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Les « mille mots » du «New York Times», par David Efune
21/11/2013


Article original : « A Thousand Words from the New York Times », sur le
site Algemeiner.com, 20 novembre 2013

Traduction française : Menahem Macina

 

On dit qu'une image vaut mille mots. Donc, quand le New York Times a choisi, pour illustrer un article sur le meurtre brutal d'un jeune soldat israélien, une photo de la mère de l'assassin, je me suis demandé justement quels mots elle exprimait.

Certes, comme cela a été bien documenté, le problème du New York Times avec Israël va beaucoup plus loin que les photographies. Mais les photos sont un moyen extrêmement puissant de transmission des messages. Voici ce que, implicitement et de manière subtile, le New York Times, a transmis à ses lecteurs :

1. Les titres de la plupart des médias israéliens concernant le meurtre, étaient accompagnés d'une photographie extraite de la page Facebook de la victime, Eden Atias. Souriant, angélique, Eden ressemble à n'importe quel autre adolescent effronté, prêt à croquer la vie. Sauvagement poignardé à mort alors qu'il dormait dans un bus, sa vie a été brutalement interrompue. En refusant de publier la photo du visage grimaçant d'Eden, le Times a incité le lecteur à se détourner du crime. Atias est devenu un soldat de Tsahal, sans visage, véhiculant involontairement la charge intentionnelle fournie par ce titre. Le Times a détourné les lecteurs de la brutale horreur qui s'est produite et, par voie de conséquence, de ce qui, à l'évidence, a inspiré ce geste. Atias a été dépouillé de son humanité et du droit inhérent à sa condition : qu'on se souvienne de lui comme d'un jeune être humain innocent, dont le seul crime était d'être Juif.

2. L'image de la mère de l'assassin, de toute évidence angoissée, dit tout autre chose. Par contraste, au travers de sa mère, le meurtrier a été humanisé. Il a une mère comme vous et moi, et sa mère est affligée par ce que son fils a subi. Le lecteur est implicitement invité à s'interroger sur les griefs qui ont pu motiver l'acte meurtrier. Le lecteur est entraîné vers une ligne d'enquête qui cherche à se justifier et à exonérer le terroriste. On accorde à son crime ce qui n'est pas accordé à sa victime : l'humanité.

3. Plus encore, en affichant l'image du chagrin de la mère du tueur, le Times montre implicitement du doigt l'accusé. Parallèlement au titre de l'article [« L'attaque d'un Israélien aggrave les tensions avec les Palestiniens »], le message est tout à fait clair : les constructions israéliennes en Judée et Samarie sont la cause de l'affliction des Arabes palestiniens, et c'est ce mécontentement qui provoque les actes terroristes. La propagande haineuse instillée rageusement, goutte à goutte, depuis le berceau, dans le cerveau des enfants palestiniens, est absente du tableau. Par cette photo, le Times a subtilement désigné le coupable. L'accusé est l'adolescent mort et ce qu'il représente, et le véritable coupable est masqué par l'image humaine de la mère angoissée. L'image sert de feuille de vigne au crime impardonnable de l'incitation à la haine contre les Juifs.

Certes, la responsable éditoriale, Margaret Sullivan, a réagi à l'incident, mais seulement parce que le scandale public était trop étendu pour que le journal affecte de l'ignorer. « Des centaines de lecteurs m'ont écrit, ces derniers jours, pour protester contre l'utilisation considérable d'une photographie qui accompagnait un article du Times jeudi dernier », écrivait Sullivan dans un éditorial, ce mardi. Mais la réponse de Sullivan était nettement insuffisante. Tentant de se dédouaner en présentant l'incident comme une erreur isolée commise par une rédactrice moins chevronnée, elle concluait que « l'utilisation considérable de cette photographie était un malentendu occasionnel. »

Mais, en réalité, le New York Times est un délinquant en série.

En août de cette année, le journal publiait une photo, largement diffusée, de jeunes Arabes palestiniens, qui jettent régulièrement des pierres sur des Israéliens. Il n'y avait aucune photo des victimes tuées et estropiées par cette pratique ; seulement des images vulnérables d'adolescents palestiniens et de leurs familles.

En mars 2012, le journal publiait en première page une photo de soldats israéliens apparemment agressifs tirant des balles de caoutchouc sur des manifestants, mais il omettait de préciser qu'il ne s'agissait pas de tirs à balles réelles et que la photo remontait à un mois ; une fois encore, le Times choisissait de présenter les Israéliens comme des criminels.

En 2002, durant la seconde Intifada, le Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America (CAMERA), a réalisé une étude portant sur deux semaines de photographies du Times et a découvert ce qui suit:

« Durant la période de l'analyse, le Times a présenté un total de 18 photographies d'Israéliens (à l'exclusion de celles de dirigeants israéliens). Parmi elles, 7 avaient trait aux suites d'explosions-suicide, et seules 2 d'entre elles figuraient en première page.

En contraste saisissant, 45 photographies montraient des Palestiniens en posture de victimes, et des Israéliens en posture d'agresseurs, ou des Palestiniens terroristes-suicide et leurs familles, 11 de ces photographies figuraient en première page (à l'exclusion de photos de dirigeants palestiniens.) »

Il y a un problème récurrent avec la couverture des événements concernant Israël par le New York Times. Mais aujourd'hui, avec la prolifération des sites de médias sociaux, le journal ne peut plus se cacher. Chaque fois que les éditeurs-photos sèment la pagaïe, les lecteurs les rappellent à l'ordre. Le New York Times a le choix : bien comprendre la situation, ou perdre jusqu'au dernier semblant de crédibilité sur les questions relatives à l'Etat juif.

 

© David Efune* et Algemeiner.com

 

* L'auteur est Rédacteur en chef de The Algemeiner, et directeur du GJCF. On peut lui écrire à defune@gjcf.com.