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Antisémitisme
Antisémitisme arabo-musulman

Le racisme anti-arabe n'est pas toujours où l'on croit… Par Shraga Blum
14/11/2013

 
Kerry


Article repris du site Israël Flash, 12 novembre 2013


Ainsi, si l'on en croit les avertissements adressés exclusivement et sans ambiguïté à Israël, « une 3e Intifada sera au rendez-vous si le processus de paix échoue », en d'autres termes, « si Israël ne fait pas les concessions nécessaires envers les Arabes palestiniens». Pis que cela, Kerry a même évoqué l'hypothèse « que tout le monde arabe se tourne vers la violence » si le conflit n'est pas résolu au plus vite, chacun étant témoin que le monde arabe est actuellement un havre de paix et de tranquillité ! A-t-il, par exemple, adressé un tel avertissement public à Abou Mazen [Abbas], le prévenant que, sans concessions historiques de sa part, il n'y aura jamais d'Etat palestinien ? Non. Cette attitude impatiente et offensante tranchait par ailleurs avec l'excès de patience et le ton précautionneux qui caractérisent ce même John Kerry face à l'Iran.

Ce genre de menaces en direction d'Israël, coutumier des chancelleries européennes et de la gauche israélienne, est ainsi repris par la diplomatie du pays dont le président était applaudi à tout rompre, il y a huit mois encore, par un parterre bien choisi d'étudiants israéliens, après qu'il leur ait lancé son fameux « Atem lo levad », « Vous n'êtes pas seuls ! ». Les propos de Kerry et ce qui se passe ces-jours-ci à Genève concernant l'Iran semblent prouver l'inverse.

Mais que se cache-t-il derrière ces avertissements du Cassandre venu de Washington ? Un axiome inconscient et bien répandu, selon lequel il est dans l'ordre des choses que les Arabes recourent aux menaces et à la violence si leurs exigences ne sont pas satisfaites. Comme si ces menaces, ce chantage et cette violence de la part des Arabes faisaient partie de leur ADN ! Il est vrai que l'histoire du monde arabe le fait penser, mais l'Occident a depuis longtemps adopté une attitude coupable en admettant ces traits  comme des éléments constitutifs de l'identité arabe, que l'on ne pourrait ni changer ni sanctionner. Au nom de ce postulat, empreint d'un relativisme culturel dangereux, il sera donc inutile de se dresser contre ces comportements, mais ce sera au contraire aux autres à s'y adapter et à s'y plier, et, dans le cas précis du conflit israélo-palestinien, ce sera à Israël d'agir de manière à ne pas contrarier ses ennemis ni provoquer des violences dont il serait par avance tenu pour responsable. Dixit Kerry.

Il s'agit-là d'une attitude occidentale de nature purement raciste, qui absout automatiquement des attitudes immorales et criminelles dès là qu'elles sont le fait de populations considérées comme consubstantiellement enclines à la violence, donc en marge de l'humanité « éclairée ». Sans oublier la problématique du complexe des anciens colonisateurs envers leurs anciens colonisés, qui entraîne une indulgence débordante de la part des premiers.

Il s'ensuit automatiquement une déresponsabilisation des individus considérés comme « non civilisés » et, à l'inverse, l'exigence imposée aux autres de prendre en compte ces données « immuables » et de s'y soumettre. C'est ce genre de schéma que l'on retrouve aujourd'hui en Europe occidentale face aux revendications de l'Islam, où autocensure et indulgence règnent en maîtresses pour acheter le calme social. Israël ne fait pas exception. Par exemple, la police de Jérusalem s'incline face aux menaces de violences musulmanes en limitant ou interdisant l'entrée de juifs sur l'Esplanade du Temple. Ce sont les mêmes réflexes qui entrent en jeu.

Par effet de miroir, cette mentalité a un corollaire inévitable dans l'attitude de l'Occident envers Israël, considéré, consciemment ou non, comme légataire d'un niveau élevé d'éthique universelle, originaire du Sinaï, dont ce même Occident dit s'inspirer, mais qu'il est incapable de traduire en actes. Dès lors, la communauté internationale attend de l'Etat juif un comportement exemplaire poussé à l'extrême, au point de lui dénier son droit à l'auto-défense, ou tout au moins de le réduire. C'est ainsi que les appels à « la retenue », à la « modération », aux « gestes de bonne volonté » et aux « concessions généreuses », seront invariablement adressés à Israël et non à ceux qui rêvent de l'éradiquer par tous les moyens, même les plus sanglants. Et de même que l'on considère comme normal qu'un Arabe tue, ou que des Arabes s'entre-tuent, l'idée qu'un juif puisse se défendre, et même parfois tuer n'entre pas dans les catégories de pensée de ceux qui ont l'habitude millénaire de voir les juifs jouer le rôle de victimes passives.

Ce sont là deux attitudes foncièrement racistes et injustes, puisqu'elles dénient aux Arabes comme aux juifs le droit d'être des individus comme les autres. Les premiers, catégorisés comme violents pas nature et ne pouvant donc être tenus pour responsables, les seconds, considérés comme garants d'une morale interprétée de manière démesurée au point de les réduire au rôle d'agneau professionnel en les privant des droits élémentaires d'autodéfense.

La question qui se pose alors est celle-ci : qui est réellement raciste et anti-Arabe ? Celui qui exige des Arabes une attitude que l'on attend de tout homme civilisé, ou celui qui les considère comme des sauvages par nature et leur passe tous les excès avec une indulgence coupable ?

John Kerry y a répondu sans ambiguïté et a résumé toute l'attitude de l'Occident face au monde arabe et à Israël. L'intransigeance irrationnelle envers Israël et l'indulgence à toute épreuve envers les Arabes palestiniens sont les deux facettes d'une même pathologie occidentale aux effets particulièrement pervers.


Shraga Blum

 

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