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Europe et Israël

L'UE est-elle anti-Israël ou antisémite ? La réponse est claire. Analyse de Soeren Kern
08/10/2013

 

 

 

Article repris du site Europe Israel, 21 septembre 2013

  EurAntI2

Le fiel d'une Europe sectaire et fanatique : avec ses mesures d'exception contre Israël, l'UE montre sa vraie nature et son véritable projet.

L'UE est-elle anti-Israël ou antisémite ? La réponse est claire. Israël ferait mieux de rompre avec ce jeu de dupes qui mêle contrats de recherches scientifiques, chantage et diktat politique et qui met clairement son avenir en péril. Irrespirable et irresponsable Europe qui admet platement avoir besoin des compétences scientifiques d'Israël pour le projet Horizon 2020, mais qui met tout en œuvre pour « éradiquer l'entité juive ». Paradoxe d'une Europe que l'on croyait « guérie », mais qui exhale encore son éternel mépris et sa haine, comme au bon vieux temps. Au détriment des accords passés par la communauté internationale, y compris l'ONU, l'Europe moribonde et dhimmie veut dicter ses frontières à Israël. Israël doit impérativement en tirer les conséquences et vite.

Soeren Kern analyse les derniers développements avant la mise en oeuvre du projet Horizon 2020


« L'UE n'a pas imposé semblables critères à la Turquie, au Maroc, à la Chine ou à tout autre pays impliqué dans un différend territorial […] Ce qui aggrave encore la situation, c'est que l'Union européenne est en train d'abroger des accords qu'elle a signés et parrainés […]. Si l'Europe pense que les Juifs retourneront à l'époque où nous étions obligés de marquer nos produits, elle se trompe. La délégitimation de parcelles d'Israël par l'Europe est le nouvel antisémitisme ». – Ayelet Shaked, membre de la Knesset

Un groupe d'anciens dirigeants européens a appelé l'Union européenne à ne pas assouplir les nouvelles directives ni retarder leur mise en œuvre. Ces nouvelles règles sont destinées à interdire à l'UE de financer les institutions israéliennes dont les exploitations sont basées dans toute zone au-delà de la ligne verte, y compris Jérusalem – Est.[Green Line]

Dans une lettre du 16 Septembre [September 16 letter] adressée aux ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres de l'UE et à Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, 15 membres d'un soi-disant Groupe de personnalités éminentes européenne ont exprimé leur « grande préoccupation » face aux tentatives de « retarder, modifier ou encore suspendre les lignes directrices de la Commission européenne sur le financement des entités israéliennes dans les territoires occupés par Israël depuis Juin 1967 ».

La lettre, signée par des détracteurs de longue date d'Israël, dont :

– l'ancien chef de la diplomatie européenne, et secrétaire général de l'OTAN Javier Solana ;

– l'ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine ;

– et l'ancien ministre des affaires étrangères espagnol, Miguel Ángel Moratinos,

affirme que la » stricte application » des directives « sert à rappeler que l'UE ne reconnaît pas et ne soutiendra pas les colonies et d'autres faits illicites sur le terrain. »

Hubert Védrine et Javier Solana : détruire l'entité juive... 

Hubert Védrine et Javier Solana : détruire l'entité juive…

Les «principes directeurs» se réfèrent à une nouvelle directive [new directive]  - dont le titre exact est «Lignes directrices sur l'admissibilité des entités israéliennes et leurs activités dans les territoires occupés par Israël depuis juin 1967 en vue de subventions, prix et instruments financiers octroyés par l'UE à partir de 2014 » – et qui interdit aux organisations et aux institutions de l'UE de financer ou de coopérer avec les entités israéliennes basées en Judée et en Samarie, Jérusalem-Est, ou le plateau du Golan.

La directive – qui a été publiée le 19 juillet 2013 et qui prendra effet le 1er janvier 2014 – comporte l'exigence que tous les futurs accords entre l'UE et Israël soient assortis d'une clause selon laquelle Israël accepte la position de l'UE qu'aucun des territoires au-delà de la Ligne Verte n'appartient à Israël.

Inutile de préciser que les responsables israéliens ont rejeté la directive [rejected the directive] d'un revers de main et qu'ils refusent de signer quelque accord nouveau que ce soit avec l'UE comportant une telle clause.

Le problème a atteint son paroxysme après qu'Israël eût menacé d'annuler sa participation à l'initiative Horizon 2020 [Horizon 2020], un programme de coopération scientifique de 80 milliards € (110 milliards de dollars) parrainé par l'Union européenne.

L'UE et Israël sont censés bénéficier de l'implication d'Israël dans ce programme lucratif, qui commence le 1er Janvier 2014 et se déroulera sur une période de sept ans.

Israël, le seul pays non–européen à être invité à se joindre à l'initiative Horizon 2020, s'attend à investir 600 M € dans le programme et à recevoir 900 millions € en subventions de recherche et d'autres investissements. Pour sa part, l'UE va bénéficier de la recherche et de la technologie israéliennes, considérées comme surclassant largement les capacités de nombreux États membres de l'UE.

Les fonctionnaires de l'UE et d'Israël se sont réunis à Jérusalem le 10 septembre et à Bruxelles le 12 septembre pour des négociations visant à élaborer un accord qui permettrait de modifier les directives de l'UE de manière à ce qu'Israël soit en mesure de participer au projet.

Bien que les négociations qui ont lieu à Bruxelles se soient poursuivies pendant sept heures avec une dizaine de participants pour chacune des parties, les négociateurs de l'UE ont refusé d'amender leur position. A présent, on s'attend à ce que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou soulève la question directement auprès de Catherine Aston, le chef de la politique étrangère de l'UE.

Tout accord sur la participation d'Israël dans Horizon 2020 devrait être signé d'ici le milieu de novembre, et les négociations devraient se poursuivre d'ici-là.

Ainsi, le but apparent de la lettre du 16 septembre rédigée par le Groupe de personnalités éminentes européenne est de fournir à Ashton une couverture politique au maintien de sa position intransigeante vis-à-vis d'Israël.

En effet, la lettre exige, de manière stricte, que les nouvelles directives européennes soient appliquées à l'égard de l'initiative Horizon 2020. La lettre déclare:

« Nous vous exhortons à respecter cet engagement en soutenant les lignes directrices et leur pleine application par les institutions de l'UE, notamment en ce qui concerne les négociations en cours au sujet de la participation d'Israël à Horizon 2020 […] Si l'UE devait retarder ou suspendre les lignes directrices ou ne pas les appliquer pleinement dans l'accord avec Israël sur l'initiative Horizon 2020, cela pourrait miner davantage la confiance des Palestiniens envers le processus de négociation et leur capacité à poursuivre des pourparlers. Autrement dit, retarder ou suspendre les lignes directrices est de nature à compromettre les négociations – que nous voulons voir réussir – et ne les aiderait pas. »

La lettre constitue également une réponse au secrétaire d'Etat américain, John Kerry, qui a demandé à l'UE de suspendre la mise en œuvre de l'interdiction afin de montrer au public israélien le bénéfice qu'il y a à la poursuite d'un accord de paix avec les Palestiniens.

Le 7 septembre, Kerry a demandé la suspension lors d'une réunion à huis clos des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Vilnius, en Lituanie, où il a également discuté de l'état actuel des négociations, qui ont repris le 30 juillet, après un hiatus de près de trois ans.

Un haut responsable du Département d'Etat américain, qui participait aux pourparlers à Vilnius a dit [said]: « Il y avait un fort soutien pour ses efforts et un esprit d'ouverture et de considération pour ses demandes. » Mais Ashton totalement inflexible, a simplement dit que l'UE enverrait une équipe en Israël pour s'assurer que la mise en œuvre des nouvelles directives a été faite avec tact.

Ashton a également le soutien d'autres milieux. Le 11 septembre, un groupe de près de 500 universitaires européens a envoyé une lettre [letter] à Catherine Ashton, la pressant de ne pas modifier les nouvelles lignes directrices. La lettre stipule:

« Les rapports parus dans les médias, selon lesquels vous pensez atténuer les lignes directrices de l'UE ou en différer la mise en œuvre sur les colonies israéliennes ont choqué l'opinion académique en Europe et au-delà. Nous, et les près de cinq cents universitaires européens qui ont signé la pétition ci-jointe dans les dernières 48 heures, vous félicitons pour vos lignes directrices, et vous exhortons à ne pas les affaiblir ou les abandonner au premier signe d'objection d'Israël ou des Etats-Unis. Les principes sont les principes. Nous vous prions de vous en tenir aux vôtres.»

Un paysage de Judée-Samarie 

Un paysage de Judée-Samarie

Pour ne pas être en reste, un groupe d'intellectuels israéliens d'extrême gauche, des universitaires et des artistes ont également envoyé une pétition [petition] à Ashton en soutien des lignes directrices de l'UE sur le financement des entités israéliennes. Le document déclare:

« Notre gouvernement a menacé de mettre fin à sa participation au programme de recherche de l'UE – un geste qui serait, en premier lieu, au détriment d'Israël. Nous exhortons l'Union européenne à ne pas être induite en erreur par cette manœuvre tactique et d'insister sur la pleine application des directives lors de la négociation de la participation d'Israël à ce programme. »

Pendant ce temps, le Congrès juif européen (CJE) [European Jewish Congress (EJC)], un groupe de coordination des communautés juives d'Europe, dont le siège est à Paris, a critiqué les anciens fonctionnaires de l'UE pour l'envoi de cette lettre, la qualifiant de

« danger pour la paix car elle offre à l'une des parties une victoire politique sans avoir à faire de compromis et renforce le sentiment des Palestiniens qu'ils peuvent gagner plus en dehors des négociations que dans le cadre des négociations » .

Dans une pleine page de publicité publiée par le Financial Times [advertisement] de Londres, le 16 septembre, le président du CJE, Moshe Kantor, décrit les lignes directrices de l'UE comme « discriminatoires » et comme un reflet de « la volonté de l'UE de marquer des points politiques ». Et Kantor de poursuivre:

Alors qu'il existe plus de cent différends territoriaux dans le monde, l'Union européenne n'a exigé l'insertion d'une clause dans tous les accords remettant en cause le financement européen et la coopération avec les institutions qu'à propos d'une seule nation impliquée dans un différend territorial : Israël. Elle n'a pas imposé les mêmes exigences à la Turquie, au Maroc, à la Chine ou quelque autre pays impliqué dans un conflit territorial.

[…]

Ce qui aggrave davantage la situation, c'est que l'Union européenne est en train d'abroger des accords qu'elle a signés et parrainés. Les Accords d'Oslo, qui ont été à la base des négociations de paix [entre Israël et les Palestiniens], stipulaient expressément que le statut actuel des territoires et de ses habitants, ne serait ni modifié ni défini avant les négociations sur le statut final, à la table desquelles les parties sont récemment revenues.

Dans une interview donnée au Jerusalem Post, [Jerusalem Post], l'ambassadeur grec en Israël, Spiros Lampridis, a déclaré qu'il comprenait les objections d'Israël et son rejet de la clause territoriale parce qu'elle est par trop « explicite » :

« Si je me mets dans la peau des israéliens, je peux comprendre qu'ils ne veuillent pas signer », a-t-il dit. «C'est pourquoi notre tâche en tant que pays européens est de trouver des alternatives pour rendre la chose viable pour les deux parties. Nous ne sommes pas ici pour nous battre, nous sommes là pour coopérer, et si Israël ne peut pas coopérer avec l'UE, et vice- versa, cela signifie que l'UE n'est pas vraiment en mesure de comprendre l'importance d'Israël dans le cadre de la famille occidentale ».

D'autres Européens ont également fa         it preuve de sympathie pour la position israélienne. Le 17 septembre, le vice-président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, l'homme politique italien Fiorello Provera, a organisé ce qui a été décrit comme un colloque » historique » pour aider les députés à mieux comprendre les effets néfastes des politiques européennes en Judée et Samarie.

Le colloque [ conference], intitulé « Relations UE-Israël : Impact des nouvelles lignes directrices de l'UE sur Israël et leurs effets sur l'UE, les économies israélienne et palestinienne » – a eu lieu dans la salle du comité des Affaires étrangères au sein du Parlement européen.

L'événement a été suivi par 20 députés, des représentants des communautés juives de Judée et Samarie, l'ambassadeur d'Israël auprès de l'UE, David Walzer, et un large éventail de journalistes.

Membre de la Knesset pour le Parti du Foyer Juif, Ayelet Shaked, a dit aux politiciens européens présents à la conférence qu'elle craignait que l'évacuation des colonies de Cisjordanie et la création d'un Etat palestinien ne ait pour seul effet une augmentation des attaques de missiles contre Israël :

Le fait que l'Europe nous oblige à céder des terres, afin d'atteindre le type d'accord qu'elle juge opportun pour le Moyen-Orient, signifiera seulement que ces missiles continueront de pleuvoir sur Israël non seulement à partir de la bande de Gaza, mais aussi à partir de Qalqilya et Ramallah [villes palestiniennes de Cisjordanie].

Une brochette d'anciens hauts-fonctionnaires de l'UE. Robert Védrine au centre. 

Une brochette d'anciens hauts-fonctionnaires de l'UE. Hubert Védrine est le 2ème à partir de la gauche.

 

Si l'Europe pense que les Juifs vont revenir à l'époque où nous étions obligés de marquer nos produits, elle se trompe. La délégitimation par l'Europe de territoires entiers d'Israël est le nouvel antisémitisme. Le vieil antisémitisme a conduit à la destruction de notre peuple dans les chambres à gaz. Nous ne permettrons pas que le nouvel antisémitisme nous porte préjudice.

Un tel comportement crée chez les Israéliens le sentiment que l'Europe est perdue, qu'elle est occupée par les forces de l'islam radical. Si tel est le message que vous avez essayé d'envoyer, vous êtes allés droit au but. Je veux que vous compreniez que vous êtes importants pour nous. Nous tenons votre soutien en haute estime, mais vous ne pouvez pas nous pousser à nous suicider.

Shaked a également appelé à un changement dans la terminologie employée dans le contexte du conflit israélo-arabe.

« Il est temps de dire la vérité : La Judée et la Samarie ne sont pas des territoires occupés, mais des territoires contestés. C'est la vérité pour ce qui touche au droit international. »

Provera a résumé le colloque, en disant :

« les députés de cette maison [le Parlement européen] ne sont pas familiers avec les faits. Saviez-vous que les Juifs et les Arabes travaillent côte à côte dans les usines de Samarie ? L'idée de mettre la pression sur Israël et des sanctions pour le contraindre est inacceptable. Cela n'apportera pas la paix, mais ce ne peut que ramener le chômage aux Palestiniens, à la suite duquel, ils pourraient se tourner vers le terrorisme. »

 

Sources : Gatestone Institute – 20 septembre 2013 – Par Soeren Kern    Traduction Nancy Verdier.

http://www.gatestoneinstitute.org/3986/europe-anti-israel-anti-semitic

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