'au milieu de tous ces obscurcissements, la possibilité de mise en route d'une juste compréhension est toujours apparue.

Je voudrais ici me référer à ce que Bernard de Clairvaux conseillait, concernant cette question, à son disciple le pape Eugène III. Il rappelle au pape qu'il ne lui a pas été confié de prendre soin seulement des chrétiens: "Tu es également débiteur vis-à-vis des infidèles, des juifs, des Grecs et des païens". Toutefois, il se corrige immédiatement en précisant: "j'admets que, pour ce qui concerne les juifs, tu as une excuse liée au temps; un moment précis a été déterminé pour eux, que l'on ne peut pas anticiper. Les païens doivent les précéder dans leur totalité. Mais que dis-tu à propos des païens eux-mêmes? A quoi pensaient tes prédécesseurs pour interrompre l'évangélisation alors que l'incrédulité est toujours diffuse? Pour quel motif... la parole qui court avec rapidité s'est-elle arrêtée ? »

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Hildegarde Brem 
(mère abbesse du monastère cistercien de Mariastern-Gwiggen en Autriche, ndlr) commente ainsi ce passage:

« Dans la ligne de Rm 11, 25, l'Eglise ne doit pas se préoccuper de la conversion des juifs, parce qu'il faut attendre le moment préétabli par Dieu "jusqu'à ce que soit entrée la totalité des païens". Bien plus, les juifs eux-mêmes sont une prédication vivante à laquelle l'Eglise doit renvoyer, parce qu'ils réalisent la Passion du Christ" ». (p. 61).

 

Remarquable commentaire (en anglais) de cette problématique : http://www.ncregister.com/blog/jimmy-akin/pope-dont-evangelize-jews-really