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Contentieux palestino-israélien

Israël et la lourde charge d'avoir raison
Seth Mandel
13/08/2014

Israël et la lourde charge d'avoir raison, Seth Mandel


Texte original anglais : Israel and the Burden of Being Right”, paru le 24 juillet 2014 dans Commentary.


[Je dois d'avoir eu connaissance de cet article à J.C. Durbant, qui en donne la référence sur son blogue.


En ral, quand quelqu'un dit qu'il « déteste dire "je vous l'avais dit" », on a le droit de douter qu'il déteste réellement dire cela. Mais dans le cas d'Israël, on peut le croire. Le conflit actuel avec Gaza prouve que les diverses accusations émises par Israël à l'encontre du Hamas sont fondées, et le résultat c'est la guérilla urbaine déloyale dont le monde est témoin en ce moment.

Comme l'a écrit Evelyn Gordon précédemment, les vastes réseaux de tunnels prouvent qu'Israël avait raison de prédire le double usage que ferait le Hamas d'objets et de matériaux au profit de sa guerre terroriste contre des civils israéliens. Les Occidentaux devraient être gênés d'avoir rendu possible la construction de ces tunnels : la pression exercée sur Israël pour qu'il laisse entrer ces matériaux a été le moyen utilisé par la communauté internationale pour faire des civils israéliens les cobayes d'une grande expérience. Les nations n'ont pas cru aux prédictions d'Israël, elles voulaient vérifier leurs thèses. C'est fait maintenant, et des innocents en payent le prix.

Venons-en aux tâtonnements stupides de l'Administration Obama. L'interdiction par l'Agence fédérale de l'aviation, des vols à destination du principal aéroport international d'Israël - manifestement imposée non pas quand les tirs de missiles ont commencé mais lorsque John Kerry a eu besoin d'exercer une pression brutale sur Israël pour imposer un cessez-le-feu a prouvé autre chose. Le grotesque décompte comparatif des cadavres, fait pas la presse, a permis de considérer les missiles tirés de Gaza comme à peine plus que des feux d'artifices, qui, en raison du génie technologique israélien et américain, ne se soldent pas par un nombre comparable de morts.

Mais l'interdiction de vol de l'Agence fédérale de l'aviation a été le moyen qui a permis à l'Administration Obama d'admettre, par inadvertance, que les missiles tirés par le Hamas constituaient une telle menace, à en croire les mesures prises par l'Administration Obama, que Tel Aviv devait être considérée comme plus dangereuse pour l'aviation commerciale que d'innombrables autres lieux qui donneraient n'importe quoi pour avoir un dossier sécuritaire semblable à celui de Ben Gourion. Ainsi, la possibilité que des missiles échappent au Dôme de fer est suffisante pour les considérer comme l'acte de guerre qu'ils voulaient être. Israël avait donc raison d'insister pour qu'on empêche les tirs de missiles et que soient dissuadés ceux qui les effectuent, au moins en raison de la réaction américaine à leur égard.

Les tunnels et les missiles sont les principales menaces du Hamas à l'encontre de ceux qui habitent à l'intérieur d'Israël, et ils éclairent une autre des plaintes d'Israël qui se sont vérifiées : la pratique du Hamas de transformer les civils et leurs biens en instruments de guerre. Comme je l'ai écrit mardi, des journalistes ont été témoins que des combattants du Hamas utilisent un hôpital comme centre de commandement et déplacent leurs missiles dans des mosquées. Le Hamas utilise aussi des écoles de l'ONU pour entreposer de l'armement.

Mais les reporters fournissent ainsi un bref aperçu de la raison pour laquelle l'utilisation des boucliers humains ne bénéficie pas d'une aussi grande la couverture qu'on le pense. Hier, un photographe du Wall Street Journal a tweeté la photo d'un fonctionnaire du Hamas à l'hôpital de Shifa et écrit : « On doit se demander pourquoi il y a des bombardements, et ce que ressentent les patients de l'hôpital Shifa quand le Hamas l'utilise comme abri pour rencontrer les médias ». Il a ensuite détruit son tweet. Au Jerusalem Post, Lahav Harkov fournit un bref apercu des menaces que subissent des journalistes dans les médias sociaux pour avoir enregistré des faits et actes du Hamas.

Mercredi, Peter Stefanovic, de la chaîne australienne d'informations 9 (Channel Nine News), a tweeté : « Des missiles du Hamas viennent juste de passer au-dessus de notre hôtel, [ils ont été tirés] d'un emplacement situé à 200 mètres de nous. Ainsi, en somme, un pas de tir de missiles se trouve tout à côté. »

Un compte intitulé @ThisIsGaza, affirme que c'est la quatrième fois que Stefanovic « transmet et fabrique une information destinée à Israël… à partir de Gaza », et il menace de le poursuivre en justice.

Un compte intitulé @longitude0 écrit : « Vous êtes un crétin. Est-ce que vous travaillez pour Tsahal ? », et « Durant la Seconde guerre mondiale, les espions étaient fusillés ».

Le Chef du bureau du Financial Times à Jérusalem, John Reed, rapporte avoir vu « deux missiles tirés vers Israël [à partir d'un emplacement situé] tout près de l'hôpital al-Shifa, alors qu'on était en train d'y amener de nouvelles victimes de bombardements ».

Shifa, dans la ville de Gaza, est le principal établissement médical de la Bande de Gaza.

En réponse, @Saritah_91 tweete : « Nous vous tenons pour responsable si Israël se sert de votre tweet pour bombarder l'hôpital et s'en justifier ensuite ».

Les partisans du Hamas se qualifient d' « informateurs » et traitent les médias comme leurs alliés (je ne peux concevoir pourquoi), [quitte à ce que], ensuite, [ces journalistes] trahissent la cause en rapportant ce qu'ils voient. Intéressant aussi est le fait que certains journalistes se sont efforcés d'obscurcir les implications de leurs propres reportages. Par exemple, dans un article détaillant l'usage impudent que fait le Hamas de boucliers humains, les reporters du New York Times, Anne Barnard et Jodi Rudoren, écrivent :

« Rien n'est jamais très clair dans les calculs complexes et souvent brutaux de la guérilla urbaine. Il n'y a pas de preuve que le Hamas et d'autres militants forcent des civils à rester dans des zones soumises à des attaques, ce qui est la définition même du bouclier humain selon le droit international. Mais il est indiscutable que des militants de Gaza opèrent dans des zones civiles, attirant des tirs de riposte contre des bâtiments civils, et récoltant, d'une certaine manière, un bénéfice diplomatique de l'augmentation des pertes. »

[Il ressort de ces considérations que] le Hamas utilise des civils comme boucliers humains, mais [qu]'il ne faut pas se hâter d'en tirer des conclusions. Anne Barnard et Jodi Rudoren ne citent pas leur source en matière de droit international, mais voici le texte même des Accords de Genève :

« La présence d'une personne protégée ne doit pas être utilisée dans le but d'assurer l'immunité en matière d'opérations militaires à certains lieux ou positions. »

Mais même selon le compte rendu de Barnard/Rudoren, il est tout à fait clair qu'en transformant des zones civiles en cibles militaires et en empêchant les civils d'utiliser les bunkers fortifiés, enterrés en-dessous de ces zones, alors qu'ensuite les hommes du Hamas s'y réfugient quand se produit la contre-attaque, l'organisation terroriste se sert des civils comme de boucliers humains.

Je le répète, Israël a dit tout cela, et durant un certain temps. Et il n'y a guère de consolation pour lui à avoir eu raison dans ses accusations, parce que cela signifie que l'usage sacrificiel fait par le Hamas des civils palestiniens, ainsi que la guerre génocidaire menée par cette organisation contre l'Etat Juif, se poursuivent.