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Contentieux palestino-israélien

Obama va-t-il continuer à servir de bouclier aux barbares du Hamas qui sont à nos portes?
Isi Leibler
12/08/2014

Texte original anglais “Will Obama keep shielding Hamas barbarians at our gates?, sur le site du Jerusalem Post, 3 août 2014


[Bien qu'il date un peu et qu'entre temps les choses ont quelque peu changé sur le terrain, puisque un nouveau cessez-le-feu de 72 heures est entré en vigueur depuis 24 heures, j'ai cru intéressant de traduire les réflexions de cet éditorialiste engagé et passionné, qui croit à la réalité de l'incident révélant une brouille profonde entre Israël et l'Administration Obama. On n'est bien entendu pas obligé de partager sa vision pessimiste des choses, mais il faut l'entendre. Merci à Giora Hod de m'avoir signalé ce texte. (Menahem Macina).]


Si les États-Unis récompensent le Hamas en voulant faire cesser le blocus ou en les finançant sans démilitarisation, ce sera une trahison à notre égard.


Les États-Unis sont le plus important allié d'Israël. Ils nous ont fourni des armes, et voici juste une semaine [fin juillet], ils nous ont accordé un financement supplémentaire pour améliorer les performances du système de défense anti-missiles Iron Dome (dôme de fer). Ils ont également usé de leur influence politique pour faire échouer l'adoption de résolutions hostiles et de sanctions au niveau international.

Mais nous ne devons pas nous faire d'illusions. La relation américano-israélienne est sous grande tension. En dépit des déclarations sibyllines des gouvernements israélien et américain, niant la véracité des extraits d'une conversation téléphonique empoisonnée entre le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le Président Barak Obama, le rédacteur en chef hautement respecté du département étranger de la chaîne de télévision Channel One, Oren Nahary, défend fermement son reportage ; il maintient que sa source - un haut fonctionnaire américain – est crédible, et que l'information ne provient pas du bureau du Premier ministre [israélien].

Le Président américain aurait réagi en disant que ce n'était pas à Netanyahu de dicter à l'Amérique quels pays devaient agir en tant que médiateurs. Quelques jours plus tard, Nancy Pelosi, chef de file de la minorité au Congrès, a accrédité cet échange en disant sur CNN que les États-Unis devraient coopérer avec les Qataris qui, dit-elle « m'ont affirmé à maintes reprises que le Hamas est une organisation humanitaire ». Il est ahurissant qu'un dirigeant démocratique du Congrès puisse qualifier d'« humanitaire » une organisation génocidaire ayant des objectifs similaires à ceux d'al-Qaïda, et dont la charte appelle explicitement à la destruction d'Israël et au meurtre des juifs.

Il y a eu également des échanges tendus entre le bureau du Premier ministre et le Secrétaire d'État américain John Kerry, désormais tristement célèbre pour ses commentaires inappropriés et ses déclarations contradictoires.

Les deux parties ont fait des efforts pour calmer la tempête. Les hauts fonctionnaires américains ont réaffirmé leur soutien à Israël et soutenu à nouveau son droit à se défendre. Avec quelque retard, le président Obama a emboîté le pas aux Européens et fait de la démilitarisation de la bande de Gaza une question qui devrait être négociée en liaison avec la levée du blocus après la cessation des hostilités.

Mais il est indiscutable que le Président Obama a, consciemment ou non, servi de bouclier au Hamas. Ce n'est pas un conflit dans lequel les États-Unis doivent jouer le rôle de médiateurs ou même faire allusion à une équivalence morale. Ce conflit nous a été imposé par un groupe terroriste qui promeut la culture de la mort et du martyre, laquelle s'exprime dans le slogan souvent cité: « Les Juifs veulent la vie alors que nous voulons mourir en martyrs ». Nous avons affaire ici à une entité qui veut l'indépendance. C'est un conflit entre le bien et le mal.

On se fût attendu à ce que notre allié impute la responsabilité de la mort des victimes aux marchands de mort du Hamas qui prennent pour cibles des citoyens israéliens et causent des victimes à leur propre peuple qu'ils utilisent comme boucliers humains en les exhibant avec joie devant le monde comme des victimes de la tyrannie israélienne.

Au lieu de cela, le Président Obama a pris les devants en soutenant hypocritement notre droit à nous défendre, tout en nous reprochant de réagir de manière disproportionnée en ripostant contre la source des tirs de missiles, et les postes de commandement qui sont délibérément imbriqués dans les bâtiments de l'ONU, les écoles, les hôpitaux et les mosquées. Les scènes sanglantes de victimes palestiniennes, mises en relief par les médias mondiaux auraient dû être présentées dans le contexte de la responsabilité du Hamas qui a délibérément orchestré ce cauchemar. Au lieu de cela, le comportement du Président Obama a tout simplement encouragé le Hamas à poursuivre sa stratégie barbare, persuade qu'il est que les États-Unis le sauveront des machoires de la défaite et le récompenseront de son engagement dans le terrorisme.

Dans ce contexte, les éructations clairement synchronisées de la Maison Blanche, du Département d'État, et même du Pentagone, juste avant l'annonce du cessez-le-feu mort-né de 72 heures, condamnant Israël pour les victimes civiles, en ce compris le bombardement d'une école de l'UNRWA à Gaza, comme « indéfendables » et « totalement inacceptables », avaient clairement pour but d'obtenir le soutien du Qatar et de la Turquie.

Les États-Unis savent parfaitement quelles mesures extraordinaires, sans équivalent dans quelque conflit armé que ce soit, ont été prises par Israël pour réduire au minimum les pertes civiles. Mais des civils innocents meurent au cours d'une guerre – et a fortiori dans des circonstances où des femmes et des enfants sont utilisés comme boucliers humains et délibérément logés dans le voisinage immédiat de lanceurs de missiles et de postes de commandement. Quand les soldats israéliens sont pris sous le feu de terroristes, même si ces tirs proviennent d'écoles, ils doivent riposter, ou être tués. En outre, des accidents sont inévitables. Il sufit de se remémorer les milliers de civils français innocents tués par les Alliés durant l'invasion en 1944.

Pour prendre la mesure du deux poids deux mesures et de l'hypocrisie dont nous sommes victimes, les États-Unis devraient tenir compte des centaines de milliers de civils innocents tués par les forces de la coalition au cours de la guerre d'Iraq et en Afghanistan, ainsi que le carnage causé en Serbie par les bombardements indiscriminés de civils par l'OTAN, à Belgrade, pour venir à bout de Milosevic.

La tragédie des victimes palestiniennes innocentes nous attriste tous. Mais il est révoltant de voir le Président américain exprimer plus d'indignation pour la mort de 1 500 Palestiniens, dont une grande partie sont des terroristes sanguinaires, que pour les 180 000 Syriens massacrés dans la guerre civile en cours dans ce pays.

Il est absolument inacceptable de condamner un allié de longue date. Comment les États-Unis peuvent-ils justifier leur focalisation sur la perte de vies innocentes sans prendre en considération le contexte et en s'abstenant de jeter le blâme sur le Hamas qui exulte de massacrer tant les Israéliens que son propre peuple, dont il exploite ouvertement les souffrances pour discréditer Israël et détourner l'attention de ses activités terroristes? Cela rappelle l'expression sarcastique – souvent citée - de Golda Meïr, selon laquelle « la paix adviendra quand nos adversaires aimeront leurs enfants plus qu'ils nous haïssent ».

Israël doit rester ferme. Le choc public causé par la découverte des tunnels terroristes et celle de l'extension de la portée des missiles qui couvrent désormais tout le pays, a réalisé l'union du peuple d'une manière qui rappelle la Guerre des Six-Jours. Près de 90% de la population sont inébranlables sur ce point : Israel ne doit pas s'arrêter tant que Gaza ne sera pas démilitarisée et le Hamas complètement écrasé, malgré le terrible coût en vies humaines

Même le Parti d'opposition travailliste “colombe” attend cela de Netanyahu. Bien que ce ne soit pas perceptible en raison de l'extraordinaire tsunami de l'antisémitisme mondial et de l'attitude des deux poids deux mesures, adoptée par les pays occidentaux, il y a un clair consensus sur le fait que cette guerre nous a été imposée, et une plus grande prise de conscience de la nature terroriste du Hamas et de son mépris de la vie humaine.

Il y a aussi le revirement radical dans l'approche de l'Égypte, de l'Arabie Saoudite, de la Jordanie, de l'Autorité Palestinienne et de la majeure partie des membres de la Ligue arabe, qui ont avalisé la proposition égyptienne de cessez-le feu, et dont la peur et le mépris des fondamentalistes islamistes extrémistes dépassent de beaucoup leur traditionnelle haine d'Israël. Les Égyptiens et d'autres États arabes modérés affirment, que depuis son discours initial du Caire en 2009, le Président Obama est apparu comme un supporter des Frères musulmans, créateurs du Hamas, qu'ils considèrent à juste titre comme une organisation fondamentaliste terroriste.

Ils considèrent l'atteinte causée aux propositions égyptiennes de cessez-le-feu et le recours au Qatar et à la Turquie, qui soutiennent les Frères Musulmans et le Hamas, comme un exemple de plus du fait que les États-Unis trahissent leurs alliés et font cause commune avec leurs ennemis. La chose a trouvé son expression dans la proposition initiale de cessez-le-feu de Kerry, parrainée par le Qatar et la Turquie, mais rejetée à l'unanimité par le cabinet israélien, et qui aurait pu être rédigée par le Hamas.

À l'heure actuelle, Israël a largement atteint ses objectifs principaux qui étaient de détruire les tunnels et de neutraliser de manière significative les capacités de tirs de missiles. Mais le Hamas reste intact et, à moins qu'une démilitarisation ne soit imposée, nous devrons faire face à des djihadistes invétérés qui ne renonceront pas à leur objectif ouvertement exprimé de nous détruire ou tout au moins d'user notre moral par des attaques terroristes incessantes.

La responsabilité majeure de tout gouvernement est de protéger ses citoyens. C'est l'occasion pour Israël de rester ferme et de prendre toutes les mesures qui seront nécessaires pour affaiblir le Hamas et démilitariser Gaza. La responsabilité des dommages collatéraux causés aux civils innocents incombe exclusivement au Hamas.

L'insolente violation par le Hamas du cessez-le-feu de 72 heures a mené à une réaction temporaire mondiale à l'encontre du Hamas.

Après avoir neutralisé les tunnels que Tsahal a été en mesure de détecter, les forces terrestres ont été redéployées. Toutefois, Netanyahu a clairement dit que l'opération n'était pas terminée.

Le cabinet doit rapidement décider de l'une des deux options suivantes. Il peut étendre la campagne terrestre et conquérir Gaza, ce à quoi la majorité de la nation souscrira probablement en premier lieu, mais cela impliquerait probablement des pertes massives et donnerait lieu à une pression internationale qui pourrait nous contraindre à nous replier de manière unilatérale ou nous exposer à des sanctions. Il apparaît que sans exclure cette option, le Premier ministre Netanyahu – au moins à court termea l'intention de continuer à détruire les lance-missiles et à attaquer le Hamas par voie aérienne, limitant ainsi les pertes israéliennes et exerçant une plus grande influence sur la mise en oeuvre de la démilitarisation.

Le résultat dépend, dans une large mesure, des États-Unis. S'ils récompensent le Hamas pour son agression en s'efforçant de faire « lever le blocus », ou s'ils lui versent des fonds sans démilitarisation, ce sera une trahison à notre égard. Les États-Unis auront détruit le peu de crédibilité mondiale qu'ils ont encore et seront considérés comme abandonnant leurs alliés de longue date pour flatter obséquieusement ceux qui soutiennent le terrorisme islamique fanatique.

Les États-Unis soutiendront-ils la juste cause d'Israël contre le terrorisme génocidaire, ou seront-ils un bouclier de protection pour les barbares du Hamas qui sont à nos portes, frayant ainsi la voie à une future guerre beaucoup plus brutale dans un futur proche ?


© Isi Leibler

Le site Internet de l'auteur peut être consulté at www.wordfromjerusalem.com. On peut le contacter à ileibler@leibler.com.