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Islam
Intimidation islamiste

Des islamistes infiltrent des écoles à Hambourg
Soeren Kern
13/05/2014

Allemagne : Des islamistes infiltrent des écoles à Hambourg, Par Soeren Kern


Article traduit par Menahem Macina, de l'original anglais en ligne sur le site du Gatestone Institute, 13 mai 2014


Un document avertit qu'un nombre croissant d'élèves de Hambourg sont influencés par une propagande islamiste et s'avèrent perméables à un Islam radical et à la vénération des combattants djihadistes en Syrie.


Les problèmes de Hambourg attirent à nouveau l'attention sur la croissance alarmante du salafisme en Allemagne. Les salafistes déclarent ouvertement qu'ils veulent remplacer la démocratie en Allemagne (et dans le monde entier) par un gouvernement islamique sunnite, fondé sur la Sharia [loi islamique].

Des musulmans radicaux imposent des normes et des valeurs islamiques dans les écoles primaires et secondaires de Hambourg, la deuxième plus grande ville allemande, affirment des responsables de l'enseignement, qui demandent une intensification de la surveillance des groupes salafistes qui, estime-t-on, appuient ces efforts d'islamisation.

Selon des rapports de médias allemands, on estime qu'au moins 25 écoles de Hambourg ont été infiltrées par des salafistes et d'autres groupes musulmans fondamentalistes. Mais des politiciens locaux appartenant au Parti Social-démocrate (SPD) au pouvoir – engagé, dans la propagation du multiculturalisme à Hambourg – ont refusé de révéler précisément quelles sont les écoles affectées. Aujourd'hui, pour la première fois, un rapport confidentiel a "fuité" et est venu à la connaissance du journal Bild, dévoilant les noms des écoles qui sont aux prises avec ce problème. Ces écoles où des islamistes fanatiques « mènent une guerre religieuse » contre des enseignants non musulmans et des élèves, sont situées dans plusieurs quartiers de la ville, révèle le document, mais la situation à Mümmelmannsberg, dans la partie-est de Hambourg, est « particulièrement choquante », car l'école y est « la cible d'une stratégie concertée » par des islamistes en vue de recruter de nouveaux adeptes.

Des enseignants et des responsables d'écoles disent que les efforts déployés par des fondamentalistes musulmans pour diriger les écoles « selon leurs règles propres » se sont accrus ces derniers mois, et l'on suppose généralement que ce document a été "fuité" par quelqu'un qui cherche à contraindre les autorités à prendre des mesures plus énergiques.

Entre autres exigences, on fait pression sur les proviseurs pour qu'ils mettent des salles de prière à la disposition des élèves musulmans qui se réunissent de plus en plus souvent pour prier et scander des slogans islamiques sur les terrains de jeu des écoles. Des filles demandent d'être exemptées des cours de gymnastique et de natation, et font l'objet de harcèlement afin qu'elles s'habillent conformément aux normes islamiques. Des enseignants de l'école de quartier Öjendorf et de l'école primaire An der Glinder Au affirment que certains parents musulmans se voient demander par d'autres musulmans de s'assurer que leurs filles s'habillent conformément aux standards islamiques. La pression pour la conformité à ces normes est « particulièrement grande » dans l'école de quartier Mümmelmannsberg, où des enseignants ont constaté l'existence de sexisme, de coercition vestimentaire et des cas de violence d'origine religieuse.

Selon le rapport, les élèves de l'école du district de Bergedorf, dans le sud-est de Hambourg, provoquent fréquemment « des confrontations verbales agressives », qui ont une « orientation et une influence salafistes » claires. Des incidents similaires ont été signalés dans des écoles des districts de Hamm et Stellingen.

Ces dernières allégations reflètent celles contenues dans un document distinct – intitulé « Situations conflictuelles à coloration religieuse dans des écoles de Hambourg » [Religiös gefärbte Konfliktlagen an Hamburger Schulen], daté de décembre 2013 –, qui a été "fuité" pour un journal allemand d'information, en février 2014.

Le document émane du Landesinstituts für Lehrerbildung, un institut officiel de formation des enseignants. Malgré le refus des autorités de Hambourg de le rendre public le document, des extraits en ont été publiés par le Hamburger Morgenpost, le 17 février.

Le texte avertit qu'un nombre croissant d'élèves de Hambourg sont influencés par une propagande islamiste et s'avèrent perméables à un Islam radical et à la vénération des combattants djihadistes en Syrie.

Selon le Hamburger Morgenpost, des islamistes font pression sur des étudiantes pour qu'elles portent un foulard et ‘sèchent' les cours de natation. Des enseignants sont l'objet de menaces de violences, pour des motifs religieux ; ils sont assaillis d'exigences incessantes concernant « la nourriture, l'éducation physique, les moments de prière à l'école », ainsi que le contenu de l'enseignement religieux.

Les filles ne sont « pas autorisées à danser ou à jouer » et « il leur est interdit de participer à des voyages scolaires ». Des enseignants on constaté que « les bloc-notes de certains élèves étaient remplis de propagande salafiste radicale particulièrement violente ». Le rapport relate le cas d'un étudiant Alevi [une secte de l'Islam shiite] qui a subi de telles violences de la part de ses camarades de classe sunnites, que ses parents l'ont changé d'école.

Des parents radicalisés exigent des « moments de prière dans les salles de classe », et des jeunes « organisent spontanément des groupes de prière dans des emplacements scolaires bien en vue, dans l'intention expresse de provoquer la confrontation. » Les efforts pour mettre un terme à ces prières sont inefficaces parce que les étudiants musulmans invoquent le « droit constitutionnel à la liberté religieuse. »

Le document affirme que les enfants issus de milieux défavorisés sont particulièrement réceptifs à la radicalisation, et que la guerre en Syrie alimente la ferveur religieuse dans les écoles, au point que les djihadistes sont vénérés. Une école déclare que « la tension et l'inquiétude sont palpables », et a demandé de l'aide aux autorités allemandes.

Un article publié par un autre journal de Hambourg, le Hamburger Abendblatt, explore en profondeur la tactique de pression utilisée par les islamistes dans les écoles de Hambourg. Il fait état d'indices nombreux montrant que le problème est beaucoup plus important qu'on ne le croit, en partie parce que de nombreux enseignants et responsables scolaires ont peur de signaler les incidents d'intimidation, de harcèlement, de menaces et de mauvais traitements.

Dans une certaine école, après avoir été menacé par des étudiants musulmans radicaux, un enseignant avait voulu organiser une rencontre entre parents et maîtres. Mais, à la dernière minute, deux de ses collègues, qui avaient été menacés eux aussi, ont renoncé à participer par peur des étudiants. Résultat : les mesures disciplinaires ont été abandonnées. On a dit à l'enseignant que le comité de prévention de la violence du Conseil de l'école ne pouvait pas l'aider. « La menace potentielle est importante, le système est impuissant », dit-il. « Il devrait y avoir des règles et des mesures de protection claires ».

Dans une autre école située dans l'autre partie de Hambourg, un ancien professeur dit que, dernièrement, il a pu observer que les élèves de sexe féminin avaient adopté un code d'habillement islamique. « Leur comportement a aussi changé », dit-il, « et elles ressemblent à des "veuves noires" [femmes terroristes-suicide à l'explosif, du Caucase].

Les autorités de Hambourg – qui, en novembre 2012, avaient conclu un « traité historique » avec la communauté musulmane de la ville, qui compte 200.000 âmes – ont minimisé les problèmes, en les décrivant comme des « incidents isolés ». Ties Rabe, sénateur de Hambourg, qui est responsable des écoles de la ville, a publié, le 21 février, une déclaration, disant que le salafisme n'était pas le bienvenu dans les salles de classe et que les étudiants à problèmes pourraient être exclus de l'école. Mais il a aussi fait reposer sur les enseignants la responsabilité de « garantir une coexistence pacifique sur le terrain scolaire ».

Les problèmes de Hambourg attirent à nouveau l'attention sur la croissance alarmante du salafisme en Allemagne. Les salafistes, dont les origines sont en Arabie Saoudite, déclarent ouvertement qu'ils veulent remplacer la démocratie en Allemagne (et dans le monde entier) par un gouvernement islamique sunnite, fondé sur la Sharia.

Selon les services allemands du renseignement, le nombre de Salafistes engagés en Allemagne dépasse aujourd'hui les 5.500 : il était de 4500 en 2012 et de 3.800 en 2011.

Quoique les salafistes ne constituent qu'une fraction des quelque 4.3 millions de musulmans en Allemagne, les autorités s'inquiètent de ce que la majorité de ceux qui sont attirés par l'idéologie salafiste sont de jeunes musulmans impressionnables, qui sont particulièrement susceptibles de commettre des attentats-suicide au nom de l'Islam.


L'Allemagne a interdit plusieurs groupes musulmans salafistes – « DawaFFM », « Islamische Audios », « An-Nusrah », « Millatu Ibrahim », « Hizb ut-Tahrir »  dont elle dit, qu'ils veulent « renverser la démocratie et installer un système fondé sur la Sharia, ou loi islamique ».

L'ancien ministre allemand de l'Intérieur a affirmé, en mars 2013 : « le salafisme […] est incompatible avec l'ordre de notre démocratie libre. Le but de ces groupes est de transformer notre société de manière agressive et belliqueuse de sorte que la démocratie soit remplacée par un système salafiste, et que la Sharia se substitue à l'état de droit. »

Hans-Georg Maaßen, le directeur du Renseignement intérieur de l'Allemagne, Bundesamt für Verfassungsschutz (BfV), affirme que la menace que constitue le salafisme pour l'Allemagne augmente, et il avertit qu'à moins que le gouvernement ne « prenne des mesures décisives contre les islamistes violents, les groupes salafistes « continueront à se développer et que la menace de violence augmentera ».

Unecente analyse parue dans le Hamburger Abendblatt montre que le salafisme se porte bien en Allemagne. Le nombre de ses adeptes s'accroît dans tous les secteurs du pays, en partie du fait de jeunes musulmans qui sont radicalisés par la guerre en Syrie. Les salafistes allemands collectent aussi des fonds considérables pour plus de 300 djihadistes qui combattent actuellement le gouvernement syrien.


© Soeren Kern *



Soeren Kern est membre expert du Gatestone Institute, dont le siège est à New York. Il est aussi membre expert en Politique européenne du Groupe d'Études Stratégiques, situé à Madrid. On peut le retrouver sur Facebook et sur Twitter.