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Éditorialistes
Pipes, Daniel

L'Islam et ses schémas de pensée involontaires, par Daniel Pipes
Daniel Pipes
16/03/2014

The Washington Times
10 mars 2014

Version originale anglaise: Islam's Inadvertent Patterns

Adaptation française: Johan Bourlard


Comment l'Islam façonne-t-il la vie des musulmans ? Les prescriptions religieuses officielles sont à la base d'une structure beaucoup plus large d'habitudes qui donnent aux règles formelles de l'islam une portée aussi inattendue qu'imprévue. Quelques exemples :

Par l'interdiction formelle de la consommation de porc, le Coran a entraîné une disparition presque totale des cochons domestiqués dans les régions à majorité musulmane au profit des moutons et des chèvres. Ces derniers ont provoqué un surpâturage qui a conduit, comme l'a fait remarquer le géographe Xavier de Planhol à un « déboisement catastrophique » qui a été à son tour « une des raisons fondamentales de la nudité particulièrement sensible des pays islamiques méditerranéens ». On remarquera cette progression des injonctions coraniques sur le plan alimentaire jusqu'à la désertification sur de vastes étendues de terres. Le prescrit du texte sacré n'avait pas pour intention de provoquer des dommages écologiques mais c'est ce qui est pourtant arrivé.

L'exigence inaccessible des normes définies par l'islam quant au comportement des gouvernants s'est traduite dans l'histoire par le fait que les dirigeants en place, par leurs nombreux défauts, se sont aliéné leurs sujets musulmans qui ont, en retour, refusé de servir ces dirigeants dans l'administration et l'armée, forçant les gouvernants à rechercher du personnel ailleurs. Avec pour conséquence un déploiement systématique d'esclaves dans l'armée et l'administration, générant ainsi une façon de gouverner qui, apparue au VIIIe siècle, allait durer un millénaire.

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Les Janissaires de l'empire Ottoman ont été le corps d'esclaves soldats le plus important et détenant le record de longévité.


Le sentiment de supériorité musulmane et le mépris pour la foi et la civilisation des autres instillés par la doctrine islamique ont eu deux implications majeures à l'époque contemporaine : ils ont fait des musulmans les groupes les plus rebelles au pouvoir colonial et les ont empêchés de s'inspirer de l'Occident pour se moderniser.

Les textes sacrés de l'islam inculquent également envers les non-musulmans une hostilité qui en retour engendre le sentiment que les non-musulmans nourrissent une hostilité semblable envers les musulmans. À l'époque contemporaine, cette projection a produit une sensibilité certaine aux théories du complot qui ont eu de nombreuses conséquences pratiques. Par exemple, parce que les musulmans sont les seuls à craindre que le vaccin contre la polio rende leurs enfants stériles, la polio est réellement devenue un fléau propre aux musulmans de 26 pays.

Le pèlerinage annuel à la Mecque, le hajj islamique, a commencé au VIIe siècle comme coutume locale avant de devenir un rassemblement international favorisant les échanges de tout type, depuis les idées islamistes et les mouvements politiques (l'Idrissiya en Libye) jusqu'aux produits de luxe (ivoire), aux plantes (caoutchouc vers l'Asie du Sud-Est, riz vers l'Europe) et aux maladies (méningococcies, infections de la peau, diarrhées infectieuses, maladies transmissibles par le sang, infections de l'appareil respiratoire et peut-être aussi le tout nouveau coronavirus MERS-CoV).

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Le hajj, à l'origine cérémonie locale, s'est mué en événement international témoin de nombreux échanges.


D'autres injonctions de l'islam ont aussi des implications involontaires négatives sur la santé. L'impératif de modestie a amené certaines femmes musulmanes à se couvrir entièrement la tête et le corps (niqabs et burqas), ce qui engendre une carence en vitamine D, décourage l'exercice physique et entraîne toute une série de problèmes médicaux, notamment les éruptions, les maladies respiratoires, le rachitisme, l'ostéomalacie et les scléroses multiples.

Le jeûne diurne du Ramadan conduit souvent les musulmans pratiquants à bouger moins et à « se suralimenter lors de la rupture du jeûne, en consommant des repas généralement composés d'aliments lourds, gras et riches en calories », selon le responsable de l'Emirates Diabetes Society. Une enquête menée à Djeddah, en Arabie Saoudite, a montré que 60 pourcent des personnes interrogées disent se trouver en excès de poids au terme du Ramadan.


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Paradoxalement, le Ramadan est un mois de jeûne mais aussi de suralimentation.


La préférence pour les mariages entre cousins germains, qui rappelle les pratiques tribales préislamiques (dans le but de maintenir les richesses au sein de la famille et de bénéficier de la fertilité des filles) a produit en l'espace d'environ cinquante générations une consanguinité largement répandue aux conséquences négatives comme un taux environ deux fois plus élevé de troubles d'ordre génétique tels que la thalassémie, l'anémie à cellules falciformes, l'amyotrophie spinale, le diabète, la surdité, le mutisme et l'autisme.

Par rapport aux femmes, les injonctions concernant le mahram [homme de la parenté avec qui la femme ne peut se marier, NdT] auxquelles s'ajoute un statut social et légal nettement défavorable, ont créé des schémas comportementaux aussi inattendus que l'isolement physique, l'obsession de la virginité, les crimes d'honneur, les mutilations génitales féminines ainsi que l'apartheid du genre (à la mode saoudienne). La polygamie crée une anxiété permanente chez les femmes.

Les orphelins jouissent d'un statut honorable dans la loi islamique (kafala) mais cet honneur étant lié à une structure tribale incompatible avec la société moderne, les orphelins musulmans subissent à l'heure actuelle des discriminations persistantes, même parmi les musulmans vivant en Occident.

Les textes sacrés de l'islam ont fourni une base à partir de laquelle se sont développées d'autres attitudes-types, notamment : fondation de dynasties par conquête et non par renversements internes ; problèmes récurrents de succession dynastique ; pouvoir menant à la richesse et non l'inverse ; quasi-absence de gouvernements à l'échelon municipal ; gestion inadéquate des villes ; lois résultant de décisions de circonstances au lieu de législations officielles ; transferts d'argent fondés sur le hawala et pratique des attentats suicides.

Les schémas de pensée involontaires, parfois appelés [en anglais] Islamicate, changent selon les époques. Certains (comme les esclaves soldats) finissent par disparaître et d'autres (comme la polio) ne font que commencer. Ces schémas demeurent aussi puissants aujourd'hui que par le passé et constituent la clé de compréhension de l'Islam et de la vie musulmane.


© Daniel Pipes